Des centaines de Guatémaltèques ont mis le feu samedi au Parlement pour protester contre le budget 2021 (voir notre article), au moment où des manifestants exigeaient la démission du président Alejandro Giammattei. Des flammes gigantesques ravageaient l’intérieur du bâtiment, dont la façade était constellée de graffitis antigouvernementaux. Le groupe ayant mis le feu au bâtiment a agi alors qu’une manifestation se tenait à proximité du Congrès, pour exiger la démission du chef de l’Etat. Les manifestants brandissaient des banderoles ornées des slogans “plus de corruption” ou “Giammattei out”. Ils lui reprochent notamment d’avoir donné son aval au budget opaque et controversé de près de 13 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du pays. Lors de la manifestation devant le Congrès, la police a interpellé plus d’une vingtaine de personnes. Les forces de l’ordre ont lancé des gaz lacrymogènes sur la foule au sein de laquelle des enfants ont été pris de panique. Près d’une cinquantaine de personnes ont été hospitalisées pour blessures, dont une dans un état grave.

A la demande du Congrès, la Police Nationale Civile (PNC) du Guatemala avait installé un important cordon de sécurité autour du Parlement à l’occasion de l’approbation du Budget 2021. Les forces de sécurité ont bloqué le passage sur les quatre grandes avenues menant au Congrès. Les agents ne laissaient passer que les parlementaires. Une manifestation essentiellement composée d’étudiants de l’Université de San Carlos de Guatemala a marché sur le Parlement. Les manifestants dénonçaient la corruption et l’opacité avec laquelle le plan de dépenses pour l’année prochaine a été approuvé. Ils ont été confronté au dispositif policiers et des affrontements ont eu lieu.

Dimanche 15 novembre, le président par intérim Manuel Merino a annoncé sa démission. Celle-ci fait suite aux nombreuses manifestations dans tout le pays dont celle de la veille à Lima fortement réprimée par la police. La répression de la manifestation de samedi dans la capitale a, en effet, fait trois morts et une centaine de blessés. Par ailleurs, une quarantaine de personnes sont toujours portées disparues. La prise de pouvoir de Manuel Merino à la suite de la destitution du président Martín Vizcarra pour corruption avait lancé un important mouvement populaire contre Manuel Merino et la classe politique corrompue. Des manifestations historiques s’étaient déroulée pendant plusieurs jours, des dizaines de milliers de Péruviens descendant dans les rues aux cris de “Merino démission”.

 Le mouvement populaire obtient la démission du président par intérim Manuel Merino

Le mouvement populaire obtient la démission du président par intérim Manuel Merino

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur la Plaza Italia à Santiago du Chili lors d’un nouveau vendredi de manifestations. Celles-ci se poursuivent, bien qu’à une plus petite échelle, près de 20 jours après que les Chiliens aient approuvé, lors d’un plébiscite, une nouvelle Constitution. Celle-ci permet de desserrer le carcan néolibéral protégée par la constitution de Pinochet. Cependant, tous les vendredis, des Chiliens continuent de se rendre à la Plaza Italia, l’épicentre des manifestations, avec des revendications comme compris la libération des personnes détenues suite aux manifestations, et des mesures pour atténuer les effets de la crise économique. Le rassemblement a été l’occasion d’affrontements avec la police, qui a utilisé de l’eau et des gaz lacrymogènes. Les manifestations, massives dans les premiers mois, ont été suspendues avec la pandémie, mais sont revenues sur ce point emblématique de la capitale après la fin de la quarantaine.

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Des dizaines de manifestants masquées ont fait irruption ce vendredi après-midi dans le bunker du bureau du procureur général de Mexico pour exiger justice pour le féminicide de Bianca Alejandrina. Elles ont utilisé des marteaux pour briser les fenêtres de l’immeuble et pour y pénétrer. Elles ont sortis des cartons et divers des dossiers et y mis le feu. Le meurtre brutal de Bianca Alejandrina a provoqué une vague de manifestations (voir notre article) dans un pays où, en moyenne, dix femmes sont assassinées PAR JOUR.

 

Une longue journée de manifestations a eu lieu à Quintana Roo (Cancun), contre les fémicides de trois femmes dans cette ville le week-end dernier, et notamment celui de Blanca Alexis, une jeune fille de 20 ans assassinée avec une violence extrême. Des militants, des membres d’organisations civiles de défense des femmes, des étudiantes et des féministes ont participé à une série de manifestations sous les slogans “#JusticiaParaAlexis y #QuintanaRooFeminicida”. Au cours de la marche, des jeunes femmes vêtues de noir ont tagué des façades et attaqué quelques vitrines, avant d’arriver au palais municipal, dont l’accès était barricadé de plaques de contreplaqué. Les manifestantes ont lancé des projectiles contre les fenêtres du palais municipal puis entrepris de démolir ces plaques. À ce moment, des agents anti-émeute sont apparus armés de pistolets et de fusils de chasse et ils ont commencé à tirer en l’air pour disperser les manifestants. Deux journalistes ont été blessés par balle (soit qu’un policier a tiré dans la foule, soit qu’il y ai eu des ricochets).

Pendant ce temps, à Chetumal, des membres du collectif Marea Verde ont manifesté dans les locaux du bureau du procureur général de l’État. À Cozumel, un autre groupe de féministes a manifesté devant les installations du FGE pour demander justice pour Alexis et demander aux autorités de garantir la sécurité des filles, des adolescentes et des femmes adultes dans tout l’État. À Felipe Carrillo Puerto, de jeunes militants ont défilé vers les bureaux du parquet adjoint de la zone maya pour demander des éclaircissements sur les morts violentes de femmes à Quintana Roo.

Trois membres des forces armées péruviennes ont été tués et trois autres blessés dans une embuscade perpétrée par les guérilleros maoïstes du PCP-SL dans son bastion de la vallée des fleuves Apurímac, Ene et Mantaro (VRAEM), dans le au sud des Andes péruviennes. L’attaque s’est produite jeudi passé alors que plusieurs patrouilles s’étaient infiltrées sur le territoire du PCP-SL dans le cadre de l’opération “Eye of the Eagle”. Au cours de cette opération, une patrouille a été fauchée par l’explosion d’un IED placé sur sa route, puis longuement mitraillée par les guérilleros. Un sous-officier de l’armée et un autre de la police ont été tués sur le coup. Parmi les quatre blessés évacués des lieux de l’embuscade, figurait un capitaine de l’armée qui est décédé le lendemain, des suites de sa blessure. L’embuscade a eu lieu dans le secteur de Banderita, situé dans la municipalité de Canayre, dans la région sud d’Ayacucho.

Combattants du PCP-SL

 

Dimanche 25 octobre, le président Ivan Duque a annoncé la mort du commandant l’ELN Andres Felipe Vanegas Londono, allias Uriel. Cet important commandant de la guérilla a été tué dans le département du Choco (dans le nord-ouest du pays) au cours d’une opération militaire baptisée Odin. Il était connu pour ses apparitions dans les médias, ses vidéos en ligne ainsi que sur son compte Twitter et était l’une des figures les plus médiatiques du changement de génération au sein de l’ELN.

Le commandant Uriel

Le commandant Uriel

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Un rassemblement a eu lieu vendredi sur la Plaza Italia de Santiago, cinq jours après qu’il ait été décidé, lors d’un plébiscite historique, de modifier la Constitution héritée de la dictature d’Augusto Pinochet, avec près de 80% des voix. Les auto-pompes de la police sont intervenues et du gaz a été tiré contre la foule des manifestants. Ceux-ci exigeaient la libération des personnes détenues lors de la vague de manifestations qui a éclaté en octobre 2019, ainsi que des réformes urgentes pour atténuer les effets de la grave crise économique qui touche le pays.

Depuis octobre de l’année dernière, le bureau du procureur a dénombré 5.084 personnes poursuivies, dont 648 sont en détention préventive et 725 ont déjà été condamnées. Plus de 4 600 plaintes ont été déposées contre les forces de sécurité pour violations des droits de l’homme, (mais seuls 75 agents ont été inculpés). Des parlementaires de l’opposition ont présenté jeudi dernier un projet de loi visant à amnistier ceux qui ont commis des délits lors de la flambée sociale, mais il a été rejeté par le gouvernement parce que cela «justifierait la violence».

 

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Orlando Gutiérrez, le dirigeant du syndicat des mineurs boliviens, est mort des blessures qu’il avait reçues il y a quelques jours lors d’une agression. Orlando Gutiérrez avait été violemment battu par un gang fasciste qui protestait contre les résultats des élections boliviennes au cours desquelles le Movimiento al Socialismo (MAS) de gauche a triomphé. Gutiérrez, qui était partisan du MAS, était secrétaire exécutif de la FSTMB (Fédération syndicale des travailleurs miniers boliviens), le puissant syndicat des mineurs de Bolivie fondé en 1944 et qui domine la fédération syndicale du pays, le COB.