L’Université Paris-Nanterre a récemment empêché la tenue d’une table ronde consacrée à une « approche historique et pédagogique de la Palestine », pourtant déposée dans les délais par la FSE et EMF, qui avaient même modifié le panel pour répondre aux demandes de l’établissement. Plusieurs organisations du campus dénoncent le recours à la prétendue « neutralité » universitaire pour filtrer les discours autorisés et faire taire les voix critiques, en particulier celles exprimant leur soutien au peuple palestinien.

Au moins 90 personnes ont été interpellées samedi 22 novembre à Londres lors d’une manifestation en soutien à Palestine Action, un groupe interdit depuis juillet après son inscription sur la liste des organisations considérées comme “terroristes” au Royaume-Uni (voir notre article). Le rassemblement, organisé par le collectif Defend Our Juries à Tavistock Square, visait à dénoncer cette interdiction. Des participants ont été interpellés pour avoir brandi des pancartes considérées comme un soutien à l’organisation proscrite. Plus de 2000 personnes ont été interpellées pour des motifs similaires depuis le mois de juillet dernier. Les arrestations interviennent à l’approche d’un examen judiciaire prévu du 25 au 27 novembre, qui pourrait remettre en cause la qualification de Palestine Action comme « groupe terroriste ».

Après avoir obtenu le statut de réfugié en Belgique, Husam a été libéré après environ 50 jours passés en centre fermé, où il avait été placé à la suite de son arrestation le 29 septembre lors d’une manifestation à la Bourse. Son cas s’inscrit dans une série d’interpellations visant des personnes participant à des actions de solidarité avec la Palestine, au cours desquelles onze Palestiniens ont été arrêtés et huit envoyés en centres fermés malgré des procédures d’asile en cours. Parmi ces huit personnes, seuls Fathi Alhams, Ali Abu Taha et Mahmoud Abu Hadayed y sont encore détenus, tandis que deux ont été renvoyées en Grèce et qu’une autre, Mahmoud Faraj Allah, est décédée au centre 127bis (voir notre article).

Ahmad Salem, Palestinien de 24 ans né dans le camp de réfugiés d’al-Baddawi au Liban, est emprisonné en Italie depuis plus de six mois après avoir appelé, dans une vidéo de huit minutes, à la mobilisation contre le génocide à Gaza, à un soulèvement en Cisjordanie et à des manifestations au Liban. Arrivé en Italie pour demander l’asile, son téléphone a été saisi lors de son audition, et il a été accusé d’« incitation à commettre un crime » et d’« auto-formation en vue du terrorisme ». Les autorités italiennes l’ont présenté comme un « jihadiste », en s’appuyant sur quelques phrases sorties de leur contexte et sur des vidéos de la résistance palestinienne déjà largement diffusées par les médias italiens et ne contenant aucun contenu technique. Malgré cela, Ahmad est détenu en régime de haute sécurité à Rossano Calabro dans l’attente de son procès ; ses avocats ont saisi la Cour de cassation et contestent la constitutionnalité de l’article 270 qui étend la criminalisation des discours. Ce cas n’est pas isolé, comme en témoigne la situation d’Anan Yaeesh, Ali Irar et Mansour Doghmosh (voir notre article).

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À Bologne le 21 novembre dernier, une manifestation pro-palestinienne était organisée pour dénoncer la tenue du match d’Euroligue Virtus Bologna–Maccabi Tel-Aviv dénoncé comme une opération de sportwhashing d’Israël et de son opération génocidaire à Gaza. Environ 5 000 manifestants ont tenté de se rendre vers le stade PalaDozza malgré un important dispositif policier. Des pétards et feux d’artifice ont été lancés sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des canons à eau et du gaz lacrymogène, tandis que certains manifestants érigeaient des barricades et jetaient pavés et autres matériels urbains. Les affrontements ont duré plusieurs dizaines de minutes avant que la police ne disperse la foule, alors que le match s’est finalement tenu.

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Âgé de 72 ans et secrétaire général emprisonné du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Ahmad Sa’adat a été violemment battu lors de son transfert d’une cellule d’isolement de la prison de Megiddo vers celle de Ganot, un lieu où de nombreux dirigeants de prisonniers subissent régulièrement mauvais traitements, torture et privations. Déjà affaibli par une perte de poids liée à une politique de famine imposée aux détenus, il avait été harcelé, menacé et privé d’hygiène, contractant notamment la gale, maladie répandue dans les prisons faute de soins (voir notre article). L’isolement extrême à Ganot, où visites familiales et juridiques sont largement interdites, empêche de révéler pleinement ces abus, tandis que de nombreux prisonniers, y compris des personnes arrêtées à Gaza, subissent torture physique et psychologique, violences sexuelles, privations alimentaires et soins médicaux insuffisants, avec des dizaines de décès signalés en détention au cours des deux dernières années.

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La soirée d’hier co-organisée à Saint-Gilles par le PCP, School of the revolution, C3, l’UPB et notre Secours rouge autour de la projection de To kill a war machine a été l’occasion pour l’assistance d’une cinquantaine de personnes de répondre à l’appel des proches de Palestine Action à écrire à leurs prisonnier·es (photo). Nous relayons ici les informations pour continuer à répondre à cet appel : Adresses et conseils

Des étudiants et enseignants de l’Université Paris-Cité ont manifesté le 18 novembre contre un partenariat avec la Banque Populaire, complice de la colonisation et du génocide en Palestine. La police est rapidement intervenue, encerclant et contrôlant les manifestants. Cinq personnes ont été interpellées et conduites au commissariat, à l’issue d’arrestations violentes au cours desquelles deux étudiants ont été traînés au sol.

Le 21 novembre, le Palestinien Anan Yaeesh — ancien prisonnier palestinien détenu aujourd’hui en Italie — comparaîtra avec Ali Irar et Mansour Doghmosh devant le tribunal de L’Aquila, où le procureur présentera ses réquisitions, avec la présence annoncée de l’ambassadeur israélien. Sa campagne de soutien appelle à un large rassemblement ce vendredi 21 novembre à 9h30, au 68, Via XX Settembre, devant le Tribunal de L’Aquila.

Anan, transféré récemment dans la prison de haute sécurité de Melfi, est maintenu loin de ses soutiens (voir notre article). Arrêté en janvier 2024 et accusé de liens avec les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, il avait pourtant échappé à une extradition vers Israël en mars, les juges estimant qu’il y risquerait la torture. Alors qu’Ali et Mansour ont été libérés, Anan reste détenu, son procès ayant été plusieurs fois retardé.

Teuta Hoxha, l’une des « Filton 24 » incarcérés au Royaume-Uni pour une action directe visant l’entreprise israélienne Elbit en 2024, est en détention préventive. Au côté de 5 autres prisonniers, elle mène une grève de la faim collective et tournante contre la criminalisation de Palestine Action, pour la libération de tous les prisonniers pro-palestiniens et pour exiger la fin de la coopération britannique avec Elbit Systems (voir notre article). Entre sa première grève de la faim d’août 2025 et celle-ci, Teuta Hoxha a publié une déclaration dont nous publions un extrait (voir ici) :

[…] La stratégie employée par l’État a fait de nous des cibles à l’intérieur même des prisons. Nous sommes les souffre-douleur de la proscription [de Palestine Action].

Nous avons été licenciés, on nous a refusé des emplois, on nous a traités de terroristes, on nous a harcelés par des gardiens, nos visites ont été annulées, notre courrier bloqué, et j’ai dû entamer une grève de la faim de 28 jours pour obtenir ce dont j’avais besoin. Nos demandes de mise en liberté sous caution ont été systématiquement rejetées, et mes coaccusés masculins sont détenus dans des conditions insalubres et déprimantes. Mais l’affaire des 24 de Filton doit être replacée dans un contexte plus large.

On ne nous dit peut-être pas grand-chose en tant que prisonniers, et nous sommes souvent les derniers à être informés de ce qui nous concerne, mais ce qui est clair comme de l’eau de roche, c’est que ce qui est criminalisé, ce n’est pas « l’extrémisme », mais l’identité palestinienne elle-même.