Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 8 février 2026, un mouvement de grève du travail est lancé dans les prisons de l’Alabama, sous l’impulsion du Free Alabama Movement et de figures comme le prisonnier anarchiste Michael Kimble (voir photo), pour protester contre leur exploitation et exiger l’abolition du système carcéral, des peines de perpétuité réelle et de la peine de mort. Les détenus du centre correctionnel de Ventress dénoncent notamment des mesures de rétorsion consistant à réduire drastiquement les portions alimentaires et l’accès aux achats de nourriture en réponse à leur action. Face à cette situation, un appel à la solidarité internationale est lancé afin de soutenir la lutte par diverses actions directes et de sensibilisation.

Ce vendredi 6 février, la cantine du Silure accueille plusieurs collectifs solidaires de la révolution au Rojava (Rise Up 4 Rojava, Secours Rouge Genève, Contre attaque et autonomie, Serhildan Genève) pour une soirée d’information et d’échanges sur la situation actuelle et les perspectives d’organisation locales. L’événement sera accompagné d’un repas solidaire à 19h30, avec ouverture du lieu dès 17h pour la permanence de l’infokiosque-bibliothèque, à l’adresse Avenue Jacques-Grosselin 50c.

Après la répression de janvier 2026, qui a fait plusieurs milliers de morts sans que le chiffre définitif ne soit établi, de nombreux Iraniens restent sans nouvelles de proches arrêtés ou disparus, dans un contexte de recours massif aux disparitions forcées par les autorités. Cette pratique est utilisée pour terroriser les familles, empêcher le deuil et faire taire toute contestation, avec des risques de détention secrète, de torture, voire d’exécutions et d’enterrements anonymes. Parallèlement, le président états-unien Donald Trump a multiplié les menaces contre Téhéran, évoquant de possibles frappes militaires et un durcissement des sanctions, accentuant les ingérences et pressions occidentales.

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Dans le district de Nagarkurnool, au Telangana, la police a arrêté cinq personnes soupçonnées d’être liées au Parti Communiste d’Inde (maoïste), dont deux cadres présumés et trois sympathisants, dans le cadre d’une opération visant à empêcher une reprise des activités maoïstes dans les régions de Mahbubnagar et de Nallamalla. Parmi les personnes interpellées figureraient un responsable militaire présumé du comité spécial de Dandakaranya et son épouse, ainsi qu’un enseignant, un gérant de station-service et un agriculteur. Selon la police, ces arrestations s’inscrivent dans une stratégie de démantèlement de tentatives de réorganisation du mouvement en petites unités avec l’appui d’organisations affiliées.

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Mardi 27 janvier à Bruxelles, devant le Parlement européen et l’ambassade indienne, des militants ont dénoncé les attaques de l’État indien contre le Parti communiste d’Inde (maoïste) dans le cadre de l’opération Kagaar, menée depuis deux ans par le gouvernement de Narendra Modi. Cette opération, mobilisant plus de 60 000 militaires et forces paramilitaires depuis janvier 2024, a entraîné des centaines de morts parmi les membres du parti et les populations locales, en particulier les adivasis, ainsi que de vastes arrestations.

Les participants à la manifestation, dont l’AVEG‑KON, l’ATİK, TSP ou encore le Secours Rouge de Belgique, ont dénoncé la complicité des États européens soutenant le régime fasciste indien. Des banderoles et slogans réclamaient l’arrêt immédiat de l’opération Kagaar et affirmaient leur soutien à la guerre populaire menée par les maoïstes. Un rassemblement similaire était également organisé à Vienne au même moment.

Âgé de 22 ans et dernier prisonnier de la campagne de Palestine Action à poursuivre sa grève de la faim, Umer Khalid a interrompu sa mobilisation le 27 janvier après avoir été hospitalisé pour insuffisance organique à Londres. Atteint de dystrophie musculaire des ceintures, il refusait également de boire de l’eau depuis le 23 janvier, mettant sa vie en danger. Sa mobilisation visait à dénoncer les conditions carcérales, le refus de soins, la censure de ses communications et l’atteinte à sa pratique religieuse, ainsi qu’à obtenir un procès équitable et la levée de restrictions injustes. Grâce à sa résistance, plusieurs de ses revendications ont été partiellement obtenues : retour du courrier et des vêtements, fin des restrictions de visites et réunion avec le directeur de la prison. Khalid a affirmé : « Il n’y a aucune considération pour nos vies dans ces cellules. Jusqu’à ce que cela change, nous continuons à résister. »

La fin de sa grève marque aussi la fin de la grève de la faim collective entamée le 2 novembre 2025 par huit prisonniers dans six prisons britanniques (voir notre article). Selon leurs soutiens, cette mobilisation a contribué à faire échouer un contrat militaire de 2 milliards de livres entre le Royaume‑Uni et Elbit Systems, entreprise israélienne d’armement, et a relancé une dynamique de mobilisation directe contre l’industrie militaire liée à Israël. Les grévistes présentent leur action comme un acte de résistance contre la complicité de l’État britannique dans la guerre à Gaza et affirment que leur lutte se poursuivra en dehors des prisons.

Le 20 janvier 2026, l’armée israélienne a arrêté Walid Harazna, étudiant à l’université de Birzeit et membre de l’Union démocratique de la jeunesse palestinienne, alors qu’il se rendait à l’université, six mois après sa libération précédente. Hier, il a été transféré en détention administrative pour quatre mois. Harazna est ciblé en raison de son rôle dans le bureau exécutif du Bloc de l’unité étudiante et son engagement politique au sein du mouvement étudiant.

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En Turquie, une infirmière d’Istanbul a été arrêtée le 26 janvier 2026 pour avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle se tressait les cheveux en solidarité avec les YPJ (Unité de Proection des Femmes) du Rojava. Accusée de « propagande terroriste », elle n’a fait qu’un geste symbolique pour dénoncer la violence contre les femmes kurdes en Syrie par les groupes djihadistes. Les autorités turques, qui assimilent les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, une coalition militaire dirigée par les YPG/YPJ) au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), criminalisent cette expression de solidarité, tandis que des manifestations pro-kurdes se multiplient dans le pays. L’affaire intervient dans un contexte de négociations fragiles de paix entre Ankara et le PKK, soulignant la pression exercée sur toute forme de protestation ou de soutien politique aux Kurdes.

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Le 26 janvier 2026, le tribunal du Pirée a condamné le militant révolutionnaire turc Halil Demir à 4 ans et demi de prison à l’issue d’une procédure expéditive marquée par une violation flagrante du droit à un procès équitable. Malgré l’indisponibilité de son avocat, le tribunal a refusé le report d’audience ainsi que la désignation d’un avocat commis d’office, conduisant à une condamnation sans défense, sans prise de parole et sans véritable procès. Cette affaire est directement liée aux événements de 2021 à la prison de Korydallos, où des prisonniers politiques turcs avaient été frappés dans l’enceinte du tribunal : Halil Demir est poursuivi pour avoir résisté à ces violences. En réaction, il a entamé une grève de la faim pour exiger le respect de ses droits fondamentaux. Ses soutiens dénoncent une coopération répressive entre les États grec et turc visant à criminaliser les réfugiés et militants politiques, et appellent à une solidarité internationale.

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En Ouganda, le gouvernement de Yoweri Museveni justifie une vaste offensive sécuritaire après les élections du 15 janvier 2026 par la lutte contre de supposés « gangs criminels », tout en assumant la coupure d’Internet et les arrestations. Selon des responsables militaires, des milliers de partisans de l’opposition auraient été arrêtés et plusieurs dizaines tués.

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