Face aux menaces d’espionnage et d’ingérences étrangères, illustrées par l’expulsion de plus de 70 espions russes depuis 2022, la Belgique modernise et renforce son appareil sécuritaire. Portés par l’exécutif de Bart de Wever, les dirigeants du renseignement militaire (SGRS) et civil (VSSE) voient leur statut rehaussé. Sur le plan législatif, une réforme du Code pénal, effective en septembre, durcira les sanctions (jusqu’à dix ans de prison pour espionnage) et permettra l’usage judiciaire des informations collectées. Opérationnellement, la VSSE, dirigée par Francisca Bostyn, a doublé ses effectifs à environ 1 000 agents et s’étend à l’international (États-Unis, Maroc, Pays-Bas) tout en renforçant ses coopérations. Enfin, la VSSE et le SGRS accélèrent la mutualisation de leurs capacités via des équipes communes de contre-filature et un projet de loi pour intégrer l’intelligence artificielle. Les deux services collaborent également au sein de « houses thématiques », des centres de missions calqués sur le modèle de la CIA ou de la DGSE qui se focalisent sur une région ou un sujet spécifique.
Les autorités allemandes ont ordonné le blocage du site samidoun.net par les fournisseurs d’accès à Internet basés en Bade-Wurtemberg, au nom de la « protection des mineurs ». Ce blocage, principalement mis en œuvre via une restriction DNS, devra être effectif au plus tard le 19 juin 2026 afin d’empêcher l’accès au site depuis l’Allemagne. La mesure entre en vigueur à la suite de sa publication du 22 mai 2026 et restera valable jusqu’au 22 mai 2028. Il s’agit du deuxième Land allemand à adopter une telle mesure contre ce réseau de soutien aux prisonniers palestiniens, interdit en Allemagne depuis novembre 2023.
Trois ans après les affrontements de Sainte-Soline liés aux manifestations contre les mégabassines, une enquête journalistique de Mediapart et Libération met en cause la responsabilité des forces de l’ordre dans le tir d’une grenade ayant gravement blessé un manifestant, Serge Duteuil-Graziani, identifié comme provenant d’un blindé de gendarmerie. Les journalistes affirment, à partir d’analyses de vidéos et de données de terrain, avoir identifié le tireur présumé et contestent le classement sans suite de l’enquête judiciaire en 2025.
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À Genève, la coalition No-G7 a annoncé saisir la justice contre le Conseil d’État, accusé de « déni de justice » pour ne pas avoir statué sur le parcours de la manifestation prévue le 14 juin contre le sommet d’Evian. Les organisateurs contestent notamment l’absence de décision formelle concernant le tracé du cortège et l’organisation d’un village militant, estimant que cela entrave le droit de manifester. Cette situation s’inscrit dans un contexte de criminalisation croissante, alors qu’un projet de loi au Grand Conseil pourrait durcir les conditions de manifestation et faire l’objet de nouveaux recours en justice.
À Saint-Avold, la municipalité dirigée par le Rassemblement national a finalement autorisé la tenue de la fête organisée par la CGT, initialement interdite puis bloquée pour des raisons invoquées de sécurité. Face aux mobilisations syndicales et au soutien d’élus et d’intellectuels, le maire Hervé Simon a reculé, permettant la tenue de l’événement le 6 juin dans un parc municipal. La CGT locale dénonce une stratégie d’entrave administrative visant à empêcher l’organisation de l’événement, ce revirement est donc une victoire contre les politiques locales du RN hostiles aux syndicats et aux associations.
Des affrontements ont opposé la police à des manifestants à Belgrade lors d’un rassemblement réclamant la démission du président Aleksandar Vučić. La police antiémeute a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes près du palais présidentiel et du centre-ville, tandis que 23 personnes ont été arrêtées selon le ministère de l’Intérieur. Les manifestations, qui mobilisent des dizaines de milliers de personnes depuis plusieurs mois, ont commencé après l’effondrement mortel du toit d’une gare à Novi Sad en 2024, devenu un symbole des accusations de corruption visant le gouvernement serbe.
Les forces de sécurité indiennes ont tué un membre présumé du Parti Communiste d’Inde (Maoïste), recherché avec une prime de 500.000 roupies (environ 4 500 euros), lors d’un échange de tirs dans l’État du Jharkhand. Un autre suspect a été arrêté au cours de l’opération menée dans une zone forestière du district de Latehar. Cette situation est le résultat de l’intensification des opérations de contre-insurrection contre les groupes naxalites actifs dans la région.
La justice fédérale argentine a élargi les accusations visant Facundo Jones Huala, leader de la RAM (Résistance ancestrale mapuche), détenu depuis près d’un an pour association illicite aggravée. Le parquet estime désormais que ses activités au sein du mouvement auraient commencé dès 2011 et l’accuse d’avoir dirigé des actions de sabotage, d’intimidation et d’incendies en Argentine et au Chili. En grève de la faim depuis deux semaines, Jones Huala demande son transfert vers une prison plus proche de sa famille, tandis que la justice doit prochainement se prononcer sur la prolongation de sa détention préventive.
Le Parlement bolivien a adopté une loi supprimant les restrictions encadrant l’état d’urgence, donnant davantage de pouvoirs au président Rodrigo Paz pour mobiliser l’armée et limiter certaines libertés publiques en cas de crise. Cette réforme intervient alors que le pays est secoué par d’importantes manifestations et barrages routiers liés à la crise économique et aux revendications de démission du chef de l’État. Jusqu’ici, toute déclaration d’état d’urgence devait être validée par le Parlement afin d’éviter les abus de pouvoir.
Le gouvernement belge a approuvé un avant-projet de loi autorisant l’utilisation de bodycams par plusieurs professions. Sont concernés les pompiers, les conducteurs et accompagnateurs des transports publics, les gardiens de la paix ainsi que les agents de sécurité lors d’événements. Selon le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin, ces caméras doivent permettre de mieux établir les responsabilités en cas d’incident et de renforcer la lutte contre les violences. Le texte prévoit que l’activation sera limitée aux situations « à risque » et les images seront conservées de 30 à 90 jours maximum. Pour les pompiers, des caméras d’assistance en direct pourraient aussi être utilisées afin d’améliorer la sécurité et la coordination des interventions. En réalité, ces dispositifs ne renforcent pas la transparence ni la responsabilisation des agents, et accroient au contraire les moyens et le pouvoir des services concernés, dans un contexte de scandales récurrents autour de violences policières ou impliquant des agents de la SNCB.