Le vendredi 16 janvier 2025 à partir de 9h30, un rassemblement est appelé devant le tribunal de L’Aquila, où se tiendront la dernière audience et le verdict du procès d’Anan, Ali et Mansour (voir notre article). Ce procès illustre la criminalisation des réfugiés palestiniens en Europe où de nombreux cas de détention se multiplient en Italie, mais aussi en France ou en Belgique. Dans cette affaire, ils sont accusés de soutien à une organisation liée aux Brigades des Martyrs d’Al‑Aqsa en Cisjordanie occupée.

À la veille de l’ouverture de leur procès devant la Cour régionale supérieure de Düsseldorf (voir notre article), plusieurs antifascistes poursuivis ont publié une déclaration politique dans laquelle ils dénoncent une criminalisation ciblée de l’antifascisme. Ils qualifient l’accusation de tentative de meurtre « d’escalade politiquement motivée et totalement absurde » et affirment que les autorités cherchent avant tout à « dissuader toute activité antifasciste ». Rejetant les représentations médiatiques les décrivant comme un groupe violent et structuré, ils dénoncent des récits construits en synergie avec l’extrême droite. Inscrivant leur procès dans un contexte de montée de l’extrême droite et de banalisation des violences néonazies, ils rappellent que « la violence d’extrême droite est une réalité » et interrogent frontalement le monopole étatique de la force : « dans quelle mesure privilégions-nous le monopole de l’État sur l’usage de la violence à la nécessité de combattre le fascisme ? ». Revendiquant l’héritage historique de l’antifascisme, ils soulignent enfin que, « une fois le fascisme au pouvoir, il est impossible de le dissuader par la discussion », et présentent leur procès comme un moment éminemment politique, dépassant largement les faits qui leur sont reprochés.

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Le 13 janvier 2026 s’ouvre à Düsseldorf un vaste procès s’inscrivant dans l’affaire dite de Budapest, visant Paula, Nele, Emi, Moritz, Clara et Luca, accusés d’avoir participé en février 2023 à des affrontements avec des néonazis dans la capitale hongroise, en marge du rassemblement d’extrême droite du « Jour de l’honneur ». La justice allemande retient des chefs d’accusation lourds : violences aggravées, appartenance à une organisation criminelle et tentative de meurtre. Les six militants, en détention provisoire depuis qu’ils se sont rendus début 2025 après deux ans de clandestinité, comparaissent dans un procès ultra-sécurisé prévu sur 72 audiences jusqu’en janvier 2027, accompagné d’une mobilisation solidaire et de critiques sur une criminalisation de l’antifascisme.

Le 8 janvier 2026, le tribunal de Perpignan a prononcé l’abandon des poursuites engagées par le directeur de la police municipale de la mairie RN contre le journal indépendant l’Empaillé (voir notre article), poursuivi pour l’avoir qualifié de « caïd » dans une enquête publiée en octobre 2023 sur la politique sécuritaire et les méthodes de la police municipale locale. Les juges ont retenu un vice de procédure lié au non-respect du droit au silence lors de la mise en examen du directeur de publication, mettant fin à ce que le média dénonçait comme une procédure bâillon, sans examen du fond ni indemnisation des frais engagés.

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Le 9 janvier 2026, la justice française a condamné un agriculteur retraité de 74 ans à six mois de prison avec sursis pour avoir écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d’une séance de dédicace à Moissac fin novembre (voir notre article). Déjà condamné en 2022 pour un acte similaire contre Éric Zemmour, le prévenu a écopé de 1000€ d’amende, de 500€ de dommages pour atteinte à l’image et de 600€ de frais de justice, reconnaissant un geste politique mais qu’il a regretté, tandis que le parquet et la défense ont qualifié les faits de « violence pénale grave portant atteinte au débat démocratique ».

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Le 8 janvier 2026, u n tribunal bahreïnien a condamné le dirigeant de gauche Ibrahim Sharif à six mois de prison pour « insulte à Israël » et incitation à faire pression sur les régimes arabes afin de mettre fin au génocide à Gaza. Arrêté le 12 novembre 2025 à son retour du Liban (voir notre article), il était poursuivi pour des déclarations critiquant Israël, appelant à condamner la normalisation et dénonçant la complicité des Etats arabes face aux crimes en Palestine et au Liban.

Le leader kurde Selahattin Demirtas, détenu depuis 2016 à la prison d’Edirne, a été condamné le 6 janvier à un an, cinq mois et 15 jours de prison pour « insulte au président ». Les accusations portent sur plusieurs discours prononcés il y a plus de dix ans et ont été regroupées dans un même dossier. Son équipe juridique n’a pas obtenu de délai supplémentaire pour préparer sa défense et prévoit de faire appel. Déjà condamné en 2021 pour des critiques du gouvernement concernant l’abattage d’un avion russe en 2015, Demirtas bénéficie par ailleurs d’une décision définitive de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) exigeant sa libération, jusqu’à présent ignorée par les autorités turques.

Le procès de Dario Sanchez, lié à l’affaire dite du Prairieland Case au Texas, commence le 12 janvier 2026. Dario est poursuivi par l’État du Texas pour avoir, selon les procureurs, retiré certaines personnes de groupes de discussion chiffrés liés à l’organisation d’une manifestation contre le centre de détention Prairieland à Alvarado le 4 juillet 2025. Cette manifestation a été le théâtre d’affrontements violents impliquant des feux d’artifice, des véhicules endommagés et des tirs ayant blessé un policier, ce qui a conduit les autorités à qualifier l’événement de « terrorisme domestique ». Dario Sanchez, qui n’était pas présent lors des tirs, est accusé d’entrave à l’enquête par l’État en raison de ses actions dans le groupe de discussion. Il est actuellement en détention et son comité de soutien appelle à se rassembler devant le tribunal de Cleburne le 12 janvier à 8h30 pour le soutenir et défendre la protection de la vie privée numérique.

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En Autriche, sept militants antifascistes sont jugés à partir du 7 janvier 2026 devant le tribunal pénal de Graz dans le cadre du procès dit AntifaGraz25, où ils encourent jusqu’à 15 ans de prison pour « vol aggravé » et « association criminelle ». Les poursuites font suite aux mobilisations contre le bal académique de Graz en janvier 2025, événement réunissant des groupes et figures de l’extrême droite. Initialement qualifiés de vol et de violences, les faits ont été requalifiés par les autorités en infractions lourdes, accompagnées d’une vaste enquête du service de protection de l’État, de perquisitions violentes et de détentions prolongées, bien que la justice ait par la suite jugé ces perquisitions illégales et qu’aucune preuve matérielle n’ait été retrouvée. Dans ce cadre, plusieurs jours de mobilisation sont organisées dans la ville autrichienne (voir ici).

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Quatre jeunes militants du mouvement indépendantiste U14 ont été interpellés à l’aube du 6 janvier, notamment à Larressore et à Hendaye, lors d’opérations menées par la gendarmerie. Selon le collectif, ces arrestations seraient liées à la manifestation organisée le 14 juillet dernier à Espelette, où environ 200 personnes avaient dénoncé la fête nationale française, la touristification et la marchandisation de la culture basque. En réaction, U14 appelle à un rassemblement de soutien dès 13H devant la gendarmerie de Cambo afin d’exiger la libération des militants arrêtés.

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