Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Facundo Jones Huala, figure de proue du groupe Résistance Ancestrale Mapuche (RAM), qui avait été extradé d’Argentine (voir notre article), restera en détention pendant au moins 90 jours supplémentaires. Cette décision a été prise à l’issue d’une audience visant à déterminer la suite de la procédure, au cours de laquelle le parquet a requis un délai supplémentaire pour l’enquête, requête qui a été acceptée par le juge. Les avocats du Gremial (une association d’avocats chiliens) définissent l’affaire comme « non pas juridique, mais politique », et ont précisé : « Quoi que nous disions, le juge allait prolonger la détention.» Facundo restera emprisonné pendant encore 90 jours, et que sa détention sera ensuite probablement encore prolongée. Il est incarcéré à plus de 800 kilomètres de sa famille, de sa communauté, de son peuple, dans la pire prison du Chili. Jones Huala est détenu à Rawson depuis juin. Son équipe de défense avait initialement demandé son transfert à Esquel, mais si la requête avait d’abord été acceptée, la décision a ensuite été annulée, le gouvernement fédéral invoquant des raisons de sécurité.

Facundo Jones Huala

En mars 2024, suite à un signalement de l’Association de sauvegarde de la ceinture verte d’Avignon (ASCVA) au sujet de la destruction prochaine d’un corps de ferme, le mas de Barre, une dizaine de militant·es de plusieurs collectifs se mobilisent pour l’occuper. Les bâtiments sont la propriété de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de la région Sud. Celle-ci les a acquis dans le cadre du projet de la « Liaison Est-Ouest », dit LEO, visant à créer un contournement routier de la ville d’Avignon. Problème : le tracé passe pile-poil dans une zone agricole, que défendent de longue date des associations comme l’ASCVA au nom de la préservation des terres nourricières et de l’autonomie alimentaire.

À partir du 7 mars, le mas de Barre devient donc une zone à défendre. Le 17 avril 2024, à huit heures du matin, et sans qu’aucun avis d’expulsion n’ait été notifié, les personnes présentes sont nassées dans un hangar, insultées et intimidées (photo). Neuf sont envoyées en garde à vue. D’abord placé·es en garde à vue sur délit de squat, les militant·es ressortent accusé·es d’installation en réunion sur un terrain privé. Sept personnes écopent alors d’une ordonnance pénale, à laquelle trois d’entre elles décident de faire opposition. Un an plus tard, alors que les trois prévenu·es se présentent devant le tribunal correctionnel d’Avignon. Ils tiennent le délit pour nul car rien n’indique qu’ils étaient sur place avant le jour de l’évacuation des lieux. Les trois militant·es ont appris leur relaxe le 7 novembre dernier, mais iels sont désormais inscrit·es au fichier du traitement d’antécédents judiciaires (TAJ). Le projet LEO, quant à lui, est enterré.

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L’Agence nationale d’enquête ( National Investigation Agency , NIA) a déposé jeudi un acte d’accusation contre 11 membres et sympathisants supposés du Parti communiste d’Inde (maoïste), pour la réquisition à main armée d’environ 4 000 kg d’explosifs de haute qualité dans la région de Rourkela, dans l’État d’Odisha, en début d’année. Les 11 accusés sont poursuivis en vertu des articles de la loi sur la prévention des activités illégales, de la loi sur les armes et de la loi sur les substances explosives. 200 paquets, contenant chacun 20 kg d’explosifs, initialement destinés à une carrière de pierre privée, avaient été saisis le 27 mai 2025, lorsque 10 à 15 guérilleros maoïstes avaient détourné un camion chargé d’explosifs près de la carrière de Banko. Des opérations de ratissage conjointes menées par le Groupe d’opérations spéciales (SOG) de la police d’Odisha, la Force centrale de réserve de la police (CRPF), les Jaguars du Jharkhand et la Force volontaire du district dans la chaîne de collines de Gandhamardan (à la frontière entre Balangir et Bargarh) avaient permis de récupérer la majeure partie de ces explosifs (voir notre article et la photo).

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C’est le 3 novembre que le procès des anarchistes Aldo et Lucas Hernandez s’est achevé avec leur condamnation à respectivement 21 et 12 ans de prison, pour l’attaque contre la Direction Générale de la Gendarmerie, en décembre 2021 (voir notre article). Le 21 juillet de cette année, entre des rassemblements et de multiples actions solidaires (voir notre article), a commencé leur long procès, qui s’est déroulé au Centre de Justice de Santiago. Les plaignants, c’est-à-dire le Parquet, le Ministère de la sécurité publique et la Gendarmerie du Chili, exigeaient au début des peines allant de vingt ans de prison pour Lucas à 90 ans de prison pour Aldo. Plus tard, après la lecture du verdict, le 3 octobre, les plaignants ont sollicité une peine de 32 ans et 1 100 jours pour Aldo et une peine de 18 ans et 800 jours pour Lucas. Finalement, Aldo est condamné à 21 ans et de Lucas à 12 ans.

Après la découverte d’une vache contaminée par la dermatose nodulaire contagieuse dans une exploitation de Bordes-sur-Arize, la préfecture de l’Ariège a ordonné l’abattage des 208 bêtes du troupeau, sans que les 207 autres n’aient été testées ou vaccinées. Face à cette décision prise sans concertation avec les éleveurs, plus de 600 agriculteurs de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne se sont mobilisés pour faire barrage à une mesure qui, in fine, condamne les petites exploitations. Dans la nuit du jeudi 11 décembre, ce sont près de 300 agents de la police et de la gendarmerie qui ont réprimé les 600 agriculteurs avec tirs de grenades lacrymogènes et de dispersion, un hélicoptère, ainsi que plusieurs charges. Quatre agriculteurs ont été interpellés. Après une nuit d’affrontements, la police a brisé le barrage et les services vétérinaires de commencer l’abattage du troupeau sous la protection d’un cordon policier. Le gouvernement impose une nouvelle fois par la violence un dispositif que les syndicats dénoncent depuis plusieurs semaines. Dans le Tarn, près de 200 agriculteurs solidaires ont bloqué plusieurs axes routiers.

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La GLS Bank a informé le Parti communiste allemand (DKP) qu’elle fermerait tous ses comptes et ceux de ses organisations affiliées d’ici la fin de 2025. Cela intervient après que l’établissement bancaire a posé plusieurs questions sur des fonds destinés à l’aide humanitaire pour Cuba. Le DKP dénonce cette fermeture comme un acte d’anticommunisme institutionnel et une tentative de restriction de son organisation et de ses activités internationales. Le parti s’inquiète du précédent établi, qui permet aux banques privées d’agir comme des censeurs politiques.

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À l’université Paris 1, la présidence a fait appel à la police après qu’un Conseil d’Administration a été empêché de se tenir par plusieurs centaines d’étudiants, personnels et enseignants mobilisés contre un budget déficitaire et la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Alors que les manifestants tenaient une assemblée générale, des dizaines de policiers ont été déployés dans le centre Panthéon, contrôlant et filmant les participants, une intervention dénoncée comme une nouvelle étape dans la répression des mobilisations étudiantes.

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Militant du NPA-R et dirigeant syndical du SNES-FSU à Bordeaux, David Pijoan est de nouveau convoqué par la justice dans le cadre d’un « avertissement pénal probatoire » lié à un rassemblement en soutien à la flottille pour Gaza, considéré comme une manifestation non déclarée. Cette procédure, qu’il refuse de reconnaître, s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites visant des soutiens à la cause palestinienne, alors que plusieurs figures syndicales et politiques ont récemment été inquiétées pour des prises de position similaires. Ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et appellent à un nouveau rassemblement le 12 décembre devant la maison de la justice et du droit, place Ravezies à 9h, pour exiger l’abandon des poursuites et défendre le droit de manifester.

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Le tribunal administratif de Lyon a suspendu en urgence l’arrêté préfectoral qui interdisait les concerts du Lyon Antifa Fest, au motif de risques de troubles à l’ordre public (voir notre article). Cette décision permet au festival de maintenir ses soirées à Villeurbanne, ce qui est une victoire importante face à l’importante campagne de la droite et de l’extrême droite qui se sont mobilisées depuis des mois contre l’événement. La préfecture, tout en prenant acte du jugement, affirme rester vigilante.

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Militante antifasciste impliquée dans l’affaire de Budapest, Nele a été transférée le 9 décembre depuis la prison de Chemnitz, sans que sa destination actuelle soit connue. Elle devrait être prochainement incarcérée à Wuppertal, mais son arrivée reste incertaine en raison d’un probable transit de plusieurs jours entre différentes prisons allemandes. Dans ce contexte, ses soutiens appellent à renforcer la solidarité. En particulier, ils dénoncent la stratégie du LKA (Office de police criminelle d’un Land) visant à affaiblir la détermination des prisonniers politiques et de leurs réseaux.