Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Selon une enquête de CNN, des Palestiniens portés disparus depuis l’été après avoir tenté de récupérer de l’aide humanitaire près du point de passage de Zikim, au nord de Gaza, auraient été tués par des tirs israéliens. Leurs corps auraient ensuite été enterrés dans des fosses ou abandonnés sur place, parfois dévorés par des chiens. L’analyse de centaines de vidéos, de témoignages de travailleurs humanitaires, de chauffeurs gazaouis et de deux soldats israéliens, ainsi que d’images satellites, montre une présence constante de bulldozers de l’armée israélienne dans la zone et des traces de terrassement sans justification. Ces pratiques constituent des crimes de guerre. L’armée israélienne nie avoir « retiré » des corps à l’aide de bulldozers, mais n’a pas répondu sur l’usage de ces engins pour les enterrer. Les témoins décrivent la zone comme un « triangle des Bermudes » où les corps s’accumulent sans possibilité de récupération.

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Le journaliste turc Furkan Karabay, arrêté lors d’une opération à l’aube le 15 mai en raison d’une vidéo YouTube et de publications sur les réseaux sociaux, a été libéré ce mardi après que la 25e Cour d’assises d’Istanbul a ordonné sa remise en liberté lors de sa première comparution. Condamné à trois peines distinctes pour « insulte au président », « insulte à un agent public » et « mise en danger de fonctionnaires engagés dans la lutte antiterroriste », Karabay a toutefois été acquitté pour d’autres accusations visant deux magistrats. Quelques heures après la décision, le parquet a immédiatement fait appel, mais la procédure étant en cours, Karabay a pu sortir de la prison de Marmara à Silivri, où il a retrouvé ses proches et collègues, célébrant la fin de 201 jours de détention.

Dimanche 30 novembre à Marseille, cinq personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue après avoir été arrêtées à Belsunce en train de coller des affiches dénonçant l’extrême-droite. Afin de les soutenir, des rassemblements ont été organisés devant le commissariat de Noailles. Après 38H de privation de liberté, ils ont finalement été libérés.

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À la suite de la manifestation non autorisée qui s’est tenue à Sion, dans la capitale valaisanne, le 1er novembre dernier, l’un des organisateurs du collectif Valais Palestine a été sanctionné d’une amende de 80’000 francs suisses. La manifestation, en soutien à la Palestine, avait été refusée à deux reprises avant d’avoir lieu malgré tout, rassemblant environ 500 personnes et impliquant un important déploiement policier. La personne concernée, Gaël Ribordy, compte faire opposition à cette amende et déposer un recours contre l’interdiction de la manifestation.

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Trois personnes ont été interpellées mardi 2 décembre dans la région de Bastia dans le cadre d’une information judiciaire pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme », une opération menée par la Sous-direction antiterroriste. Ces arrestations seraient liées à la distribution de tracts du Front de libération nationale corse (FLNC) lors d’une réunion étudiante à Corte le 28 février 2024, où deux individus cagoulés avaient appelé à poursuivre la « lutte de libération nationale » et à rejoindre « l’action clandestine ». Cet épisode, survenu en pleine séquence politique autour des discussions sur l’autonomie de la Corse et à l’approche des deux ans de la mort d’Yvan Colonna (voir notre article), avait déjà déclenché une enquête pour « apologie du terrorisme ».

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Le ministère de l’Intérieur a annoncé porter plainte contre le jeu de cartes « Fachorama », créé par le collectif antifasciste La Horde et la maison d’édition Libertalia (voir ici). Parodiant le jeu des sept familles, « Fachorama » met en scène diverses figures politiques et essayistes d’extrême droite, dont une carte intitulée « Flic raciste de la BAC ». Le syndicat de police Alliance a dénoncé le jeu comme une insulte, demandant son retrait immédiat des magasins et plateformes en ligne. Libertalia, déjà à l’origine du jeu « Antifa » en 2022, assume le message de son jeu et affirme vouloir dénoncer les violences policières.

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La libération conditionnelle de Mehmet Sait Yıldırım, prisonnier malade détenu depuis 31 ans à la prison de Buca Kırıklar, a été une nouvelle fois reportée, cette fois jusqu’au 27 août 2026. La décision a été justifiée par le comité de surveillance au motif que le détenu « ne montrait pas de bonne conduite » et « ne faisait pas preuve de remords ». Son avocate, Fatma Demirer, dénonce une décision arbitraire, soulignant que Yıldırım, âgé de 74 ans et souffrant de graves problèmes de santé, dont une maladie cardiaque, est confiné en cellule individuelle depuis huit ans et que des échanges téléphoniques avec sa famille ont été utilisés à tort pour bloquer sa libération. Condamné à perpétuité en 1995 pour son rôle important au sein du PKK, Yıldırım a affirmé qu’il souhaitait retrouver sa liberté « sans que son honneur soit bafoué ».

Bogdan Yakimenko, antifasciste accusé d’appartenir au groupe « Antifa United » et poursuivi pour « extrémisme », a été amené au tribunal d’Izmailovo à Moscou avec le bras droit plâtré et en écharpe. Malgré son état et sa demande de reporter l’audience, le juge l’a interrogé, s’appuyant sur un certificat médical autorisant sa participation. Yakimenko a affirmé n’avoir été qu’un simple abonné du groupe sur VKontakte, dont les publications portaient selon lui sur des questions politiques et la lutte contre le fascisme, et a nié toute implication dans des actes illégaux ou la coordination d’actions. Il a également critiqué l’expertise qui qualifiait le groupe d’« ukrainien et anarcho-marxiste », pointant le biais selon lui lié à ses origines ukrainiennes. Les accusations du parquet concernent la création d’un réseau extrémiste visant à inciter d’autres personnes à commettre des crimes, impliquant plusieurs coaccusés.

L’Inde a ordonné aux fabricants et importateurs de téléphones destinés au marché intérieur de préinstaller l’application gouvernementale Sanchar Saathi sur les nouveaux appareils, dans le but de prévenir les fraudes télécoms et de renforcer la cybersécurité. Les entreprises devront également proposer son ajout sur les appareils déjà en circulation via des mises à jour logicielles. Si le ministre des Communications, Jyotiraditya Scindia, assure que l’application n’est pas obligatoire et peut être désinstallée, de nombreuses organisations dénoncent une mesure anticonstitutionnelle permettant de surveiller les citoyens.

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L’organisation de défense des droits humains Karapatan a publié une infographie présentant un état des lieux des prisonniers politiques aux Philippines en novembre 2025. Elle indique qu’au total 696 personnes sont détenues pour des motifs politiques, dont 163 ont été arrêtées sous la présidence de Marcos Jr. Parmi ces détenus figurent 136 femmes, 93 personnes âgées et 89 prisonniers malades. L’infographie signale également la présence de 12 consultants ou membres du NDFP (National Democratic Front of the Philippines) parmi les prisonniers. Par ailleurs, l’organisation souligne qu’il y a eu 134 exécutions extrajudiciaires et 822 arrestations arbitraires entre juillet 2022 et novembre 2025.