Dans la nuit du 27 janvier à Portland, des militants ont endommagé tous les véhicules d’un parc de location de voitures Enterprise situé à Sandy Blvd et 28th, peignant également sur le bâtiment le message « ICE RENTS HERE » (l’ICE loue ici). L’action visait à protester contre l’usage de voitures de location par l’ICE et la Border Patrol pour arrêter et expulser des personnes à travers le pays. Les auteurs, anonymes, ont indiqué que l’intervention a rendu le parc de véhicules inutilisable et aurait conduit Enterprise à annuler un événement de recrutement local.

Au Colorado, plusieurs organisations de défense des migrants et médias locaux dénoncent des pratiques choquantes lors d’opérations d’arrestation menées par l’ICE, après la découverte d’as de pique laissés dans au moins neuf véhicules de personnes interpellées. Ces cartes, portant la mention du bureau local de l’agence et les coordonnées d’un centre de détention, ont suscité une vive polémique en raison de leur symbolique : durant la guerre du Vietnam, certains soldats états-uniens utilisaient l’as de pique comme outil de guerre psychologique, le déposant dans des villages attaqués ou sur des corps pour semer la peur et marquer leur passage. Des vidéos diffusées en ligne montrant des voitures abandonnées moteurs allumés ont renforcé l’indignation et alimenté les critiques sur les méthodes employées lors de ces interventions.

À Paris, la révolutionnaire turque Zehra Kurtay a annoncé le 5 février 2026 la suspension de sa grève de la faim illimitée entamée pour dénoncer le refus de son droit d’asile, après 219 jours de mobilisation (voir notre article). Lors d’une conférence de presse tenue dans sa tente de résistance, elle a déclaré avoir obtenu une victoire partielle avec la suspension par la haute cour de la décision de renvoi la visant. En particulier, elle a affirmé que : « L’impérialisme français, incapable de me soumettre, a cherché à me dépouiller de tous mes droits et à me livrer au fascisme turc. Il a cherché à intimider le peuple et s’est attaqué à nos droits fondamentaux. Par les politiques qu’il a mises en œuvre, il a tenté de rompre nos liens avec le peuple. » Son compagnon de lutte, Nezif Eski, également en grève de la faim pendant plus de 100 jours, a mis fin au mouvement en même temps qu’elle. Malgré l’arrêt de la grève, Kurtay a indiqué que la tente de résistance resterait ouverte pour poursuivre la mobilisation et défendre les droits fondamentaux liés à son droit d’asile.

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Le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang propose de créer une unité policière spécialisée contre l’immigration irrégulière, inspirée du modèle états-unien de l’ICE. Selon ses promoteurs, chaque zone de police devrait compter un agent chargé de traquer activement les personnes sans-papiers. La proposition s’inscrit dans un climat de durcissement des politiques migratoires en Belgique et en Europe, marqué par la coopération avec Frontex, l’augmentation des expulsions et différentes mesures sécuritaires.

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En Bade-Wurtemberg, le syndicaliste Danial Bamdadi s’est vu refuser la nationalité allemande depuis 2022 par les autorités locales, qui invoquent une supposée « attitude extrémiste » liée à sa participation à des manifestations contre l’AfD et à une mobilisation anti-guerre. Les informations proviennent des services de protection de la Constitution. Réfugié iranien depuis 2012, il conteste cette décision en justice, tandis que ses soutiens dénoncent une atteinte aux libertés politiques, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire allemande.

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Le groupe français Capgemini collabore avec la police fédérale états-unienne ICE pour identifier et localiser des migrants, via des contrats de « skip-tracing » pouvant atteindre 365 millions de dollars. Sa filiale américaine, près de Washington, gère également un standard téléphonique pour les victimes de crimes imputés à des étrangers. Cette coopération illustre le rôle des entreprises privées dans la politique d’immigration agressive de l’administration Trump.

Parallèlement, Gregory Bovino, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), est devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration, dirigeant des raids expéditifs et controversés à Minneapolis et dans d’autres villes. Critiqué après la mort de l’infirmier Alex Pretti, il a été décidé qu’il parte de la ville suite à la mobilisation croissante.

Un étudiant sans papiers, militant à la Fédération Syndicale Étudiante et au Comité Sans Papier 59, fait l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) depuis mai 2024 après un refus de renouvellement de son titre de séjour, et a récemment été interpellé par la Police aux Frontières alors qu’il se rendait en cours à Lille. Lors de cette arrestation, il a subi des pressions et des tentatives d’intimidation liées à son engagement militant, ainsi que des menaces de placement en centre de rétention. Malgré son parcours universitaire reconnu, la préfecture justifie la mesure par un prétendu manque de sérieux de ses études. Cette situation est un cas de répression administrative ciblant un étudiant engagé, et une mobilisation est en cours pour obtenir la levée de l’OQTF, soutenir les démarches juridiques et financer les frais d’avocat afin de défendre son droit à étudier et à vivre en France (voir ici).

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Les études sur le complexe industriel de la déportation mettent en lumière le fait que les actions de l’ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement) ne sont pas isolées, mais soutenues par un vaste réseau d’intérêts privés et financiers alimentés par l’argent public. Selon le document diffusé par le Department of Class Solidarity, des géants de la technologie comme Amazon (AWS) et Palantir fourniraient l’infrastructure numérique nécessaire au stockage des données et à la surveillance. Le système s’appuie également sur le soutien financier d’institutions bancaires telles que Bank of America, qui finance des entreprises de prisons privées comme CoreCivic. Enfin, l’infographie souligne l’influence de figures de la Silicon Valley et de l’industrie, notamment Elon Musk, Jeff Bezos et Peter Thiel, dont les contributions financières ou les outils technologiques joueraient un rôle clé dans le maintien et l’expansion de cet appareil de détention et d’expulsion.

À Mérignac, le chantier du futur centre de rétention administrative (CRA) a été la cible d’une action de sabotage durant le week-end du 16 au 18 janvier, avec des vitres pare-balles détruites, des gaines électriques sectionnées, du carrelage brisé, des installations d’eau et de vidéosurveillance endommagées et plusieurs équipements détruits. Le préjudice est estimé à près de 300 000 euros. Une enquête a été ouverte, sans revendication ni interpellation à ce stade. Malgré les dégâts, la préfecture affirme maintenir l’ouverture du site au premier semestre 2026. Ce nouveau CRA, prévu pour accueillir jusqu’à 140 personnes, doit remplacer celui de Bordeaux.

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Le responsable de la Maison Blanche pour les questions frontalières, Tom Homan a déclaré le 17 janvier sur Fox News que ses services constituaient des listes d’antiracistes afin d’exposer publiquement leurs visages, d’alerter leurs employeurs, revendiquant ouvertement une stratégie d’intimidation politique. Ces menaces s’inscrivent dans une logique rappelant le maccarthysme des années 1950, période de chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis, et illustrent une fascisation accélérée de l’appareil d’État, où toute opposition au trumpisme est criminalisée et traitée comme un ennemi intérieur.