Le procès de l’antifasciste Maja et d’autres accusés, prévu à Budapest, a été reporté au 4 février en raison de l’envoi tardif de documents médicaux. Lors des audiences, les rassemblements de solidarité ont été interdits et de nombreux spectateurs se sont vus refuser l’accès, malgré des salles largement vides. Des proches ont été suivis par la police après les audiences. Par ailleurs, une journée internationale d’actions était organisée le 15 janvier 2026 avec de très nombreuses initiatives en France, Belgique, Allemagne ou encore en Italie.

Après respectivement 73, 66 et 53 jours de grève de la faim, les prisonniers pro-palestiniens Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello ont mis fin à leur mobilisation, suite à l’annulation par le gouvernement britannique d’un contrat de 2 milliards de livres avec Elbit Systems, le principal fabricant d’armes israélien. La grève a aussi permis des avancées sur les conditions carcérales et l’accès à l’information pour les prisonniers, révélant au grand jour la répression politique exercée par l’État britannique et mobilisant un large soutien populaire. Débutée le 2 novembre dernier (voir notre article), cette action avait été entreprise pour dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans le génocide et la colonisation en Palestine tout comme la complicité du Royaume-Uni mais aussi exiger la libération des 33 prisonniers politiques pro-palestiniens détenus dans les prisons britanniques et exiger la fin de la criminalisation du mouvement d’action directe Palestine Action. Le combat continue pour le dernier gréviste de la faim, Umer Khalid.

D’ici fin 2026, l’Union européenne pourrait autoriser les États-Unis à accéder aux bases de données biométriques de millions d’Européens, incluant empreintes digitales, traits faciaux et informations sensibles comme l’origine ethnique ou les croyances politiques et religieuses, dans le cadre des partenariats renforcés pour la sécurité aux frontières (Enhanced Border Security Partnerships, EBSP). En échange, les citoyens européens conserveraient l’exemption de visa pour se rendre aux États-Unis. Malgré des relations tendues avec Washington et des inquiétudes sur la protection des données, les capitales européennes ont donné à la Commission européenne un mandat de négociation. Les discussions incluront des garanties sur la proportionnalité et la durée de stockage des informations, mais l’accès aux données pourrait être opérationnel dès fin 2026, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité et à la confidentialité des informations personnelles des citoyens de l’UE.

Harry Azaryan, étudiant en sciences politiques à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg et membre du grupe trotskyste « Pouvoir ouvrier », a été libéré de détention provisoire sous interdiction de certaines activités. En mai dernier, il avait été accusé d’« incitation au terrorisme via Internet » après qu’un agent infiltré dans son groupe ait transmis aux autorités des informations sur les membres, les réunions et une vidéo de son discours en ligne (voir notre article). Dans cette allocution, Azaryan théorisait la destruction du capitalisme par la révolution et évoquait la possibilité d’éliminer les « exploiteurs », qu’il désignait comme ennemis des masses populaires.

Le collectif britannique Bash Back, engagé dans la défense des droits des personnes trans, a rendu publiques des données confidentielles concernant les donateurs de la Free Speech Union, une organisation fondée pour défendre la liberté d’expression face aux sanctions professionnelles ou judiciaires. Ces révélations mettent en évidence des soutiens financiers à des campagnes juridiques associées à des figures transphobes notoires. Les informations divulguées font apparaître des contributions importantes provenant d’individus fortunés et de personnalités publiques, ravivant les débats sur la transparence, le respect de la vie privée et le rôle de l’argent dans la diffusion et la légitimation de discours transphobes.

Face aux menaces des États-Unis sur le Groenland, une colonie danoise riche en ressources minières, l’application de messagerie Signal connaît un afflux massif de téléchargements. Elle se classe désormais numéro un du Google Play Store danois dans la catégorie Communication, devant WhatsApp et Telegram. Signal se distingue par son chiffrement de bout en bout complet, l’absence de collecte de données et son code open source, offrant aux utilisateurs un contrôle total sur leur vie privée, contrairement à ses concurrents dont les fonctionnalités exposent de nombreuses informations personnelles par défaut.

Depuis le 1er janvier 2026, un amendement du Code pénal tchèque assimile explicitement la propagande communiste à la propagande nazie, interdisant toute promotion publique de ces idéologies, y compris l’usage de symboles tels que l’étoile rouge ou le marteau et la faucille, et prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. La mesure est toutefois critiquée par plusieurs universitaires et politologues, qui estiment que le communisme constitue un courant idéologique pluriel, distinct par nature du nazisme, et que cette assimilation dénature l’histoire et criminalise un courant politique et idéologique hétérogène. L’impact concret de cette réforme reste incertain, aucune condamnation pour propagande communiste n’ayant été prononcée depuis 1989.

Plusieurs détenus incarcérés en raison de leur engagement contre le génocide en Palestine poursuivent une grève de la faim dans des prisons britanniques, avec des conséquences préoccupantes sur leur santé. Heba, après 66 jours de jeûne à la prison de New Hall, présente des signes de détresse respiratoire et une faiblesse physique extrême. Kamran, qui dépasse les 55 jours de grève, a été hospitalisé à plusieurs reprises pour des troubles cardiaques, des pertes d’audition et des vertiges. Lewie Chiaramello poursuit également son action après plus de 40 jours. Parallèlement, T Hoxha a interrompu son jeûne après avoir obtenu des garanties sur ses conditions de détention, notamment le traitement d’un arriéré de courrier et la tenue d’un entretien avec l’unité JEXU (Joint Extremism Unit). D’autres participants, comme Amu, Jon, Qesser et Umer, ont également suspendu leur mouvement tout en maintenant leurs revendications initiales, visant la complicité britannique avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems et dénonçant la criminalisation de Palestine Action et de ses soutiens.

En Autriche, sept militants antifascistes sont jugés à partir du 7 janvier 2026 devant le tribunal pénal de Graz dans le cadre du procès dit AntifaGraz25, où ils encourent jusqu’à 15 ans de prison pour « vol aggravé » et « association criminelle ». Les poursuites font suite aux mobilisations contre le bal académique de Graz en janvier 2025, événement réunissant des groupes et figures de l’extrême droite. Initialement qualifiés de vol et de violences, les faits ont été requalifiés par les autorités en infractions lourdes, accompagnées d’une vaste enquête du service de protection de l’État, de perquisitions violentes et de détentions prolongées, bien que la justice ait par la suite jugé ces perquisitions illégales et qu’aucune preuve matérielle n’ait été retrouvée. Dans ce cadre, plusieurs jours de mobilisation sont organisées dans la ville autrichienne (voir ici).

La crise migratoire à la frontière polono-biélorusse a révélé que la Pologne a contourné le droit européen en créant une zone d’exception de trois kilomètres où les ONG, journalistes et avocats étaient interdits, permettant des expulsions immédiates vers la Biélorussie. Ces pratiques violent le principe de non-refoulement, la CEDH et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Le cas polonais montre comment le droit européen, inefficace et sans moyens coercitifs, se plie aux intérêts nationaux, sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la sécurité et du contrôle migratoire.