Le militant anarchiste Gabriel Pombo da Silva, arrêté en décembre 2025 en Espagne sur la base d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Italie, pourrait être extradé vers les prisons italiennes après une nouvelle décision judiciaire jugée préoccupante par ses soutiens. Condamné en Italie dans le cadre de l’opération répressive « Scripta Manent » pour « incitation à la criminalité », il avait été remis en liberté provisoire par la justice espagnole, qui considérait initialement les faits comme relevant d’un délit d’opinion. Ses proches dénoncent aujourd’hui une procédure fondée sur une logique de vengeance politique, accusant les autorités italiennes de manipulations et d’acharnement judiciaire. La décision n’est pas définitive et un appel a été déposé avant une prochaine audience devant l’Audience nationale espagnole.
À l’occasion des 100 jours de détention de 85 militants socialistes arrêtés lors des opérations menées le 3 février contre le Parti socialiste des opprimés (ESP) et plusieurs organisations de gauche, des rassemblements ont eu lieu à Dersim, Amed, Antep et Samsun pour réclamer leur libération. Les organisateurs dénoncent une répression politique visant révolutionnaires, progressistes, syndicalistes, écologistes, militants kurdes, féministes, journalistes et avocats. Ils critiquent des arrestations fondées sur des témoignages de témoins secrets et soulignent que la majorité des détenus n’a toujours pas fait l’objet d’un acte d’accusation après 100 jours de détention.
Le Dr Omar Emil Awad, surnommé le « médecin des pauvres » et dirigeant du Parti Communiste jordanien, et le militant communiste Bahaa Alayan sont détenus à Amman depuis plus de deux mois après avoir participé à des mobilisations de soutien aux Palestiniens. Leur organisation dénonce des arrestations arbitraires sans procédure judiciaire transparente ni motifs clairs, dans un contexte de répression croissante contre les mouvements de gauche, anti-impérialistes et opposés au génocide à Gaza.
Quatre militants et porte-paroles de la mobilisation contre les mégabassines à Sainte-Soline, dont Nicolas Girod, Benoît Jaunet, Benoît Feuillu et Julien Le Guet doivent comparaître en appel à Poitiers pour « organisation de manifestation illégale » liée aux mobilisations de 2023 contre les projets de réserves d’eau. Plusieurs organisations appellent à un rassemblement de soutien pour défendre les luttes pour l’eau, le droit de manifester et exiger leur relaxe.
Mehmet Türkmen, président du syndicat BİRTEK-SEN, a été acquitté et libéré après deux mois de détention à Gaziantep pour un discours prononcé lors d’une mobilisation d’ouvriers du textile. Poursuivi pour « diffusion de fausses informations », il dénonçait les conditions de travail et l’impunité patronale après des centaines de morts ouvrières dans la région.
L’ambassadeur états-unien en Israël, Mike Huckabee, a affirmé qu’Israël avait envoyé des systèmes de défense antiaérienne « Dôme de fer » et du personnel militaire aux Émirats arabes unis durant la récente guerre contre l’Iran, mettant en avant le rapprochement issu des accords d’Abraham. Parallèlement, des révélations du Wall Street Journal indiquent qu’Israël aurait également utilisé une base militaire secrète en Irak pour soutenir ses opérations aériennes contre Téhéran, notamment pour des missions de secours de pilotes, provoquant des affrontements avec l’armée irakienne.
Le régime d’Alexandre Loukachenko a récemment libéré plusieurs prisonniers politiques anarchistes et antifascistes, dont Nikita Emelyanov, détenu depuis 2019 et condamné après une action contre un centre de détention à Minsk. Certaines personnes ont été expulsées vers la Lituanie, tandis qu’au moins dix-huit anarchistes et antifascistes restent emprisonnés pour leur participation aux manifestations de 2020 ou leur opposition à l’invasion russe de l’Ukraine. Ces libérations sont perçues comme une tentative du pouvoir biélorusse d’obtenir un allègement des sanctions occidentales.
Khalil Yaqub Buhazaa, militant communiste bahreïni et spécialiste des droits des travailleurs, a été arrêté puis placé au secret par les autorités après ses prises de position en faveur de la Palestine et contre la normalisation avec Israël. Plusieurs organisations dénoncent une répression politique croissante à Bahreïn visant les opposants, syndicalistes et défenseurs des droits humains, dans un contexte de restrictions accrues contre les mobilisations propalestiniennes et les critiques du pouvoir. Plusieurs arrestations, retraits de nationalité et condamnations ont récemment été signalés contre des militants et internautes accusés de menacer les intérêts du royaume dans le cadre de l’offensive impérialo-sioniste contre l’Iran.
Selon le dernier panorama des menaces publié par la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD), le nombre d’atteintes contre la Base industrielle et technologique de défense (BITD) française s’est stabilisé à un « niveau élevé » en 2025. Les entreprises de la BITD et les centres de recherche liés à la défense sont surtout visés par l’espionnage. Les prises de contrôle capitalistique, avec le risque de détournement de savoir-faire, ont représenté 15 % des atteintes, tandis que les manœuvres de dénigrement, orchestrées par des concurrents, des États étrangers ou des mouvements contestataires, ont représenté 11 % des atteintes. Quant au nombre d’atteintes physiques, il a augmenté, passant de 18 % en 2024 à 24 % en 2025.
Ces intrusions peuvent avoir diverses motivations. La première est évidemment l’espionnage : des ordinateurs, voire des machines-outils, ont ainsi été dérobés. Le contre-espionnage militaire rapporte également que les « emprises de la sphère défense ont été ciblées par des actions de sabotage et des dégradations [incendies d’infrastructures énergétiques et de chaînes de production, tags, jets de peinture, etc.], majoritairement commises » à leurs abords. Le rapport évoque des revendications de « certaines mouvances d’ultragauche (…), en lien avec le conflit israélo-palestinien ».
Mardi 12 mai, la police kényane a dispersé au gaz lacrymogène et arrêté plusieurs manifestants opposés au sommet Africa Forward organisé à Nairobi en présence d’Emmanuel Macron et de William Ruto. Les militants, réunis lors d’un contre-sommet panafricaniste, dénonçaient l’impérialisme français en Afrique. Au moins 19 personnes ont été arrêtées, dont Dimitiros Patelis (Grèce), Lee (Corée du Sud), Danbi (Corée du Sud), Joti Brar (Grande-Bretagne), Gacheke Gachihi (Kenya), Guy Bremond (France), Sayialel Mankuyio (Kenya), Julius Kamau (Kenya), John Kamau (Kenya), Brian Mwanzi (Kenya), Derick Opiyo (Kenya), Fredrik Yara (Kenya), Colins Otieno (Kenya), Patricia Wanjiru (Kenya). Ils sont membres de plusieurs organisations comme l’ILPS, la Plateforme anti-impérialiste mondiale, Progressive International ou encore le Parti Communiste marxiste – Kenya (CPM-K). Par ailleurs, quatres militants de la branche étudiante du CPM-K ont été libérés sous caution après avoir été arrêtés le 11 mai dernier lors de mobilisations contre le sommet Africa Forward.
En France, plusieurs organisations appellent à se rassembler ce merdredi 13 mai à 18H30 place de la Bastille à Paris afin d’exiger la libération du militant français Guylhem, membre de l’ILPS et de l’OST, et de toutes les autres personnes interpellées.