Âgé de 74 ans et détenu depuis près de trois ans à la Prison de Patna, le membre du bureau politique du Parti communiste d’Inde (maoïste) Pramod Mishra a entamé le 26 janvier une grève de la faim illimitée pour protester contre ses conditions inhumaines de détention et les mauvais traitements visant les prisonniers politiques, notamment le manque de nourriture, de soins et de droits de communication.
Après une très dure grève de la faim et de la soif, le prisonnier pro-palestinien a été hospitalisé puis placé à nouveau en détention (voir notre article). Dans une déclaration datée du 12 février, il dénonce ses conditions de détention et souligne leur nature politique : « La prison/l’hôpital étaient pressés de me ramener car je représente un « risque pour la sécurité ». À tel point qu’ils ont refusé de me laisser contacter ma famille ou même transmettre un message à mon avocat. Même maintenant, je souffre encore tous les jours et cette manifestation pourrait encore s’avérer fatale. Je vous dis cela, non pas pour susciter la sympathie ou la pitié, mais pour souligner jusqu’où l’État est prêt à aller. Nous passons notre vie à travailler et à payer des impôts pour faire fonctionner ce système défaillant et nos vies ne signifient rien pour eux. Nous ne sommes que des rouages de leur machine d’oppression. La machine qui a bâti les fondements de l’impérialisme et du colonialisme dans le monde entier. » Par ailleurs, il a également rappelé que « le système n’est pas pacifique et il ne changera pas par des moyens « pacifiques » approuvés par l’État. »
Le Tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné 7 des 13 prévenus jugés pour leur implication présumée dans les émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, avec des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme, bien inférieures aux réquisitions du parquet, tandis que six accusés ont été relaxés. Le jugement souligne les fragilités de l’enquête, largement fondée sur des écoutes téléphoniques, et confirme le net affaiblissement de l’accusation au fil des audiences. La peine la plus lourde vise Didier Laurent, policier reconnu coupable de violation du secret professionnel pour avoir transmis des informations aux prévenus, condamné à deux ans de prison et interdit définitivement d’exercer.
Le 11 février, plus de 200 étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont rassemblés pour soutenir deux camarades menacés d’exclusion après des actions de soutien à la Palestine. Malgré l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la direction, la solidarité s’est étendue à d’autres établissements artistiques, notamment la Haute école des arts du Rhin et plusieurs écoles à travers le pays, où performances et actions symboliques ont été organisées pour dénoncer les sanctions et défendre la liberté d’expression et d’organisation des étudiants.
Lors d’une conférence de presse le 12 février à Francfort, Alma, internationaliste et participante à la Caravane Populaire, a témoigné avoir subi une tentative de viol et des violences sexuelles de la part de gardiens lors de sa détention en Turquie le 28 janvier, peu avant son expulsion vers l’Allemagne (voir notre article). Séparée de ses camarades, elle décrit des actes de brutalité physique, des menaces de mort et des attouchements forcés, auxquels elle a résisté. Durant son témoignage (voir ici), elle souligne que ces violences ne relèvent pas d’une expérience individuelle mais s’inscrivent dans un système plus large de répression et de violences sexuelles visant notamment les femmes détenues et les militantes politiques.
Après 59 jours de prison à Oued-Ghir à la suite de son arrestation le 14 décembre 2025 pour un post Facebook (voir notre article), le militant Lyes Touati, figure du mouvement social et membre du groupe trotskyste PST suspendu en 2022, a été acquitté et libéré. Accusé initialement de liens avec une organisation qualifiée de terroriste (accusation finalement abandonnée), il restait poursuivi pour des délits avant son acquittement final.
Le 11 février 2026, le tribunal administratif de première instance d’Héraklion, en Crète, a ordonné la libération de Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun, et son « auto-expulsion » vers la Belgique dans les prochains jours. Détenu depuis le 7 février dans des conditions particulièrement insalubres, il faisait face à une campagne de pression visant à le maintenir en détention. Son interdiction de territoire grec reste en vigueur, apparemment à la demande de l’État d’Israël, et il prévoit de contester cette mesure sur le plan juridique et politique. Dans une déclaration publiée le soir-même, le militant palestinien a affirmé : « Je suis libre, après cinq jours de détention dans ce qu’ils appellent des « centres fermés ». Mais ce ne sont en réalité que des laboratoires de torture et d’humiliation où des dizaines de mineurs, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs précaires subissent les mêmes conditions inhumaines. Je vous remercie de votre solidarité et de votre soutien, mais n’oublions pas celles et ceux qui sont laissés derrière les barreaux, privés de droits et de justice. Ces abus et tortures systémiques en Grèce rappellent les méthodes employées par l’État sioniste contre le peuple palestinien, et celles utilisées par les puissances coloniales à travers le monde. »
Son placement en détention avait suscité une vague de solidarité dans plusieurs pays européens. En France, plus de 70 organisations, dont le Secours Rouge Toulouse, Urgence Palestine, Guerre à la guerre et Samidoun, ont co-signé une déclaration de soutien (voir ici). À Athènes et Héraklion, plusieurs initiatives solidaires ont été organisées pour exiger sa libération et dénoncer la complicité de l’État grec avec Israël. À Bruxelles, un rassemblement a eu lieu le 11 février devant l’ambassade de Grèce, rassemblant des dizaines de personnes. Une délégation du Secours Rouge de Belgique y était présente avec une banderole « Liberté et asile pour Mohammed Khatib » et a également pris la parole.
Dans les milieux militants allemands, une personne identifiée comme Marlen a couvert pendant huit ans le rôle d’un informateur, Dîlan S. (voir notre article), au sein du groupe Interventionistische Linke de Brême, malgré la connaissance de sa collaboration avec le Verfassungsschutz, le service de renseignement intérieur allemand chargé de la surveillance des extrémismes, depuis 2017. Bien qu’elle ait finalement révélé ces informations fin 2025, son silence prolongé a permis à Dîlan de continuer à infiltrer et à compromettre des structures de la gauche révolutionnaire régionales et nationales. La révélation de cette infiltration a également provoqué une action contre le directeur du service de renseignement (voir notre article).
Le tribunal judiciaire de Lorient a condamné sept militants écologistes à des amendes et à verser plus de 200 000 euros d’indemnités pour avoir bloqué un train transportant du blé en Bretagne en 2022 et déversé 142 tonnes de céréales, bien qu’ils aient été relaxés des accusations de dégradation de la voie ferrée. Cinq autres prévenus ont été totalement relaxés. Les militants dénonçaient l’agro-industrie et le transport de soja vers des fermes-usines.
Daria Egereva, militante environnementale et figure du peuple autochtone selkoupe, comparaît devant la justice russe après son arrestation en décembre, accusée de terrorisme en lien avec son engagement au sein d’organisations autochtones désormais classées comme telles par Moscou. Défendant depuis des années les droits des peuples autochtones dans les négociations climatiques, elle risque jusqu’à vingt ans de prison.