Huit prisonniers révolutionnaires sont en grève de la faim illimitée en Turquie pour dénoncer les prisons S, R et Y dites de type « puits ». Elles pratiquent un isolement très strict pour restreindre physiquement les prisonniers, mais aussi pour les briser psychologiquement. Parmi les pratiques utilisées, on peut citer l’absence de fenêtre dans les cellules, des caméras de surveillance installées dans tous les espaces (y compris les salles de bains) ou encore l’automatisation totale de tous les systèmes, empêchant les prisonniers de communiquer même avec les gardiens. Par ailleurs, le prisonnier révolutionnaire Serkan Onur Yilmaz a transformé sa grève de la faim en un jeûne mortel qui dure maintenant depuis près de 300 jours (voir notre article). Le 22 août, une journée internationale de solidarité avec ce révolutionnaire est organisée afin de faire connaitre son combat et exiger sa libération (voir ici).

  • Mithat Öztürk est en grève de la faim illimitée depuis 188 jours
  • Ali Aracı, membre du Grup Yorum, est en grève de la faim illimitée depuis 183 jours
  • Ayberk Demirdöğen est en grève de la faim illimitée depuis 162 jours
  • Fikret Akar est en grève de la faim illimitée depuis 142 jours
  • Ümit Çobanoğlu en grève de la faim illimitée depuis 83 jours
  • Fırat Kaya, membre du Grup Yorum, est en grève de la faim illimitée depuis 23 jours
  • Tahsin Sağaltıcı est en grève de la faim illimitée depuis 23 jours
  • Gürkan Türkoğlu est en grève de la faim illimitée depuis 23 jours

Dans les prochains jours, un homme de 74 ans est convoqué comme témoin par le parquet fédéral allemand à Bâle dans le cadre de la procédure pénale contre Daniela Klette et ses deux camarades Burkhard et Volker toujours en clandestinité. Dans une déclaration rendue publique (voir ici), le septuagénaire a annoncé son intention de garder le silence, ce qui peut l’amener à être condamné à une amende (de 500 à 1000€) et jusqu’à 6 mois de prison. En juin 2024, il avait rendu visite en prison à l’ancienne membre de la RAF et avait immédiatement fait face à des pressions des autorités allemandes visant à récolter des informations, à l’image de plusieurs autres militantes qui ont été harcelées par la police suite à l’exercice de leur droit de visite à Klette (voir notre article).

Dossier(s): Allemagne

Les forces pénitentiaires israéliennes ont mené quatre assauts violents contre les cellules des prisonnières politiques palestiniennes à la prison de Damon les 4, 8, 10 et 14 août. Les détenues ont été menottées, traînées, humiliées et battues, et des gaz lacrymogènes et des chiens policiers ont été utilisés. Selon plusieurs organisations palestiniennes de soutien, les détenues souffrent également de la faim, d’infections cutanées et d’un déni des conditions d’hygiène élémentaires, notamment en matière de santé menstruelle et reproductive. Il y a actuellement 48 femmes détenues, dont deux mineures et deux femmes enceintes. La majorité des détenues sont incarcérées pour des accusations d’« incitation » sur les réseaux sociaux, en vertu des lois militaires israéliennes.

Barış Erhan est un militant engagé depuis longtemps dans les luttes de la gauche révolutionnaire en Turquie. En raison de ses activités contre le régime fasciste d’Erdoğan, il a fait l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires. Il a subi une répression sociale et politique et a été contraint de demander l’asile en Europe. Alors qu’il tentait de rejoindre la Grèce par bateau avec de nombreux autres personnes, il a été arrêté et accusé d’être un passeur de migrants. Après avoir passé plus d’un an en prison, il a été condamné en juin 2025 à 74 ans de prison alors que les documents et témoignages présentés par Barış et ses amis, prouvant qu’il n’était pas un passeur, ont été ignorés par le tribunal grec. Aujourd’hui, une campagne internationale appelle à sa libération et à se rassembler le premier samedi de chaque mois devant les représentations officielles de l’Etat grec dans les différents pays européens (voir ici).

Dossier(s): Grèce Tags: , ,

Dans les prochaines semaines, 5 procès contre des militant·es d’Extinction Rebellion se tiendront en région parisienne : le 19 août pour une action de soutien à la Palestine, le 2 septembre pour une action contre le groupe LVMH, le 12 septembre pour une action contre BNP, le 17 septembre et 9 octobre contre les effets écocides des JO à Paris.  Pour avoir dénoncé les responsables d’un système destructeur, des activistes ont subi plus de 200h de garde à vue, des perquisitions, et sont maintenant convoqué·es devant la justice. Une cagnotte de solidarité a été mise en place (voir ici) pour couvrir les frais de défense des procès à venir, mais aussi les frais de transport pour faire venir certain·es témoins et certains activistes à leur procès.

Dossier(s): France Tags: , , ,

Jeudi 14 août, le tribunal régional de première instance de Taguig City a décidé de prononcer l’acquittement de plusieurs militants arrêtés en 2014 : les consultants du Front national démocratique des Philippines (NDFP) Renante Gamara et Tirso Alcantara, le syndicaliste paysan Dionisio Almonte et les ouvriers du bâtiment Diony Borre et Raul Razo. Gamara, Borre et Razo ont été libérés le 14 août de l’annexe 4 de la prison du district métropolitain de Manille, tandis qu’Almonte reste détenu à la prison de New Bilibid. On ignore toujours où se trouve Alcantara. L’affaire concernait l’enlèvement et le meurtre d’un soldat ainsi que la tentative avortée d’assassinat d’un « rebelle repenti » à Mauban, dans la province de Quezon, en mai 2007.

Le 24e jour du procès, le 13 août 2025, Daniela Klette a lu une déclaration, dont nous reproduisons un extrait ci-dessous (voir en intégralité ici). Au même moment, un rassemblement a eu lieu près du tribunal en soutien à l’ancienne membre de la RAF qui a vécu 30 ans en clandestinité.

[…] Depuis mon arrestation, la police et le parquet ont alimenté le mythe selon lequel nous serions dangereux pour la société, sans scrupules et prêts à tuer, en avançant des allégations mensongères, comme la prétendue découverte d’explosifs dans mon appartement – ce qu’ils n’ont jamais démenti, bien qu’aucun explosif n’ait été trouvé.

En insinuant que nous étions particulièrement dangereux, le parquet fédéral a créé un cadre judiciaire militarisé.

Il s’agit ici de raviver et de réactiver les souvenirs et les images négatives issus des précédents procès contre les militants de la RAF. Cela était déjà suffisamment évident à Celle et est encore souligné ici à Verden-Eitze par les transports dignes de Rambow et les mesures de sécurité renforcées.

Même si le tribunal veut se présenter comme apolitique, c’est le contexte politique qui détermine ce procès : l’image hostile de la RAF et l’énormité d’avoir échappé à l’emprise de l’État pendant plus de 30 ans en constituent le cadre. […]

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Vendredi 15 août, environ 120 personnes ont participé à un rassemblement fortement défendu par la police du groupe transphobe Women Will Speak sur les marches du Parlement à Melbourne. 80 contre-manifestant·es ont été violemment réprimé·es par les forces de l’ordre. Les agents ont fait usage de sprays au poivre, de coups de matraque auxquels les militant·es ont répondu par des coups de parapluie. Quatre contre-manifestant·es ont été arrêté·es, l’un d’entre iels a été accusé·e d’agression envers la police et a été libéré·e sous caution avant de devoir comparaître devant un tribunal à une date ultérieure, un·e autre était en possession de fusées éclairantes lors de son arrestation. À la suite de ces interpellations, les forces de l’ordre ont procédé à 145 perquisitions afin de retrouver des armes, l’opération n’a donnée aucun résultat.

Arrêtée le 5 décembre 2023, détenue au secret, soumise à des actes de torture et à des aveux forcés, accusée de « propagande contre l’État », requalifiée en « rébellion armée », la syndicaliste kurde Sharife Mohammadi avait été condamnée à mort le 4 juillet 2024 (voir notre article). La Cour suprême avait annulé ce verdict le 12 octobre 2024, invoquant des vices de procédure et renvoyant l’affaire pour un nouveau procès. Suite à ce nouveau procès, la peine de mort a été confirmée en février 2024 (voir nos aricle ici et ici). Ce 16 juillet, la Cour suprême iranienne a confirmé la condamnation à mort. L’exécution pourrait se produire à tout moment.

Les autorités péruviennes ont décidé, mercredi 13 août, d’accorder l’amnistie aux membres des forces armées et de la police accusés ou condamnés pour crimes contre l’humanité pendant le conflit armé contre le Parti Communiste du Pérou et différentes guérillas des années 1980 à 2000. De leur côté, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une insulte aux milliers de victimes alors que cette loi pourrait également mettre fin à près de 600 procès encore en cours contre des forces armées et des policiers.