Ce mercredi, les avocats de Mumia Abu-Jamal, prisonnier dans le couloir de la mort depuis près de trente ans, ont annoncé qu’il ne serait pas exécuté. Au début de l’année, une cour d’appel fédérale avait décidé que sa peine devait être réexaminée en raison de vices de procédures durant son procès pour le meurtre de policier en 1982. La Cour Suprême avait rejeté la demande des procureurs de Philadelphie de recondamner l’ancien Black Panther à la peine de mort. Aujourd’hui, ces derniers ont annoncé qu’ils ne feraient pas appel de cette décision. Mumia est donc condamné à une peine de prison à perpétuité.

Mumia Abu-Jamal

Voir notre dossier sur Mumia Abu-Jamal

Mumia Abu-Jamal

Le 22 novembre dernier, les autorités turques ont procédé à une nouvelle vague d’arrestation visant la communauté kurde. Plus de cent personnes ont été arrêtées à Istanbul, à Diyarbakir et à Kocaeli de manière quasi simultanée. Parmi elles figurent une quarantaine d’avocats d’Ocalan (dirigeant emprisonné du PKK), un journaliste kurde, des étudiants, des membres du parti pro-kurde BDP (Peace and Democracy Party) et du DTK (Congrès pour une Société Démocratique), qui est une plateforme d’associations et de mouvements kurdes. Toutes ces interpellations interviennent dans le cadre de l’affaire KCK (Kurdistan Communities Union) lancée en 2009 suite à son large succès aux élections municipal et à la menace qu’il continue à poser au pouvoir turc qui l’accuse d’être la branche politique du PKK.

Le 28 novembre, au moins quinze personnes ont été arrêtées à Yuksekova (Hakkari) lors d’une manifestation anti-répression. Le 27 novembre, une trentaine de membres du BDP ont été interpellés dans la région de Sirnak. Et selon certaines sources, le gouvernement turc envisagerait actuellement d’enfermer des députés kurdes: ‘Selon les informations qui nous sont parvenues, on cherche à arrêter cinq députés. Ils planifient des complots et les mettront en oeuvre’. Cinq députés du BDP se trouvent déjà actuellement en prison. Selon le BDP, au moins 4 547 personnes ont été arrêtées et environ 2000 personnes parmi elles ont été envoyées en prison, au cours des sept derniers mois dans le cadre de l’affaire KCK. Et cela sans compter toutes celles qui ont été incarcérée pour leurs liens présumés avec le PKK.

Ce mercredi, les autorités ont interpellé et placé en garde à vue deux personnes qu’elles suspectent d’avoir aidé la guérillero maoïste Suchitra Mahato. Celle-ci se trouvait avec Kishenji lorsque les forces de l’ordre leur sont tombées dessus. Contrairement à ce dernier, Mahato n’a été que blessée et est parvenue à se réfugier dans la jungle. Depuis lors, les forces de sécurité quadrillent et ratissent la région pour la retrouver. Mercredi, Bhudab Mahato, qui lui a fourni une assistance médicale et lui a prodigué les premiers soins, et Pintu Tudu, qui a amené la blessée chez Mahato ont été interpellés et incarcérés pour une durée minimale de sept jours au CID (Criminal Investigation Department).

Par ailleurs, les autorités ont annoncé que c’est un ordinateur saisi il y a environ un mois lors d’une opération dans le district de Kanhamal (Orissa) qui leur aurait permis de localiser Kishenji. Cet ordinateur appartenait à Sabyasachi Panda, un des des dirigeants du comité régional du CPI(m) et contenait de nombreuses informations telles que les personnes en lien avec les maoïstes, leurs futurs projets, leur communication avec les dirigeants du comité central du parti, les fonds récoltés par les guérilleros et leur provenance,… L’ordinateur a été décodé par trois analystes de haut niveau de Delhi et ceux-ci sont parvenus à localiser les trois principaux dirigeants locaux. Outre Kishenji (dont on sait qu’il a été abattu la semaine dernière, plus que probablement lors d’un ‘faux combat’), un autre membre du Politburo, Akkiraju Ramakrishna, alias R.K., aurait été localisé. Selon certaines sources, une opération l’aurait d’ailleurs visé la semaine dernière à la frontière entre l’Andhra Pradesh et l’Orissa, mais aurait échouée. Les autorités ont affirmé que R.K. était leur prochaine cible.

Les autorités colombiennes ont annoncé ce mercredi avoir arrêté trois hommes qu’elles soupçonnent d’appartenir au 54ème Front des FARC. Ils ont été interpellés à Bogota et sont accusés d’avoir organisé et mis en oeuvre l’enlèvement de la fille du maire de Fortful, une petite ville de la province d’Arauca en septembre dernier. La jeune fille avait été libérée après 18 jours, alors que les guérilleros ne s’étaient pas manifestés. Le chef de la police colombienne a annoncé que ces trois arrestations n’étaient que le début d’une vaste opération visant d’autres membres des FARC soupçonnés d’être responsable de cet enlèvement.

Samedi, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées face à la gare de Lens afin d’exiger les libérations de Georges Ibrahim Abdallah et de Salah Hamouri. Emprisonnés respectivement depuis 27 et 6 ans, tous deux ont été condamnés pour avoir lutté, entre autre, pour la liberté du peuple palestinien. A cette occasion, Georges Abdallah avait transmis une déclaration:

Cher«e»s Camarades, Cher«e»s ami«e»s,

Des années, de très longues années, se sont écoulées déjà derrière ces abominables murs, et votre solidarité, dans la pluralité de votre engagement, ne m’a jamais fait défaut. Elle n’a pas faibli tout au long de cette dure captivité. Elle s’est affirmée à maintes reprises comme arme absolument indispensable face à l’enfermement et contre toute forme de capitulation et de reniement.

Aujourd’hui, à l’aube de cette vingt-huitième année de captivité, votre initiative solidaire m’apporte ainsi qu’à Salah Hamouri et à tant d’autres camarades embastillés dans les geôles sionistes de triste mémoire, beaucoup de chaleur et autant de force et de détermination.

Camarades, comme vous voyez, un peu partout dans le monde, les masses populaires par milliers, par centaines de milliers, descendent dans la rue, occupent les Places « al-Tahrir » et résistent face aux systèmes en place… La crise les pousse inéluctablement vers la révolte et la révolution… Et cela aussi bien dans les centres impérialistes du système que dans ses périphéries…
Des jeunes et des moins jeunes, des hommes des femmes, ils sont partout dans la rue … aussi bien à Rabat, au Caire, à Sanaa et Bahreïn, qu’à Athènes Rome et Lisbonne. La crise est globale et tous les espoirs sont permis…
Camarades, vous n’êtes certainement pas sans savoir que, c’est toujours en assumant la solidarité avec les luttes des masses populaires que l’on apporte la solidarité la plus significative aux prisonnier«e»s révolutionnaires.

Les pays arabes dans la diversité de leurs situations constituent bel et bien « le maillon » le plus faible du système en crise. En dépit de toutes les manœuvres impérialistes, et au-delà de toutes les tentatives des réactionnaires en place, aucune perspective n’est plus viable que dans la mesure où elle s’inscrit dans un processus anticapitaliste… Bien entendu, des soubresauts réactionnaires il y en aura, seulement ce n’est plus qu’une question de temps, de peu de temps… le temps nécessaire aux masses populaires de forger leurs outils et organisations de lutte appropriés…

Camarades, face à toutes les manœuvres et agressions réactionnaires, les diverses initiatives solidaires se conjuguent et s’inscrivent d’emblée dans le mouvement global de la lutte.

Non à toutes les interventions impérialistes dans le monde arabe sous n’importe quelle forme !

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et leurs complices réactionnaires arabes !

À bas les dictateurs et leurs régimes capitalistes !

Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte !

Ensemble, Camarades, nous vaincrons, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons.

À vous tous Camarades mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah – Lannemezan 26/11/2011

En juin 2007, la police française avait interpellé Igor Igartua Etxebarria, Alaitz Aireition Azpiri et Aïtor Lorente Bilbio à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Tous trois ont immédiatement été accusé de faire partie de la structure militaire de l’ETA après que les autorités aient découvert dans une cache, un révolver, des fausses plaques d’immatriculation et plusieurs faux papiers. Ils ont notamment été soupçonnés d’avoir planifié l’achat d’un médicament pouvant servir à la fabrication d’explosif. Le procès pour ‘association de malfaiteurs à visée terroriste’ s’est clôturé hier. Igor Igartua Etxebarria et sa compagne Alaitz Aireitio Azpiri écopent de six ans de prison ferme tandis que le troisième, Aïtor Lorente Bilbio écope quant à lui de quatre ans ferme.

Pendant près d’une heure hier, des militants ont occupé la section consulaire de l’ambassade du Liban pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Après avoir déployé une banderole et distribué des tracts, ils ont pu rencontrer le consul et l’ont interpellé quant à l’absence d’initiative de l’ambassade face à l’acharnement des autorités françaises qui maintiennent le militant des FARL et combattant de la cause palestinienne en prison depuis plus de 27 ans.

Suite à cette action, les militants sont parvenus à ce que le consul fasse parvenir un courrier à la cour d’appel de Paris dans lequel il reconfirme aux autorités françaises l’accord des autorités libanaises de recevoir Georges Ibrahim Abdallah sur le territoire libanais si son éloignement du territoire français était exigé. Cette lettre se conclu par la mise à disposition du consul pour la délivrance d’un laissez-passer permettant son retour au Liban. La mobilisation s’est poursuivie devant l’ambassade, où les manifestants n’ont cessé de scander ‘Libérez Georges Abdallah’.

France: Occupation de l’ambassade du Liban

Salah Hamouri, jeune franco-palestinien de 26 ans a été arrêté le 13 mars 2005, alors qu’il se rendait à Ramallah. Il va rester 3 mois, accusé de complot contre le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux d’extrême droite SHAS parce qu’il est passé devant chez ce dernier en voiture 3 mois avant son arrestation. A cela s’ajoute une présomption de l’appartenance de Salah à un mouvement de jeunesse réputé proche du FPLP. Après être passé dans différents camps, prisons, centres…après une vingtaine d’audiences de repoussées faute de témoins et de preuves, Salah est condamné le 17 avril 2008 à 7 ans de prison pour « complot et appartenance aux jeunesses du FPLP ». Un compromis qu’il a accepté en plaidant « coupable » pour ne pas être condamné à plus de 7 ans s’il avait refusé.

La fédération du Pas-de-Calais du mouvement des jeunes communistes de France, SOS Gaza, Association France-Palestine Solidarité 59/62 (AFPS 59/62), Comité Libérez-les, le MRAP 62, et la section de Lens du PCF appellent à un rassemblement le 26 novembre 2011 à 17h30 devant la gare de Lens pour exiger ces libérations de Salah Hamouri et de Georges Ibrahim Abdallah.

France: Rassemblement à Lens pour Salah Hamouri et Georges Abdallah

Depuis le 31 octobre, 22 prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc sont en grève de la faim « pour protester contre le déni des droits fondamentaux, légitimes et légaux à l’intérieur de la prison » et pour demander qu’ils soient soient présentés devant un tribunal garantissant « l’accomplissement de toutes les conditions d’un procès juste et équitable ou soient libérés sans conditions ». Leur état de santé des prisonniers politiques sahraouis détenus à la prison de Salé 2 (près de Rabat) s’est dégradé. Six détenus ont enregistré une détérioration de leur état de santé avec l’apparition de symptômes tels que des douleurs au niveau du dos, des reins et de la tête ainsi que des pertes de poids allant de 5 à 10 kg et des pertes de connaissance.

La grève de la faim a été déclenchée une année après les arrestations consécutives au démantèlement du camp sahraoui de Gdeim Izik par les forces marocaines. Les prisonniers sont notamment accusés d »‘atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, formation d’une bande criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction ». Ils risquent la réclusion à perpétuité.