Les proches de Mickaël Gilgenmann accusent des surveillants du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure de violences, d’humiliations et de négligences médicales. Ils affirment notamment qu’un surveillant lui aurait dit, quelques heures avant sa tentative de suicide dans la nuit du 3 au 4 août : « vas-y, fous-toi en l’air, t’as plus que ça comme solution ».
Face à une situation mettant sa vie en danger, ses proches appellent à une intervention urgente de l’administration pénitentiaire. Ils demandent la fin des brimades, l’accès effectif aux soins, la levée de son statut de détenu particulièrement signalé (DPS) et son transfert en centre de détention. Ils invitent également les personnes solidaires à écrire à la Direction de l’administration pénitentiaire pour alerter sur le risque vital encouru par le détenu.
Militante allemande de FKO, Paula Maier a révélé avoir été violée par un agent turc alors qu’elle était détenue en janvier 2026 dans un centre de rétention à Istanbul. Elle faisait partie d’une délégation de 16 personnes arrêtée après un déplacement au Kurdistan du Nord pour dénoncer les attaques contre le Rojava. Les membres de la délégation rapportent également des violences physiques et psychologiques, des privations de sommeil, des insultes et des menaces. Ces témoignages s’ajoutent à ceux d’autres délégations internationales faisant état de violences physiques et sexuelles lors de leur détention en Turquie.
Condamné à mort dans l’Ohio pour la mort de cinq détenus lors de la révolte de la prison de Lucasville en 1993, Keith LaMar a obtenu un sursis de trois ans, repoussant son exécution à 2030. Ses avocats disent avoir découvert de nouveaux éléments susceptibles de démontrer qu’il a été injustement condamné, notamment des preuves qui auraient été dissimulées lors de son procès. LaMar a passé plus de 30 ans à l’isolement et était jugé devant un jury entièrement blanc.
Depuis son précédent sursis, LaMar dénonce des conditions de détention qu’il qualifie de torture, affirmant notamment que des produits chimiques sont régulièrement diffusés autour de sa cellule et contaminent sa nourriture. Il dit avoir déposé plus de 50 plaintes sans obtenir de réponse satisfaisante. Le gouverneur républicain Mike DeWine, qui a récemment déclaré ne plus considérer la peine de mort comme dissuasive, a justifié le sursis par les difficultés d’approvisionnement en produits nécessaires aux injections létales. Les soutiens de LaMar réclament désormais sa grâce et la révision de sa condamnation.
Une note de service du 10 août 2026 met fin à la fouille à nu systématique dans les établissements pénitentiaires sénégalais. Désormais, elle ne pourra être pratiquée qu’à titre exceptionnel, en présence d’un risque avéré ou d’une présomption précise d’infraction, lorsque les fouilles par palpation sont insuffisantes. La portée de cette mesure dépendra de son respect uniforme dans l’ensemble des prisons du pays.
La police de Mumbai a élargi son enquête visant d’anciens étudiants du Tata Institute of Social Sciences (TISS) après un hommage organisé en octobre 2025 à G. N. Saibaba, universitaire et défenseur des droits humains décédé en 2024 qui a été emprisonné à plusieurs reprises pour des liens présumés avec le Parti Communiste d’Inde (Maoïste). Neuf personnes avaient été poursuivies après avoir, selon la police, scandé des slogans réclamant la libération des militants Umar Khalid et Sharjeel Imam, détenus sous la loi antiterroriste UAPA. L’un des anciens étudiants a été arrêté le 7 août 2026 après le rejet de sa demande de liberté anticipée, un autre reste recherché.
L’enquête s’étend désormais à deux professeurs du TISS, auxquels la police a adressé des convocations pour des messages WhatsApp échangés avec l’étudiant arrêté, ainsi qu’à des travaux de terrain réalisés dans le cadre obligatoire de sa formation. La justice et la police présentent ces activités comme des éléments à examiner dans l’enquête, tandis que les étudiants et leurs avocats contestent les accusations et dénoncent une pression sur les libertés académiques et politiques.
Face aux coupures d’internet imposées lors de manifestations étudiantes à New Delhi depuis le 20 juillet 2026, des participants ont utilisé Bitchat, une messagerie décentralisée fonctionnant sans réseau mobile ni serveur grâce au Bluetooth. L’application aurait atteint 430 000 utilisateurs actifs quotidiens en Inde le 26 juillet, soit 74 % des téléchargements mondiaux de la semaine.
Face à l’utilisation de Bitchat pendant les mobilisations, les autorités indiennes ont demandé le 23 juillet à GitHub, une plateforme où les développeurs hébergent et partagent du code informatique, de bloquer en Inde l’accès à trois dépôts contenant le code source de l’application. Elles invoquent notamment l’impossibilité d’intercepter facilement les communications et d’identifier les utilisateurs.
Cette mesure reste toutefois difficile à appliquer : le code libre peut être copié sur d’autres plateformes et les applications déjà installées continuent de fonctionner. La tentative de restriction a ainsi surtout contribué à faire connaître Bitchat, devenue un outil permettant aux manifestants de communiquer malgré les coupures d’internet.
Un détenu d’un centre fermé belge, en grève de la faim depuis plus de 20 jours, a été expulsé de force le 30 juillet 2026, deux jours après qu’un médecin indépendant eut constaté la gravité de son état. Ayant perdu 15 kg et ne pouvant presque plus marcher, il aurait également tenté de demander une protection internationale, sans qu’un agent ou un policier n’accepte d’enregistrer sa demande. Depuis son expulsion, ses proches n’ont plus de nouvelles.
Le parquet de l’Audience nationale espagnole a requis 30 ans de prison contre cinq anciens membres d’ETA, qu’il accuse d’avoir participé à la décision de tuer le conseiller municipal du Parti populaire Gregorio Ordóñez, assassiné à Saint-Sébastien en janvier 1995. Iñaki Gracia Arregi, José Javier Arizkuren, Mikel Albisu, Julián Atxurra et Juan Luis Agirre Lete sont poursuivis plus de trente ans après les faits, alors que trois autres membres d’ETA (Xabier García Gaztelu, Juan Ramón Karasatorre et Valentín Lasarte) ont déjà été condamnés comme auteurs matériels de l’assassinat
Cette nouvelle procédure s’inscrit dans la réouverture de plusieurs dossiers liés à des attaques attribuées à ETA, portée notamment par des associations de victimes et des organisations d’extrême droite. Le parquet soutient désormais que la décision d’exécuter Ordóñez avait été prise collectivement par la direction d’ETA en décembre 1994. Cette offensive judiciaire vise ainsi à établir de nouvelles responsabilités pour des faits anciens, malgré les condamnations déjà prononcées.
Militant socialiste et opposant à la guerre âgé de 27 ans, Bogdan Syrotiuk a été condamné le 10 août 2026 à 15 ans de prison par un tribunal de la région de Mykolaïv pour « haute trahison ». Arrêté en avril 2024, il était poursuivi principalement pour des textes critiquant la politique de guerre du gouvernement Zelensky et la mobilisation militaire. La décision prévoit également la confiscation de ses biens et de ses appareils électroniques.
Cette condamnation intervient alors que 92 prisonniers politiques, et des centaines de soutiens, ont mené une grève de la faim dans les prisons ukrainiennes le 5 août dernier pour dénoncer leurs conditions de détention particulièrement difficiles. Cette mobilisation témoigne des inquiétudes croissantes concernant la répression des voix opposées à la guerre en Ukraine.
Depuis fin juin 2026, les autorités de la prison de Budapest où l’antifa non-binaire Maja est détenu·e cherchent à lui interdire le port de vêtements féminins, sans lui fournir de justification légale écrite. Le 17 juillet, plusieurs gardiens l’ont violemment maîtrisée après son refus de se changer, lui causant plusieurs blessures. Iel a ensuite été conduite à l’hôpital sous escorte, tandis que ses vêtements féminins étaient retirés de sa cellule.
Une procédure disciplinaire a été engagée contre Maja, accusé·e d’avoir agressé les agents, et une exclusion de trois mois des activités récréatives et collectives a été prononcée. Cette sanction, actuellement suspendue dans l’attente de l’appel, est une mesure supplémentaire de pression visant à limiter son expression de genre.