Une soirée de soutien est organisée le 18 avril à L’Écurie en solidarité avec des militants anarchistes arrêtés à Barcelone après les manifestations du 1er mai 2023. Douze personnes avaient été interpellées et dix risquent désormais un procès pour troubles à l’ordre public aggravés, sur la base d’une réforme du code pénal de 2022, avec des peines pouvant aller jusqu’à huit ans de prison et plus de 500 000 euros de dommages réclamés collectivement. Dans ce contexte, les organisateurs appellent à une mobilisation internationale, avec une soirée mêlant information sur l’affaire, concerts solidaires et restauration, afin de soutenir financièrement et politiquement les personnes poursuivies.
Le 28 février 2024, Wafik Haouaneb, 25 ans, a été retrouvé pendu dans sa cellule du quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Fresnes, dans des conditions insalubres. L’autopsie révèle une pendaison partielle, mais aussi une fracture du nez et des tuméfactions, tandis que plusieurs détenus rapportent que Wafik aurait été frappé et insulté par des surveillants (« Suicide-toi, sale blédard de merde ») avant sa mort. Bien que l’administration ait conclu à un retard d’intervention non fautif, la famille conteste cette version et accuse les agents de violences et de non-assistance à personne en danger. Après un classement sans suite par le parquet, les avocats de Wafik ont saisi le tribunal fin février 2026, et cinq surveillants sont poursuivis pour violences volontaires et, pour quatre d’entre eux, pour non-assistance à personne en danger, le procès devant se tenir avant la fin de l’année.
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a annoncé le 8 avril 2026 la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de son fonds d’aide à la création sur les plateformes sociales, anciennement CNC Talent, suite à l’affaire de la streameuse Ultia. Lors d’un live Twitch, Ultia avait expliqué qu’elle ne voterait pas en faveur de projets « proposés délibérément par quelqu’un d’extrême droite », et que si des projets étaient soumis par des personnes qu’elle appréciait, elle les soutiendrait si elle les jugeait pertinents. Ces propos, perçus comme un manquement à la neutralité et à l’impartialité requises pour les membres de la commission, ont déclenché une polémique amplifiée par des comptes d’extrême droite et des menaces envers les membres du CNC. Le CNC a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour vérifier que les projets précédemment financés respectaient bien les règles, mais la durée de la suspension reste indéterminée, laissant planer une incertitude sur les aides pour les créateurs dépendant de ce dispositif.
Le militant palestinien Ibrahim Burnat a été relaxé par la Cour d’appel de Paris le 8 avril 2026, après avoir été condamné en première instance à 18 mois de prison et à une interdiction de retour sur le territoire français pour « apologie du terrorisme ». Le militant, ayant vécu vingt ans en Cisjordanie et subi des violences personnelles et familiales liées à la colonisation israélienne, est un des nombreux exemples de la politique française en matière de criminalisation du mouvement de soldiarité avec la Palestine. Ses avocates, membres du collectif d’Action Judiciaire, ont souligné que la relaxe reconnaît le caractère trop large des accusations initiales et marque une victoire symbolique pour la mobilisation propalestinienne et contre l’usage répressif de l’infraction d’« apologie du terrorisme ».
Une brochure actualisée par la Caisse de solidarité de Lyon recense plus d’une centaine de fichiers de police et de justice en France, soulignant une intensification du fichage et de l’interconnexion des données, accélérée notamment par les Jeux olympiques d’été de 2024. Des dispositifs comme ACCRED, utilisé pour automatiser les enquêtes administratives et contrôler l’accès à certains lieux ou événements, ou des fichiers majeurs tels que TAJ et FPR, qui centralisent respectivement les antécédents judiciaires et les informations sur des individus considérés comme dangereux ou recherchés, continuent de s’étoffer et de croiser des données, parfois sensibles comme les empreintes digitales ou les images faciales. Ces fichiers sont désormais utilisés dans des contextes élargis, parfois hors cadre légal formel, notamment pour la reconnaissance faciale et le suivi de manifestations.
À l’échelle européenne, le projet Prüm II vise à interconnecter toutes les bases de données policières nationales des États membres de l’Union européenne, telles que le TAJ, le FAED ou le FNAEG, pour permettre la comparaison automatisée des empreintes digitales et des images faciales. Cette interconnexion facilite la coopération transfrontalière en matière policière et judiciaire. La brochure de la Caisse de solidarité propose enfin des outils et des modèles de courrier pour demander l’accès, la rectification ou l’effacement des données, nous offrant des moyens de contester ces dispositifs de surveillance étendus.
À New York, le militant pro-palestinien Jakhi McCray a plaidé coupable pour avoir incendié 11 véhicules de la NYPD en juin 2025, causant environ 800 000 dollars de dégâts. Déjà impliqué dans des manifestations pro-palestiniennes, il avait mis le feu aux véhicules stationnés avant de se rendre un mois plus tard. Il encourt une peine minimale de cinq ans de prison, pouvant aller jusqu’à vingt ans. Âgé de 22 ans, il s’était engagé en soutien à la grève de la faim des prisonniers de la cause palestinienne au Royaume-Uni en novembre 2025.
La CIA a expérimenté un outil baptisé Ghost Murmur, capable de localiser une personne à plusieurs dizaines de kilomètres en détectant la signature électromagnétique de ses battements cardiaques grâce à la magnétométrie quantique, qui utilise des capteurs à base de diamants synthétiques pour capter des variations magnétiques extrêmement faibles et les isoler via des algorithmes. Cette technologie, développée notamment par Lockheed Martin au sein de sa division Skunk Works (spécialisée dans les projets militaires expérimentaux), a été utilisée pour retrouver un militaire en territoire iranien. Si elle s’avère efficace en zones isolées avec peu d’interférences, son utilisation reste limitée en milieu urbain dense et nécessite un temps de traitement important. À terme, sa miniaturisation pourrait permettre son intégration dans des drones, soulevant des enjeux majeurs en matière de surveillance et de traçabilité des individus, indépendamment de leurs appareils électroniques.
Le militant bissau-guinéen Vigário Luís Balanta, président du mouvement Pó di Terra et critique de la transition militaire, a été retrouvé mort près de Bissau, vraisemblablement battu à mort selon des médias locaux. Âgé de 35 ans, il dénonçait régulièrement la junte dirigée par le général Horta N’Tam depuis le coup d’État contre Umaru Sissoco Embaló, réclamant notamment la liberté de manifester et la transparence électorale. Déjà menacé et brièvement disparu par le passé, il continuait de s’exprimer publiquement jusqu’à la veille de sa mort. Après l’annonce de son décès, les autorités ont suspendu plusieurs radios privées, invoquant des irrégularités administratives.
‘’Ras le Bol’’ organise le lundi 13 avril 2026 une cantine solidaire à La Relâche de la Chapelle à Toulouse, en collaboration avec les Éditions du bout de la ville et L’Envolée, pour soutenir Moben, prisonnier et auteur du livre de recettes Mange ta peine. Peu après sa publication, il a été transféré au « quartier de lutte contre la criminalité organisée » (QLCO) de la prison de Condé-sur-Sarthe. L’événement reviendra sur la création du livre, l’importance de la cuisine en détention, ainsi que sur la répression subie par son auteur. Il permettra également de sensibiliser sur les QLCO et les luttes des personnes incarcérées et de leurs proches. Le repas vegan sera préparé à partir de recettes adaptées du livre, accompagné d’activités comme un infokiosk, une table d’écriture de lettres aux détenus et des stands d’organisations locales, dont le Secours Rouge Toulouse.
Le gouvernement allemand a présenté deux projets de loi controversés : l’un visant à étendre les pouvoirs d’enquête numérique de la police, notamment via l’analyse automatisée des données collectées en ligne et dans les espaces publics, et l’autre modifiant le Code de procédure pénale pour encadrer l’utilisation de mesures d’enquête numérique, y compris l’exploitation de systèmes d’IA comme PimEyes et Palantir. Ces textes sont critiqués pour leurs risques élevés de violation des droits fondamentaux, de suivi biométrique massif et d’atteintes à la liberté d’expression et de réunion.