Zaid et Gino comparaîtront à nouveau devant la Cour d’appel de Paris le 15 avril, dans le cadre de procédures judiciaires liées à des demandes d’extradition. La justice française doit statuer sur la requête de la Hongrie visant Zaid, près d’un an après avoir refusé une demande similaire concernant Gino, et examiner parallèlement un nouveau mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne contre ce dernier. Ces audiences constituent des étapes clés pour les deux affaires. Afin de les soutenir, le Comité de Solidarité Budapest appelle à se rassembler le mercredi 15 avril à 13 h au Palais de Justice de Paris (métro Cité), chambre 5, pôle 7.
Le tribunal régional de Flensbourg a rejeté l’application de l’article 129 du Code pénal allemand visant des militants du mouvement Letzte Generation (Dernière Génération), estimant que les éléments retenus par le parquet ne permettaient pas de qualifier leurs actions d’« organisation criminelle ». Les juges ont considéré que les blocages attribués au mouvement relevaient plutôt d’infractions telles que la coercition ou des dommages matériels, sans atteinte avérée à l’ordre public ni perturbation des services publics, et ont souligné leur dimension de participation au débat politique.
Malgré cette décision, d’autres procédures similaires restent ouvertes en Allemagne contre des militants du mouvement Letzte Generation, engagées dans différentes juridictions par plusieurs parquets sur la base de l’article 129 du Code pénal allemand. Il s’agit de dossiers distincts, mais relevant d’une même stratégie judiciaire visant à qualifier certaines actions de désobéissance civile comme relevant d’une « organisation criminelle ». Cette disposition, qui permet des pouvoirs étendus d’enquête et de surveillance et expose à de lourdes peines, est de plus en plus contestée lorsqu’elle est appliquée à des mobilisations liées au climat, tandis que d’autres décisions judiciaires sur des affaires similaires sont encore attendues dans plusieurs villes allemandes.
Plusieurs organisations palestiniennes alertent sur la dégradation des conditions de vie de prisonniers palestiniens libérés puis déportés vers l’Égypte dans le cadre d’accords d’échange entre Israël et le Hamas. Elles évoquent environ 250 personnes concernées, dont une centaine auraient ensuite été pris en charge par des pays tiers comme l’Algérie, la Turquie ou la Malaisie, sans qu’un recensement précis et stabilisé ne soit disponible. En particulier, le bureau des martyrs et des prisonniers du FPLP dénonce une situation humanitaire difficile et l’absence de conditions de vie dignes, et appelle notamment à une prise en charge médicale urgente, au rétablissement des droits financiers, à un accès rapide aux soins, ainsi qu’à la garantie de la liberté de mouvement et du maintien des liens familiaux.
La plupart de ces anciens prisonniers déportés seraient actuellement hébergés dans un hôtel au Caire, avec un soutien financier partiel attribué à des acteurs extérieurs, dont le Qatar. Ils vivent sous surveillance des services de sécurité égyptiens, sans liberté de circulation ni documents de voyage officiels, ce qui limite fortement leur autonomie. Cette situation s’inscrit dans une forme d’impasse diplomatique : de nombreux ex-détenus, condamnés à de lourdes peines ou à la perpétuité, se retrouvent interdits de retour, tandis que l’Égypte est utilisée comme pays de transit sans solution durable de réinstallation. Faute d’accords d’accueil systématiques, une partie d’entre eux resterait bloquée au Caire, certains transferts vers d’autres pays n’étant réalisés qu’au cas par cas.
L’organisation Defense for Children International – Palestine (DCI-P), seule ONG palestinienne dédiée aux droits des enfants, a annoncé la fin de ses activités après des années de pressions et de restrictions israéliennes, qui l’a désignée comme organisation « terroriste » en 2023 en raison de liens présumés avec le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine). Son directeur général, Khaled Quzmar, explique que l’ONG n’a plus pu surmonter les contraintes opérationnelles liées à cette criminalisation, malgré 35 ans de travail de documentation des violations et d’assistance juridique aux enfants détenus. DCI-P, membre du réseau international Defence for Children International, a subi raids, restrictions et campagnes de délégitimation ce qui a finalement conduit à sa fermeture. Cela intervient dans un contexte de hausse de l’emprisonnement des mineurs palestiniens, dont au moins 350 sont actuellement détenus.
Lors du procès de Daniela Klette, ancienne membre présumée de la RAF (Fraction armée rouge), la défense a multiplié les requêtes et dénonce un manque de transparence du tribunal ainsi que l’absence de preuves solides, notamment concernant les analyses ADN jugées non conformes aux standards scientifiques actuels. Son avocat, Lukas Theune, affirme que le tribunal refuse d’apporter les éclaircissements nécessaires, malgré les demandes, y compris celles des parties civiles, d’entendre l’expert en ADN. L’accusée est poursuivie pour plusieurs braquages liés au financement de décennies de clandestinité, bien que des témoignages évoquent un nombre d’auteurs différent de celui retenu par l’accusation. Alors que le verdict est attendu en mai à Verden, un second procès se prépare concernant son implication présumée dans des opérations armées de la RAF commis entre 1990 et 1993, dont l’attaque de la prison nouvellement construite de Weiterstadt.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un lanceur d’alerte biélorusse met en cause les autorités biélorusses dans l’affaire dite des « Black Nightingales », un groupe de six jeunes anarchistes arrêtés en décembre 2023. Selon plusieurs personnalités et organisations, comme l’Anarchist Black Cross, l’enquête aurait été fabriquée et les adolescents détenus auraient subi des actes de torture (coups et menaces avec une arme) de la part d’enquêteurs afin de les contraindre à s’incriminer mutuellement. Formé après le début de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, le groupe menait des actions militantes telles que l’affichage de messages anti-guerre et anti-dictature, mais les autorités les accusent de terrorisme, affirmant qu’ils préparaient un attentat. Au moment de leur arrestation, la plupart étaient mineurs. En octobre 2025, ils ont été condamnés à des peines de 10 à 12 ans de prison.
Une proposition de loi déposée le 27 mars à l’Assemblée nationale par des députés de droite vise à renforcer la répression des blocages universitaires en élargissant leur qualification pénale et en facilitant l’intervention des forces de l’ordre sur les campus sans autorisation préalable des présidences. Porté notamment par l’ancien ministre Patrick Hetzel, le texte entend modifier le code pénal pour inclure explicitement les universités dans le champ des infractions liées aux occupations, aujourd’hui limité aux établissements scolaires. Présentée comme une réponse aux blocages récents, cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des politiques sécuritaires dans l’enseignement supérieur, marqué par une surveillance accrue des mobilisations étudiantes et des sanctions disciplinaires, notamment envers les soutiens à la Palestine.