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Articles

Turquie : Deux mineurs syndicalistes incarcérés en pleine mobilisation

Alors qu’une mobilisation de mineurs à Ankara pour obtenir le paiement de salaires et d’indemnités impayés entrait dans son 17ᵉ jour, le président du syndicat Bağımsız Maden-İş, Gökay Çakır, et son responsable de l’organisation, Başaran Aksu, ont été placés en détention. Interpellés respectivement à Soma et devant le ministère de l’Énergie, ils sont accusés d’avoir « incité le public à la haine et à l’hostilité » à travers des publications sur les réseaux sociaux.

Leurs avocats et leur syndicat dénoncent une procédure visant en réalité à réprimer la mobilisation des mineurs, affirmant que les deux syndicalistes ont été ciblés pour avoir défendu les travailleurs contre leurs employeurs. Le syndicat assure par ailleurs que les négociations sur les salaires et indemnités impayés sont proches d’un aboutissement.

Colombie : Appel à la solidarité avec le prisonnier anarchiste Johann Sainéa Rubio

Johann Sainéa Rubio est détenu en Colombie depuis 2021, après avoir été poursuivi pour sa participation au soulèvement populaire de cette année-là. Ses conditions de détention se sont encore dégradées et les autorités colombiennes restreignent l’accès à l’eau et à la nourriture, affectant gravement sa santé ainsi que celle d’autres prisonniers incarcérés à la suite des mobilisations sociales.

À l’occasion de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonniers anarchistes, un appel aux dons a été lancé afin de lui permettre d’accéder à des conditions dignes à l’eau et à l’alimentation. Les organisateurs reprennent les mots de Johann Sainéa Rubio : « La solidarité est l’amour et la compréhension transformés en action. »

Pays basque : Le préfet demande l’effacement d’une fresque dédiée à un membre d’Iparretarrak

Mardi 25 août, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a demandé l’effacement d’une fresque inaugurée deux jours plus tôt sur un bâtiment municipal d’Itxassou. Il estime que l’œuvre rend hommage à Txomin Olhagaray, membre de l’organisation armée basque Iparretarrak, et a saisi les instances judiciaires. Le préfet invoque le principe de « neutralité » applicable aux édifices et équipements publics.

Réalisée à l’initiative de l’association culturelle Gooxoan, la fresque a été validée par la mairie, qui la présente comme un lieu de mémoire rappelant l’histoire du village. Elle comporte notamment la mention en basque : « La parole semée sur cette terre, promesse d’un pays libre ».

Somalie : Quatre morts lors de manifestations contre des expulsions à Mogadiscio

Le 23 août à Mogadiscio, les forces de sécurité somaliennes ont violemment réprimé des manifestations contre une campagne d’expulsions menée dans le quartier de Yaaqshiid. Au moins quatre personnes ont été tuées et une douzaine blessées. Cette mobilisation accuse le gouvernement de mener une politique d’accaparement des terres au profit de la spéculation immobilière. Plus de 1 500 familles vulnérables, principalement des déplacés, ont été expulsées de la capitale au premier trimestre 2026. Selon l’ONU, environ 142 000 déplacés ont été expulsés en Somalie depuis début 2025, dont plus de 80 % dans la région de Banadir, où se situe Mogadiscio.

Inde : Des explosifs et des armes saisis dans deux caches maoïstes

Dans le Chhattisgarh, les forces de sécurité ont découvert le 25 août, dans une forêt dans le district de Kanker, une cache contenant 40 détonateurs et deux bombes artisanales, pesant 10 et 5 kg, et d’autres matériels appartenant à des combattants maoïstes. Les explosifs ont été neutralisés par une équipe conjointe de la police locale, de la Force de sécurité des frontières et des démineurs.

Dans l’État voisin d’Odisha, la police a également découvert une cache maoïste dans le district de Malkangiri, à partir d’informations fournies par des collaborateurs. Des armes, des munitions, des engins explosifs, des mines et des documents ont été saisis. Les autorités attribuent ce matériel au Parti Communiste d’Inde (Maoïste) et annoncent la poursuite des opérations de recherche.

Maroc : Le prisonnier sahraoui Mohamed Lamín Haddi en grève de la faim durant 48H

Le journaliste et prisonnier politique sahraoui Mohamed Lamín Haddi a annoncé une grève de la faim de 48 heures, les 27 et 28 août, pour protester contre ses conditions de détention, notamment la mauvaise qualité de l’alimentation et les restrictions à ses communications avec son avocat. Sa famille affirme que son état de santé s’est dégradé, avec des douleurs abdominales et des vomissements, et demande aux autorités marocaines de garantir une alimentation sûre, des soins médicaux adaptés et la confidentialité de ses échanges avec son avocat.

France : La condamnation des anti-Lafarge confirmée en appel

La cour d’appel de Rouen a confirmé lundi 24 août 2026 la condamnation de quatre militants écologistes pour leur action menée en décembre 2023 contre le site Lafarge de Val-de-Reuil. Pour trois d’entre eux, les faits de dégradation ont été requalifiés en complicité de dégradation. Tous ont également été reconnus coupables d’association de malfaiteurs, tandis qu’ils ont été relaxés du chef de séquestration. Ils ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation.

Europe : Du 30 août au 6 septembre, semaine d’action en soutien à l’antifasciste Gino

La justice française a décidé l’extradition vers l’Allemagne de l’antifasciste Gino, poursuivi dans une affaire susceptible de lui valoir plusieurs années de prison. Ses avocats ont déposé un pourvoi en cassation, la décision définitive devant intervenir dans un délai de 40 jours. Une extradition vers l’Allemagne pourrait également ouvrir la voie à une nouvelle extradition vers la Hongrie, où l’antifasciste Maja est actuellement détenue dans des conditions jugées alarmantes.

Une semaine d’action est appelée du 30 août au 6 septembre pour soutenir Gino et dénoncer la criminalisation de l’antifascisme en Europe. En particulier, les organisateurs appellent à organiser des rassemblements devant les ambassades et consulats français et allemands, ainsi que des distributions de tracts et collages d’affiches (nous contacter si vous souhaitez du matériel). La mobilisation entend également soutenir l’ensemble des antifascistes emprisonnés.

Semaine d’action pour Gino !

Il y a quelques jours, la justice française a décidé que l’antifasciste Gino devait être extradé vers l’Allemagne. Un pourvoi en cassation a été déposé par ses avocats, laissant un délai de 40 jours pour statuer définitivement. Cette extradition qui pourrait entraîner une peine de plusieurs années de prison en Allemagne, voire une nouvelle extradition vers la Hongrie, où l’antifasciste Maja est actuellement incarcérée dans des conditions alarmantes.

Cette décision s’inscrit dans la criminalisation croissante de l’antifascisme, alors même qu’on assiste à une résurgence des forces fascistes et réactionnaires à travers l’Europe. Partout, les antifascistes sont poursuivis, réprimés, emprisonnés parce qu’ils s’opposent de manière conséquente à cette situation. En prenant une telle décision, les autorités françaises participent pleinement à la criminalisation de l’antifascisme.

Face à cette situation, la solidarité est notre meilleure arme pour renforcer notre résistance contre l’État et sa répression ! Nous avons le pouvoir de l’empêcher en agissant !

Nous appelons à une semaine d’action du 30 août au 6 septembre !

Organisons des actions devant les ambassades et consulats allemands et français, distribuons des tracts, collons des affiches et menons toute autre action pour soutenir Gino et tous les antifascistes !

Solidarité avec Gino !
Solidarité avec tous les antifascistes emprisonnés !
#FreeAllAntifas

A l’appel du Comité Solidarité Budapest, Secours Rouge International, Plateforme Voix des Prisonniers, Free All Antifas – Italy

Irlande : Campagne pour lever les excommunications historiques de républicains irlandais

Âgé de 90 ans et ancien volontaire de l’IRA ayant participé à l’Operation Harvest (1956-1962), Séamus Ó Líonacháin demande au pape Léon XIV de lever les sanctions ecclésiastiques imposées à des républicains irlandais et de présenter des excuses officielles au nom de l’Église catholique. Arrêté en 1956, il avait été condamné à dix ans de prison et en avait purgé sept à Belfast. Durant sa détention, il a été privé d’absolution et de communion en raison de son maintien dans l’IRA. Il refuse encore aujourd’hui de renier cet engagement.

La campagne soutenue par le Republican Sinn Féin vise plus largement les sanctions prises contre les républicains irlandais au XIXe et au XXe siècles. En 1870, le Saint-Office avait assimilé les organisations féniennes, mouvements républicains irlandais clandestins militant pour l’indépendance de l’Irlande, à des sociétés interdites dont les membres encouraient l’excommunication. En 1920, l’évêque de Cork Daniel Cohalan avait décrété l’excommunication automatique de personnes impliquées dans certaines actions armées contre les forces britanniques. En 1922, les évêques irlandais avaient également refusé l’absolution et la communion aux républicains anti-Traité qui poursuivaient leur lutte armée.

La portée canonique exacte de certaines de ces sanctions reste discutée, mais l’archevêque d’Armagh Eamon Martin a reconnu en 2023 les blessures durables causées par l’intervention de l’Église. Republican Sinn Féin appelle désormais ses sympathisants à écrire au pape pour demander la levée de ces sanctions et des excuses officielles.

Union européenne : Les enquêteurs peuvent désormais accéder à certaines données des plateformes crypto

Depuis le 18 août 2026, le règlement européen e-Evidence permet aux autorités judiciaires d’un État membre de l’UE d’adresser directement à certains prestataires établis dans un autre État membre une demande de production ou de conservation de données électroniques. Auparavant, une telle demande devait généralement passer par les autorités judiciaires de l’État où le prestataire était établi, dans le cadre d’une procédure d’entraide judiciaire. Le nouveau dispositif supprime ainsi, dans les situations couvertes par le règlement, cette étape intermédiaire entre les autorités des deux États.

Dans une enquête pénale, les autorités peuvent ainsi demander les données relatives aux abonnés, notamment l’identité du titulaire d’un compte et les informations fournies lors de son ouverture. L’accès aux données de trafic (informations sur les communications et connexions) et aux données de contenu est soumis à des conditions plus strictes : l’infraction doit notamment être suffisamment grave, avec une peine maximale d’au moins trois ans d’emprisonnement, ou relever de certaines catégories d’infractions prévues par le règlement. Le dispositif ne permet donc pas aux enquêteurs de consulter librement les comptes d’une plateforme ou de procéder à une collecte générale de données : chaque demande doit s’inscrire dans une procédure pénale précise.

Pour les plateformes crypto, l’application du règlement dépend toutefois de la nature exacte des services proposés. L’article 2 exclut de son champ les services financiers visés par la directive européenne de 2006. il n’est donc pas possible d’affirmer que toutes les plateformes crypto, y compris celles agréées comme prestataires de services sur crypto-actifs au titre du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), sont automatiquement soumises au mécanisme e-Evidence. La qualification doit être examinée service par service : les activités de négociation, de conservation ou de paiement peuvent notamment relever de l’exclusion, tandis que des services annexes, comme une messagerie ou un espace de stockage, peuvent entrer dans le champ du règlement.

Il faut également distinguer e-Evidence de DAC8, deux dispositifs européens qui concernent les données détenues par les prestataires crypto, mais qui n’ont ni le même objectif ni le même fonctionnement : e-Evidence permet aux autorités judiciaires de demander des données dans le cadre d’une enquête pénale précise, tandis que DAC8 impose aux prestataires de collecter et de transmettre automatiquement certaines informations aux autorités fiscales à des fins de contrôle et d’échange d’informations fiscales.

Enfin, une injonction de production doit normalement être exécutée sous dix jours, délai ramené à huit heures en cas d’urgence, tandis qu’une injonction de conservation doit être appliquée sans délai. Les portefeuilles en conservation autonome, dont les clés et les données ne sont pas détenues par un prestataire, ne disposent en principe pas d’un destinataire auquel une telle injonction pourrait être adressée.

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