Suite au premier mai 2012 à Seattle, plusieurs militants anarchistes sont poursuivis et victimes de la répression politique sous la forme de grands jurys (voir notre article du 23/09). Mercredi, une seconde inculpée a été placée derrière les barreaux à la prison fédérale SeaTac de Seattle où elle a rejoint Matt Duran qui s’y trouve depuis le 7 septembre. Ils sont incarcérés pour ‘outrage à la cour’ suite à leur refus de coopérer avec le grand jury. Plusieurs des inculpés ont décidé de lui résister en invoquant le 5ème amendement qui leur permet de garder le silence car ils estiment que le grand jury cherche à porter atteinte à l’ensemble de leur mouvement par le biais de cette affaire précise. Matt Duran se trouve actuellement à l’isolement et une audience a récemment statué qu’il pourrait n’être libéré qu’en mars 2014. Par ailleurs, une troisième militante doit comparaître devant le grand jury le 10 octobre prochain. Dans la mesure où elle a d’ores et déjà annoncé qu’elle garderait elle aussi le silence, elle sera plus que probablement incarcérée aussi.

De nouveaux affrontements ont opposés les étudiants chiliens aux policiers, appuyés par des arroseuses, dans le cadre des mobilisations pour une augmentation du budget l’éducation 2013. Un policier a dû être hospitalisé. Les affrontements ont eu lieu dans les rues et dans le domaine universitaires. Des barricades ont été érigées dans le secteur central de Santiago.

Chili: Affrontements entre étudiants et policiers

Il y a eu des affrontements entre la police anti-émeute de la police (ESMAD) et des étudiants de l’Universidad Industrial de Santander défendant le recteur de l’université mis à pied par la Cour supérieure de Bucaramanga. Les étudiants ont usé de petites grenades artisanales (« papás-bomba ») tandis que les policiers usaient de gaz et de grenades incapacitantes.

Colombie: Affrontements entre étudiants et policiers

Le 18 novembre dernier, sur le campus Davis, la police universitaire avait fait usage de spray au poivre à l’encontre de manifestants pacifiques. Filmés en action, les policiers avaient fait le tour de la toile et la vidéo était rapidement devenue un cri de ralliement pour le mouvement Occupy Wall Street. Un certain nombre d’étudiants avaient porté plainte suite à cette agression. Hier, devant un tribunal de Sacramento, un accord a été proposé entre eux et l’Université. Celle-ci devrait indemniser les 21 manifestants à hauteur de 30000 dollars chacun, et devrait également verser une certaine somme à leurs avocats. Par ailleurs, l’accord prévoit que l’Université mette de côté 100000 dollars pour toute autre personne qui parviendrait à prouver qu’elle a été arrêtée ou victime de spray au poivre au cours du rassemblement du 18 novembre. Cette proposition doit encore être approuvée par un juge.

Etats-Unis: Dédommagement financier pour les manifestants de l’Université de Californie

A Athènes, quelques 100.000 personnes ont manifesté ce mercredi contre les mesures gouvernementales portant sur plus de 11,5 milliards d’économies budgétaires. Elles étaient également très nombreuses dans les rues de Salonique. Dans la capitale, des affrontements ont éclaté entre des manifestants et les forces anti-émeutes. 5000 policiers avaient été déployés pour contenir le cortège et mettre certains bâtiments à l’abri grâce à des cordons policiers. Un de ces cordons devant un hôtel de luxe n’apas empêché un bombage de son store en fer avec le slogan ‘Revolution’. Sur la place Syntagma devant le parlement et ensuite à proximité du ministère des finances, les heurts violents ont duré une grosse demi-heure. Des cocktails molotovs ont répondu aux tirs de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes.

Grèce: Heurts en marge de la manif anti-austérité

Courses poursuites et blocages de rues ont animé la journée du 18 tout le quartier de Barriera di Milano et une partie des quartiers d’Aurora et Porta Palazzo, à Turin. D’un côté des familles menacées d’expulsion et des manifestants solidaires ; de l’autre la police et les huissiers. À l’aube toutes les portes d’entrée des familles qui avaient décidé de résister sont barricadées, et accompagnées d’un piquet sur la rue pour les défendre (150 personnes). La police a lancé sa première attaque à 6H30. Elles se sont succèderont, rencontrant parfois de fortes résistances (un groupe de manifestants a profité de la confusion pour mener un raid contre la caserne locale des carabiniers). Trois personnes ont été arrêtées. Deux ont été relâchées, la troisième, sous le coup d’un ancien ordre d’expulsion, a été mis dans un avion pour Madrid, ce qui a donné lieu à une nouvelle manifestation dans l’aéroport.

Italie: Journée de résistance contre les expulsions à Turin

Plusieurs centaines d’immigrés en séjour irrégulier ont été raflés et enfermés dans un camp militaire au coeur de la ville de Corinthe, malgré l’opposition des autorités locales. Plus de 5000 immigrés et antifascistes ont défilé vendredi dans les rues d’Athènes, jusque devant le parlement, pour protester contre les attaques racistes et l’islamophobes de plus en plus nombreuses et violentes. Cette manifestation n’a eu aucune couverture médiatique, à la différence de la manifestation de dimanche, pourtant bien plus réduite, qui protestait contre le film anti-islam.

Mercredi, des mineurs travaillant pour l’entreprise canadienne Barrick Gold dans la mine de Pierina ont manifesté en bloquant une route reliant la mine à la ville de Huaraz. Les mineurs, pour la plupart membres de la communauté voisine de Mareniyoc, accusent la société d’avoir occasionné une pénurie d’eau suite au développement de ses activités et exigent de celle-ci qu’elle organise un approvisionnement en eau potable pour les habitants de la région. Comme c’est devenu la norme depuis plusieurs mois au Pérou, les forces de l’ordre sont violemment intervenues pour disperser la foule. Une fois encore, elles ont fait usage de leurs armes à feu, tuant un mineur. Au moins quatre autres manifestants ont également été blessés. Depuis juillet 2011, 19 personnes sont décédées sous les balles de la police au cours de conflits portant sur les ressources naturelles du pays.

La police a une nouvelle fois violemment dispersé un rassemblement de mineurs employés par la société Amplats. Cette dernière avait menacé, après cette semaine de grève, de licencier tous ses ouvriers qui n’auraient pasrepris le travail ce mercredi. Cela n’a pas empêché les mineurs de se rassembler ce matin près d’un bidonville attenant à la mine. La poice, ayant déclaré ce regroupement illégal, l’a violemment dispersé en utilisant deshalles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Des témoins ont également déclaré avoir vu des blindés de la police charger des manifestants.

100.000 ouvriers ont quitté leurs usines et ont manifesté à Narayanganj, à 20 kilomètres au sud de Dakha et ont affronté la police. Une rumeur sur un meurtre d’un travailleur dans une usine de la zone économique spéciale d’Adamjee, où sont fabriqués des vêtements pour les principales chaînes internationales, comme H&M, a lancé le mouvement de protestation.

Au moins 50 personnes, dont cinq policiers et deux journalistes ont été blessés lors d’affrontements. Un poste de police, un pick-up et quatre motos de la police ont été incendiés par les ouvriers qui ont été refoulés par les forces de l’ordre usant de balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes. Les affrontements ont interrompu le trafic sur les axes Dhaka-Chittagong et Dhaka-Sylhet, provoquant des embouteillages énormes.

Les 3.000.000 de travailleurs du textile du Bangladesh travaillent généralement 10 heures d’affilée (certains jusqu’à 16 heures par jour) pour un des salaires les plus bas du monde dans le secteur: 37 $ par mois. Lors des manifestations, les ouvriers d’Adamjee ont exigé la limite de la durée du travail. Le Bangladesh est le deuxième plus grand exportateur mondial de vêtements, le secteur a représenté 19 milliards de dollars l’an dernier, soit 80% du total des exportations nationales.

Bangladesh: Emeutes ouvrières