Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Les trois militants bretons victimes de l’acharnement judiciaire viennent de remporter une victoire juridique. Le gouvernement français avait, par la voix du Procureur général de Paris, fait appel de l’acquittement des trois militants inculpés à tort dans l’affaire de Quévert. L’Etat français n’avait pas hésité à s’asseoir sur ses propres lois pour tenter de jeter l’opprobre sur la gauche indépendantiste bretonne. Cet appel a été jugé ‘irrecevable’.

En novembre 1973, cela fait près de 6 ans que la Grèce subit une dictature militaire commanditée par l’OTAN et dirigée notamment par le colonel Papadopoulos. Enfermement et torture des opposants politiques, abolition des droits civils, dissolution des partis et censure rythment la vie politique grecque. Le monde étudiant n’est pas épargné, qui se voit dans l’impossibilité d’élire des représentants au sein des institutions universitaires, n’a pas le droit de publier de revue ni de mener aucune manifestation et encore moins de s’organiser en syndicat. Le 14 novembre 1973, les étudiants de l’école polytechnique se regroupent au sein de leur établissement et entament une manifestation appelant à la chute de la dictature. Le mouvement enfle jusqu’au 17 novembre. Au point que le régime panique et décide de réprimer le mouvement en envoyant ses chars à l’assaut de polytechnique. Un assaut meutrier (au moins 27 victimes). La commémoration du 17 novembre est une des occasions pour les étudiants contestataires (et notament anarchistes, très nombreux à Athènes) de manifester. Cette année, un ‘black block’ d’environ 2000 manifestants a affronté la police anti-émeute grecque.

Affrontements à Athènes

Affrontements à Athènes

Le vingtième changement du code pénal, qui a commencé son processus hier avec l’approbation en Conseil des ministres de la ‘liberté surveillée’, une forme pénale avec laquelle ils prétendent imposer jusqu’à 20 ans de contrôle sur les prisonniers politiques une fois qu’ils ont accompli leur peine et ont été remis en liberté. Une mesure qui se traduit en une peine de six décennies: quatre derrière les grilles et deux de plus ‘sous surveillance’. La raison brandie pour justifier de l’application de la ‘liberté surveillée’ est que son système pénitentiaire ne remplit pas la fonction de ‘réinsertion’ si bien qu’il ‘devient nécessaire’ d’adopter ce type de méthode. Selon ce qui a transpiré, comme avec tous les moyens antérieurs dirigés contre les dissidents politiques, le critère qui régira la prise de décision dépendra du ‘repentir’ des prisonniers et suppose, de ce fait, d’être soumis à vie au contrôle judiciaire. Le répertoire de moyens qu’impose la ‘liberté surveillée’ qui seront imposés par le magistrat quand il énoncera sa sentence va de l’interdiction de résider dans des lieux déterminés à l’obligation de comparaître périodiquement devant le juge. Le Code Pénal espagnol permettra aussi au juge d’utiliser des moyens électroniques qui permettront la localisation et le ‘traçage’ permanent des ex-prisonniers.

En outre, le ministre de la Justice, Mariano Fernandez Bermejo, s’est prononcé pour l’imprescriptibilité des délits ‘de terrorisme’ qui ont causé la mort, ‘les plus graves lésions physiques ou psychiques’ ou qui ont constitué en la séquestration d’une personne.

L’instauration légale des travaux forcés à perpétuité serait rejetée pour son ‘inconstitutionnalité’. Mais, la condamnation à vie est déjà une réalité suite à la réforme du Code Pénal de 2003 – qui a élevé l’accomplissement de peines à 40 ans – et le changement du système de calcul au moyen de la doctrine du Tribunal Suprême.

Le battage médiatique déchaîné lors de la libération du militant basque Inaki de Juana, en août dernier, a amené le PP à solliciter la liberté surveillée, mais le gouvernement du PSOE a dépassé largement les propositions de Mariano Rajoy, doublant la période de liberté surveillée qui était demandée.

A l’appel de l’organisation Etxerat, des centaines de personnes se sont concentrées devant pour dénoncer ‘les travaux forcés à perpétuité’ imposés aux prisonniers politiques et réclamer la liberté des prisonniers et prisonnières basques qui ont accompli leur peine. Selon les manifestants, ‘170 de nos parents devraient être en liberté conditionnelle pour avoir accompli les 3/4 ou les 2/3 de la condamnation imposée, mais ne sont pas remis en liberté, et en plus, sont maintenus dispersés dans les pires conditions de vie’. 140 de ces prisonniers basques se trouvent dans les prisons espagnoles et, parmi eux, 26 restent en prison alors qu’ils ont accompli intégralement les peines qui leur ont été imposées, puisque le Tribunal Suprême espagnol leur a appliqué la doctrine 197/2006. Trente autres emprisonnés dans l’Etat français aussi devraient être laissés libres par la loi.

Les représentants d’Etxerat ont signalé que, avec la doctrine citée, le Tribunal Suprême ‘a inventé une nouvelle forme d’accomplir la condamnation et de calculer les saluts, avec l’intention d’appliquer la condamnation à vie à nos prisonniers et prisonnières politiques qui étaient sur le point de sortir vu qu’ils avaient accompli l’intégralité de la condamnation imposée’. Et c’est que, jusqu’à l’entrée en vigueur de cette doctrine, les rédemptions s’appliquaient sur la limite d’accomplir en prison – 30 ans – et, maintenant, s’appliqueront sur chacune des condamnations.

Comme exemples de l’application de la prison à perpétuité, citons le cas de José Mari Sagardui, qui est depuis 28 ans en prison – le prisonnier politique européen avec la plus longue détention en continu – et celui de Jon Agirre, 27 ans de prison, qui est gravement malade et en 2006 a accompli intégralement la condamnation. 44 prisonniers politiques basques ont déjà accompli entre 20 et 28 années de peine.

Sans-papiers à l’ULB

Les sans-papiers dans le gymnase de l’ULB

Les sans-papiers peuvent rester tant qu’ils ne perturbent pas le bon fonctionnement de l’ULB

Nous, Membres de la Communauté Universitaire, sommes en effet perturbés.

Nous sommes perturbés car nous ne considérons pas les ‘sans-papiers’ comme un facteur de perturbation si ce n’est celui de montrer la contradiction entre nos principes et notre pratique;

Nous sommes perturbés car nous insultons la mémoire des luttes et des résistances qui sont nées au sein de notre Communauté;

Faut-il rappeler que l’ULB a ‘perturbé’ l’occupation nazie en cessant de ‘fonctionner’?

Faut-il rappeler que beaucoup des sans-papiers de cette époque furent des juifs venant de l’Est? Faut-il rappeler que le square G honore la mémoire de résistants et d’activistes morts pour la défense d’une certaine conception de la dignité?

Nous sommes perturbés car nous foulons du pied les principes de solidarité les plus élémentaires en opposant notre routine, routine bien faite pour éviter toute remise en question, à la détresse de gens qui demandent asile?

Faut-il rappeler que la tolérance accordée jusqu’à présent consiste à parquer nos ‘hôtes’ dans un bâtiment vétuste à la marge de la vie universitaire? Faut-il rappeler que solidarité n’est pas charité? Faut-il rappeler que la perturbation incriminée aux ‘sans-papiers’ est d’avoir l’outrecuidance de vouloir protéger leurs enfants en attendant de trouver une alternative? Faut-il rappeler que même les chiens dorment sous un toit l’hiver?

Nous sommes perturbés car notre Université si prompte à défendre ses valeurs humanistes et à les rappeler aux autres perpétue cependant les ‘pratiques’ qu’elle dénonce ‘hors nos murs’? Faut-il rappeler que drapés de la légitimité de la science dans le débat public nous ne pouvons nous voiler les yeux lorsque la question se pose en nos murs?

Nous sommes perturbés par une université dont la position consiste à exprimer une solidarité forte et de principe mais qui la viole dans le monde réel des besoins concrets. Faut-il rappeler qu’une université qui ment et se dément est une université qui pratique la démagogie? Faut-il rappeler que la morale et l’éthique participent de la définition même de notre Communauté?

Nous sommes perturbés par le silence complice des consciences de notre Université pourtant si promptes à jouer les intellectuels indignés ‘hors nos murs’. Faut-il rappeler que la Communauté universitaire est dépositaire et surtout garante de leur légitimité? Faut-il rappeler qu’on ne peut s’engager ‘hors nos murs’ et se dégager en nos murs sur la même question sans perdre sa crédibilité?

Nous sommes perturbés car nous, Communauté Universitaire, préférons ne plus ‘être’ qu’être sans conscience.

Souhail Chichah (Assistant ULB); Christian Vandermotten (Professeur ULB); Corinne Gobin (Maitre de Recherche FNRS ULB); Catherine Bourgeois (LAMC/ULB); Lucie Masy (Membre du CA de l’ULB); Thu Tuyen Pham Nhu (Chercheuse au DULBEA); Iason Foscolos (Chercheur au DULBEA); Zouhair Alaoui Amine (Chercheur ULB); Antoine Bertulot (Etudiant ULB); Elisabeth Printz (Membre du CA de l’ULB); Eléonore Wolff (Chargée de cours ULB); Moritz Lennert (Chercheur ULB); Xavier May (Chercheur ULB); Aurélie Decoene (Chercheure ULB); Luce Bellefontaine (Chercheur ULB); Pierre Kummert (Chercheur ULB); Patricia Aelbrecht (Doctorante ULB); Dan Van Raemdonck (Professeur ULB); Olivier Cailloux (Chercheur ULB); Yolaine Lhoist (Etudiante ULB); Marie Godin (Chercheuse GERME-METICES ULB); Nouria Ouali** (METICES/Institut de sociologie ULB); Mateo Cordier (Doctorant ULB); Ariane Toussaint (Directeur de Recherche FNRS ULB); Sophie Stoffel (Docteure de l’ULB); Charles Cullard (Etudiant ULB); Aurélien Bach (Etudiant ULB); Johanna D’Hermoncourt (Chercheuse ULB); Pierre Marage (Professeur Faculté des Sciences ULB); Lara Thommès (Etudiante en Droit ULB); Laurent Licata (Professeur- Assistant ULB).

Sans-papiers à l'ULB

Sans garanties formelles sur le fait qu’il n’y aura pas d’intervention policière demain matin, les autorités de l’ULB ont proposé une salle ‘alternative’ (au gymnase) aux occupants pour les trois/quatre prochains jours. Cette ‘alternative’, qui ne semble pas en être une, pour laquelle les occupants doivent choisir après la visite demain, s’agit en fait de la salle Jefke. C’est la salle faite spécifiquement pour les fêtes étudiantes de l’ULB, qui pendant 15 ans baigne dans la bière, la pisse et le vomi des universitaires qui guindaillent. A première vue, il semble que cette salle est tout sauf salubre au sens où, selon les dires d’un gardien qui travaille sur place, les murs (même lavés) sentent la bière etc. Néanmoins, les autorités de l’ULB, les occupants et des experts – et toujours sans la garantie qu’elles ne fassent pas intervenir la police dès 7h demain matin! – devaient faire une expertise sur les conditions de salubrité des lieux à 11h. Les occupants seuls décideront ensuite de ce qu’il en est, de ce qu’ils veulent. Les groupes solidaires aussi.

Le CAS appelle à se rassembler dès 7h du matin au batiment E du Campus Solbosh – Assemblée Générale du CAS 12h30 dans les sous-sol du batiment E si la police n’est pas intervenue.

La dernière édition du Rapport annuel des violations des droits syndicaux de la CSI lève le voile sur une succession accablante de lois antisyndicales, de menaces et de violences contre des représentants des travailleurs en 2007, avec un solde tragique de 91 syndicalistes assassinés de par le monde pour avoir défendu les droits des travailleurs. La Colombie se positionne une fois de plus en tête des pays les plus meurtriers pour les syndicalistes, avec 39 assassinats. Elle est suivie de la Guinée, où le régime du président Lansana Conte a été directement responsable de l’assassinat de 30 syndicalistes durant la répression brutale contre des manifestations publiques organisées par les syndicats contre la corruption et les atteintes aux droits fondamentaux. Le Rapport de la CSI a mis en exergue une nouvelle spirale de violence au Guatemala, où les attaques ont été de plus de plus en plus ciblées contre les syndicats, comme en témoignent les meurtres de 4 syndicalistes, outre une augmentation sensible des menaces et des harcèlements.

Lire la suite du rapport

Garikoïtz Aspiazu Rubina, dit ‘Txeroki’ a été transféré à la sous-direction anti-terroriste (SDAT), près de Paris, le lendemain de son arrestation. C’est le trente-sixième basque arrêté en France en 2008 sous l’accusation d’être membre ou proche d’ETA. Leire Lopez Zurutuza, qui a été arrêtée avec lui, a aussi été transférée. A l’issue de leur garde à vue, ils seront présentés à un magistrat anti-terroriste vendredi. ‘Txeroki’ sera mis en examen, ‘au moins pour complicité’ dans l’enquête sur la mort de deux gardes civils espagnols à Capbreton (Landes) le 1er décembre 2007. Son arrestation est présentée par la propagande de l’Etat espagnol comme ‘le coup le plus dur porté à l’ETA’ depuis l’interpellation de Francisco Javier Lopez Pena à Bordeaux en mai. L’affaire de Capbreton devrait valoir à ‘Txeroki’ d’être jugé en France mais, au préalable, Madrid demandera qu’il soit traduit en justice en Espagne pour d’autres dossiers, avant d’être renvoyé en France, a déclaré un porte-parole du parquet général espagnol lundi.

Transfert d’un arrêté basque

Caricature des arrestations basques

Transfert d'un arrêté basque
Caricature des arrestations basques

Depuis hier, les occupants sans-papiers du 133 chaussée d’Ixelles se sont déplacés au gymnase de l’ULB (campus du Solbosch). Le Comité d’Action et Soutiens est sur place et l’UDEP Bruxelles aussi mais pas seulement, il y a beaucoup d’electrons libres et autres réseaux qui rejoignent la dynamique. La situation est très difficile car les 500 sans-papiers sont exténués de tant de stress et de manque de repos mais ils sont très motivés de continuer leur lutte en lieu sûr. Le problème est que l’ULB refuse catégoriquement d’accueillir les sans-papiers dans leurs installations. Tout le monde est débordé sur place, toutes les aides, toutes les présences sont plus que bienvenues.

Ce matin, les flics ont très violement (contrairement à ce que rapportent les médias, répétant la version lénifiante du bourgmestre) expulsés les sans-papiers retranchés dans l’immeuble d’Elctrabel chaussée d’Ixelles. Environ 300 manifestants s’étaient regroupés autour de l’immeuble pour soutenir les sans-papiers et empêcher l’expulsion. La police a déployé les grands moyens (et en avait prévus de plus grands encore, puisque les auto-pompes et la cavalerie étaient présentes, prêtes à intervenir). Les visages de plusieurs expulsés portent les traces des violences policières. La députée Céline Delforge qui se trouvait prisonnière de la police avec les derniers occupants (dont un d’à peine 15 ans) a témoigné de ces exactions ainsi que de nombreux occupants qui ont montré les traces de coups au visage devant les caméras de la télévision flamande et de RTL. En outre, une femme enceinte de 8 mois a été malmenée à l’intérieur de l’occupation alors qu’elle demandait à un policier de pouvoir emmener ses affaires. Elle a pu être évacuée en ambulance avec une autre personne inconsciente grâce à l’intervention de P. van Muylder, président de la FGTB qui a convaincu la police de leur accorder des soins. 19 personnes ont été arrêtées ‘administrativement’.

500 hommes, femmes, enfants se sont donc dirigés vers les bâtiments de l’INSAS (rue Jules Bouillon) qu’ils occupent depuis 15h30. Leur intention n’est pas de demeurer dans cet endroit éternellement et de gêner l’école. Ils souhaitent passer la nuit à l’abri en attendant d’obtenir une négociation avec le bourgmestre. Celui-ci continue son sale jeu. Le bourgmestre PS Decourty aurait demandé à l’Office des Etrangers de venir contrôler les papiers des délogés et que le PS aurait fait pression sur le C.A. d’Electrabel (qui jusqu’alors était resté muet) pour qu’Electrabel reprenne la main comme propriétaire et fasse la demande d’expulsion en justice.

Expulsion des sans-papiers

Expulsion des sans-papiers

Expulsion des sans-papiers

Sans-papier victime de l’expulsion

Sans-papier victime de l’expulsion

Expulsion des sans-papiers
Expulsion des sans-papiers
Expulsion des sans-papiers
Sans-papier victime de l'expulsion
Sans-papier victime de l’expulsion