Plusieurs détenus incarcérés en raison de leur engagement contre le génocide en Palestine poursuivent une grève de la faim dans des prisons britanniques, avec des conséquences préoccupantes sur leur santé. Heba, après 66 jours de jeûne à la prison de New Hall, présente des signes de détresse respiratoire et une faiblesse physique extrême. Kamran, qui dépasse les 55 jours de grève, a été hospitalisé à plusieurs reprises pour des troubles cardiaques, des pertes d’audition et des vertiges. Lewie Chiaramello poursuit également son action après plus de 40 jours. Parallèlement, T Hoxha a interrompu son jeûne après avoir obtenu des garanties sur ses conditions de détention, notamment le traitement d’un arriéré de courrier et la tenue d’un entretien avec l’unité JEXU (Joint Extremism Unit). D’autres participants, comme Amu, Jon, Qesser et Umer, ont également suspendu leur mouvement tout en maintenant leurs revendications initiales, visant la complicité britannique avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems et dénonçant la criminalisation de Palestine Action et de ses soutiens.

À Alep, les quartiers de Şêxmeqsûd (Cheikh Maqsoud) et Eşrefiyê (Achrafieh), administrés par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie et défendus par les forces locales Asayish, ont été frappés par de violents bombardements et combats le 6 janvier 2026, opposant ces forces à des groupes affiliés au gouvernement de transition syrien. Ces attaques sur des zones résidentielles densément peuplées (environ 600 000 habitants) ont fait au moins neuf morts, dont des civils, et de nombreux blessés, provoquant des évacuations. Cela intervient dans un contexte où les kurdes cherchent à maintenir une autonomie dans ces quartiers d’Alep tandis que le gouvernement syrien et ses alliés cherchent à reprendre un contrôle total sur la ville.

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En Turquie, la libération de Taylan Turunç, prisonnier politique et militant de Partizan détenu depuis mars 2016 à la prison de haute sécurité de Tekirdağ (F-Type n°2), a été bloquée pour la septième fois par décision du Conseil d’administration et d’observation pénitentiaire. Depuis décembre 2023, sa sortie a été systématiquement reportée, les autorités invoquant son refus de se présenter devant le conseil, le contenu politique de ses lettres et le fait qu’il aurait apporté « soutien moral et motivation » à d’autres détenus. Sa détention a été prolongée de six mois supplémentaires et sa situation doit être réexaminée à la fin du mois de mai, illustrant l’usage récurrent de mécanismes administratifs pour maintenir en prison des détenus politiques au-delà de leur peine.

Mardi 6 janvier à Izmir, quatre personnes, membres de la Nouvelle Jeunesse démocratique (YDG) et lecteurs du magazine Partizan, ont été interpellées à l’aube lors de perquisitions à leur domicile, les autorités invoquant leur participation à des actions liées aux mobilisations de la jeunesse et des travailleur·euses. Placées en garde à vue, elles ont ensuite été libérées, l’une d’entre elles étant toutefois placée sous contrôle judiciaire.

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Le 1er janvier 2026, des bombardements et des opérations militaires menés par l’Armée des Philippines à Barangay Cabacao ont causé la mort de trois enfants Mangyan et de deux jeunes étudiants, selon le Front national démocratique (NDF)-Mindoro. Un autre civil a été gravement blessé. Parmi les victimes figure Jerlyn Rose Doydora, une jeune chercheuse décédée après une crise liée à sa maladie au moment des frappes. Les corps des enfants Mangyan ont été retrouvés deux jours plus tard, et leur mère a été blessée. Les bombardements ont également détruit des biens agricoles et forcé 769 personnes de 188 familles à se réfugier temporairement, tandis que d’autres familles ont trouvé abri chez des proches. Le NDF-Mindoro appelle à l’ouverture d’un corridor humanitaire, à la restitution des corps des victimes et à la justice pour les morts et blessés civils.

Le 6 janvier 2026, l’armée israélienne a fait irruption sur le campus de l’université de Birzeit, au nord de Ramallah, pour disperser un rassemblement étudiant organisé en solidarité avec les prisonniers palestiniens. Les forces israéliennes ont utilisé des balles réelles, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, brisant la porte principale de l’université et pénétrant dans différents bâtiments. Plusieurs étudiants ont été blessés, dont trois touchés par des tirs à la jambe, pris en charge par le Croissant-Rouge et transportés à l’hôpital. Des responsables universitaires et journalistes ont également été arrêtés, notamment le vice-président académique Asim Khalil et les journalistes Moatasem Saqf Al-Hait et Karim Khmaisah. Environ 8 000 étudiants se trouvaient sur le campus au moment de l’assaut, qui a également conduit à la saisie de matériel appartenant au mouvement étudiant.

En Autriche, sept militants antifascistes sont jugés à partir du 7 janvier 2026 devant le tribunal pénal de Graz dans le cadre du procès dit AntifaGraz25, où ils encourent jusqu’à 15 ans de prison pour « vol aggravé » et « association criminelle ». Les poursuites font suite aux mobilisations contre le bal académique de Graz en janvier 2025, événement réunissant des groupes et figures de l’extrême droite. Initialement qualifiés de vol et de violences, les faits ont été requalifiés par les autorités en infractions lourdes, accompagnées d’une vaste enquête du service de protection de l’État, de perquisitions violentes et de détentions prolongées, bien que la justice ait par la suite jugé ces perquisitions illégales et qu’aucune preuve matérielle n’ait été retrouvée. Dans ce cadre, plusieurs jours de mobilisation sont organisées dans la ville autrichienne (voir ici).

Quatre jeunes militants du mouvement indépendantiste U14 ont été interpellés à l’aube du 6 janvier, notamment à Larressore et à Hendaye, lors d’opérations menées par la gendarmerie. Selon le collectif, ces arrestations seraient liées à la manifestation organisée le 14 juillet dernier à Espelette, où environ 200 personnes avaient dénoncé la fête nationale française, la touristification et la marchandisation de la culture basque. En réaction, U14 appelle à un rassemblement de soutien dès 13H devant la gendarmerie de Cambo afin d’exiger la libération des militants arrêtés.

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Le média associatif L’Empaillé est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Perpignan pour « injure » à la suite d’une plainte déposée par le directeur de la police municipale de la ville. La procédure fait suite à des publications journalistiques critiquant son action et son rôle institutionnel, que le plaignant estime attentatoires à son honneur. Le média dénonce une utilisation de l’outil judiciaire visant à l’épuiser financièrement et humainement, soulignant l’asymétrie entre un responsable public disposant de moyens importants et une rédaction indépendante aux ressources limitées. Après un premier renvoi demandé par le plaignant en octobre 2025 (voir notre article), l’audience est désormais fixée au 8 janvier 2026, date à laquelle L’Empaillé demandera sa relaxe et une indemnisation des frais de justice engagés. A cette occasion, un rassemblement de soutien est organisé ce jour à 13H devant le tribunal correctionnel de Perpignan (place Arago).

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En Tunisie, plusieurs travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile, détenus depuis plus de 20 mois pour avoir prétendument « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier. Parmi eux figure Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, condamnée à deux ans de prison avec sursis, tout comme ses collègues incarcérés. La décision judiciaire, saluée par leurs soutiens, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de tensions politiques accrues sous la présidence de Kaïs Saïed, tandis que le tribunal doit encore statuer sur le sort des autres accusés laissés en liberté.