Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

L’enregistrement d’une soixantaine de candidats indépendants aux élections du 8 septembre pour le Parlement de Moscou a été rejeté, officiellement en raison de vices dans la collecte des signatures nécessaires pour se présenter. Des participants indépendants exclus du scrutin ont dénoncé des irrégularités fabriquées selon eux de toutes pièces et ont accusé le maire loyal au pouvoir, de vouloir étouffer l’opposition.

Les forces de l’ordre n’ont laissé aucune chance aux protestataires de participer à la manifestation de protestation, non autorisée, devant la mairie de Moscou. Mobilisées en grand nombre, elles ont arrêté massivement les protestataires qui affluaient sur la principale artère de Moscou, l’avenue Tverskaïa, criant “Nous voulons des élections libres”, et les ont repoussés manu militari vers les ruelles alentour, procédant à 520 arrestations.

Arrestation ce samedi à Moscou

Arrestation ce samedi à Moscou

Un manifestant a été hospitalisé et plusieurs autres blessés hier à la suite d’un affrontement avec la police et des vigiles au Théâtre national de Tirana. Depuis plus de 18 mois, un mouvement d’acteurs, d’écrivains, de producteurs de films et de membres de la société civile protestent chaque jour contre le projet du gouvernement de de démolir le théâtre national et d’en vendre le terrain pour construire six tours à sa place.

Ce matin, peu après 6 h 30 du matin, un grand nombre de policiers et d’agents de sécurité sous contrat privé sont arrivés sur le site. Rameutés par les médias sociaux, plusieurs centaines de citoyens ont rejoint les manifestants. Une manifestant, poussé par la police est tombé dans une piscine vide et s’est sérieusement blessé. D’autres personnes ont été blessés après que des policiers et des gardes de sécurité privés, engagés par le gouvernement, aient malmené des manifestants. Des manifestants du théâtre surveillait le théâtre jour et nuit, craignant que sa démolition ne soit imminente.

Incidents devant le théâtre national de Tirana

Incidents devant le théâtre national de Tirana

Des documents ont été publiée ces derniers jours prouvant que Julian Assange était espionné 24h sur 24 par une agence de sécurité espagnole (Undercover Global S. L) puis équatorienne (Promsecurity) durant son séjour de 7 ans à l’ambassade d’Equateur à Londres dans laquelle il s’est réfugié ces sept dernières années. Cet espionnage avait lieu à la demande des autorités équatoriennes. Par ailleurs les agents de sécurité de l’ambassade devaient tout les jours surveiller chaque mouvement d’Assange, enregistrer ses conversations et prendre note de son humeur. L’équipe a également procédé à un examen de l’écriture manuscrite dans son dos, qui a donné lieu à un rapport de six pages.

Des entrevues entre Assange et son avocat ainsi que des entrevues avec des visiteurs ont notamment été filmées et ce malgré des mesures de sécurité mise en place par Assange telles que l’utilisation d’un dispositif de distorssion des voix. D’autres mesures de sécurité étaient utilisées par Assange telle que l’utilisation d’un dossier recouvrant la feuille de papier sur laquelle il écrivait pour empêcher tout appareil photo potentiel de zoomer sur ses notes.

Au niveau de son extradition, les autorité britannique prétende qu’il ne sera pas envoyé dans un pays où il pourrait risquer la peine de mort. L’audience pour étudier la demande d’extradition vers les États-Unis aura lieu fin février 2020 au Royaume-Uni. En attendant Assange il reste enfermé à la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de Londres (https://secoursrouge.org/Grande-Bretagne-Debut-de-procedure-pour-une-eventuelle-extradition-d-Assange).

Julian Assange en train d'être espionné

Julian Assange en train d’être espionné

En 2016, un ancien haut responsable du Sinn Féin qui s’était avéré être un espion du MI5 avait été abattu de Glenties, dans le comté de Donegal. L’IRA véritable avait revendiqué l’attaque. La Gardai (la police de République d’Irlande) avait enquêté sur le sujet et avait remis, il y a deux ans, un dossier au procureur général de la République d’Irlande. Celui-ci a décidé, mercredi 3 juin, d’inculper Anton Duffy, un homme du compté de Donegal, qui purge actuellement une peine de 17 ans de prison en Écosse pour avoir planifié le meurtre de Johnny “Mad Dog” Adair. Ce dernier est un loyaliste ainsi qu’un ancien dirigeant de la Ulster Defence Association (UDA, une organisation paramilitaire protestante loyaliste).

Anton Duffy est l’un des trois républicains reconnus coupables en 2015 de complot en vue de tuer les dirigeants loyalistes. Le cousin de Duffy, Martin Hughes (40 ans) a été emprisonné pendant 11 ans, tandis qu’un autre homme, Paul Sands (36 ans) a été emprisonné pendant dix ans. Les trois hommes avaient été condamnés pour des opérations prolongées de police et de surveillance du MI5, impliquant des écoute par micro et des agents infiltrés.

Un mandat d’extradition contre Anton Duffy ne pourra pas être appliqué avant la fin de sa peine de prison et éventuellement après une période supplémentaire après sa libération de 3 ans de surveillance en Écosse. Les questions d’extradition pourraient également être problématiques après le Brexit.

Membres de la Real IRA

Membres de la Real IRA

Lundi 17 juin, commençait un procès de trois jours initié par Anne Dalum qui essaye de récupérer son passeport confisqué par la police. Ce passeport lui avait été enlevé le 6 janvier alors qu’elle devait partir le lendemain au Rojava pour participer au programme “Make Rojava Grenn Again” (voir notre article). Cette procédure est la conséquence du durcissement de la loi sur les passeports voté au Danemark en 2015, censé notamment aider à empêcher le recrutement de combattants étrangers dans des conflits armés.

Par ailleurs, le gouvernement britannique prépare une réglementation similaire qui interdirait à ses citoyens d’être présent au nord-est de la Syrie sous peine d’écoper de dix ans de prison.

Solidarité avec Anne Dalum

Solidarité avec Anne Dalum

L’audience pour étudier la demande d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers les Etats-Unis aura lieu fin février, a décidé vendredi un juge du tribunal londonien de Westminste. Une audience aura lieu fin octobre pour décider quel tribunal étudiera la demande américaine. Les Etats-Unis lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Ils l’accusent également d’avoir “comploté” avec l’ex-analyste militaire Chelsea Manning.

Réfugié pendant près de sept ans à l’ambassade d’Equateur à Londres où il bénéficiait de l’asile politique, M. Assange en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l’aval de Quito (voir notre article). Vendredi, l’Australien de 47 ans a comparu par visioconférence depuis la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de Londres. Aux Etats-Unis, il risque 175 ans de cumul des peines encourues pour les différents chefs d’inculpation qui le visent.

Assange à son arrestation

Assange à son arrestation

Pavel Grigorchuk, militant communiste, a été emprisonné à plusieurs reprises en Moldavie par le régime de l’oligarche Plahotniuc, notamment en tant que membre du «groupe Petrenko» de prisonniers politiques. Grigorchuk est une nouvelle fois emprisonné, depuis maintenant trois mois, pour une altercation mineure avec un membre du parti de Plahotniuc. Celui-ci a perdu les élections face à des partis de gauche, mais ne veut pas céder le pouvoir. Pavel Grigorchuk a rendu compte des violations des droits de l’homme perpétrées au centre de détention PU-13 de Chisinau, où sont détenus plusieurs prisonniers politiques de l’ancien régime, avec lesquels Grigorchuk a formé une association de prisonniers politiques. Différentes initiatives de solidarité ont eu lieu Pavel Grigorchuk, dont un rassemblement devant la Mission moldave auprès de l’ONU avant-hier, le 13 juin.

Pavel Grigorchuk lors d'une célébration de la victoire contre le fascisme nazi

Pavel Grigorchuk lors d’une célébration de la victoire contre le fascisme nazi

Les autorités ont totalement disculpé mardi ce journaliste du média en ligne indépendant Meduza, connu pour ses enquêtes sur la corruption des élites et les malversations dans des secteurs opaques comme le microcrédit et les pompes funèbres. Selon le ministère de la justice, les policiers ayant procédé à l’arrestation du journaliste ont été suspendus de leurs fonctions le temps de l’enquête, tandis que deux hauts responsables de la police moscovite seront limogés.

Il s’agit d’une issue pratiquement sans précédent en Russie, où les services de sécurité et la police sont souvent accusés de monter des affaires de drogue de toutes pièces pour se débarrasser des voix critiques et où les acquittements devant la justice sont extrêmement rares. Plus de 400 manifestants ont été arrêtés mercredi lors d’une marche à Moscou en soutien au journaliste libéré la veille. Près d’un millier de personnes se sont rassemblées dans le centre de Moscou et une centaine dans la deuxième ville du pays, Saint-Pétersbourg, pour protester contre les agissements de la police dans cette affaire qui a provoqué une mobilisation quasi sans précédent de la société civile.

Ivan Golounov

Ivan Golounov

Samedi, 1er juin, une bombe improvisée a été découverte sous la voiture d’un policier à Belfast-Est. Le dispositif a été découvert près du terrain de golf de Shandon Park situé près du siège du PSNI (la police d’Irlande du Nord). D’après les autorités, il s’agirait d’une opération menée par des dissidents républicains.

Opération de désamorçage de la bombe

Opération de désamorçage de la bombe

Les autorités nord-irlandaises cherchent à extrader John Downey afin qu’il fasse l’objet de poursuites pour avoir participé à une attaque à la voiture piégée ayant tué deux fantassins de l’armée britannique en 1972. John Downey a été arrêté en novembre dernier à son domicile à Ards, Creeslough (dans le comté de Donegal en République d’Irlande) dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen lancé contre lui.

En mars, la Haute Court de Dublin a ordonné son extradition. Pourtant il est en possession d’une lettre émises par le gouvernement Tony Blair. Il s’agit d’une des lettres qui garantissent aux républicains qu’ils ne sont pas recherchés pour des actes effectués avant les accords de paix. Le procureur général estime cependant que l’objet de ce type de lettres était de préciser qu’il n’y avait aucune procédure connue, mandat d’arrêt ou enquête en cours à cette époque et ne signifiait qu’ils ne serait pas poursuivit dans le futur. John Downey a fait appel de la décision d’extradition. Il passait hier en audience.

En 2014, John Downey avait déjà été arrêté en lien avec l’attaque à la voiture piégé contre la garde du palais royal (menée en 1982 durant laquelle quatre soldats et sept chevaux avaient été tués) alors qu’il passait par l’aéroport de Gatwick à Londres. La lettre du gouvernement lui avait finalement permis d’échapper aux poursuites.

John Downey

John Downey