Lors d’une conférence internationale de solidarité avec les prisonniers politiques organisée à Paris, la membre de l’organisation féministe anticapitaliste Zora et journaliste Anna, présente à bord du bateau Conscience lors de la Flottille de la liberté en route vers Gaza, a déclaré avoir subi des violences sexuelles lors de son transfert entre deux prisons israéliennes après son arrestation par l’armée israélienne en mer et cinq jours de détention (voir la vidéo). Témoignant publiquement, elle a expliqué parler au nom de toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, notamment des prisonnières palestiniennes, affirmant que la honte incombe à l’État israélien et non aux victimes, et réaffirmant sa détermination à poursuivre la lutte jusqu’à l’obtention de la justice.

La police de Londres a procédé à ses premières arrestations lors d’une manifestation pro-palestinienne le 17 décembre dernier après avoir annoncé un durcissement de sa position contre les slogans appelant à « mondialiser l’Intifada » (voir notre article). Deux personnes ont été interpellées pour des propos considérés comme une atteinte aggravée à l’ordre public à caractère raciste, et une troisième pour avoir tenté d’entraver l’action des forces de l’ordre.

Les 30 et 31 décembre 2025, plusieurs rassemblements de solidarité sont organisés dans différentes villes d’Allemagne, où les personnes sont invitées à se rendre devant plusieurs prisons pour soutenir les cinq personnes détenues pour avoir attaqué une usine d’Elbit Systems à Ulm (voir notre article). Ils sont en détention préventive depuis trois mois, accusés d’avoir causé des dégâts matériels à ce principal fabricant d’armes israélien qui joue un rôle clef dans le génocide en Palestine.

Au Royaume-Uni, des soutiens à la cause palestinienne ont passé la nuit de mardi à mercredi dernier devant la prison de HMP Bronzefield pour exiger l’hospitalisation immédiate de Qesser Zuhrah. Mercredi 17 décembre, à son 46e jour de grève de la faim, elle a finalement été hospitalisée. Souffrant de fortes douleurs, de difficultés respiratoires et incapable de se tenir debout, la détenue n’aurait pas eu accès à des soins d’urgence, la prison ayant refusé l’entrée d’ambulances et retardé sa prise en charge. Des professionnels de santé alertent sur un risque vital imminent, tandis que les autorités pénitentiaires et politiques sont accusées de mettre sa vie en danger en refusant d’accéder aux revendications des six détenus toujours en grève de la faim : Qesser Zuhrah, Amu Gib, Heba Muraisi, Teuta Hoxha, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello (voir notre article).

En Angleterre, les polices de Londres et de Manchester ont annoncé qu’elles procéderaient à des arrestations contre toute personne scandant ou affichant des slogans appelant à « mondialiser l’intifada » (Globalize the Intifada) lors de manifestations pro-palestiniennes. Cela intervient dans un contexte de criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine à travers le dévoiement et l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme après l’attentat antisémite de Bondi en Australie et une attaque mortelle contre une synagogue à Manchester. Les autorités invoquent le risque de « violences » et un durcissement de leur doctrine de maintien de l’ordre.

Aux Pays-Bas, 22 personnes ont été interpellées à Amsterdam après des affrontements entre police et manifestants opposés à la venue de Shai Abramson, principal chanteur de l’armée israélienne. Plusieurs centaines de protestataires ont tenté de s’approcher de la salle, entraînant l’intervention d’unités antiémeutes, l’usage de matraques et des jets de fumigènes. Face à la mobilisation, les organisateurs ont annulé la participation de l’artiste et remplacé l’événement public par deux concerts privés.

Ce vendredi 12 décembre, la préfecture de l’Hérault a publié un arrêté interdisant une nouvelle fois la tenue d’un rassemblement de soutien à la Palestine sur la Place de la Comédie, prévu ce samedi 13 décembre et appelé par une dizaine d’organisations et associations. La préfecture justifie sa décision en reprochant au collectif BDS-Urgence Palestine ses opérations de boycott, ses actions symboliques réalisées lors du passage du Tour de France ou devant la Maison des relations internationales, et sa participation à des manifestations le 10 et le 18 septembre, où “les forces de l’ordre ont été prises pour cible de slogans hostiles” et où “des affrontements entre militants extrémistes n’ont pu être évités” (bien qu’on ne sache pas vraiment quel rapport BDS a avec ces deux dernières allégations). Des motifs qui conduisent à un décalage de la manifestation : le rendez-vous est donné à 14 heures en bas de la rue de la Loge, et non sur la Comédie comme précédemment indiqué.

Toujours ce vendredi 12 décembre, José-Luis Moraguès, co-animateur historique de la campagne BDS-Urgence Palestine à Montpellier, était jugé en appel pour diffamation. En première instance, le tribunal l’avait relaxé au sujet d’une pancarte sur laquelle figurait le visage de Carole Delga, Hussein Bourgui et Kleber Mesquida, élus socialistes du Département et de la Région, orné de la mention ““Israël et ses complices”. Le délibéré est attendu le 9 février. José-Luis Moraguès passera également en procès pour diffamation le 19 février, après une plainte de Perla Danan, présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et de Michèle Bensoussan, présidente du Centre Culturel Juif Simone Veil, pour une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de BDS, qualifiant les positions politiques des deux institutions de “sionistes”. Enfin, le 21 janvier, José-Luis ainsi qu’un autre militant de BDS seront jugés en appel pour dégradation de bien d’autrui après avoir versé de la gouache rouge sur un drapeau américain à la maison des relations internationales de Montpellier en juin 2024. En première instance, le jeune militant de BDS avait été relaxé, et José-Luis Moraguès avait été condamné à 150 euros d’amende avec sursis, ainsi que 30 euros à payer pour le drapeau américain.

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Militant du NPA-R et dirigeant syndical du SNES-FSU à Bordeaux, David Pijoan est de nouveau convoqué par la justice dans le cadre d’un « avertissement pénal probatoire » lié à un rassemblement en soutien à la flottille pour Gaza, considéré comme une manifestation non déclarée. Cette procédure, qu’il refuse de reconnaître, s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites visant des soutiens à la cause palestinienne, alors que plusieurs figures syndicales et politiques ont récemment été inquiétées pour des prises de position similaires. Ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et appellent à un nouveau rassemblement le 12 décembre devant la maison de la justice et du droit, place Ravezies à 9h, pour exiger l’abandon des poursuites et défendre le droit de manifester.

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BDS/Urgence Palestine Montpellier appelle à se rassembler le vendredi 12 décembre dès 8H devant la Cour d’Appel (Arc de triomphe – Tram 4 – Peyrou) pour soutenir José-Luis Moraguès, militant poursuivi en justice après des plaintes pour diffamation de différents responsables politiques locaux, malgré sa relaxe en première instance (voir notre article). Ce nouveau procès s’inscrit dans le cadre d’une intensification de la criminalisation du mouvement de la solidarité avec la Palestine depuis plusieurs années.

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La situation des prisonniers engagés dans une grève de la faim collective est devenue extrêmement préoccupante. Amu Gib et Qesser Zuhrah en sont à 37 jours sans nourriture. L’état d’Amu Gib se détériore si vite qu’elle n’a plus la force de faire des déclarations, tandis que Qesser Zuhrah a dû être transférée d’urgence à l’hôpital en raison de signes vitaux dangereusement bas. La prison lui a en outre interdit tout contact avec l’extérieur.À 31 jours de grève, Jon Cink a lui aussi été hospitalisé du fait d’un taux critique de sucre et de cétone dans le sang. Kamran Ahmed, au 29ᵉ jour, a été admis pour la deuxième fois à l’hôpital, souffrant de douleurs thoraciques et de vertiges. La situation de Teuta Hoxha, au 30ᵉ jour, est tout aussi alarmante : les conditions de son traitement hospitalier étaient si déplorables qu’elle a quitté l’établissement d’elle-même afin de pouvoir enfin joindre son avocate, un droit qui lui était refusé. Heba Muraisi, au 36ᵉ jour, a été hospitalisée à plusieurs reprises. Malgré une demande de masque formulée depuis plus d’une semaine, elle a été ignorée, ce qui fait désormais craindre une infection à la COVID. Par ailleurs, Muhammed Umer Khalid, au 7ᵉ jour, a averti que la grève pourrait le conduire à devoir utiliser un fauteuil roulant, et Lewie Chiaramello, malgré son diabète, a débuté un jeûne régulier en signe de solidarité.

Malgré tout, leur détermination demeure intacte pour exiger que le Royaume-Uni rompe ses liens avec Elbit Systems, mette fin à l’interdiction de Palestine Action, garantisse la libération sous caution immédiate des 33 prisonniers britanniques pour leur engagement pro-palestinien et la fin de la censure en détention. Amu Gib et Jon Cink doivent d’ailleurs comparaître ce vendredi à l’Old Bailey pour leur audience de demande de libération sous caution.