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Articles

USA : Le FBI multiplie les visites auprès de militants pro-palestiniens dans le Michigan

Au cours des trois dernières semaines, le FBI a rendu visite à au moins cinq personnes à leur domicile ou sur leur lieu de travail dans le sud-est du Michigan, dans le cadre d’enquêtes liées à la mobilisation pro-palestinienne autour de l’Université du Michigan et à l’affaire dite des « Michigan 8 ». Certaines personnes ont été interrogées sur l’occupation de Ruthven à l’automne 2023 et ont invoqué leur droit constitutionnel de garder le silence.

Les militants dénoncent une stratégie d’intimidation et de collecte d’informations, destinée à isoler les membres du mouvement et à obtenir des éléments pouvant servir dans des poursuites pénales. Ils recommandent aux personnes visées de ne pas répondre aux questions, de noter les informations relatives à la visite des agents et de les transmettre au comité de défense des Michigan 8.

USA : Appel à écrire au prisonnier libano-américain Mohamad Hamad détenu avant son procès

Un appel est lancé pour envoyer des lettres à Mohamad Hamad, militant libano-américain et prisonnier en attente de son procès, ciblé en raison de son engagement en faveur de la Palestine. Ses proches encouragent notamment les correspondants à échanger avec lui sur leurs vies et centres d’intérêt, notamment les voitures, la poésie arabe et l’actualité.

Les lettres doivent respecter certaines consignes : écrire en partant du principe qu’elles pourront être lues par les gardiens ou le FBI, numéroter les pages, inscrire son adresse de retour dans le corps de la lettre et utiliser du papier blanc standard avec un stylo bleu ou noir. L’appel fournit également l’adresse de la prison où lui écrire :

Butler County Prison
C/O Mohamad Hamad #44683
PO Box 9156
Seminole, FL 33775-9156

Oslo : Les autorités interdisent les lunettes connectées dans les écoles

La municipalité d’Oslo a interdit les lunettes connectées dans toutes ses écoles, à tous les niveaux et pendant toute la journée scolaire, invoquant notamment les risques liés à la captation d’images et à la collecte de données. La ville estime que les élèves ne doivent pas devenir des « figurants dans la collecte de données de Meta », l’entreprise qui commercialise notamment ces lunettes.

Ces appareils permettent notamment de filmer et photographier, passer des appels, traduire des textes et utiliser un assistant d’IA. Oslo s’inquiète également de la possibilité d’intégrer à terme une fonction de reconnaissance faciale. La municipalité juge insuffisantes les mesures envisagées par le gouvernement norvégien et a donc décidé d’agir indépendamment.

Pays basque : Ancien chef d’ETA, Henri Parot obtient un régime de semi-liberté

Le Département de Justice basque a accordé le troisième degré à Henri Parot, ancien dirigeant d’ETA et chef présumé du « commando Argala », détenu depuis 1990 et condamné à une peine cumulée de quarante ans. Il pourra désormais sortir de prison durant la journée et purger sa peine en semi-liberté, après avoir déjà bénéficié de sorties pour effectuer du bénévolat. Parot avait récemment renié son engagement militant, notamment en rejetant toute forme de « violences » et reconnu « les souffrances causées ».

Son cas est également à l’origine de la « doctrine Parot », une jurisprudence adoptée par la Cour suprême espagnole en 2006 qui a durci le calcul des réductions de peine pour les détenus condamnés à de longues peines. Au lieu de déduire ces réductions de la durée maximale de détention, fixée à 30 ans, elles étaient appliquées à chacune des peines prononcées, ce qui pouvait empêcher les réductions de raccourcir effectivement la durée d’incarcération. En 2013, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé cette application rétroactive contraire à la Convention et a conduit à l’abandon de cette jurisprudence.

Tunisie : Trois prisonniers pro-palestiniens entament une grève de la faim illimitée

Détenus depuis plus de six mois dans la prison civile de Mornaguia, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi annoncent entamer le 10 septembre une grève de la faim illimitée, rejoignant leur camarade Wael Naouar, déjà en grève de la faim depuis plus de 25 jours.

Les quatre militants, appelés les « Sumud 4 », dénoncent leurs conditions de détention et réclament leur libération. Leurs soutiens alertent sur la dégradation de leur état de santé et les conditions alarmantes dans les prisons tunisiennes agravées par un épisode caniculaire.

Plusieurs organisations et collectifs appellent à une semaine d’action du 12 au 19 septembre afin d’exiger la libération immédiate et inconditionnelle des quatre militants, emprisonnés pour leur engagement anti-impérialiste et en faveur de la Palestine. Du matériel est également disponible en ligne.

Déclaration de Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi

(Prison civile de Mornaguia, Tunisie — 09.09.26)

À notre peuple, aux libres de notre oumma, et à tous ceux qui croient encore que la Palestine est un droit inaliénable et que la liberté a un prix non négociable, le chemin vers la Palestine n’a jamais été semé de fleurs, et les convois terrestres ou les flottilles pour briser le siège n’ont jamais été des promenades de santé. Dès lors que nous avons pris la résolution de nous engager dans cette voie, nous savions que choisir le camp d’un peuple victime d’un génocide, s’opposer à un siège injuste et soutenir une résistance qui défend son droit à l’existence et à la dignité implique d’accepter les sacrifices qui se dresseront sur notre route. Nous ne sommes pas partis en quête d’une gloire personnelle, ni d’un héroïsme factice, mais parce que Gaza appelait et appelle toujours la conscience humaine, et parce que ses enfants, ses femmes et ses habitants méritent d’entendre que quelqu’un leur dit qu’ils ne sont pas seuls.

Aujourd’hui, alors que la guerre d’extermination se poursuit en Palestine, que l’agression s’élargit au Liban, que les menaces contre l’Iran se multiplient et que le Yémen subit des frappes continues pour son soutien affiché, les États-Unis continuent de fournir la couverture politique, militaire et diplomatique à ces crimes, devenant un partenaire à part entière dans la poursuite de la guerre, le maintien du siège et la garantie de l’impunité. Nous étions convaincus que la liberté de mouvement accordée au convoi terrestre et à la Global Sumud Flotilla n’était ni une faveur du pouvoir ni le fruit d’une conviction officielle, mais le résultat d’un vaste élan populaire, porté par une vague citoyenne authentique attachée au principe selon lequel résister à l’occupation est un devoir moral et humain avant d’être un choix politique.

Cependant, la tentative de criminaliser le soutien à la Palestine à travers des campagnes orchestrées de diffamation, de calomnies et de fabrications d’accusations vise à assassiner symboliquement les figures de la flottille et à briser le large soutien populaire. Alors que les capitales du monde entier ont vu des marches et des convois soutenir la Palestine, la Tunisie offre aujourd’hui le spectacle d’une gravité inédite en jetant les partisans de la Palestine en prison pour avoir pris son parti. C’est un paradoxe politique et moral douloureux, une tache de honte qui poursuivra ceux qui ont accepté de transformer le soutien à un peuple victime de génocide en crime.

La cause que nous représentons dépasse nos personnes : elle touche au droit de tout un peuple à soutenir la Palestine sans être criminalisé ni faire l’objet de poursuites judiciaires. Notre défense de la Palestine n’a jamais été celle d’une cause éloignée, c’est une défense de nous-mêmes, de nos patries et de l’honneur de l’humanité tout entière. La Palestine est devenue le test moral et politique le plus clair de notre époque, permettant d’évaluer les positions et de distinguer ceux qui se tiennent du côté du droit et de la dignité de ceux qui s’alignent sur l’occupation et la barbarie.

Défendre la Palestine, c’est défendre les valeurs de justice qui préservent la dignité de tous les peuples ; l’abandonner, c’est renoncer à l’essence même de notre humanité. Forts de notre foi dans la justice de notre cause, attachés à notre droit à la liberté et en solidarité avec le combat et la résilience de notre camarade Wael Naouar, qui entre dans son 25e jour de grève, nous annonçons qu’à compter du jeudi 10 septembre 2026, nous entrons dans une grève de la faim illimitée. Nous exigeons notre libération, l’abandon des accusations fabriquées contre nous et la fin de cette démarche visant à faire du soutien à la Palestine un délit.

Depuis nos cellules, les nouvelles qui nous parviennent sont chargées de douleur : les murmures des détenus évoquent une mort qui frappe les prisonniers, des corps épuisés par la maladie et des conditions de détention d’une extrême dureté, aggravées par la chaleur suffocante, les coupures d’eau et la dégradation des soins médicaux. Nous craignons également pour nos familles qui vivent dans l’angoisse quotidienne. Pourtant, quelle que soit leur cruauté, les prisons n’ont jamais pu confisquer les convictions ni éteindre la certitude que la liberté est plus forte que les chaînes, et que la Palestine restera la boussole.

Partisans de la Palestine et peuple de Tunisie, notre soutien et notre rempart, camarades de route avec qui nous avons partagé tant de luttes, c’est votre moment. C’est à vous que nous confions nos voix, nos rêves et peut-être nos vies, certains que le drapeau que nous avons porté ne tombera pas et que le peuple tunisien restera fidèle à son histoire et à la cause des êtres libres. Nous renouvelons notre engagement : nous resterons fidèles à la cause pour laquelle nous nous sommes levés, car il s’agit, en fin de compte, d’un seul et même combat contre l’injustice, l’occupation et ceux qui parient sur la prison pour briser la volonté des hommes libres.

Suisse : Procès de Jeremy le 17 septembre après une action de sabotage contre Holcim

Accusé d’avoir participé à une action de sabotage écologique menée en janvier 2022 dans une gravière de Sézegnin contre Holcim, Jeremy sera jugé le 17 septembre à Genève. Arrêté en mars 2023, il avait passé trois mois en détention préventive. En 2024, le Tribunal fédéral a jugé illégale la procédure de prélèvement d’ADN ayant conduit à son identification. Malgré l’affaiblissement du dossier, le Ministère public maintient les poursuites et l’accuse de faits passibles de lourdes peines.

Son comité de soutien dénonce un acharnement judiciaire destiné à dissuader le mouvement écologiste et appelle à un rassemblement le 17 septembre à 7h30 devant le Palais de justice de Genève. Il entend dénoncer la répression visant les mobilisations écologistes et défendre une réponse au changement climatique ciblant les responsables de la pollution plutôt que leurs opposants.

Espagne : María José Baños libérée sous de lourdes restrictions

La militante antifasciste des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO) María José Baños, gravement malade, a été libérée le 30 avril, après plus de 33 ans de détention et une importante campagne de solidarité menée en prison et à l’extérieur.

Des prisonniers politiques avaient notamment organisé des grèves de la faim pour réclamer sa libération et une prise en charge médicale adaptée. Cette libération est intervenue après plusieurs années d’acharnement politico-judiciaire, les autorités invoquant notamment l’absence de renoncement à ses convictions politiques.

Sa liberté reste toutefois assortie de nombreuses obligations et restrictions imposées par l’Audience nationale. En particulier, elle est interdite d’interviews ou d’apparitions dans les médias et de participation à tout hommage ou événement public en son honneur ou en celui de membres d’organisations considérées comme « terroristes » par les autorités, comme le PCE(r) et les GRAPO.

Royaume-Uni : La banque Lloyds refuse un prêt à la mère d’une prisonnière de Palestine Action

La banque Lloyds aurait refusé en juin une demande de prêt immobilier d’Emma Kamio, mère de l’activiste emprisonnée de Palestine Action Ellie Kamio, en invoquant des « médias défavorables ». L’établissement avait également fermé le compte bancaire d’Ellie en février 2025, alors qu’elle était en détention provisoire et n’avait pas encore été condamnée.

Lloyds affirme que ses décisions reposent sur les exigences légales, réglementaires et bancaires, et non sur les convictions politiques de ses clients. Ellie Kamio fait partie des « Filton 4 », quatre militants condamnés pour une action de sabotage d’une usine d’Elbit Systems. Condamnés comme « terroristes », ils contestent actuellement cette qualification en appel. Cette forme de punition collective est vivement dénoncées par leurs soutiens.

France : Procès du militant pro-palestinien Nicolas Shahshahani renvoyé au 29 octobre 2027

Le procès de Nicolas Shahshahani, vice-président de CAPJPO-Europalestine, poursuivi pour « apologie du terrorisme », a été renvoyé au 29 octobre 2027 par le tribunal judiciaire de Paris. La défense avait demandé ce report, estimant que les deux heures initialement prévues étaient insuffisantes pour présenter ses arguments et entendre les témoins. L’audience disposera finalement de quatre heures. Shahshahani est poursuivi pour des propos tenus lors d’un rassemblement le 7 octobre 2025, consacré au thème « Tout n’a pas commencé le 7 octobre 2023 ».

Au même moment, un rassemblement de soutien était organisé devant le tribunal judiciaire de Paris, à la Porte de Clichy, a réuni de nombreux participants venus dénoncer les poursuites visant Nicolas Shahshahani. Plusieurs militants, responsables associatifs, syndicalistes et élus ont pris la parole pour exprimer leur solidarité et dénoncer cette répression des mobilisations en soutien à la Palestine.

Le 17 mars 2026, il avait été interpellé à son domicile par huit policiers encagoulés et placé en garde à vue pendant plus de 30 heures. Un rassemblement de soutien s’est tenu devant le tribunal à l’occasion de l’audience initialement prévue, témoignant de la mobilisation de ses soutiens.

Maroc : Le prisonnier sahraoui Ahmed Sbai en grève de la faim 48H pour protester contre sa détention

Le prisonnier sahraoui Ahmed Sbai, souffrant d’une maladie cardiaque, a annoncé une grève de la faim d’avertissement de 48 heures, à partir de mardi 8 septembre, pour protester contre le maintien de sa détention et l’absence de réponse à ses revendications. Il demande notamment l’accès aux soins médicaux, l’amélioration de ses conditions de détention et son transfert dans une prison du Sahara occidental, afin de se rapprocher de sa famille.

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