Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Quatre combattants présumés de l’ELN ont été tués au combat dans le sud-ouest du pays, dans la zone rurale de Timbiqui (département du Cauca) où l’armée, la marine, l’aviation et police colombiennes mènent une opération conjointe antiguérilla depuis plusieurs semaines. L’armée affirme avoir saisi sept fusils, deux pistolets, et beaucoup de munitions. Malgré l’intensification des affrontements ces dernières semaines, le dirigeant de l’ELN, Nicolas Bautista, alias « Gabino », a déclaré dans une interview dimanche que l’organisation était à la recherche de la paix. Le gouvernement colombien et les FARC sont en train de finaliser leur accord de paix.

Les corps des combattants de l’ELN à Timbiqui

Les corps des combattants de l'ELN à Timbiqui

Les Ivoiriens étaient avisés que les factures d‘électricité connaîtraient une hausse de 6 à 10 % en début d’année, selon le ministre de l’Energie du pays. Cependant, plusieurs abonnés affirment avoir vu leurs factures augmenter au-delà du pourcentage avancé par le ministre. Des incidents ont eu lieu lors d’une manifestation contre cette hausse de prix à Daloa, dans le centre ouest de la Côte d’Ivoire. La police, voulant faire barrage aux manifestants, a lancé des gaz lacrymogènes, qui n’ont eu aucun impact sur la détermination de la foule qui a envahi et pillé les locaux de la CIE, la compagnie nationale d‘électricité. Cet événement fait suite à une manifestation similaire dans la capitale administrative du pays, Yamoussoukro, pendant laquelle, les manifestants avaient brûlé des pneus et mis le feu à une voiture appartenant à la CIE.

Déploiement policier à Doala

Déploiement policier à Doala

A Tours, de nombreux graffitis contre la Loi Travail recouvraient jusqu’à peu les palissades longeant la Rue Nationale. Mais dans la nuit du 15 au 16 juillet, des « graffeurs » sont venus recouvrir les tags politiques par d’autres peintures n’exprimant cette fois-ci pas d’opinion contraire à celles de la Mairie. Les graffeurs ont d’ailleurs été rémunérés pour accomplir leur besogne, 5.400€ pour les 9 artistes, dont Mathieu Plume. Ils ont été sélectionnés par Bob Jeudy, collectionneur d’art contemporain et vice-président de l’association « M.U.R. »

En attendant, les tags apolitiques ont déjà été recouverts de slogans. La Mairie de Tours avait déjà tenté d’effacer les tags le 13 juin dernier mais ils avaient aussitôt refleuris.


VIDEO. Tours : des tags contre les graffs rue… par lanouvellerepublique

France: Des graffeurs pour défendre la Loi Travail à Tours

Difficile de suivre l’immense vague répressive qui secoue toute l’opposition turque depuis la tentative de coup d’état qui a eu lieu il y a quelques jours. L’AKP qui prétendait au départ viser des putschistes gülenistes a licencié des dizaines de milliers de personnes dans tous les secteurs (armée, fonctionnaires, secteur privé, éducation), emprisonné, exécuté sommairement (certains soldats ont été décapités en pleine rue) et torturé des centaines d’autres. Les militants galvanisés d’AKP attaquent des quartiers kurdes et alévis qui ne se laissent pas faire. Dans certains cas, les villageois qui se défendaient ont simplement été qualifiés de « putschistes » et emprisonnés.

A présent, l’état turc veut empêcher les putschistes « cachés » dans les milieux universitaires de s’échapper. Le haut conseil de l’éducation a donc interdit aux enseignants de quitter le pays et a demandé à ceux qui se trouvent à l’étranger de revenir au plus vite. Selon la police (pro-erdogan), certains profs seraient selon l’AKP, en contact avec des cellules putschistes endormies. Les purges dans l’enseignement ont déjà eu lieu: la totalité des 1.577 doyens ont été suspendus, les licences de 21.000 enseignants privés ont été révoquées. Les purges sont tellement massives qu’il est difficile de donner des chiffres précis, mais au moins 70.000 personnes ont été relevées de leur fonction en à peine quatre jours. La répression pourrait encore s’intensifier puisque l’état turc souhaite rétablir la peine de mort contre les « putschistes ».

Ce mercredi, l’armée de l’air turque a également repris ses bombardements contre les bases du PKK dans le nord de l’Irak.

Une estimation de l’étendue des purges (20 juillet 2016)

Six jours après l’attentat de Nice, l’Assemblée nationale française a donné son feu vert à l’article prolongeant l’état d’urgence pour six mois. Les députés ont porté dans la nuit de mardi à mercredi la prolongation de l’état d’urgence à six mois, jusqu’à fin janvier 2017. Le parti Les Républicains de l’ex-président Sarkozy était favorable à la prolongation de l’état d’urgence mais avait posé ses conditions: au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre. Le projet de loi prévoit les perquisitions « administratives » à toute heure du jour ou de la nuit sans l’aval d’un juge. Un arsenal encore plus répressif est envisagé, avec notamment des centres de rétention à titre préventif pour les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste.

Opération

Opération

Mardi après-midi des affrontements ont éclatés entre les enseignants normaliens grévistes et les policiers du Groupe des opérations spéciales (GOE) du ministère de la Sécurité publique. Les manifestants, qui étaient appuyé par des étudiants boursiers, ont été sommé par les forces de l’ordre de dégager la route Pátzcuaro-Uruapan qu’ils bloquaient au kilomètre, à la hauteur de la communauté de San Juan Tumbio (état de Michoacan). Les affrontements ont commencé, pierre contre grenades lacrymogènes, au cours desquels trois autobus ont été incendiés.

Autobus incendiés à San Juan Tumbio

Autobus incendiés à San Juan Tumbio

Mohammad Sidqy at-Tibakhi, 12, a été tué par des tirs de soldats de l’occupation dans la région d’Al-Ram, près de Jérusalem, lorsque des soldats ont été envoyés dans la région pour disperser une manifestation. Le garçon a reçu une balle de caoutchouc sur sa poitrine et est mort d’un arrêt cardiaque. Lundi, enfant de 11 ans a été écrasé par un colon israélien, délibérément selon les témoins, dans la ville de Yatta, au sud de Hébron. Le conducteur a fui la scène du crime.

Mohammad Sidqy at-Tibakhi

Mohammad Sidqy at-Tibakhi

Le 26 juillet 1953, 166 jeunes révolutionnaires, mal préparés et mal armés, attaquent la caserne Moncada, à Santiago de Cuba, et la caserne Carlos Manuel de Gazons, à Bayamo. Cette date est le point de départ de la révolution cubaine, et devint le nom du mouvement révolutionnaire (Movimiento 26 Julio ou M 26-7) que Castro allait fonder après sa libération, qui conquit finalement le pouvoir en 1959.

L’attaque de la Moncada devait être le signal d’un soulèvement populaire contre le régime du général putschiste Batista, au pouvoir depuis mars 1952, qui atteignait des sommets de corruption et de cruauté. Elle avait été préparée par Fidel Castro, alors jeune avocat, et son second Abel Santamaría qui la veille avait dit aux rebelles « … soyez assurés de notre victoire, ayez foi en notre idéal; mais si le destin s’avère contraire pour nous, il nous faut rester courageux dans la déroute, car ce qui se sera passé ici se saura et mourir pour la patrie sera un exemple pour toute la jeunesse de Cuba ».

La caserne Moncada après l'assaut
La caserne Moncada après l’assaut

Et l’attaque échoue. Plusieurs révolutionnaires sont tués, tandis que d’autres sont capturés. 75 révolutionnaires au total seront tués par les militaires ou les policiers de Batista. Abel Santamaría est torturé, on lui brûle les bras et on lui arrache un œil pour lui faire avouer le nom du dirigeant de l’insurrection. Des photos montrent que la grande partie des révolutionnaires tués ont été torturés et abattus après leur reddition et devant le scandale naissant, les rebelles arrêtés la nuit suivante, notamment Fidel Castro et son frère Raúl, échappent à l’exécution sommaire.

Révolutionnaires tués aux abords de la Moncada
Révolutionnaires tués aux abords de la Moncada
Quelques révolutionnaires capturés après l'attaque, (Castro est le premier de la file)
Quelques révolutionnaires capturés après l’attaque, (Castro est le premier de la file)

En septembre 1953, les procès de l’attaque ont eu lieu. Fidel Castro, comme dirigeant principal est jugé séparément. Il est amené dans la salle de l’Hôpital Civil, où l’audience se tenait, après plus de deux mois d’isolement total. Il entend le procureur requérir 26 ans de prison, et se lance alors dans une « plaidoirie », en fait un discours politique, intitulé La Historia me absolvera, l’Histoire m’acquittera. Pendant trois heures, sans lire ses notes, il dénonce les crimes de la dictature et la misère du peuple cubain. Castro est alors un démocrate radical et progressiste – pas un communiste. Il cite de mémoire Jean de Salisbury, Saint Thomas d’Aquin, Martin Luther, Juan de Mariana, François Hotman, Johannes Althusius, Juan Poynet, Jean-Jacques Rousseaux et bien d’autres. Elevé par les Jésuites, il met l’accent sur Saint Thomas d’Aquin, selon lequel les tyrans devaient être démis par le peuple.
Loin de se limiter à dénoncer à la dictature, Castro expose le projet politique qui motivait l’assaut de la Moncada, et qui passait par 5 points prioritaires. La première loi remettait en vigueur la Constitution républicaine de 1940, suspendue par Batista. La deuxième était une loi de réforme agraire, qui donnait la propriété aux métayers qui occupaient jusqu’à une soixantaine d’hectares. La troisième octroyait aux travailleurs 30% des parts des grandes entreprises. La quatrième accordait aux récoltants 55% du revenu de la canne à sucre. Et la cinquième loi ordonnait la confiscation de tous les biens accaparés par les concessionnaires des gouvernements successifs.

Castro allait conclure avec ces mots restés célèbres: « Je terminerai ma plaidoirie d’une manière peu commune à certains magistrats en ne demandant pas la clémence de ce tribunal. Comment pourrais-je le faire alors que mes compagnons subissent en ce moment une ignominieuse captivité sur l’Île des Pins ? Je vous demande simplement la permission d’aller les rejoindre, puisqu’il est normal que des hommes de valeur soient emprisonnés ou assassinés dans une République dirigée par un voleur et un criminel. Condamnez-moi, cela n’a aucune importance. L’histoire m’acquittera. »

Castro lors de sa détention
Castro lors de sa détention
Les prisonniers de la Moncada à leur libération en 1955 (Castro est au centre)
Les prisonniers de la Moncada à leur libération en 1955 (Castro est au centre)

Castro est condamné à 15 ans de prison sur l’Île des Pins, et son frère à 13 ans de prison. En 1955, en raison de la pression de personnalités civiles, de l’opposition générale, et des Jésuites qui avaient participé à l’instruction de Castro, Batista décide de libérer tous les prisonniers politiques, y compris les attaquants de la Moncada. Les frères Castro partent en exil au Mexique, où se retrouvent les Cubains décidés à renverser le régime. Ils y rencontrent « Che » Guevara qui se joint à eux. Les membres du M 26-7 sont entraînés par Alberto Bayo, un ancien officier de la République espagnole exilé au Mexique, et le 26 décembre 1956, avec un armement de fortune, ils s’embarquent pour Cuba.

Le 28 janvier 1960, la caserne Moncada a été transformée en école.

Les révolutionnaires tués à la Moncada
Les révolutionnaires tués à la Moncada

Suite au coup d’état raté contre le régime turc, Wikileaks vient de publier 294.548 e-mails liés à l’AKP, le parti d’Erdogan. Malheureusement, à l’heure actuelle, une attaque informatique massive -probablement orchestrée par l’AKP ou l’un de ses alliés- rend la consultation de ces documents impossible. En guise d’apéritif, quelques ‘chanceux’ ont pu accéder brièvement aux documents avant l’attaque et en parler sur Twitter, on y parle notamment du trafic de pétrole avec l’Etat Islamique. Plus d’informations dans les prochaines heures donc.

Vous pouvez tenter votre chance sur wikileaks.org/akp-emails/

Wikileaks publie 300.000 e-mails d’AKP

Wikileaks publie 300.000 e-mails d'AKP

Des dizaines d’antifascistes et de chasseurs de pokémons ont été arrêtés ce lundi à Munich alors que les premiers tentaient de bloquer une manifestation de Pegida. Les antifas ont défilé en scandant « Nazis Raus ». La raison pour laquelle les chasseurs de pokémons étaient sur place est plus nébuleuse, il semblerait qu’un défi ait été lancé aux joueurs de Pokémon Go (Un évenement Facebook « Pour les Pokémons, Contre Pegida ») à celui qui arriverait à se prendre en photo en train d’attraper une bestiole à côté du rassemblement fasciste.

Allemagne: Chasse aux nazis et aux pokémons à Munich