Les 16 et 17 juillet, trois militants allemands ont été convoqués par des juges, à Berlin et Hambourg, dans la cadre de ‘l’affaire de Tarnac’. A Berlin, après un rassemblement devant l’ambassade de France, ils se sont rendus devant le juge où, conformément à ce qu’ils avaient annoncé, ils n’ont rien déclaré. Les autorités allemandes répondaient par ces auditions aux commissions rogatoires lancées par le juge Fragnoli, basant sa suspicion envers les deux berlinois sur le fait qu’ils avaient déjà été inquiétés il y a dix ans et relaxés, suite à une campagne de sabotage des lignes de train pour protester contre les convois de déchets nucléaires Castor.

Il y a deux semaines a eu lieu en Italie une vaste opération médiatico-policière (une quarantaine de perquisitions et l’inculpation de 37 personnes pour ‘organisation et participation à une association subversive d’inspiration anarcho-insurrectionnaliste visant à commettre des actions criminelles à finalité de terrorisme et de renversement de l’ordre démocratique‘). Finalement, deux militants anarchistes restent en prison. Il y a 16 mois, ils avaient été contrôlés par les carabiniers non loin d’une voie ferroviaire et ceux-ci ne les ont alors pas arrêtés, afin de pouvoir continuer à les surveiller. A défaut de pouvoir reprocher aux deux incarcérés d’avoir effectivement saboté des caténaires, on les accuse d’avoir eu l’intention de le faire.

Vous pouvez écrire aux deux militants italiens incarcérés à l’adresse suivante: Sergio Maria Stefani, Alessandro Settepani; Via Maiano 10; 06049 Spoleto (PG)

Ces derniers temps, les policiers basques s’emploient à ôter systématiquement de l’espace public toute représentation, toute photo des prisonniers de la gauche nationaliste basque. Ils arrachent les affiches des murs ou, comme sur la vidéo ci-dessous, interviennent dans les stands lors des fêtes de rue pour enlever les photos.

Le 23 mai dernier, une manifestation contre la répression d’État s’était déroulée à Lille. Elle s’est terminée devant la ‘Maison flamande’ de Lambersart, un lieu fondé par les fascistes de Jeunesse identitaire et Terre celtique. Son portail est dégradé. Vingt-six manifestants sont placés en garde à vue. Seuls quelques-uns sont poursuivis.

Le 9 juin, sur YouTube, une vidéo est diffusée par la ‘Maison flamande’. Un montage de photos montre notamment des images des incidents du 23 mai. Des remerciements finaux sont adressés sur le mode ironique aux 26 interpellés, dont des coordonnées défilent à l’écran: prénom, première lettre du nom et ville de chacun! Parmi ces communes, le petit village italien, inconnu des autres manifestants, donné aux policiers par une jeune manifestante originaire d’Italie mais vivant en Belgique. Le six juillet, deux de ces manifestants ont été agressés en rue par des skinheads à deux endroits et deux moments différents. Une plainte contre X a été envoyée vendredi au procureur et au préfet pour ‘avoir divulgué ou s’être procuré illégalement des informations personnelles‘. Les sept plaignants ont joint la vidéo incriminée, retirée au bout de quelques jours du site mais téléchargée, et des témoignages.

Le 15 janvier 2009 a débuté le procès contre Faruk Ereren, 54 ans, devant la cour d’appel de Düsseldorf. Faruk Everen est accusé d’être un dirigeant du DHKP-C. Le ministère public l’accuse d’être responsable d’actions de guérilla réalisées entre 1993 à 2005.

Parmi les témoins entendus au procès de Faruk Everen, Nuri Eryüksel a passé 17 ans en prison en Allemagne et en Turquie pour appartenance présumée au DHKP-C. Les tortures régulières qu’il a eu à subir durant sa captivité l’ont rendu aveugle. Jeudi 2 juillet, il a dû témoigner devant la Cour d’appel de Düsseldorf pour la cinquième fois. Mais les questions posées donnaient l’impression que le but recherché n’était pas de trouver la vérité mais de confirmer des soupçons et enquêter sur le témoin ainsi que d’autres personnes. Nuri a fait usage de son droit au silence. En outre, il a fait remarquer qu’en cinq jours, rares ont été les questions qui avaient un rapport avec le procès en cours.

Le collège des juges a décidé d’une amende de 1.000 euros sur base d’une requête du procureur à cause de son refus de répondre, une insoumission qui n’est pas reconnue en tant que droit! Puis le collège des juges a décidé que le refus de témoigner était illégal et a ordonné une amende de 500 euros et 3 mois de détention préventive. Nuri a été arrêté dans la salle du prétoire et restera en prison jusqu’à la prochaine audience du procès, qui a été remis au 3 août pour cause de vacances d’été. Il se trouve actuellement à la prison de Düsseldorf où il attend son transfert vers une autre prison.

Des peines de trois à six mois de prison avec sursis ont été requises à Compiègne contre sept salariés de l’usine Continental de Clairoix (Oise), poursuivis pour le saccage des bureaux de la sous-préfecture. Les sept prévenus, dont trois délégués syndicaux de la CGT, seront fixés sur leur sort le 1er septembre. Leur avocate a plaidé devant le tribunal correctionnel la relaxe en estimant que l’infraction n’était pas constituée. ‘La responsabilité pénale ne peut pas être collective. Une infraction pénale, c’est un fait précis imputable à une personne précise‘, a dit Me Marie-Laure Dufresne-Castets. Poursuivis pour ‘destruction en réunion de biens appartenant à l’Etat’, les salariés du fabricant allemand de pneumatiques risquent jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Plusieurs centaines d’employés de Continental ont manifesté devant le tribunal durant l’audience. Des ‘Conti’ s’en étaient pris le 21 avril dernier aux équipements des bureaux de la sous-préfecture de Compiègne en apprenant qu’ils étaient déboutés de leur demande d’annulation du plan social relatif à la fermeture de l’usine. L’entreprise avait annoncé le 11 mars son intention de fermer le site français, qui employait 1.120 personnes et celui de Hanovre, en Allemagne, pour réduire sa production de pneus en Europe. Un accord est intervenu début juin entre la direction du groupe et les salariés, qui ont obtenu une prime supplémentaire de 50.000 euros par personne et bénéficieront d’un accompagnement social jusqu’au 31 décembre 2011.

Güler Zere est une jeune prisonnière politique de 37 ans, incarcérée en Turquie depuis 14 ans pour son appartenance au DHKP-C après avoir été condamnée à 34 ans de prison. Elle souffre d’un cancer en phase terminale qui se propage dans sa bouche et au niveau de ses tempes. Dépistée tardivement, sa maladie a été très mal traitée du fait de sa captivité. Ses avocats, sa famille et ses amis appuyés par plusieurs dizaines d’ONG turques, demandent aux autorités l’application de la loi turque qui prévoit la libération conditionnelle des prisonniers gravement malades, afin qu’elle puisse bénéficier d’un traitement dans de meilleures conditions sanitaires.

Lundi dernier, la police a attaqué les participants au sit-in organisé par TAYAD, l’association des familles de détenus devant l’hôpital de Balcali à Adana, à coups de matraques et de gaz lacrymogènes.

Demain vendredi 17 juillet, le Comité belge des libertés collectera des signatures pour réclamer la libération immédiate de Güler Zere devant les marches de la Bourse de 14h à 16h.

Ils étaient environ 180 à avoir fait le déplacement. Des salariés de l’usine New Fabris, spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques pour l’automobile et basée à Châtellerault, se sont rendus à Boulogne-Billancourt ce jeudi matin pour demander ‘un geste’ à Renault, son principal client avec PSA. Ils sont repartis bredouilles. Reçus par la direction à 11h, ils se sont vus proposer la même chose que chez Peugeot, soit rachat du stock. Ce qui équivaudrait, selon les délégués syndicaux présents sur place, à 6.600 euros d’indemnité par employé, alors qu’ils en réclament 30.000, faute de quoi ils menacent de faire sauter l’usine au 31 juillet. L’ambiance était tendue à l’issue de la réunion. Les salariés ont décidé spontanément de bloquer l’avenue du Général-Leclerc à Boulogne. Les CRS sont alors intervenus. Le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, a exigé le retrait des bonbonnes de gaz sur le site. ‘Il est hors de question qu’on les enlève’, a lancé Guy Eyermann, délégué CGT et secrétaire du CE. Sur le toit d’un petit atelier, on peut toujours apercevoir six bouteilles de gaz reliées entre elles.

La Haute Ecole Erasme et le Groupe S sont deux propriétaires d’immeubles à l’abandon, qui avaient été squattés par les sans-papiers. L’un et l’autre avaient demandé à la justice d’ordonner l’expulsion des sans-papiers, et à chaque fois, la police avait procédé à cette évacuation. Le 12 juillet, à Jette et à Erasme, l’un et l’autre ont été la cible d’une action de représaille (tags, et nombreuses vitres brisées).

Bombage du Groupe S

Bombage du Groupe S

La justice espagnole a demandé ce mardi à la France la remise temporaire de l’ancien responsable d’ETA, Garikoitz Aspiazu, alias ‘Txeroki’, afin de l’interroger dans 5 des 21 procédures le visant en Espagne. Le parquet de l’Audience nationale, le tribunal anti-terroriste espagnol a proposé à la France une remise temporaire de ‘Txeroki’ fin septembre. Si la justice française accède à cette demande, ce sera la première fois qu’elle remet à l’Espagne un membre de l’organisation indépendantiste basque ETA en phase d’instruction judiciaire et non pour qu’il soit jugé comme cela s’est déjà fait à plusieurs reprises dans le passé. ‘Txeroki’, 35 ans, avait été arrêté le 17 novembre 2008 à Cauterets (sud-ouest de la France). Il aurait pris, fin 2003, la tête des commandos de l’ETA.