Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Ce vendredi midi, un incendie s’est déclaré dans les nouveaux locaux de la police judiciaire à Bruxelles, devant la Colonne du Congrès, Rue Vandermeulen. Il s’agît de l’immeuble de l’ancienne Cité administrative. Le bâtiment était en pleine rénovation, car doit y accueillir prochainement la Police fédérale. Les pompiers étaient en nombre sur place et ont donc rapidement pu maîtriser la situation.

incendie siège police

incendie siège police

Une équipe conjointe de la police du Rayagada et du Special Operation Group (SOG) a effectué une opération contre un camp d’entraînement maoïste à Tourei Ghati dans une zone de mines de bauxite. Les forces de police se sont heurtées aux sentinelles maoïstes, l’échange de tirs a continué pendant près d’une heure au cours de laquelle les maoïstes ont également fait exploser un IED.

La police a récupéré les corps de trois maoïstes mais revendique six guérilleros tués. Quatre armes à feu, des munitions et d’autres équipements et du matériel politique ont été trouvé. Le sommet de la colline où le combat a eu lieu était une plaine de la taille d’un terrain de football. Environ 15 maoïstes étaient présents dans le camp au moment de l’attaque mais l’ensemble du groupe était composé de 30 membres. Parmi les trois corps retrouvés, l’un a été identifié comme Mohan, un dirigeant du comité régional de Kashipur.

Le 16 juillet à l’aube, la police a pris d’assaut plusieurs maisons en même temps à Istanbul. Selon les premières informations, 12 membres du Öğrenci Kolektifleri (Collectif d’étudiants) et Liseli Genç Umut (Espoir jeune lycéen) ont été arrêtés. 26 personnes dans le quartier de Sancaktepe ont été arrêtées, y compris les lecteurs de magazines tels que Özgür Gelecek (Future Libre) et Devrimci Demokrasi (Démocratie Révolutionnaire), et les membres de AKA-DER (Fondation de recherche culturelle anatolienne) et HKP (Parti de libération du peuple). Il a été rapporté que les maisons des gestionnaires et des membres de la TGB (Syndicat de Jeunesse de Turquie) ont également été fouillées. Les avocats ont été informés que l’État a pris la décision de perquisitions et d’arrestations de 60 personnes pour une période de 72 heures, y compris des militantEs de Halkevleri, Öğrenci Kolektifleri, Özgür Gelecek, Devrimci Demokrasi, Aka-Der, HKP et TGB.

56 personnes sont accusées ‘d’incitation à la révolte et de dégradations de biens publics’. Le dossier a été classé comme confidentiel, afin que les personnes toujours en garde à vue (30 à ce jour) ne soient pas autorisées à parler à leurs avocats pendant 24 heures. Les policiers ont également décidé de prélever des échantillons ASN des détenus.

Hier jeudi, à 14h30, à l’appel du collectif CHOC (Chômeurs occupés), une vingtaine de personnes s’étaient rassemblées pour tracter Rue Neuve. Après une demi-heure, ils se sont fait expulser par la police, faute d’autorisation pour tracter et afficher des revendications en public. « Quand on leur a demandé si à la place nous avions distribué des tracts pour MacDo, ç’aurait été ok, ils [les policiers] nous ont répondu texto : oui mais c’est différent, ce serait dans un but commercial, là vous avez des revendications donc ça va pas »

L’annonce du jugement et l’incarcération d’Alexeï Navalny, opposant russe et blogueur, a provoqué des manifestations, jeudi 18 au soir, à Moscou, Saint-Pétersbourg et dans d’autres villes du pays. Dans la capitale, où quelque 20 000 personnes ont manifesté dans le centre-ville, environ 200 personnes ont été interpellées dans la nuit. Alors qu’il avait été condamné, jeudi 18 juillet, à cinq ans de camp, le parquet a finalement autorisé Alexeï Navalny, vendredi 19 juillet, à attendre le résultat de son appel à son domicile, à Moscou.

Un cadre maoïste a été arrêté jeudi dans la jungle de Porahat, dans le district du Singhbhum occidental. Ishaq Kandula était recherché par la police pour plusieurs dossiers, y compris une fusillade avec des forces de sécurité. Lors de l’arrestation, les policiers ont récupéré du matériel informatique et des munitions.

Plusieurs centaines de Palestiniens se sont affrontés avec des policiers devant la porte de Damas, lundi soir à Jérusalem, lors d’une manifestation contre le plan Prawer-Begin qui déplacera de 30.000 à 70.000 Bédouins du Néguev, dépossédera la population arabe bédouine de ses terres et de ses moyens de production traditionnelle et concentrera les Bédouins dans des zones urbaines pauvres.
Les manifestations ont également eu lieu à Jaffa et Beersheva lundi contre la mise en œuvre par le gouvernement du plan. Plusieurs dizaines de manifestants ont été blessés et au moins trois ont été arrêtés.

Andrea « Andi » Stauffacher, secrétaire du Secours Rouge International, incarcérée pour des actions radicales de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires, avait été transférée et placée à l’isolement en raison de sa participation à la grève de la faim de solidarité des prisonniers révolutionnaires avec Georges Abdallah. Les autorités pénitentiaires du canton de Zurich avaient exigé, sous peine de sanction, non seulement qu’elle ne participe pas à cette grève, mais qu’elle produise un document se dissociant de cette initiative. Andi a non seulement refusé, mais elle a mené un jour de grève de la faim supplémentaire pour protester contre cette mise à l’isolement. Andi a maintenant réintégré « sa » cellule de la prison de Winterthur.

Ce n’est pas qu’en Suisse que les autorités pénitentiaires ont essayer de bloquer cette grève de la faim de solidarité. La prisonnière des Brigades Rouge/PCC Nadia Lioce, condamnée à la perpétuité, a reçu les documents l’invitant à participer à cette initiative des semaines après leur date d’envoi et… le lendemain du jour où grève prenait fin. Elle a rédigé un document dans lequel elle approuve pleinement cette initiative solidaire dans les prisons.

Afin de lutter contre la société de surveillance, le maire de la petite ville de Deer Trail (546 habitants) dans le Colorado, envisage de vendre des permis pour descendre les drones qui survoleraient la commune. Chaque drone descendu rapporterait à son tireur une centaine de dollars de récompense. Cette mesure vise principalement les drones gouvernementaux qui seraient tentés de faire de l’espionnage de citoyen américain.

Cette proposition sera votée le 6 août et pour devenir chasseur de drone, vous devrez avoir au moins 21 ans, être capable de lire et de comprendre l’anglais et de tirer uniquement avec du calibre de 12 maximum.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les grands syndicats International Working People’s Association (révolutionnaire) et American Federation of Labor (réformiste) se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai, date du « moving day » parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l’ouvrier devant déménager (d’où le terme de « moving day ») pour retrouver du travail.

La grève générale du 1er mai 1886 est largement suivie : il y a 340.000 grévistes dans tout le pays. A la grande usine de matériel agricole McCormick Reaper Works, à Chicago, August Spies, militant anarchiste, est le dernier à prendre la parole devant la foule des manifestants. Au moment où la foule se disperse, 200 policiers font irruption et chargent les ouvriers. Il y aura un mort et une dizaine de blessés.

La répression du rassemblement de Haymarket

Spies lance un appel à un rassemblement de protestation contre la violence policière, qui se tiendra le 4 mai. Ce rassemblement se voulait pacifiste mais un autre appel invitait les travailleurs à venir armés dans le but d’autodéfense (Parsons avait imprimé le tract mais Spies s’opposa à sa diffusion).

L’appel à la manifestation de Haymarket

Le jour venu, Spies, ainsi que deux autres anarchistes, Albert Parsons et Samuel Fielden, prennent la parole. Le maire de Chicago, Carter Harrison, assiste aussi au rassemblement. Lorsque la manifestation s’achève, Harrison, convaincu que rien ne va se passer, appelle le chef de la police, l’inspecteur John Bonfield, pour qu’il renvoie chez eux les policiers postés à proximité. Il est 10 heures du soir, les manifestants se dispersent, il n’en reste plus que quelques centaines dans Haymarket Square, quand 180 policiers de Chicago chargent la foule encore présente. Quelqu’un jette une bombe sur la masse de policiers, qui répliquent en tirant dans le tas : bilan sept policiers tués et 70 manifestants blessés.

L’explosion de la bombe de Haymarket

Sept hommes sont alors arrêtés et accusés de meurtre : August Spies, George Engel, Adolph Fischer, Louis Lingg, Michael Schwab, Oscar Neebe et Samuel Fielden. Un huitième nom s’ajoute à la liste quand Albert Parsons se livre à la police. Le procès s’ouvre le 21 juin 1886 à la cour criminelle du comté de Cook. C’est avant tout le procès des anarchistes et du mouvement ouvrier. La sélection du jury compte par exemple un parent du policier tué. Le procureur Julius Grinnel déclare ainsi lors de ses instructions au jury : « Il n’y a qu’un pas de la République à l’anarchie. C’est la loi qui subit ici son procès en même temps que l’anarchisme. Ces huit hommes ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs. Ils ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivent. Messieurs du jury : condamnez ces hommes, faites d’eux un exemple, faites-les pendre et vous sauverez nos institutions et notre société. C’est vous qui déciderez si nous allons faire ce pas vers l’anarchie, ou non. »

Le 19 août, tous sont condamnés à mort, à l’exception d’Oscar Neebe qui écope de 15 ans de prison. Un vaste mouvement de protestation international se déclenche. Les peines de mort de Michael Schwab, Oscar Neebe et Samuel Fielden sont commuées en prison à perpétuité (ils seront tous les trois graciés le 26 juin 1893). Louis Lingg se suicide en prison. Quant à August Spies, George Engel, Adolph Fischer et Albert Parsons, ils sont pendus le 11 novembre 1887. L’événement connut une intense réaction internationale et fit l’objet de manifestation dans la plupart des capitales européennes. George Bernard Shaw déclara à cette occasion : « Si le monde doit absolument pendre huit de ses habitants, il serait bon qu’il s’agisse des huit juges de la Cour suprême de l’Illinois »

Les anarchistes martyrs de Chicago

Lire la biographie de Louis Lingg

Lire la biographie de George Engel

Lire la biographie d’Adolph Fischer

Lire la biographie d’Albert R Parsons

Lire la biographie d’August Spies

Les martyrs de Haymarket

En 1889, la IIe Internationale se réunit à Paris. Sous l’impulsion de Jules Guesde et sur une proposition de Raymond Lavigne, elle décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures. Le 1er mai 1890, l’événement est ainsi célébré dans la plupart des pays, avec des participations diverses. Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, en France, la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts. Avec ce nouveau massacre, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des travailleurs européens.

Banderlole martyrs de Haymarket

La répression du rassemblement de Haymarket
L'appel à la manifestation de Haymarket
L'explosion de la bombe de Haymarket
Les anarchistes martyrs de Chicago
Les martyrs de Haymarket
Banderlole martyrs de Haymarket