Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

À la suite de l’interpellation de plusieurs militants lors d’une action de collage vendredi 30 janvier dans la soirée, un appel au rassemblement est lancé pour ce dimanche 1er février à 12h devant le commissariat de Noailles. Ces gardes à vue, qui ont été prolongées samedi soir, font suite à une initiative militante organisée au kiosque des Réformés en réaction à la présence du syndicat de police Alliance au Vieux-Port. Leurs soutiens dénoncent une répression ciblée contre les collages antifascistes et appellent à un soutien massif aux personnes interpellées.

Dossier(s): France Tags: ,

Le club de football Amedspor, basé à Diyarbakir et figure majeure du football kurde en Turquie, a été sanctionné par la Fédération turque de football pour « propagande idéologique » après la diffusion d’une vidéo sur ses réseaux sociaux reprenant le slogan kurde « Jin, jiyan, azadi » (« Femmes, vie, liberté »). La séquence, publiée en réaction à des images montrant un soldat syrien se vantant d’avoir coupé les cheveux d’une combattante kurde, a valu au club une amende de 802 500 livres turques et une suspension de quinze jours à son président. La décision, contestée par Amedspor, intervient alors que le club est leader de la deuxième division et en lice pour une montée historique en première division.

Dossier(s): Turquie-Kurdistan Tags: ,

En pleine campagne pour les municipales de 2026, le maire sortant de Toulouse, Jean Luc Moudenc, place la sécurité au cœur de son programme en proposant d’assister le réseau de vidéosurveillance par l’intelligence artificielle sans recours à la reconnaissance faciale, interdite pour le moment dans l’espace public. Il promet également l’installation d’au moins une caméra par rue, ce qui impliquerait de doubler voire de quadrupler le parc actuel de 710 caméras pour couvrir les 3 801 voies de la ville. Selon les estimations fondées sur les coûts actuels, cette extension représenterait un investissement compris entre 30 et près de 80 millions d’euros, ou entre 20 et 53 millions pour la commune après subventions, sans compter les frais de maintenance, de gestion des données et la création d’un centre de supervision centralisé. Cette orientation sécuritaire, au coût massif et à l’efficacité contestée, contraste avec les fortes réductions budgétaires opérées dans les politiques sociales locales.

Des États et des entreprises de surveillance développent des outils d’« Advertising Intelligence » (AdInt) permettant aux services de police et de renseignement de localiser des smartphones à partir de données publicitaires ordinaires collectées par des applications courantes dans une opacité quasi totale. Une quinzaine de sociétés, majoritairement israéliennes mais aussi européennes et états-uniennes, proposent ces services déjà exploités par des agences telles que l’ICE aux États-Unis qui y a investi plusieurs millions de dollars.

Présentés comme des alternatives aux méthodes classiques de pistage, ces dispositifs font peser de graves menaces sur les libertés individuelles d’autant qu’ils peuvent être croisés avec des bases de données fuitées et servir à des opérations de désanonymisation. Ce risque concerne également les utilisateurs du réseau Tor dont la robustesse a récemment été remise en question suite à une opération de la police allemande (voir notre article). Malgré certaines limites techniques, cette industrie prospère en exploitant le consentement de façade des usagers et souligne l’urgence de l’autodéfense numérique face à une surveillance globale de plus en plus intrusive.

Le 31 janvier 2026, une manifestation organisée à Turin en réaction à l’expulsion du centre social Askatasuna (voir notre article) a été marquée par des affrontements avec la police, après qu’une partie du cortège a dévié de l’itinéraire autorisé pour se diriger vers l’ancien site occupé. Des projectiles, fumigènes et engins pyrotechniques ont été lancés, tandis que les forces de l’ordre ont riposté par des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Plusieurs blessés sont à déplorer. La mobilisation a rassemblé, selon les sources, entre 20 000 et 50 000 personnes. Des scènes de violence ont suscité de vives réactions au plus haut niveau de l’État : la Première ministre et le président de la République ont exprimé leur soutien aux forces de l’ordre tout en appelant à une réponse judiciaire ferme.

Dossier(s): Italie Tags: ,

Jeudi soir, la Chambre des représentants a adopté une loi instaurant la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour crimes graves, une mesure qui ne s’applique qu’aux Belges disposant d’une double nationalité. Le texte introduit de fait une différence de traitement entre citoyens : une personne condamnée pour terrorisme ou criminalité organisée conserve sa nationalité si elle est uniquement belge, mais peut la perdre si elle est binationale.

Dossier(s): Belgique Tags: ,

Selon une enquête du journal Le Soir, la FN America, filiale à 100 % de la FN Herstal, aurait fourni depuis 2009 des armes « à létalité réduite » FN 303 à des agences états-uniennes chargées du contrôle migratoire, notamment la Customs and Border Protection (CBP), pour un montant cumulé de plusieurs millions de dollars. Un contrat d’un million de dollars aurait notamment été signé en septembre 2025 avec la CBP, impliquée dans les expulsions de migrant·es sous l’administration Trump. La FN Herstal dément toutefois toute vente d’armes ou de lanceurs FN 303 à l’ICE, affirmant que les seuls contrats concernent des projectiles inertes ou de peinture, tout en reconnaissant des accords récents avec la police aux frontières et d’autres agences relevant du département états-unien de la Sécurité intérieure.

Le 27 janvier 2026, une performance artistique organisée lors d’une soirée étudiante à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Mulhouse a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « outrage » aux forces de l’ordre et au drapeau français. Au cours de l’événement, des étudiants ont frappé une piñata représentant un véhicule de police, tandis qu’un drapeau tricolore marqué de l’inscription « Police nationale » a été exhibé déchiré. Signalés par le préfet, ces faits ont suscité de vives réactions au sein de la droite et de l’extrême droite, qui dénoncent une « idéologie antiflics » et réclament des sanctions contre l’établissement. De leur côté, les participants défendent une performance politique et artistique visant à critiquer l’institution policière et les violences qui lui sont associées à l’échelle internationale.

Dossier(s): France Tags: ,

Militant engagé depuis plus de 50 ans en soutien aux prisonnier·es politiques, membre du Network for the Freedom of All Political Prisoners et du Secours Rouge International, Wolfgang Lettow est aujourd’hui à son tour la cible de la répression. Le 10 décembre 2025, il a été convoqué par la police à Hambourg afin de témoigner contre Volker Staub, ancien militant de la RAF (Fraction Armée Rouge) toujours recherché. Refusant de collaborer et faisant usage de son droit au silence, Lettow s’expose désormais à de nouvelles convocations, à des amendes et potentiellement à une « Beugehaft » (détention coercitive pouvant aller jusqu’à six mois). Cette procédure s’inscrit dans une campagne plus large d’intimidation liée aux affaires Daniela Klette, Burkhard Garweg et Volker Staub, dénoncée comme une criminalisation de l’engagement antifasciste, internationaliste et anti-impérialiste.

Le 27 janvier 2026, plusieurs organisations ont manifesté devant le consulat général de l’Inde à Birmingham pour dénoncer l’opération Kagaar, une offensive de l’État indien visant à écraser la rébellion maoïste et marquée par la multiplication des exécutions extrajudiciaires, des violences et des massacres contre les populations civiles, en particulier les communautés adivasi. Première mobilisation de ce type en Grande-Bretagne, l’action s’est tenue simultanément à des mobilisations similaires à Bruxelles (voir notre article), en lien avec les négociations de libre-échange Union Européenne–Inde et les travaux du Parlement européen sur les droits humains. Les manifestants ont dénoncé une opération au service d’intérêts miniers et impérialistes, impliquant notamment des multinationales telles que Vedanta et Adani.

Dossier(s): Europe Tags: , ,