La commission de l’Intérieur de la Chambre a approuvé en deuxième lecture le projet de loi porté par Bernard Quintin visant à fusionner les zones de police à Bruxelles et à permettre des regroupements volontaires ailleurs en Belgique. Soutenu par la majorité (avec abstentions du Vlaams Belang et d’Ecolo-Groen, et opposition du PS et du PTB), le texte doit encore être examiné en séance plénière. Il prévoit la création d’une zone unique bruxelloise opérationnelle entre fin 2027 et début 2028, forte d’environ 6 500 agents et dotée de 65 millions d’euros, tout en maintenant les compétences de police administrative des bourgmestres. Des détails dans l’organisation sont précisés, notamment une procédure de suspension de décisions sensibles et un minimum d’un inspecteur de quartier pour 2 000 habitants, ainsi qu’une limitation à deux mandats de cinq ans pour les chefs de corps.
Mardi 21 avril, la police a mené une série de perquisitions à Naples et Florence visant six membres du Parti des CARC (Comités de soutien à la résistance pour le communisme), dont trois membres de leur direction nationale (Paolo Babini, Igor Papaleo, Marco Coppola). L’opération, conduite par la police judiciaire (Digos) sous l’autorité du parquet, s’inscrit dans une enquête portant sur des accusations d’association à caractère terroriste et de préparation présumée d’actes violents. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’un réseau structuré et évoquent également l’implication d’un mineur, ce qui aggrave les charges retenues, notamment pour incitation à la violence. Les autorités affirment rechercher des éléments matériels permettant de déterminer si ces activités avaient une portée opérationnelle réelle. De son coté,l’organisation communiste a vivement dénoncé cette opération, a appelé à résister à la répression et organiser la solidarité.
Une centaine de militants anarchistes et d’autres révolutionnaires ont manifesté le samedi 18 avril dans les quartiers de San Lorenzo et du Pigneto à Rome pour réclamer la fin du régime carcéral de haute sécurité 41-bis appliqué notamment à Alfredo Cospito. Les manifestants ont dénoncé ce régime comme une forme de torture légale et ont également rendu hommage à deux militants anarchistes décédés récemment. La manifestation a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, un vice-responsable de la police ayant été blessé à la tête par le jet d’un projectile au cours du cortège.
Dans l’État de Pennsylvanie, des détenus du centre de rétention Moshannon Valley Processing Center ont lancé une grève de la faim après plusieurs cas d’urgence médicale signalés à l’intérieur de l’établissement. Selon des témoignages de personnes détenues, un homme aurait perdu connaissance après avoir vomi et présenté des symptômes graves sans recevoir de soins adaptés, tandis que d’autres cas similaires auraient nécessité des hospitalisations.
Ces événements ont conduit à une mobilisation d’environ 70 à 100 détenus demandant de meilleures conditions sanitaires et un accès renforcé aux soins. Les grévistes dénoncent également des conditions de vie jugées insalubres, notamment des repas insuffisants ou contaminés, des problèmes d’hygiène et un manque général de transparence dans la prise en charge médicale.
Le détenu politique Gürkan Türkoğlu, en grève de la faim depuis 265 jours pour protester contre les conditions de détention dans les prisons de haute sécurité dites « de type puits », a été transféré à l’hôpital le 13 avril 2026 à Antalya avant d’être soumis à une intervention médicale forcée le 20 avril après avoir perdu connaissance. Selon des témoignages et plusieurs organisations, il a été attaché et traité sans consentement, soulevant des accusations de violation des droits humains et de l’éthique médicale, alors que d’autres prisonniers en grève de la faim se trouvent également dans un état critique.
Ces grèves dénoncent des conditions d’isolement extrême, largement critiquées, tandis que des proches et avocats évoquent un manque d’informations et appellent à la fin des interventions forcées. Face à cette situation, plusieurs rassemblements ont été organisés en urgence ce lundi 20 avril, notamment en Grèce et aux Pays-Bas.
Lundi 20 avril en Turquie, le groupe musical révolutionnaire Grup Yorum a dénoncé une intervention policière dans son centre culturel İdil, où des agents ont mené une perquisition violente, endommageant les locaux, les instruments et le matériel. Au moins cinq personnes ont été interpellées lors de l’intervention : Can Kaba, Barış Yüksel, Vedat Doğan, Mehmet Tunçay et Merve Demirel.
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Au Royaume-Uni, douze universités auraient rémunéré la société privée Horus Security Consultancy Limited, dirigée par d’anciens responsables du renseignement militaire, pour surveiller des étudiants et universitaires engagés dans des mobilisations, notamment en soutien à la Palestine. Selon une enquête conjointe d’Al Jazeera et de Liberty Investigates, l’entreprise a analysé des publications sur les réseaux sociaux et réalisé des évaluations discrètes de risques sécuritaires dans plusieurs établissements prestigieux. Parmi les institutions concernées figureraient notamment University of Oxford, University College London et Imperial College London. Les universités affirment que ces dispositifs visaient uniquement à anticiper d’éventuels risques pour la sécurité des campus à partir d’informations publiques, sans chercher à entraver la liberté d’expression. Cette révélation relance toutefois le débat sur la surveillance croissante des mouvements étudiants et sur la manière dont les établissements universitaires encadrent les mobilisations politiques sur leurs campus.
Lundi 20 avril, le Mouvement anti-répression de Madrid a dénoncé l’infiltration d’une agente de la Police Nationale au sein de plusieurs organisations politiques et militantes, où elle opérait sous une fausse identité depuis 2023. Cette pratique s’inscrit dans une stratégie plus large de surveillance des mouvements contestataires en Espagne, visant notamment les réseaux antifascistes, les organisations politiques et les groupes de solidarité internationale. Ce type d’opérations, en hausse ces dernières années, cible en priorité les espaces de mobilisation active, comme les mouvements pro-palestiniens ou antirépression. Malgré des méthodes de plus en plus sophistiquées, le collectif appelle à renforcer la vigilance et la coordination entre organisations, dans un contexte de répressions persistantes entre l’Etat et mouvements sociaux.
Dans l’État du Telangana, des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de Rangaboina Bhagya, dite Rupi, membre de la guérilla liée au Parti communiste d’Inde (maoïste), tuée le 13 avril lors d’un affrontement avec les forces de sécurité. Enterrée dans son village natal, elle avait refusé de se rendre malgré les appels de la police, restant engagée jusqu’au bout au sein de l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA). La mobilisation locale lors de ses funérailles illustre l’ancrage social persistant du mouvement maoïste dans plusieurs zones rurales.
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Parallèlement, les autorités indiennes intensifient leur offensive contre les groupes liés au Parti Communiste d’Inde (maoïste). Dans les forêts de Saranda, dans l’État du Jharkhand, la Central Reserve Police Force a lancé une vaste opération visant plusieurs dizaines de combattants, dont des dirigeants recherchés. Un ultimatum d’un mois a été donné pour se rendre, sous peine d’une opération militaire jugée imminente et « décisive ». Plus de 5 000 membres des forces de sécurité auraient encerclé une zone stratégique, coupant les voies de fuite et les lignes d’approvisionnement. Cette escalade s’inscrit dans une stratégie plus large des autorités pour affaiblir durablement la rébellion maoïste, avec des opérations récentes ayant entraîné la mort de plusieurs combattants et des affrontements répétés. Malgré ces pressions, la poursuite des combats et les hommages rendus aux figures insurgées témoignent d’une lutte toujours active, opposant l’État indien à une guerre populaire enracinée depuis des décennies.
Le groupe Meta a renforcé ses règles de modération en ciblant les contenus liés au mouvement antifasciste, notamment en assimilant l’usage du terme « antifa » à un risque d’incitation à la violence, ce qui peut entraîner des sanctions allant jusqu’à la suppression de comptes. Selon une enquête de The Intercept, cette évolution s’inscrit dans un contexte politique marqué par les décisions de Donald Trump, qui a inscrit le mouvement « antifa » comme organisation terroriste, et traduit un alignement croissant de l’entreprise sur les positions conservatrices après l’élection de 2024. Parallèlement, Meta est critiquée pour appliquer un double standard, assouplissant la modération de contenus d’extrême droite au nom de la liberté d’expression tout en restreignant davantage les discours antifascistes.