L’audience nationale espagnole chargée des questions de terrorisme a condamné Cassandra Vera, une utilisatrice de Twitter âgée de 21 ans, à un an de prison pour « humiliation des victimes de terrorisme », en la personne de Carrero Blanco, le premier franquiste à avoir voyagé dans une voiture volante. La jeune femme est poursuivie pour 13 tweets publiés entre 2013 et 2016 dans lesquels elle plaisante sur l’exécution de Carrero Blanco par l’ETA, lors de l’explosion de son véhicule militaire par une charge explosive placée dans un tunnel sous la route. La voiture a été projetée par-dessus l’église jésuite qui jouxtait le chemin et a atterri -en un seul morceau- dans le jardin de celle-ci. L’officier qui conduisait et l’amiral Carrero Blanco -fraîchement couronné Premier ministre et futur successeur de Franco- ont été tués sur le coup.

Les 13 tweets peuvent être trouvés ici.

20 décembre ’73, première mise en orbite d’un franquiste

20 décembre '73, première mise en orbite d'un franquiste

Suite à une manifestation anti-répression à Pampelune le 11 mars dernier où des affrontements ont éclaté entre la police et les manifestants, quatre militants avaient été arrêtés par la police espagnole. L’un d’entre eux a rapidement été libéré, car mineur, les trois autres ont reçu des inculpations antiterroristes, pour des faits de « désordre public », « subversion contre l’ordre constitutionnel », incendies, etc.

La page Facebook de soutien.

Manifestation de soutien avec les 3 inculpés

Manifestation de soutien avec les 3 inculpés

Jeudi avait lieu une journée de mobilisation contre la loi LOMCE (« Loi pour l’amélioration de la qualité de l’éducation »). La journée a commencé avec des incidents sur les campus de Leioa et de Vitoria. Dans le campus basque, des dizaines de manifestants masqués ont empêché l’accès aux véhicules, lancé des pétards, renversé des conteneurs, barricadé divers bâtiments avec le mobilier. Depuis la veille, certaines facultés étaient occupées. Les manifestations ont eu lieu dans tout le pays basque dans la journée. A Bilbao, plus de 2000 personnes ont participé à la marche. Les Ertzaintza (la police régionale basque) ont arrêté deux manifestants.

Construction d’un barricade au campus de Leioa

Construction d'un barricade au campus de Leioa

La Justice suisse a autorisé l’extradition de Nekane Txapartegi vers l’Espagne. Elle avait été arrêtée le 6 avril 2016 et est détenue depuis à Zurich. Elle doit purger 6 ans et 9 mois de prison pour avoir « collaboré avec l’ETA » selon des aveux arrachés sous la torture. Elle a encore 30 jours pour faire appel. Nekane avait été arrêtée en 1999 par la police espagnole. Elle a été torturée et violée pendant 5 jours, elle a exposé ces traitements devant le tribunal en 2001. En 2008 elle quitte le Pays Basque pour Zurich où elle habite depuis avec sa fille. Elle y a été arrêtée le 6 avril 2016, la police espagnole avait demandé son extradition vers l’Espagne.

Des manifestations auront lieu ce soir à Zurich, Bâle et Berne. A 19h dans les deux premiers cas, à 18h pour le troisième.

Suisse/Pays-Basque: La justice suisse autorise l’extradition de Nekane

La police turque a arrêté Eduardo Izarzugaza, un internationaliste membre d’une délégation du Pays-Basque envoyée à l’occasion du Newroz (« nouvel an kurde et perse »). Il a été arrêté à un barrage routier à Amed (Diyarbakir), la « capitale » du Kurdistan turc où a traditionnellement lieu la plus impressionnante célébration du Newroz. Il a été remis à la police anti-terroriste.

Comme chaque année, des milliers de Kurdes rassemblés à Amed pour le Newroz

Comme chaque année, des milliers de Kurdes rassemblés à Amed pour le Newroz

Des affrontements violents ont éclatés samedi, à Pampelune. Suite à une manifestation convoquée par “Errepresioari autodefentsa” (Autodéfense face à la répression) contre la répression policière, des dizaines de jeunes manifestants masqués ont caillassé les forces de l’ordre, renversé et incendié des conteneurs. Participaient à cette manifestation les forces de la gauche indépendantiste basque qui critiquent la politique de capitulation. Quatre personnes ont été interpellées. Trois d’entre elles, originaires de Renteria, dans la banlieue de Saint-Sébastien, ont été écrouées ce lundi pour « trouble à l’ordre public et terrorisme ». Le quatrième manifestant, mineur, a été remis en liberté.

Les affrontements la nuit de samedi à dimanche à Pampelune

Les affrontements la nuit de samedi à dimanche à Pampelune

L’amant de Sara Majarenas, une prisonnière de l’ETA détenue depuis 2005 pour avoir préparé une attaque contre Rita Barberá, a tenté d’assassiner leur fille de 3 ans en la poignardant à plusieurs reprises dans le dos et le thorax. Le bébé est normalement laissé à sa mère, mais il avait été laissé à son père pour le week-end. Le père aurait tenté ce meurtre en représailles au fait que Sara voulait le quitter, c’est lui-même qui s’est présenté au commissariat en avouant le meurtre de sa fille, la police a ensuite retrouvé la fille dans l’appartement avec le poignard toujours dans le thorax. L’enfant est à présent dans un état stable après avoir subit deux opérations chirurgicales. Sara Majarenas remplit les conditions pour une libération conditionnelle, et des rassemblements ont à présent lieu dans la région de Valence (où Sara est emprisonnée et où la tentative de meurtre a eu lieu) pour qu’elle soit libérée.

Sara Majarenas

Sara Majarenas

78.000 personnes ont manifesté samedi dans les rues de Bilbao au Pays Basque en soutien aux prisonniers d’ETA, sous la pluie, brandissant des pancartes en forme de doigt pointé vers le ciel, afin de dénoncer les conditions réservées aux détenus de l’organisation séparatiste. Les manifestants réclament notamment que les prisonniers puissent accomplir leur peine près de leur famille. 79 prisonniers politiques basques sont écroués en France, dans 24 prisons, et environ 279 dans 42 prisons en Espagne.

La manifestation de samedi à Bilbao

La manifestation de samedi à Bilbao

L’affaire démarre le 19 octobre : dans un échange de courriers, trois des inculpés, des figures de la société civile du pays basque Nord connues pour leur opposition à la lutte armée, proposent à l’ETA de prendre en charge le démantèlement de son arsenal. Proposition acceptée. Le 16 décembre dans la matinée, ils prennent livraison de 11 cantines d’armes, mises sous scellé par ETA, qu’ils apportent dans une maison de Louhossoa. C’est alors qu’ils avaient commencé à les neutraliser à la meuleuse et à la perceuse quand les policiers ont débarqué (voir notre précédent article).

Sous l’œil de membres de la Guardia Civil espagnol, l’interpellation menée par le RAID, la SDAT et la DGSI a permis de saisir 30 armes de poing, neuf fusils d’assaut, 12 pistolets-mitrailleurs, deux roquettes anti chars, des chargeurs, des munitions, des détonateurs et de l’explosif. Embarqués le lendemain dans un avion pour Paris, les cinq « désarmeurs » ont été mis en garde à vue par la SDAT à Levallois-Perret. Mis en examen, après quatre jours de garde à vue, pour «port, transport et détention d’armes, de munitions et de produits explosifs», tous été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Les policiers du RAID lors de l’opération du 16 décembre

Les policiers du RAID lors de l'opération du 16 décembre

Cinq personnes interpellées dans la nuit du 16 au 17 décembre sont toujours en garde à vue, après l’opération menée par les forces de police françaises et espagnoles à Louhossoa, dans le pays basque français. L’arrestation serait survenue lors d’une démarche de désarmement volontaire d’ETA qui en octobre 2011, l’organisation a renoncé définitivement à la lute armée. Les cinq personnes étaient les témoins et les garants de la neutralisation des armes. Il s’agit de Jean-Noël Etcheverry, animateur de Bizi à Bayonne et du réseau Alternativa ; Michel Berhocoirigoin, actuellement président de la chambre d’agriculture alternative du Pays basque, ex-président du syndicat agricole basque ELB (localement majoritaire), ex-secrétaire général national de la Confédération paysanne ; Michel Bergouignan, viticulteur et ex-président de la coopérative des vins d’Irouléguy ; Béatrice Molle-Haran, journaliste de l’hebdomadaire Médiabask (print et Web) et Stéphane Etchegaray, journaliste audiovisuel qui était là pour filmer la destruction des armes.

26 armes de poing, 8 fusils d’assaut, 12 pistolets mitrailleurs, des milliers de munitions, des détonateurs, plusieurs kilos d’explosifs qui devaient être neutralisé, ont été saisis. Une enquête préliminaire a été ouverte vendredi soir pour « association de malfaiteurs terroriste », « infraction à la législation sur les armes en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste » et « infraction à la législation sur les explosifs en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste ». A Bayonne, 4000 personnes ont défilé pour réclamer la libération des 5 appelés par les manifestants les « artisans de la paix ».

La manifestation de Bayonne

La manifestation de Bayonne