En Tunisie, des partis d’opposition, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et des familles de détenus ont organisé trois jours de mobilisation en solidarité avec les prisonniers politiques, à l’appel de l’avocat Ayachi Hammami (voir photo), en grève de la faim depuis son arrestation début novembre. Cette initiative vise à empêcher l’oubli des détenus d’opinion après la vague récente d’arrestations et à coordonner les actions de soutien. Les organisateurs dénoncent également les restrictions croissantes imposées aux avocats et aux organisations de défense des droits humains, privées d’accès aux prisons, alors que plusieurs détenus poursuivent des grèves de la faim pour faire entendre leurs revendications.

À Ljubljana, des antifascistes se sont rassemblé·es pour exprimer leur solidarité avec les militant·es d’Antifa Ost actuellement poursuivi·es en justice (voir notre article), affirmant leur soutien dans la lutte contre le néonazisme, le fascisme et toutes les formes de haine d’extrême droite. Cela intervient alors que l’antifascisme est de plus en plus largement criminalisée en Europe, tout comme aux Etats-Unis.

Au Royaume-Uni, plusieurs unités de police testent un système d’intelligence artificielle développé par Faculty AI qui analyse les données du vaste réseau de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) afin d’identifier des trajets considérés comme « suspects ». Contrairement à l’usage traditionnel ciblé de ces caméras, le programme apprend à reconstituer des parcours complets et à détecter des schémas de déplacement associés à des réseaux criminels, à partir de millions de données. Présenté par les autorités comme un projet expérimental encadré sur le plan éthique, ce dispositif suscite de fortes inquiétudes parmi de nombreuses personnes et organisations qui dénoncent un risque de surveillance de masse, d’atteinte généralisée à la vie privée et d’évolution progressive vers le suivi des déplacements de l’ensemble de la population.

Le ministre belge de la Défense Theo Francken a approuvé l’achat du FN Smart Protector 303T, une arme dite « moins létale » développée par FN Herstal et équipée d’une caméra intelligente capable de reconnaître les têtes humaines et de bloquer le tir afin de réduire les risques de blessures graves. Déjà utilisatrice du FN 303, la Défense présente cette nouvelle version comme un outil renforçant la sécurité des militaires et limitant les dommages collatéraux en situation de stress. Le système inclut aussi des fonctions d’entraînement et d’analyse après action, avec une livraison prévue en mars 2026 suivie d’une phase d’évaluation opérationnelle.

En Suisse, près de la moitié des incarcérations correspondent à des peines privatives de liberté de substitution infligées à des personnes n’ayant pas pu payer des amendes ou des peines pécuniaires. En effet, 9297 exécutions de peines ont commencé en Suisse en 2023, parmi lesquelles environ 42% étaient des peines privatives de liberté de substitution.

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Samedi 27 décembre, la police a réprimé une déambulation à Paris organisée en solidarité avec les prisonnier·es palestinien·nes. Cette manifestation dénonçait les violences sexuelles dans les prisons israéliennes, à la suite du témoignage d’une journaliste et militante allemande qui a affirmé avoir été violée lors de son incarcération après son arrestation, alors qu’elle participait à une flottille pour Gaza (voir notre article). Deux femmes ont été arrêtées et placées en garde à vue avant d’être libérées après 24 heures.

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Militante marocaine des droits humains détenue depuis le 1er juillet 2025 pour « outrage à magistrat » et « diffusion de fausses allégations » liées à ses critiques publiques, Saïda El-Alami a entamé le 26 décembre 2025 sa sixième grève de la faim ouverte pour protester contre les sévices et humiliations subis en détention, notamment coups, blessures, vêtements et effets personnels endommagés. Sa famille accuse les autorités et l’administration pénitentiaire de mettre en danger sa santé, rappelant qu’elle souffre de maladies chroniques.

Les prisonniers révolutionnaires Ayberk Demirdögen, Ulaş İnci et Nazım Şafak Korkmaz ont mis fin à leurs grèves de la faim après avoir obtenu gain de cause, une victoire attribuée à la mobilisation conjointe des détenus, de leurs familles et de leurs partisans. Ils étaient respectivement mobilisés depuis 290, 78 et 68 jours. Toutefois, la lutte se poursuit contre les prisons de type puits, plusieurs prisonniers restant en grève de la faim illimitée dans des prisons de haute sécurité à Antalya, Çorlu Karatepe et Kandıra, tandis que les familles maintiennent des actions de soutien à Ankara et İzmir. En effet, Tahsin Sağaltıcı et Gürkan Türkoğlu sont en grève de la faim depuis le 30 juillet 2025, tandis qu’Ali Dilmen l’est depuis le 11 août, Hüseyin Özen depuis le 18 août et Doğan Karataş depuis le 15 octobre 2025.

Le Niger a décidé d’interdire l’entrée sur son territoire et la délivrance de visas aux citoyens états-uniens, en représailles à la décision de Washington de classer le pays parmi ceux soumis à une interdiction totale d’entrée aux États-Unis à partir du 1er janvier 2026 (voir notre article). En effet, cette mesure a été prise après l’annonce, le 17 décembre, d’un durcissement des restrictions états-uniennes, justifié par les autorités des États-Unis au nom de la sécurité nationale.

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Des manifestations de la minorité alaouite ont éclaté dimanche 27 décembre en Syrie après l’attaque meurtrière d’une mosquée alaouite à Homs, revendiquée par un groupuscule extrémiste sunnite et ayant fait huit morts. Organisés pour dénoncer les violences visant leur communauté depuis la prise de pouvoir du groupe islamiste HTS fin 2024, les rassemblements ont été le théâtre de violences, notamment à Lattaquié, où des affrontements avec les forces de sécurité ont fait au moins trois morts et une soixantaine de blessés. Les autorités affirment avoir rétabli l’ordre et accusent des partisans de l’ancien président Bachar al-Assad, tandis que des responsables alaouites dénoncent une répression et réclament davantage d’autonomie politique, la fin des violences, la libération de détenus et un système fédéral pour éviter une nouvelle escalade, dans un contexte marqué par des massacres ayant déjà causé plus de 1 700 morts en mars.

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