La crise migratoire à la frontière polono-biélorusse a révélé que la Pologne a contourné le droit européen en créant une zone d’exception de trois kilomètres où les ONG, journalistes et avocats étaient interdits, permettant des expulsions immédiates vers la Biélorussie. Ces pratiques violent le principe de non-refoulement, la CEDH et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Le cas polonais montre comment le droit européen, inefficace et sans moyens coercitifs, se plie aux intérêts nationaux, sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la sécurité et du contrôle migratoire.

Un document interne de la police antiterroriste britannique suggère que de nombreux manifestants arrêtés après l’interdiction de Palestine Action l’ont été à tort. Daté du 28 août 2025, ce guide tactique de sept pages précisait que des actions comme brandir un dessin de Private Eye ou tenir des pancartes avec des messages tels que « Genocide in Palestine, Time to Take Action » ne devaient pas constituer un motif d’arrestation (voir notre article). D’autres formes de protestation, comme afficher des slogans Palestine Action à domicile ou porter des t-shirts humoristiques, étaient également jugées acceptables. Pourtant, depuis l’interdiction du groupe en juillet (voir notre article), plus de 2 000 personnes ont été arrêtées pour soutien présumé au groupe, dont certaines selon le guide n’auraient pas dû l’être. Ce document, jusqu’ici tenu secret et obtenu via une procédure judiciaire, révèle la confusion des forces de l’ordre et souligne le manque de transparence du gouvernement sur l’application de l’interdiction.

A l’occasion du réveillon du 31 décembre 2025, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la prison de Pentonville, sur Caledonian Road à Londres, pour soutenir les détenus pro-palestiniens en grève de la faim qui poursuivent leur mobilisation à l’entrée de la nouvelle année. La police a été déployée en nombre et a empêché à deux reprises les manifestants de marcher, avant de les repousser vers l’enceinte de la prison. Selon plusieurs témoignages, des arrestations ont eu lieu et des protestataires ont été encerclés par la police devant les grilles de la prison jusque tard dans la nuit.

Les grévistes de la faim ont entamé leur mouvement depuis plusieurs semaines : Heba Muraisi en est à son 62ᵉ jour, Teuta Hoxha à son 56ᵉ jour et Kamran Ahmed à son 55ᵉ jour de grève de la faim, poursuivant leur action malgré l’aggravation des risques pour leur santé. Ils se mobilisent pour exiger que le Royaume-Uni rompe ses liens avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems, mette fin à l’interdiction de Palestine Action, garantisse la libération sous caution immédiate des 33 prisonniers britanniques pour leur engagement pro-palestinien et la fin de la censure en détention.

Le 31 décembre 2025, Pavel Krisevich a pu quitter la Russie après avoir été libéré d’une nouvelle arrestation administrative, la énième depuis sa sortie de prison le 24 janvier 2025 (voir notre article). Inscrit en novembre 2025 au registre des « agents étrangers », il avait été menacé par le FSB de nouvelles détentions s’il ne partait pas immédiatement. Depuis sa détention, Krisevich poursuivait son travail artistique en prison, créant dessins, livres et projets solidaires pour d’autres détenus. Il décrit son départ comme un moment d’euphorie en quittant « la dictature et l’absence de liberté ».

À peine arrivé au Royaume-Uni après sa libération d’Égypte (voir notre article), le militant britannico-égyptien Alaa Abdel Fattah se retrouve au cœur d’une controverse liée à la résurgence d’anciens tweets appelant à la violence contre la police et les sionistes, publiés il y a plus de dix ans. L’affaire a provoqué une vive réaction politique, notamment à droite et à l’extrême droite, qui accusent le gouvernement de laxisme et réclament des sanctions allant jusqu’au retrait de sa nationalité. Face à la polémique, la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper a annoncé l’ouverture d’une enquête sur de « graves manquements des autorités » ayant permis son retour au Royaume-Uni.

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Les grévistes de la faim emprisonné·es pour la Palestine approchent des 60 jours de grève, dans un état de santé alarmant. Heba Muraisi (59e jour) souffre de graves carences, de douleurs intenses et de troubles cognitifs, tandis que ses proches subissent des fouilles abusives et des humiliations en prison. Teuta Hoxha (53e jour) est presque alitée, victime de pertes de connaissance, d’une fatigue extrême et ses visiteurs sont harcelés par l’administration pénitentiaire. Kamran Ahmed (52e jour) subit des vertiges sévères, une perte auditive intermittente et des baisses de rythme cardiaque. Lewie Chiaramello (38e jour), diabétique, continue de jeûner malgré de forts risques pour sa santé. Face à cette situation critique, Prisoners For Palestine appelle à intensifier la mobilisation contre la complicité britannique dans le génocide sioniste et à agir en solidarité avec les prisonnier·es (plus d’infos), à l’image des actions menées contre de nombreuses ambassades britanniques comme à Tunis (photo) et Bruxelles (voir la vidéo).

En Russie, le parquet du kraï de Transbaïkalie aurait saisi la justice afin de faire reconnaître le « Collectif de gauche de Transbaïkalie » comme organisation terroriste et d’en interdire toute activité. Selon l’accusation, ce groupe correspondrait essentiellement à un canal Telegram diffusant par le passé des informations sur des mobilisations antimilitaristes et des actions militantes locales, aujourd’hui inactif. Deux anarchistes déjà condamnés pour des publications et des graffitis seraient présentés comme des « dirigeants » présumés du collectif, Alexander Snezhkov et Liubov Lizunova, tandis qu’un jugement attendu en janvier pourrait entraîner de lourdes peines pour toute activité jugée liée à cette structure.

À Ljubljana, des antifascistes se sont rassemblé·es pour exprimer leur solidarité avec les militant·es d’Antifa Ost actuellement poursuivi·es en justice (voir notre article), affirmant leur soutien dans la lutte contre le néonazisme, le fascisme et toutes les formes de haine d’extrême droite. Cela intervient alors que l’antifascisme est de plus en plus largement criminalisée en Europe, tout comme aux Etats-Unis.

Au Royaume-Uni, plusieurs unités de police testent un système d’intelligence artificielle développé par Faculty AI qui analyse les données du vaste réseau de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) afin d’identifier des trajets considérés comme « suspects ». Contrairement à l’usage traditionnel ciblé de ces caméras, le programme apprend à reconstituer des parcours complets et à détecter des schémas de déplacement associés à des réseaux criminels, à partir de millions de données. Présenté par les autorités comme un projet expérimental encadré sur le plan éthique, ce dispositif suscite de fortes inquiétudes parmi de nombreuses personnes et organisations qui dénoncent un risque de surveillance de masse, d’atteinte généralisée à la vie privée et d’évolution progressive vers le suivi des déplacements de l’ensemble de la population.

Le 28 décembre 2025, la prisonnière pro-palestinienne Heba Muraisi en est à son 56ᵉ jour de grève de la faim pour dénoncer la complicité du Royaume-Uni avec le principal fabricant d’armes israélien, Elbit Systems, et pour exiger son transfert à la prison de HMP Bronzefield. Actuellement détenue à HMP New Hall, elle souffre d’un profond isolement, ayant été éloignée de sa famille et de ses proches de Londres. Sa mère, en raison de problèmes de santé, ne peut pas parcourir les plus de 286 km jusqu’à Wakefield et n’a pas vu sa fille depuis plus de quatre mois, tandis que les visites sont rarement autorisées, y compris pour les proches en mesure de se déplacer. Un appel à l’action invite à contacter HMP Bronzefield et les autorités compétentes afin qu’elles acceptent sans délai sa demande de transfert (plus d’infos).

Parallèlement, la mobilisation se poursuit en soutien aux grévistes de la faim qui luttent pour la libération sous caution de toutes les personnes réprimées pour leur engagement contre le génocide en Palestine au Royaume-Uni : Heba Muraisi, Teuta Hoxha, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello. Ces derniers jours, plusieurs rassemblements ont été organisés au Royaume-Uni, notamment devant les prisons des détenus, mais aussi à Paris, Madrid, Ramallah ou encore Bruxelles (voir photo).