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Toulouse : Déclaration de Nikos Maziotis à l’occasion d’une soirée de soutien aux prisonnier·es anarchistes

Depuis la prison de Domokos en Grèce, le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis a fait parvenir un message de solidarité à l’occasion de la soirée Faisons Front organisée par le Secours Rouge Toulouse en soutien aux prisonnier·es anarchistes dans le monde.

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Cher·es camarades, je vous remercie de m’avoir invité·e à l’événement que vous organisez et je vous envoie une grande étreinte. J’envoie également une grande étreinte à toutes et tous les détenu·e·s, révolutionnaires, anarchistes, anticapitalistes à travers le monde. Il existe un lien direct entre la lutte et la solidarité pour la libération des prisonnier·e·s politiques et la lutte révolutionnaire pour le renversement du système international de l’État et du capital.

Comme nous avions l’habitude de dire ici autrefois, quiconque oublie les prisonnier·e·s de la guerre sociale et de classe oublie aussi la guerre elle-même. Cependant, malheureusement, la relation entre la solidarité, les militant·e·s emprisonné·e·s et la lutte contre l’État et le capital n’est pas évidente et ne s’applique pas dans de nombreux cas à une partie au moins de celles et ceux qui se définissent comme mouvement.

En ce qui concerne la solidarité, en parlant de l’espace grec, il existe toutes sortes de divisions quant à la position vis-à-vis des militant·e·s emprisonné·e·s. Des divisions liées à la différenciation entre moyens de lutte légaux et illégaux, à la lutte armée et à la guérilla urbaine, à leur défense ou à l’invocation de leur innocence.

Nous avons vécu cela nous-mêmes au sein de l’organisation Lutte Révolutionnaire, dont nous étions membres. Nous avons été confronté·e·s non seulement à un isolement vis-à-vis du mouvement de masse et de l’espace dont nous provenons, l’espace anarchiste et anti-autoritaire, mais aussi à une hostilité dirigée contre nous. Certains secteurs sont même allés jusqu’à soutenir la séparation et la déclaration de repentir faite par un ancien membre de notre organisation devant le tribunal.

Particulièrement durant la période 2015-2019, lorsque nous avions été condamné·e·s à la réclusion à perpétuité pour l’attaque contre la Banque de Grèce et les bureaux du Fonds Monétaire International, et que l’État nous avait retiré la garde de notre fils, nous étions jugé·e·s dans des salles d’audience vides, face à l’indifférence totale d’une grande partie de l’espace anarchiste et anti-autoritaire dont nous provenons.

Finalement, le slogan présent dans l’espace anarchiste grec, selon lequel la solidarité est notre arme, est déformé à un tel point que, dans certains cas, il en vient à signifier que la solidarité est notre stratagème. Je pense que de tels phénomènes d’absence de solidarité envers des prisonnier·e·s révolutionnaires ont également été observés dans le cas de membres emprisonné·e·s de la guérilla urbaine d’Europe occidentale à des époques antérieures.

De manière générale, cette condition défavorable, combinée à l’intensification du totalitarisme étatique et à la détérioration législative de la répression pénale et carcérale ces dernières années dans l’espace grec, conséquence de la défaite du soulèvement social de 2010-2012 contre les programmes du FMI, de la Banque Centrale Européenne et de la Commission Européenne, ainsi que de l’échec de l’espace anarchiste et anti-autoritaire à évoluer vers un espace et un mouvement véritablement révolutionnaires, a pour résultat mon maintien en prison, puisque les autorités refusent de m’accorder une libération conditionnelle.

Je suis le seul prisonnier politique en Grèce, issu de la vague d’arrestations liées à la guérilla urbaine depuis 2009, qui ne purge pas une peine à perpétuité et qui reste encore en prison en exécutant une peine de 20 ans. Et la raison pour laquelle ils refusent de me libérer depuis quatre ans est que je ne renie ni ne condamne les actes pour lesquels j’ai été condamné, c’est-à-dire l’organisation Lutte Révolutionnaire.

Cependant, camarades, dans peu de temps, en septembre prochain, je terminerai l’intégralité de ma peine, sans libération conditionnelle, et je serai libéré·e.

Je souhaite à toutes et tous les véritables révolutionnaires et militant·e·s, les irréductibles et cohérent·e·s à travers le monde, où qu’ils et elles se trouvent, force, santé et de tenir bon. Je souhaite la même chose à vous aussi, camarades, malgré les difficultés et la répression, continuer et que nous continuions toutes et tous la lutte contre l’État et le capital. Pour la révolution. Pour construire un monde meilleur et une société meilleure où la solidarité sera une valeur dominante.

Ce monde existe déjà et nous le portons en nous. Je vous envoie une grande étreinte depuis les prisons de Domokos en Grèce. La lutte continue.

Nikos Maziotis, mai 2026

USA : Appel à écrire au prisonnier politique Kojo Bomani Sababu pour son anniversaire

Des organisations de soutien aux prisonniers politiques appellent à envoyer des messages de solidarité à Kojo Bomani Sababu, arrêté le 19 décembre 1975 et emprisonné depuis lors. Ancien membre de la Black Liberation Army, il purge une peine de 55 ans pour des actions armées et une tentative présumée d’évasion du militant indépendantiste portoricain Oscar López Rivera. Ses soutiens dénoncent un cas emblématique de répression politique visant les mouvements révolutionnaires noirs et anti-impérialistes aux États-Unis, soulignant qu’il reste l’un des derniers prisonniers de cette période encore incarcéré.

Lui écrire :
Kojo Bomani Sababu* #39384-066
USP Canaan 
PO Box 300 
Waymart, PA 18472
*Adressez l’enveloppe à Grailing Brown.

USA : Des dizaines de caméras de surveillance sabotées à Oakland et Berkeley

À Oakland et Berkeley, 76 caméras de surveillance de la société Flock Safety ont été mises hors service au printemps 2026 lors d’actions de sabotage revendiquées par des militants anti-surveillance. Les dispositifs ont été endommagés ou détruits grâce à diverses méthodes : peinture, destruction des objectifs, coupure de câbles ou démontage des structures. Ces actions visent à dénoncer l’utilisation de Flock par les services d’immigration américains (ICE) et appellent plus largement à lutter contre les technologies de surveillance.

Allemagne : La révolutionnaire emprisonnée Özgül Emre poursuit sa grève de la faim

La journaliste révolutionnaire Özgül Emre mène une grève de la faim illimitée depuis le 6 mai 2026 à la prison d’Prison de Cologne-Ossendorf pour protester contre l’imposition d’un uniforme pénitentiaire. Ses vêtements ont été confisqués de force par les gardiens et elle est maintenue en cellule avec un simple peignoir, tout en étant privée d’accès aux promenades, aux visites et à ses avocats. L’administration pénitentiaire et le médecin de la prison sont accusés de mauvais traitements et de négligence médicale, alors que son état de santé se dégraderait après 19 jours de grève de la faim.

Palestine : Une épidémie de gale utilisée comme un outil de torture dans les prisons israéliennes

Des organisations palestiniennes de défense des prisonniers dénoncent une grave épidémie de gale dans plusieurs prisons israéliennes où sont détenus des milliers de prisonniers politiques palestiniens. Selon la Palestinian Prisoners’ Society, les détenus subissent des conditions sanitaires extrêmes : surpopulation, absence d’hygiène, privation de soins médicaux et restrictions d’accès aux avocats. Plusieurs prisonniers souffrent d’infections sévères depuis des mois sans traitement, tandis que les autorités israéliennes utilisent la maladie et la privation de soins comme instruments de torture et de mort lente. Cette politique s’inscrit dans une stratégie de répression physique et psychologique visant les prisonniers palestiniens, dont environ 3 600 sont détenus sans procès ni inculpation.

Bolivie : La grève générale se poursuit malgré la répression gouvernementale

Après 19 jours de grève générale illimitée en Bolivie, 59 barrages routiers restent actifs dans six régions du pays malgré deux interventions conjointes de la police et de l’armée pour reprendre le contrôle des axes stratégiques. Les opérations de répression menées par le gouvernement du président Rodrigo Paz ont échoué face à la mobilisation des organisations paysannes, syndicales et indigènes, qui dénoncent la hausse du coût de la vie, des réformes jugées favorables aux multinationales et la criminalisation du mouvement social. La poursuite judiciaire pour « terrorisme » visant le dirigeant syndical Mario Argollo et les menaces d’instauration d’un état d’exception alimentent les craintes d’une escalade de la répression étatique.

Russie : L’avocat de l’anarchiste Ruslan Sidiki arrêté avant son appel

L’avocat Igor Popovsky, défenseur de l’anarchiste emprisonné Ruslan Sidiki, a été arrêté puis placé en résidence surveillée pour une affaire présumée de fraude financière. Connu pour avoir dénoncé les actes de torture subis par Sidiki et pour avoir tenté de faire reconnaître les accusés de sabotage comme prisonniers de guerre au regard de la Convention de Genève, Popovsky est considéré par les soutiens du détenu comme victime de représailles des services de sécurité russes. Cette arrestation laisse Sidiki sans représentation juridique à l’approche de son procès en appel, tandis qu’une campagne de collecte de fonds a été lancée pour financer un nouvel avocat.

Allemagne : Manifestation à l’occasion de la fin du procès de Daniela Klette

Le procès de Daniela Klette, membre présumée de la Fraction armée rouge (RAF), doit s’achever le 27 mai 2026 après 69 audiences dans un tribunal de haute sécurité spécialement construit pour l’affaire. Lors de l’annonce du verdict, un rassemblement aura lieu à proximité immédiate de la zone d’entrée (Weitzmühlener Straße 48, Verden-Eitze), suivi d’une manifestation dans le centre-ville de Verden.

Espagne : Identification de la policière infiltrée dans les mouvements pro-palestiniens à Madrid

Une agente de police espagnole, connue sous le faux nom de « Fátima », a infiltré pendant plus d’un an plusieurs collectifs militants madrilènes engagés pour la Palestine, notamment BDS Madrid, Anticapitalistas et le Movimiento Antirrepresivo de Madrid. Présentée comme une jeune militante sensible à la situation à Gaza, elle participait aux actions, réunions et manifestations contre le génocide en Palestine. Les soupçons sont apparus lorsqu’elle a démontré une connaissance inhabituelle des réseaux militants et des conflits internes entre collectifs. Ce dernier groupe l’a démasquée en février 2025 et a révélé la vérité au grand jour en avril dernier. Aujourd’hui, le média El Salto révèle que Fátima était en réalité une autre policière infiltrée, identifiée par les initiales SMRH, diplômée de la trente-septième promotion de l’école de police d’Ávila.

Turquie : Mobilisation pour la libération de deux prisonniers malades

Des associations de défense des droits humains ont organisé des actions à Istanbul et Ankara pour exiger la libération de deux détenus gravement malades, Emrah Nebioğlu et Mehmet Çağrıcı. Les militants dénoncent des conditions de détention incompatibles avec leur état de santé, évoquant notamment des handicaps lourds, des maladies chroniques et un accès insuffisant aux soins médicaux. À Istanbul, la 739e édition de l’action « F Oturması » a mis en lumière la dégradation de l’état de Nebioğlu, tandis qu’à Ankara, les participants ont souligné le cas de Çağrıcı, dont la prise en charge médicale serait entravée par des procédures pénitentiaires restrictives. Les organisations réclament leur libération immédiate ainsi que celle de tous les détenus malades.

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