L’ex Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a déclaré lundi 17 novembre avoir terminé, la veille, le retrait de ses combattants d’une zone frontalière stratégique du nord de l’Irak. Cette décision s’inscrit dans le processus engagé en direction du régime fasciste turc, espérant que « cette nouvelle mesure contribuera à la paix et à la démocratisation en Turquie ». Pourtant, depuis huit mois, le PKK a multiplié les concessions sans que Erdogan fléchisse de son côté : cessez-le-feu unilatéral en mars 2025, auto-dissolution du PKK en mai 2025 (voir notre article), cérémonie de destruction des armes de la guérilla en juillet 2025, évacuation de ses zones de guérilla en Turquie en octobre 2025 (voir notre article), etc.

Le PKK possédait depuis de nombreuses années des bases dans la région de Zap, au nord de l’Irak. Cette zone, visée par une opération terrestre de l’armée turque en 2008 et régulièrement frappée par des raids aériens, revêt une forte valeur symbolique pour l’organisation. Elle accueillait en effet son premier quartier général avant son déplacement plus à l’est, vers les monts Qandil, et le mouvement y conservait jusqu’à récemment une présence importante.

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Mercredi 12 novembre au Chat Noir à Toulouse, une cinquantaine de personnes ont participé à la troisième édition de nos soirées mensuelles Faisons Front sur la lutte des révolutionnaires dans les prisons du fascisme turc. Après un retour sur l’histoire des résistances dans les prisons en Turquie, nous avons eu l’honneur d’écouter l’ancienne prisonnière politique Şükriye Akar, dont le mari Fikret Akar est en grève de la faim depuis le 30 mars 2025. Avec plusieurs prisonniers révolutionnaires en grève de la faim, dont Serkan Onur Yılmaz et Ayberk Demirdöğen sont en jeûne jusqu’à la mort, ils luttent contre les nouvelles prisons dites de type « puits » qui imposent des conditions de détention particulièrement inhumaines. Ensuite, nous avons pu écouter une intervention de Young Struggle sur l’importance de la résistance dans et hors les prisons contre le régime fasciste turc qui continue de réprimer durement la gauche révolutionnaire. La soirée s’est conclue par quelques questions (notamment sur la criminalisation des révolutionnaires de Turquie en Europe), puis une photo de solidarité et un atelier d’écriture à différent·es prisonnier·es politiques de Turquie.

Nanaxanım Babazade, étudiante en master à l’Université d’Istanbul, avait été illégalement placée dans un centre de rétention après avoir participé à une manifestation contre l’augmentation du prix des repas universitaires. Elle y a subi des tortures psychologiques et physiques, des fouilles à nu et à des formes de chantage pour la forcer à collaborer avec les renseignements turcs alors qu’elle était sous la menace d’une expulsion en Azerbaïdjan où sa vie est en danger (voir notre article). Dans la nuit du 21 octobre, sans en informer son avocat ni ses amis, elle a été expulsée vers l’Azerbaïdjan. Elle a été conduite à l’aéroport les mains et les pieds menottés.

Le 12 novembre dernier, l’initiative « Liberté pour Nana » a tenu une conférence de presse à la branche stambouliote de l’Association des droits de l’homme (İHD) afin de dénoncer cette expulsion et ces atteintes aux droits humains.

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Le musicien kurde Şerif Oğur a été arrêté à Olpe, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à la suite d’une demande d’extradition de la Turquie. Selon sa famille, il a été interpellé le 5 novembre lors d’un rendez-vous au bureau de l’immigration, puis remis à la police. Réfugié en Allemagne depuis 2019 pour des raisons politiques, il est connu pour ses activités artistiques au sein d’un centre culturel kurde. Sa famille redoute une incarcération s’il est renvoyé en Turquie, en raison de son engagement dans le mouvement kurde. Les autorités turques ont multiplié ces dernières années les demandes d’extradition visant des opposants politiques, journalistes et artistes en exil.

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Ali Dilmen, prisonnier révolutionnaire actuellement en grève de la faim illimitée et détenu dans la prison de haute sécurité de type F n°2 de Kandıra, a vu sa cellule prise d’assaut par les gardiens. Ces derniers ont saisi le sel, le sucre ainsi que l’oiseau que Dilmen nourrissait. L’association de solidarité avec les familles de prisonniers TAYAD a dénoncé cette attaque sur les réseaux sociaux, déclarant : « Retirez vos mains sales de nos enfants ! » Actuellement, plusieurs révolutionnaires emprisonnés en Turquie sont en grève de la faim pour dénoncer les prisons de type « puits », célèbres pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines (voir notre article).

Le 20 octobre dernier, dans la prison de haute sécurité de type F d’Adana, les partisans du TKP/ML et partisans Ünal Yiğit et Engin Bulut (à gauche sur la photo), qui partageaient la même cellule, ont été séparés sur ordre du ministère de la Justice. En apprenant qu’il ne serait pas replacé avec Bulut, Ünal Yiğit a protesté et a été violemment agressé par des gardiens d’une unité spéciale anti-émeute. Cette attaque s’ajoute aux nombreux cas de torture et d’isolement déjà dénoncés dans les prisons de type F, T et E d’Adana. Après l’agression, Yiğit, marqué de traces de coups, s’est vu refuser l’accès à l’infirmerie, l’administration tentant ainsi de dissimuler les faits. En réaction, d’autres prisonniers du TKP/ML, du DHKP-C et d’autres courants ont dénoncé la répression en scandant « La dignité humaine vaincra la torture ». Les différents détenus et les avocats d’Ünal Yiğit ont annoncé qu’ils porteraient plainte et suivraient l’affaire de près.

Le 10 novembre 2025 marquera le premier anniversaire de la grève de la faim de Serkan Onur Yilmaz, qui s’est ensuite transformée en jeûne jusqu’à la mort (voir notre article). Prisonnier révolutionnaire de Turquie, il avait été transféré dans les cellules d’isolement de la nouvelle prison de haute sécurité d’Antalya. Grâce à sa lutte, il a obtenu gain de cause et a été transféré à nouveau, contrairement à ses huit autres prisonniers. Il a donc décidé de poursuivre le combat. Depuis un an, il résiste aux conditions d’isolement imposées aux détenus dans les cellules des prisons de type S, R et Y.

Ses soutiens appellent à prendre des photos seul ou en groupe, avec ou sans visage apparent, avec une feuille de papier et le message suivant puis l’envoyer à is4pp@riseup.net : 10 November 2025 · #SerkanOnurYilmaz · #1YearDeathFast · (VOTRE PAYS)

Contre les prisons de type S, R et Y (connues sous le nom de « puits ») qui imposent des conditions d’isolement particulièrement sévères, 11 prisonniers révolutionnaires sont toujours en grève de la faim illimitée et deux autres en jeûne jusqu’à la mort. Par ailleurs, l’activiste Ahmet Çiçek a entamé une grève de la faim illimitée aux Pays-Bas le 10 octobre 2025, en soutien aux prisonniers mobilisés.

  • Serkan Onur Yılmaz est en jeûne jusqu’à la mort depuis le 10 novembre 2024
  • Ayberk Demirdöğen est en jeûne jusqu’à la mort depuis le 11 mars 2025
  • Fikret Akar est en grève de la faim illimitée depuis le 30 mars 2025
  • Ümit Çobanoğlu est en grève de la faim illimitée depuis le 29 mai 2025
  • Fırat Kaya est en grève de la faim illimitée depuis le 26 juillet 2025
  • Tahsin Sağaltıcı est en grève de la faim illimitée depuis le 30 juillet 2025
  • Gürkan Türkoğlu est en grève de la faim illimitée depuis le 30 juillet 2025
  • Hüseyin Özen est en grève de la faim illimitée depuis le 30 juillet 2025
  • Ali Dilmen est en grève de la faim illimitée depuis le 11 août 2025
  • Ali Yücel est en grève de la faim illimitée depuis le 29 août 2025
  • Berkin Berberoğlu est en grève de la faim illimitée depuis le 12 juin 2025
  • Cemil Kurt est en grève de la faim illimitée depuis le 24 septembre 2025
  • Ulaş İnci est en grève de la faim illimitée depuis le 10 octobre 2025

Mardi 4 novembre, sept journalistes (dont des salariés des médias ETHA, Yeni Yaşam et Struggle Union) passaient devant le tribunal pénal d’Istanbul pour avoir participé à une manifestation organisée pour protester contre le meurtre par un drone turc de deux journalistes au Rojava en décembre 2024. Hayri Tunç, Gülistan Dursun, Pınar Gayıp, Serpil Ünal, Can Papila, Muhammet Enes Sezgin et Osman Akın étaient jugés pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste », « participation à une marche illégale et refus de dispersion malgré les avertissements » et « violation de la loi sur les réunions et les manifestations » pour la manifestation à laquelle ils ont participé le 21 décembre 2024.  Ils ont finalement été acquittés.

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Alors qu’une quinzaine de prisonniers révolutionnaires sont en grève de la faim illimitée contre les prisons de type puits (voir notre article), une manifestation était organisée dans la ville kurde de Wan pour dénoncer ces prisons S, R et Y connues pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines. En effet, elles soumettent les détenus à un isolement à long terme, la majorité étant détenue dans des cellules individuelles et passant 22,5 heures par jour en isolement cellulaire. Par ailleurs, ces nouvelles prisons sont construites de manière à garantir l’isolement social, que les heures d’aération sont limitées et que les détenus ne peuvent même pas voir le ciel.