Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Au moins quarante personnes dont 22 policiers ont été grièvement blessées dans des heurts qui se sont déroulés mercredi à Ouargla, dans le sud de l’Algérie, alors que la foule était descendue dans la rue pour dénoncer le dernier plan de logement des autorités. La distribution d’appartements gratuits garantie par le gouvernement à certaines catégories de la population a soulevé une vague de colère suite à la parution de la liste des personnes éligibles à ce droit. Les manifestants dénoncent entre autre le manque de transparence dans l’établissement de cette liste. Il y a deux jours, des émeutes similaires ont éclaté dans la province de Constantine pour les mêmes raisons. Dans les deux cas, la population dénonce les mensonges du gouvernement qui avait promis de loger les pauvres, de donner du travail aux chômeurs et de résoudre les problèmes de développement dans le sud du pays. Aujourd’hui à Ouargla, la police a tiré des balles en caoutchouc, les manifestants ont lancé des projectiles et ont également mis le feu à des pneus et bloqué certaines voies de circulation.

Ce jeudi, la police anti-émeute a bloqué la rue menant à l’ambassade de France à Beirut afin d’empêcher les sympathisants de Georges Ibrahim Abdallah d’approcher du bâtiment. Des membres des Internal Security Forces ont fermé la rue Damascus dans les deux sens dès ce matin en tant que mesure préventive alors qu’un vaste appel au rassemblement avait été lancé. Jeudi dernier, à l’annonce de la justice française de refuser de libérer Georges Abdallah, des centaines de personnes s’étaient massées devant l’ambassade. Aujourd’hui, elles n’ont pas pu s’y rendre, mais ont affirmé que leurs actions s’intensifieraient si les autorités libanaises n’intervenaient pas. Le cordon de policiers anti-émeute a été la cible de jets d’oeufs.

Manifestation empêchée à Beirut

Les autorités ont annoncé avoir arrêté un guérillero haut placé ce mercredi en se basant sur un renseignement obtenu quelques heures plus tôt. Rajendra Ram a été arrêté dans un petit village du district de East Champaran dans l’état du Bihar, où il rendait visite à un proche. Ram, qui était entré en clandestinité il y a plusieurs années, était recherché dans le cadre de quatre affaires différentes liées à la guérilla maoïste, dont le meurtre de deux policiers en 2004.

Demain, jeudi 11 avril 2013, un rassemblement de solidarité à Georges Abdallah aura lieu à 18h devant la Sous-Préfecture de Bayonne pour dénoncer
la décision de la Cour de Cassation (le jeudi 4 avril 2013) qui a permis de casser la libération conditionnelle de Georges Abdallah acordée le 19 novembre 2012 par le Tribunal d’Application des Peines à Paris, ainsi que l’extermination lente en prison à l’encontre des prisonnier(ère)s politiques.

Manifestation à Bayonne pour Georges Abdallah

Manifestation à Bayonne pour Georges Abdallah

Le 17 mai 2010, un groupe de présumés maoïstes avait pris d’assaut un bus tuant une trentaine de personnes, dont plus de vingt policiers dans le district de Sukma (Chhattisgarh). Un IED avait été déclenché au passage du véhicule qui se dirigeait vers Sukma. Quinze suspects avaient été interpellés peu après l’attaque. Deux d’entre eux étant décédés durant leur garde à vue, ce sont donc treize personnes qui ont comparu devant un tribunal de Dantewada. Toutes ont été acquittées en raison du manque de preuves, ‘L’accusation n’est pas parvenue à fournir les preuves substantielles qui auraient pu mener à leur condamnation’. Il y a trois mois, ce même tribunal avait déjà acquitté les dix personnes accusées en lien avec l’attaque de Tadmetla en 2010 dans laquelle 76 membres des forces de sécurité étaient décédées. Déjà alors, la raison invoquée avait été le manque de preuves.

Embuscade maoïste contre un bus transportant des policiers

Embuscade maoïste contre un bus transportant des policiers

Cela fait plusieurs années maintenant que les villageois de Ierissos et les habitants de la région (nord du pays) s’opposent à l’exploitation d’une mine d’or par le groupe canadien Eldorado Gold. En mars dernier, de violents affrontements avaient opposé la police aux habitants suite au raid, quelques semaines plus tôt, mené par une quarantaine de personnes contre les installations de la compagnie. Cette nuit, vers 3h du matin, les autorités ont arrêté deux hommes qu’elles accusent d’avoir pris part à l’attaque. Ils doivent être présentés au juge d’instruction ce jeudi et sont poursuivis pour ‘crimes graves, dont constitution d’une organisation criminelle, tentative d’homicide et usage d’explosifs’. Suite à ces arrestations, un groupe de villageois a pris d’assaut le poste de police local, brisant les portes et les fenêtres du bâtiment avant d’y brûler du matériel et des documents. Mardi, près de 2000 personnes avaient défilé dans les rues d’Athènes pour dénoncer la menace pour l’environnement que pose l’exploitation de la mine par le géant canadien.

Manifestation à Athènes

Manifestation à Athènes

A l’appel du CPI(maoïste), de multiples actions ont eu lieu ce week-end dans l’état du Jharkhand pour dénoncer le meurtre de dix cadres du parti le 28 mars dernier à Chatra. Samedi soir, les guérilleros ont attaqué les bureaux des autorités locales à Harihurganj, dans le district de Palamu. Ils ont fait exploser un des bâtiments, y mettant le feu par la même occasion. Ils ont également pris d’assaut le commissariat de Chainpur, dans le district de Gumla. Entre 250 et 300 maoïstes ont encerclé le bâtiment vers 1h30 dimanche matin, et ont ouvert le feu. De source policière, ils auraient lancé plus de cent grenades. Les policiers ont répliqué par des tirs nourris, la fusillade a duré jusque 4h15. Tout le long, les guérilleros ont scandé des slogans révolutionnaires.

Samedi, la Wikimedia Foundation a accusé la DCRI (Direction Générale du Renseignement Intérieur) d’avoir fait supprimer un article de son encyclopédie sous la menace. Selon elle, la DCRI a ‘contacté un bénévole et a insisté pour qu’il utilise ses droits administratifs pour supprimer immédiatement l’article. Sous la menace, il a supprimé l’article. Le bénévole, qui n’a aucun lien avec l’article incriminé, a été menacé d’un placement en garde à vue et d’une mise en examen’. Elle poursuit ‘La Fondation s’oppose vivement à des tentatives gouvernementales d’intimider les bénévoles … dans les cas où il n’y a pas de menace apparente, nous demandons plus d’informations avant de supprimer du contenu. Faire autrement serait autoriser la censure’. L’article en question, daté du 24 juillet 2009, qui porte sur une station hertzienne militaire, a été remis en ligne dans la nuit de vendredi à samedi par une personne qui habite en Suisse. La DCRI a réagit en mettant en avant le fait que l’article contenait des informations militaires classées et que la publication de ces informations violaient le code pénal. De son côté, le ministère de l’Intérieur conteste toute menace (‘La personne a été mise en garde contre le risque d’engagement de poursuites judiciaires’), tout en confirmant la demande de suppression. La Wikemedia Foundation avait, début mars, refusé d’effacer l’article étant donné que la DCRI avait refusé d’apporter les précisions demandées et exigé la suppression pure et simple du texte.

La police et les services pénitentiaires d’Irlande du Nord ont commencé à aménager des centaines de cellules de prison supplémentaires, anticipant ainsi les manifestations contre la tenue du sommet du G8 qui aura lieu cet été. Ces mesures de circonstance font partie du dispositif de sécurité qui se met petit à petit en place. Le PSNI est en train d’augmenter le nombre de cellules dans les commissariats de toute la province. Il semblerait que le haut-commandement de l’opération de sécurité envisage d’utiliser d’autres sites, comme l’ancienne base militaire de Lisanelly à Omagh pour détenir les manifestants interpellés. Les travaux d’aménagement ont déjà commencé dans la prison de haute sécurité de Maghaberry, dans le comté d’Antrim, dans la prison de Magilligan dans le comté de Londonderry, et dans la prison pour femmes et pour jeunes délinquants de Hydebank Wood à Belfast. Dans la prison de Maghaberry, la Foyle House, en ce moment non utilisée, sera le lieu principal de détention des manifestants qui seront mis en examen. Des places seront libérées dans les dortoirs de la prison de Magilligan. Une enceinte d’acier entourera le complexe hôtelier du Lough Erne, où se réunira le sommet du G8, mais étant donné que les lacs du Fermanagh constituent une barrière naturelle séparant l’hôtel du monde extérieur, il est hautement improbable que les protestataires puissent arriver aux abords du complexe hôtelier.

Samedi, des milliers de personnes ont défilé à Bilbao, dans le nord de l’Espagne, pour exiger l’amnistie et la fin des mesures d’exception pour les prisonniers politiques de l’ETA. Des calicots demandant la fin de la ‘doctrine Parot’, ‘la libération des prisonniers malades’ et ‘la fin des mesures d’exception’ ouvraient la marche qui a réuni des milliers de personnes dans les rues pour exiger une modification du régime pénitentiaire appliqué aux prisonniers de l’ETA et en soutien à la famille de l’ancien responsable de l’ETA Xabier López Peña « Thierry », mort samedi dernier suite à des problèmes cardiaques.

Manifestation à Bilbao

Manifestation à Bilbao