Aux Philippines, cinq membres de la New People’s Army (Nouvelle Armée Populaire, branche armée du Parti Communiste des Philippines) auraient été tués lors de deux opérations militaires récentes. Dans la province de Negros Occidental, trois jeunes combattants (âgés de 21 à 29 ans) ont été tués le 21 mars 2026 lors d’un affrontement avec l’armée, puis honorés par leur unité qui a salué leur engagement et leur rôle au sein du mouvement communiste. Parallèlement, deux autres guérilleros auraient été abattus le 22 mars dans la province de Surigao del Sur lors d’un échange de tirs avec des soldats venus enquêter sur des accusations de collecte de taxe révolutionnaire auprès de villageois.
À Marseille, deux policiers ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis pour violences aggravées après avoir bousculé une manifestante lors du mouvement « Bloquons tout » le 18 septembre 2025 près des Terrasses du Port. Filmée par des journalistes de l’Agence France-Presse et largement diffusée, la scène montrait une étudiante de 20 ans poussée à terre à plusieurs reprises. Jugés dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), les agents ont vu leur responsabilité pénale reconnue. L’affaire se poursuit désormais au civil afin d’évaluer le préjudice subi, après l’ouverture initiale d’une enquête pour violences commises en réunion par des personnes dépositaires de l’autorité publique.
La Cour de justice de l’Union européenne a rappelé qu’une collecte systématique et généralisée des empreintes digitales de toute personne soupçonnée d’une infraction est contraire au droit de l’Union. Les données biométriques étant des données sensibles, leur collecte ne peut être autorisée que si elle est strictement nécessaire et dûment justifiée au cas par cas. Saisie dans le cadre d’une affaire examinée par la cour d’appel de Paris concernant un manifestant ayant refusé de se soumettre à un relevé d’empreintes et à une photographie, la Cour précise qu’une simple suspicion d’infraction ne suffit pas à justifier une telle mesure. Toute décision doit être motivée de manière claire, même brièvement, afin de permettre à la personne concernée de comprendre les raisons et d’exercer un recours.
En mars 2026, des délégations de Suisse, France, Italie, Allemagne et Belgique du Secours Rouge International se sont réunies lors de sa conférence bisannuelle. A cette occasion, les délégué·es ont publié un message de solidarité aux prisonnier·es révolutionnaires, dont nous reproduisons un extrait ci-dessous (lire en intégralité) :
[…] Pendant les travaux de notre conférence, nous avons appris la mort de deux militant·es anarchistes de Rome, apprécié·es et estimé·es, Sara Ardizzone et Sandro Melcogliano, dans la préparation d’une action armée. Nous saluons leur mémoire et adressons nos condoléances à leurs proches et à leurs camarades de combat, tout comme nous saluons la mémoire des combattant·es révolutionnaires en Inde qui sont tombé·es ces derniers mois sous le feu de la contre-guérilla, ceux et celles qui sont tombé·es dans la résistance en Palestine et au Liban, et ceux et celles qui sont tombé·es à Alep et ailleurs, pour défendre la révolution au Rojava.
Nous saluons aussi toustes les prisonniers et prisonnières révolutionnaires, et particulièrement ceux et celles qui résistent depuis des décennies dans les terribles conditions d’isolement des prisons en Turquie et en Italie. A la résistance des prisonnier·es correspond les mobilisations à l’extérieur, dans les procès et dans la rue, non seulement en soutien aux révolutionnaires détenu·es, mais aussi contre l’offensive répressive généralisée. Notre soutien va aussi à ceux et celles qui, comme Daniela Klette et les prisonnier·es des Brigades Rouges, sont exposé·es à la vengeance sans fin des Etats impérialistes, parce qu’ils sont le symbole d’unepartie de l’histoire révolutionnaire de leur pays.
Nous saluons les prisonniers et prisonnières politiques détenu·es en Iran, qui tout en étant à l’avant-garde de la lutte contre l’Etat réactionnaire et anti-populaire iranien, refusent de se laisser instrumentaliser par les puissances impérialistes en guerre contre cet Etat.
Car l’époque est à la guerre, donc à la résistance. […]
À Bordeaux, l’artiste engagée Myriam Eckert subit depuis plus de vingt ans une répression étatique, policière et judiciaire intense, mêlant gardes à vue répétées, multiples procès, concerts censurés, piratages de sites et de courriels, fermeture de réseaux sociaux, menaces et surveillance constante. Son engagement artistique et politique, sa poésie et sa musique militante la placent également face à des pressions au sein même des milieux militants et politiques locaux.
Lors de la conférence organisée ce mercredi 25 mars par le collectif CLAP33, Myriam va partager son expérience de vingt ans d’oppression, révélant les mécanismes utilisés par l’État pour contrôler et intimider celles et ceux considérés comme « ennemis ».
La journaliste Hatice Duman est détenue depuis le 13 avril 2003, date à laquelle elle a été arrêtée alors qu’elle dirigeait la rédaction du journal Atılım. Six mois plus tard, lors de son premier procès, le tribunal a décidé de la maintenir en détention préventive. En 2011, elle a été condamnée à la réclusion à perpétuité, accusée d’être membre et dirigeante d’une « organisation terroriste » (le MLKP, Parti Communiste Marxiste-léniniste). En 2015, la Cour constitutionnelle turque (AYM) a statué que Duman n’avait pas bénéficié d’un procès équitable et que son jugement devait être réexaminé. Lors du nouveau procès, le tribunal local l’a jugée lors d’une seule audience sans la présence de son avocat et a confirmé la même peine, maintenant sa détention. Le dossier est retourné à l’AYM, qui en 2020 a renforcé sa décision initiale, demandant une révision stricte du procès. En 2024, le tribunal local d’Istanbul a rouvert le dossier, et l’affaire a été portée devant la 12e chambre du tribunal pénal lourd, où la 6e audience a eu lieu le 24 février 2026. La prochaine audience est prévue pour le 23 juin 2026, où Duman comparaîtra pour la 7e fois devant un juge.
Malgré ces multiples décisions et réexamens, les tribunaux locaux continuent de ne pas appliquer les recommandations de la Cour constitutionnelle, refusant sa libération et maintenant sa réclusion. Son cas illustre non seulement les violations prolongées des droits des journalistes en Turquie, mais aussi le non-respect systématique des décisions de la Cour constitutionnelle et du droit à un procès équitable.
Lisandru Costantini, jeune militant corse, a été convoqué devant le délégué du procureur de Bastia pour avoir refusé un prélèvement ADN lié à des actions militantes datant de 2024. Une amende de 800 € lui a été proposée comme alternative à un passage devant le tribunal, qu’il a refusée.
Depuis plusieurs années, des formes de répression économique visent les voix en soutien à la Palestine, comme des mesures gouvernementales de gel des avoirs ou par des pratiques bancaires telles que des refus d’ouverture de compte ou des fermetures unilatérales. Cette répression silencieuse affecte des dizaines d’associations et des centaines d’individus, portant atteinte à leurs droits fondamentaux. Sous couvert de lutte contre le blanchiment ou le terrorisme, certaines banques françaises contribuent à la criminalisation des mouvements sociaux de solidarité avec le peuple palestinien. Urgence Palestine, Nidal et la Legal Team Antiraciste dénoncent cette discrimination systématique comme un mécanisme de répression illégal et appellent à participer à une enquête collective pour documenter ces pratiques et défendre les droits d’association et d’expression (voir ici).
Lucio García Blanco, prisonnier politique du Parti communiste d’Espagne (reconstitué) âgé de 75 ans et détenu à la prison de Villabona, atteint de la maladie d’Alzheimer, s’est vu refuser la visite de ses proches soutiens, les autorités invoquant une mesure interne exceptionnelle limitant les contacts aux seuls membres de la famille. Cette décision intervient à moins d’un mois de la fin de sa peine, prévue le 26 avril, après près de 30 ans d’incarcération marqués par six arrestations et 23 grèves de la faim au cours de son militantisme. À cela s’ajoutent de nombreuses pressions institutionnelles.
Malgré son état de santé très détérioré, avec démence sénile et troubles de l’adaptation, ses demandes de libération ont été refusées ou assorties d’obligations inacceptables. Plusieurs organisations de soutien, comme le Socorro Rojo Internacional, dénoncent l’usage de la détention et des conditions carcérales comme levier de pression politique contre les militants révolutionnaires emprisonnés depuis des décennies.
Plusieurs décisions récentes de justice aux États-Unis freinent la répression visant les militants pro-palestiniens. Après près d’un an de détention, une étudiante palestinienne arrêtée pour avoir participé à des manifestations a été libérée (voir notre article), tandis que des sanctions prises par l’université Columbia contre des étudiants mobilisés ont été annulées par la justice, ouvrant également la voie à des poursuites contre l’université et les autorités fédérales pour atteinte aux droits fondamentaux. Dans plusieurs affaires, des tribunaux ont affirmé que certains slogans, comme « From the river to the sea » ou « Globalize the intifada », relevaient de la liberté d’expression protégée par la Constitution, créant des précédents juridiques importants. D’autres procédures ont aussi mis en difficulté les poursuites engagées contre des étudiants, comme à Stanford où un procès pour occupation s’est conclu sans verdict, ou encore à UMass Amherst où un étudiant suspendu a été réintégré après une décision de justice. Enfin, des actions en justice ont été autorisées contre des groupes accusés de harcèlement de militants, notamment via des campagnes d’affichage ciblé. Ensemble, ces décisions contribuent à limiter certaines formes de répression institutionnelle, dans un contexte de fortes criminalisation de la solidarité avec la Palestine.