Le 9 avril, à l’Hôpital Henri-Mondor, des agents de nettoyage en grève employés par Elior ont été expulsés par la police à la demande de la direction, après s’être mobilisés contre des retards de salaire, l’absence de remboursement de frais et des conditions de travail jugées dégradées. Ce recours à la force s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales liées à la sous-traitance et aux politiques d’austérité dans les hôpitaux publics. Malgré cette répression, le mouvement a obtenu certaines avancées, comme davantage de contrats en CDI, mais les syndicats et grévistes alertent sur une tendance à la criminalisation des mobilisations sociales dans le secteur hospitalier.
Le prisonnier basque Jose Maria Novoa a été libéré sous condition après avoir passé 26 ans en détention. Incarcéré depuis décembre 1999 et condamné en 2002 à 29 ans de prison pour la mort d’un officier de la Guardia Civil, il a purgé sa peine principalement dans des prisons éloignées, notamment à Murcie et León, avant d’être rapproché du Pays basque fin 2021. Après avoir atteint les trois quarts de sa peine en 2022, il a connu un parcours judiciaire fluctuant : un premier passage en troisième degré en 2023 suivi d’une réincarcération après appel du parquet, puis un rétablissement de ce régime en 2024. Depuis novembre de la même année, il exécutait sa peine sous surveillance électronique, jusqu’à sa libération conditionnelle récente.
La journaliste allemande Eva Maria Michelmann, enlevée avec son collègue Ahmet Polad le 18 janvier à Raqqa par l’administration syrienne et initialement détenue à Alep, a été transférée dans une prison à Damas, selon des informations communiquées à sa famille par le ministère allemand des Affaires étrangères. Son frère, le Dr Antonius Michelmann, indique qu’elle est maintenue à l’isolement depuis 95 jours, ce qu’il qualifie de traitement assimilable à de la torture, suscitant de vives inquiétudes quant à la dégradation de son état de santé. Bien que rassurée d’avoir enfin des informations fiables et officielles, elle critique vivement la coopération du gouvernement allemand avec un régime accusé de violer le droit international. Par ailleurs, le journaliste Ahmet Polad reste détenu à la prison d’Alep.
Une formation organisée par l’UNSA Éducation, filmée par RTL et diffusée le 21 avril 2026, suscite de vives critiques après la mise en scène par des CRS de scénarios d’agression au couteau en classe afin de former des enseignants à « réagir face à la menace ». Les policiers y simulent des attaques et expliquent des techniques de protection, dans un dispositif présenté comme une réponse à la hausse des violences scolaires. De nombreuses critiques dénoncent une logique de « surenchère sécuritaire » et une transformation de l’école en espace de gestion du risque, estimant que ces formations alimentent la peur plutôt qu’elles ne traitent les causes structurelles des violences.
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Le 22 avril 2026 à Londres, une manifestation s’est tenue devant le Shaw Theatre lors d’un événement de collecte de fonds pour le Technion, l’Institut israélien de technologie, accusé de contribuer au développement de l’industrie militaire israélienne et à des systèmes utilisés contre les Palestiniens. Selon les témoignages des proches des manifestants, la police a procédé à l’arrestation de deux frères, l’ex prisonnier et gréviste de la faim Kamran Ahmed et Redwan Ahmed, ainsi que d’environ huit autres personnes, après des interventions violentes au moment de leur départ de la manifestation. Des appels à la mobilisation ont ensuite été lancés devant plusieurs commissariats à Londres ainsi qu’au tribunal de Woolwich pour soutenir les personnes arrêtées et leurs coaccusés. La plupart d’entre eux ont été libérés dans la soirée ou le lendemain.
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À Blegny, l’organisation par le MR d’une commémoration lors du 1er mai 2026 sur le site de Blegny-Mine suscite une polémique en raison d’un dispositif de sécurité renforcé incluant contrôles d’identité, laissez-passer obligatoires et restriction de circulation sur une zone d’environ 46 hectares. Les habitants ont été contraints de présenter des papiers et de signaler leurs visiteurs pour franchir des points de contrôle, ce qui est une privatisation d’un espace public et une atteinte à la liberté de circulation. Par ailleurs, les opposants estiment que ce dispositif trahit la mémoire ouvrière du site minier et transforme un lieu de commémoration en espace sous contrôle policier.
Dans la prison de haute sécurité de Kandıra 1 Nolu F Tipi en Turquie, des détenus politiques dénoncent dans une lettre rendue publique le 22 avril 2026 de graves atteintes à leurs droits fondamentaux et à leurs conditions de détention. Ils affirment être soumis à une série de restrictions qu’ils qualifient d’« anti démocratiques », incluant la limitation à 50 du nombre de livres autorisés en cellule, des restrictions sur la correspondance, la lecture et les activités collectives, ainsi que l’extension de mesures d’isolement. Les détenus dénoncent notamment la transformation de l’envoi de courrier interne en service payant, estimant que « très clairement il s’agit d’une violation de droit », ainsi que l’interdiction pour des détenus de différentes organisations (par exemple du PKK et du TKP/ML) de communiquer entre eux.
Ils affirment également que des lettres et documents ne sont pas remis ou sont retournés, créant selon eux une atteinte directe au droit de communication. Ils critiquent aussi le système de détention prolongée, indiquant que des prisonniers ne sont pas libérés malgré une fin théorique de peine, la décision étant laissée aux commissions administratives, ce qui introduit une logique encore plus arbitraire. Les détenus dénoncent également l’isolement renforcé des condamnés à perpétuité aggravée, privés d’activités sociales et de contacts avec d’autres prisonniers, même au sein du même établissement. Enfin, ils contestent le refus de libération de détenus ayant pourtant terminé leur durée légale de détention, estimant que des motifs tels que « ne pas avoir rompu avec l’organisation » sont utilisés pour prolonger leur incarcération.
À l’occasion de la Journée internationale des prisonniers politiques, les prisonniers basques Garikoitz Etxeberria, Jon Kepa Preciado, Patxi Ruiz et Mikel Sansebastian ont publié une déclaration dénonçant la répression au niveau mondial, affirmant que « l’oppression et la brutalité sont parmi les principaux piliers de la survie du capital ». Dans leur texte, ils lient les différentes situations internationales de détention, évoquant la Palestine où « le sionisme torture des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants dans ses prisons », mais aussi l’Irlande, la Turquie, l’Inde ou encore le Sahara occidental, en soulignant des grèves de la faim, des détentions prolongées et des violations des droits fondamentaux.
Ils citent également des cas emblématiques comme María José Baños Andújar, détenue gravement malade dans l’Etat espagnol, Mumia Abu-Jamal, détenu aux États-Unis depuis 1981, ainsi que d’autres prisonniers politiques confrontés à de graves conditions de détention en Amérique latine et ailleurs. Dans leur texte, ils dénoncent une violence carcérale largement invisibilisée, affirmant que « nous ne verrons jamais la violence structurelle des prisons dans les médias », et accusent les États se revendiquant démocratiques de maintenir des systèmes répressifs. Malgré la diversité des contextes, ils affirment partager une même lutte, déclarant « nous maintenons ce que nous proclamions dans la rue », tout en poursuivant leur engagement en prison et en appelant à une « amnistie totale » ainsi qu’à la solidarité internationale avec tous les prisonniers politiques.
Un rapport de Palestine Legal met en évidence une intensification importante de la répression contre le mouvement de solidarité avec la Palestine sur les campus en 2025, notamment après le retour au pouvoir de Donald Trump. L’organisation indique avoir reçu près de 300 % de demandes d’assistance juridique en plus par rapport à l’année précédente, provenant majoritairement d’étudiants et d’enseignants. Le rapport dénonce une campagne mêlant interventions d’agents de l’immigration contre des étudiants étrangers militants, pressions financières sur les universités via des menaces de coupes de financements fédéraux, tentatives de criminalisation des groupes pro-palestiniens assimilés au « terrorisme » et restrictions jugées inconstitutionnelles de la liberté d’expression. Malgré cette répression accrue, le document souligne la persistance de la mobilisation et la résistance des militants, tout en alertant sur les risques plus larges que ces atteintes font peser sur les droits fondamentaux.
Au Maroc, une campagne intitulée « Semaine du détenu », lancée le 19 avril 2026 par des militants et défenseurs des droits humains, remet au centre du débat la question des prisonniers du Hirak du Rif, incarcérés depuis les manifestations de 2017-2018 déclenchées après la mort de Mouhcine Fikri. Soutenue par les familles, dont celle de Nasser Zefzafi, figure emblématique toujours détenue avec d’autres militants condamnés à de lourdes peines, cette mobilisation vise à briser le silence autour de la situation de dizaines de personnes toujours détenues. L’initiative appelle à une amnistie générale de toutes les personnes emprisonnées.