Le 5 janvier 2026 dès 19H à La Chapelle (36 rue Danielle Casanova, Toulouse), une cantine solidaire est organisée en soutien aux six militant·es poursuivi·es dans l’« affaire du 8 décembre », issue d’une opération antiterroriste menée en 2020 contre des personnes qualifiées « d’ultragauche » par le ministère de l’Intérieur. L’événement, à prix libre, est un moment de rencontre et d’information, avec un infokiosque dédié au dossier, dont le procès en appel se tiendra finalement en mai 2026 à la cour d’appel de Paris (voir notre article).

Cinq ans après la mort de Claude Jean-Pierre, dit Klodo, décédé le 3 décembre 2020 à la suite d’un contrôle de gendarmerie en Guadeloupe, sa famille continue de se battre face aux dénis de justice et aux intimidations policières. Malgré des images vidéo et de multiples expertises médicales établissant la responsabilité des gendarmes, la procédure judiciaire est une nouvelle fois retardée début décembre, avec le dessaisissement de la juge d’instruction et l’absence de nouveau magistrat avant mai 2026. Le 10 décembre 2025, la mobilisation de la famille et de leurs soutiens devant le tribunal de Basse-Terre a été réprimée et intimidée par la police. Cette affaire illustre l’impunité des forces de l’ordre en France et le traitement colonial réservé aux territoires dits d’Outre-Mer, renforçant l’appel à une mobilisation collective pour la justice et contre les violences policières de la part de la famille.

Le 30 décembre 2025, le tribunal correctionnel de Nivelles a acquitté un homme poursuivi pour rébellion et violences après la diffusion d’images accablantes filmées au commissariat de Braine-l’Alleud. La vidéo montre le prévenu tiré hors de sa cellule par les pieds puis frappé par des policiers, en contradiction avec le procès-verbal officiel. Estimant que les déclarations policières n’étaient pas crédibles et que les faits avaient été mal rapportés, la présidente du tribunal a acquitté le Brainois et qualifié d’« inadmissibles » les violences commises par les agents.

Dossier(s): Belgique Tags: , ,

Le 25 décembre 2025, le tribunal de première instance de Sefrou a condamné le rappeur marocain Pause Flow (Jawad Asradi) à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 2.000 dirhams pour outrage à une instance organisée et à des fonctionnaires publics. Interpellé le 18 novembre 2025, ces accusations sont en lien avec plusieurs chansons publiées au cours des huit dernières années.

Dossier(s): Monde arabe et Iran Tags: ,

En Iran, le citoyen kurde handicapé Yaqub Kerîmpur a été condamné à mort par la première chambre du Tribunal révolutionnaire d’Urmiye pour des motifs politiques. Détenu depuis l’arrestation par les services de renseignement iraniens après la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, il aurait subi deux mois de torture et de pressions pour obtenir de force des aveux. Sa femme est également toujours en détention.

Le militant de gauche et critique du Kremlin Sergei Oudaltsov a été condamné à six ans de colonie pénitentiaire pour « apologie du terrorisme », en lien avec un article soutenant des activistes russes récemment condamnés (voir notre article). Figure de l’opposition au retour de Vladimir Poutine entre 2011 et 2013, déjà emprisonné de 2014 à 2017, il a dénoncé une décision « honteuse » après le verdict.

Rexhino Abazaj, dit « Gino », militant antifasciste albanais de 33 ans, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire à Paris le 24 décembre, dans l’attente de l’examen d’un éventuel transfert vers l’Allemagne le 28 janvier. Visé par un mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie suite à sa participation à une mobilisation antifasciste en janvier 2023 à Budapest, il n’avait pas été extradé par la France en raison de risques de traitements inhumains et d’un procès inéquitable. Un nouveau mandat, émis par l’Allemagne pour les mêmes faits, a conduit à son arrestation mi-décembre (voir notre article). Alors qu’il encourt jusqu’à dix ans de prison en Allemagne, son cas s’inscrit dans un contexte de criminalisation de l’antifascisme en Europe. La prochaine audience de Gino se tiendra le 28 janvier.

Le délibéré du procès d’Anan Yaeesh, militant palestinien de 37 ans détenu en Italie, a une nouvelle fois été reporté au 16 janvier. Son avocat, Flavio Rossi Albertini, conteste vigoureusement le réquisitoire du Ministère Public, invoquant le droit à l’autodétermination des peuples ainsi que le droit à la lutte armée des Palestiniens, tels que reconnus par le droit international et la Convention de Genève. Yaeesh est jugé aux côtés de deux autres Palestiniens, Ali Irar et Mansour Doghmosh, accusés avec lui de soutien à une organisation liée aux Brigades des Martyrs d’Al‑Aqsa. Bien que leurs charges restent en vigueur, ces derniers ont été libérés provisoirement tandis qu’Anan demeure en détention dans une prison de haute sécurité. Lors de la précédente audience le 19 décembre dernier, plus de 200 personnes étaient réunies en solidarité devant et dans la Cour de l’Aquila, dont une délégation du Secours Rouge International. De leur côté, les accusés ont fait des déclarations pour réaffirmer leur engagement en faveur du peuple palestinien. En particulier, Anan Yaeesh a souligné que « c’est une erreur de penser que ceux qui résistent n’aiment pas la vie. Nous aimons la vie plus que quiconque, mais nous voulons une vie de liberté, pas une vie d’oppression ».

Dossier(s): Italie Tags: , ,

Huit militants d’Extinction Rebellion ont comparu le 22 décembre devant le tribunal de Saverne pour avoir inscrit « Stocamine contamine » sur un pont du Bas-Rhin, une action dénonçant les risques liés aux 42 000 tonnes de déchets toxiques stockées sous la plus grande nappe phréatique d’Europe occidentale. Initialement poursuivis pour une dégradation légère, les faits ont été requalifiés, entraînant 55 heures de privation de liberté et des réquisitions de trois mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende par personne. La défense plaide la liberté d’expression et dénonce une procédure abusive, tandis que le parquet invoque le risque de récidive. Le délibéré est attendu le 15 janvier.

Dossier(s): France Tags: , ,

Shea Reynolds et Dee (Damian) Duffy, républicains irlandais condamnés respectivement à 11 ans et demi et 12 ans et demi de prison, ont vu leur peine prononcée le 19 décembre 2025 à l’issue d’un procès tenu devant un tribunal sans jury à Belfast. Ils sont accusés d’avoir installé une caméra de surveillance dans l’allée du domicile d’un policier retraité en Irlande du Nord afin de recueillir des informations pour préparer une opération contre lui. Le silence des accusés, exercé comme un droit face à un système qu’ils dénoncent comme colonial, aurait été interprété comme un aveu implicite.