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Bruxelles : Nouvelle journée d’affrontements en marge du vote du décret-programme

De nouveaux heurts ont éclaté ce vendredi à Bruxelles, au lendemain de ceux survenus lors de la manifestation des enseignants. Vers midi, de nombreux jeunes se sont rassemblés dans le centre-ville puis se sont heurté à la police. Celle-ci a procédé à plusieurs charges et a fait usage de gaz lacrymogène et d’autopompes. Plusieurs véhicules de la société de location Poppy ont été endommagés, dont l’un a été incendié. Des poubelles et des conteneurs ont également été incendiés. Des dégâts ont par ailleurs été causés au mobilier urbain ainsi qu’à du matériel de chantier. La police a procédé à des nassages à la gare centrale, à l’Albertine, au skatepark et ailleurs encore, jusqu’en début de soirée. Il y a eu au moins une centaine d’interpellations, dont une dizaine d’arrestations judiciaires.

Ce bilan provisoire s’ajoute à celui de la veille, qui s’élève finalement à 15 personnes interpellées à Bruxelles (14 judiciairement et une administrativement) et à 14 à Namur (4 judiciairement et 10 administrativement). À la suite des événements de jeudi, le ministre de la Défense a proposé que l’armée organise des « camps de rééducation militaire pour les jeunes fauteurs de trouble».

Europe : Multiples actions de solidarité pour la libération de la prisonnière communiste Seda Baykan

Dans le cadre de la semaine de solidarité organisée par la Plateforme de la voix des prisonniers (Tutsakların Sesi Platformu, TSP), plusieurs actions ont été menées en Europe pour soutenir la prisonnière communiste Seda Baykan, détenue dans la prison pour femmes de Diyarbakır en Turquie et en grève de la faim depuis le 1er avril contre son isolement. À Paris, des militants de l’ACTIT ont envoyé des cartes et lettres en exigeant son transfert vers une autre cellule ou prison, tandis qu’à Bâle des rassemblements ont appelé à la satisfaction de ses revendications et à la solidarité avec les prisonniers politiques. À Cologne, une action publique a également réclamé sa libération. La mobilisation s’est également poursuivie à Francfort devant le consulat général de Turquie, où les manifestants ont exigé la fin de l’isolement et le respect des droits fondamentaux de Baykan. À Bruxelles, des affiches appelant à sa libération ont été diffusées par le Secours Rouge, tandis qu’à Leipzig des jeunes de Young Struggle ont déployé une banderole et scandé des slogans en soutien à la prisonnière.

Chili : Affrontements entre étudiants et policiers lors d’une manifestation contre les coupes budgétaires

Des affrontements ont éclaté mercredi 3 juin à Santiago entre la police antiémeute et des milliers d’étudiants, lycéens et enseignants mobilisés contre les coupes budgétaires décidées par le gouvernement du président José Antonio Kast. Les forces de l’ordre ont empêché la progression du cortège vers le palais présidentiel en recourant à des gaz lacrymogènes et des canons à eau, tandis que des manifestants ont répliqué en lançant des projectiles.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions sociales liées à la politique d’austérité du gouvernement, qui a récemment annoncé une réduction des dépenses publiques. Aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais plusieurs interpellations ont été constatées sur place.

Italie : Intervention du prisonnier anarchiste Alfredo Cospito lors d’un procès

Dans le cadre de la deuxième audience d’un procès visant six personnes poursuivies pour des faits liés aux mobilisations contre le régime carcéral du 41-bis et la réclusion à perpétuité, le prisonnier anarchiste Alfredo Cospito a été entendu comme témoin de la défense par vidéoconférence depuis la prison de Bancali, en Sardaigne, le 18 mai 2026. Afin de rendre son témoignage plus accessible et diffusable en dehors de la salle d’audience, une retranscription a été traduite en français, maquettée et publiée au format PDF.

France : Des détenus de Condé-sur-Sarthe portent plainte et dénoncent violences et harcèlement

Six détenus du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Condé-sur-Sarthe ont déposé une plainte pénale contre la direction de l’établissement, qu’ils accusent d’imposer un régime de pression psychologique, d’humiliations et de violences allant au-delà de leurs préorogatives. Les plaignants dénoncent notamment des fouilles à nu systématiques, un accès très limité aux activités et aux promenades, ainsi que des conditions de détention visant à les intimider et à les déshumaniser.

L’administration pénitentiaire rejette ces accusations et affirme que les procédures appliquées respectent la réglementation en vigueur. Créés en 2025 sur le modèle du régime d’isolement italien 41bis, les QLCO font déjà l’objet de nombreuses contestations. Cette plainte constitue toutefois l’une des premières démarches pénales visant directement les pratiques mises en œuvre dans ces quartiers de haute sécurité.

Turquie : Militant de l’ESP, Muhammet Çelik libéré et assigné à résidence

Détenu depuis l’opération menée le 3 février contre le Parti Socialiste des Opprimés (ESP), Muhammet Çelik a été remis en liberté sous assignation à résidence à l’issue de sa première audience devant la 28e cour d’assises d’Istanbul. Lors de sa défense, il a rejeté les accusations portées contre lui, affirmant que les faits retenus par l’accusation relevaient exclusivement de ses activités politiques légales au sein de l’ESP, notamment sa participation à des manifestations, commémorations et réunions publiques.

Ses avocats ont dénoncé une atteinte à la liberté d’organisation et d’expression, soulignant que des activités politiques publiques et des actions de solidarité avaient été présentées comme des preuves à charge. Malgré la demande du procureur de maintenir sa détention, le tribunal a ordonné sa libération sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence.

Bolivie : Rodrigo Paz menace de décréter l’état d’urgence face à la contestation

Confronté à plus d’un mois de manifestations, de barrages routiers et à une crise politique aggravée par la démission de deux ministres, le président bolivien Rodrigo Paz a averti que le pays se trouvait à un « point de rupture » et n’exclut plus de décréter l’état d’urgence. Cette mesure exceptionnelle permettrait d’élargir les pouvoirs des forces de sécurité et d’accroître l’intervention de l’armée afin de rétablir le contrôle des autorités, alors que les blocages continuent dans plusieurs villes du pays.

La menace d’un état d’urgence suscite des inquiétudes quant à une possible escalade répressive. Déjà, plus d’une centaine de personnes ont déjà été arrêtées lors des mobilisations et les forces de l’ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes contre certains rassemblements.

France : Déclaration d’Ali, réfugié palestinien détenu depuis deux ans dans une prison française

Détenu en France depuis plus de deux ans à la suite d’accusations israéliennes, Ali livre depuis sa cellule un témoignage personnel sur son parcours, son incarcération et son vécu en tant que Palestinien. Dans ce texte adressé « à toutes les personnes libres », il évoque la situation du peuple palestinien, son éloignement de ses enfants et le sentiment d’injustice qui l’accompagne depuis son arrestation. Plus qu’un récit individuel, son message se veut un appel à la solidarité et une invitation à s’engager pour sa libération, un combat porté par la campagne « Libérez Ali ».

JE SUIS VOTRE FRÈRE ALI, LE PALESTINIEN

Salutations à toutes les personnes libres, mes salutations à vous toutes et tous.

Salutations à chaque personne qui croit encore que l’injustice n’est pas une fatalité et qu’aucune nation ni autorité n’a le droit ni le pouvoir d’écraser la dignité humaine.

Salutations à la Palestine opprimée, à ses enfants qui n’ont jamais vécu ne serait-ce qu’une journée normale et qui n’ont jamais pu connaître les droits les plus élémentaires de l’enfance :

Pas de sécurité, pas de foyer, pas d’avenir clair… seulement la peur, le blocus et la mort qui les attend chaque matin.

Je suis votre frère Ali, le Palestinien.

Depuis plus de deux ans aujourd’hui, je suis détenu dans les prisons françaises.

Deux années de souffrance, de douleur et d’interrogations.

Chaque jour, je me demandais : comment un pays peut-il devenir complice de l’injustice infligée à une personne qui s’est tournée vers lui en quête de protection ?

Je suis un homme dont il a été reconnu qu’il était menacé et persécuté par Israël, et pourtant… À la demande d’Israël lui-même, j’ai été emprisonné et séparé de mes enfants.

Je n’aurais jamais imaginé, alors que je cherchais la sécurité, que l’entité qui a tué mon frère et m’a privé de mon enfance serait la même qui déciderait de mon sort, même par delà les frontières.

En prison, j’ai appris une chose amère :

Il suffit d’être Palestinien pour devenir suspect.

Mais aujourd’hui, je ne suis pas ici pour demander la pitié de qui que ce soit.

Je suis ici pour dire que le peuple palestinien mérite de vivre, mérite la justice. Que nous méritons de vivre auprès de nos enfants sans peur, sans blocus, sans être traité comme des criminels simplement parce que nous sommes nés Palestiniens.

Nous ne demandons pas l’impossible.

Nous demandons ce que tout être humain sur cette planète demande :

La liberté… La dignité… Et la justice.

Et si ce monde a perdu une partie de son humanité, nous sommes ici aujourd’hui pour lui rappeler que l’humanité vit encore dans la voix des femmes et des hommes libres.

Liberté pour la Palestine…

Miséricorde pour les martyrs…

Et dignité pour tous les opprimés.

Votre frère Ali, prisonnier palestinien sur les terres françaises

Chili : Transfert de Mauricio Hernández Norambuena vers une prison de haute sécurité

Dans un communiqué, la famille de Mauricio Hernández Norambuena, prisonnier politique du Front patriotique Manuel Rodríguez (FPMR), connu sous le nom de « Commandant Ramiro », a dénoncé son transfert, le 3 juin 2026, du complexe pénitentiaire de Rancagua vers le centre pénitentiaire spécial de haute sécurité (REPAS) à Santiago. Selon ses proches, cette décision a été prise sans préavis ni justification et s’est accompagnée d’un durcissement de ses conditions de détention. Malgré son âge et son état de santé, il est désormais soumis à un régime particulièrement restrictif, marqué notamment par des fouilles quotidiennes, des déplacements entravés, l’absence de suivi médical adapté, la limitation des visites et l’interruption de certains traitements.

La famille affirme que Mauricio Hernández Norambuena ne correspond pas au profil des détenus destinés au REPAS et rappelle que plusieurs organisations avaient déjà dénoncés ses conditions de détention particulièrement sévères. Par ailleurs, ses soutiens mettent en cause le président José Antonio Kast ainsi que le ministre de la Sécurité publique, Martín Arrau, qu’ils tiennent pour responsables de son intégrité physique et de son état de santé. Enfin, ils appellent à renforcer les actions de solidarité, à l’image du soutien exprimé par Georges Abdallah depuis le Liban, après plus de quarante années de détention en France.

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Belgique : Affrontements et arrestations à la manifestation des enseignants

La manifestation contre les restrictions touchant l’enseignement a été marquée par de nombreuses interventions de la police, qui a multiplié les recours au gaz lacrymogène, aux autopompes, aux charges et aux arrestations violentes. La mobilisation a été importante dans les régions de Liège, Namur, du Brabant wallon et du Hainaut. De nombreuses écoles étaient fermées et les rassemblements locaux ont été nombreux.

À Namur, on a dénombré, dans la matinée, quatre arrestations administratives et dix arrestations judiciaires lors d’un rassemblement étudiant, après que de jeunes manifestant·e·s masqué·e·s ont brisé des vitrines, tiré des engins pyrotechniques et lancé des projectiles contre la police.

La mobilisation a également été importante à Bruxelles (Etterbeek et Saint-Gilles), où les manifestant·e·s s’étaient donné rendez-vous en début d’après-midi. Des milliers de manifestant·e·s ont convergé vers le bâtiment du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où le gouvernement MR–Les Engagés (droite et centre-droit) voulait faire passer en force son décret-programme imposant des restrictions à l’enseignement, notamment une hausse du minerval.

Alors que les manifestant·e·s parvenaient à forcer les portes arrière du bâtiment, des renforts de police sont entrés par l’avant afin de bloquer leur avancée. Des fumigènes ont été lancés à l’intérieur du bâtiment, ce qui a légèrement retardé le début de la séance plénière consacrée au vote du décret-programme. Le président des Engagés a par ailleurs été pris à partie par les manifestant·e·s, et une barricade enflammée a été érigée à la gare Centrale. Une dizaine d’arrestations ont été recensées.

Plus tard, lorsque la cheffe de groupe du MR a pris la parole au Parlement, une quinzaine d’étudiant·e·s infiltré·e·s dans le public ont lancé des tracts et scandé des slogans avant d’être évacué·e·s brutalement.

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