Mercredi 5 et jeudi 6 février, la 10e section de la Haute Cour de Barcelone a acquitté 13 manifestant·es des CDR (Comités de Défense de la République, gauche indépendantiste) qui s’étaient enchainés aux portes du palais de justice le 23 février 2018 (voir notre article). Ces 14 militant·es avaient été arrêté·es inculpé·es de “trouble de l’ordre public” et “désobéissance” et pour deux d’entre eux de “résistance sévère à agents de l’autorité”. Aucun dommage aux biens ou aux personnes n’ayant pu être prouvé, 13 militant·es ont été acquittés tandis que le 14e n’a pas été jugé.

Une des arrestations de Barcelone (archive)

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Après un an et demi de clandestinité, samedi 25 janvier, Gabriel Pombo da Silva a été arrêté au Portugal, la région de Monção. La police portugaise aurait bénéficié de l’aide des polices espagnole et italienne. Gabriel était sorti de prison en 2016 (voir notre article), mais il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international, l’Espagne voulant lui faire purger un supplément de peine de dix ans de prison pour des faits datant des années ’90. Dans la clandestinité, Gabriel a continué à se battre et à apporter sa propre contribution à la lutte anarchiste notamment via ses textes. La cour d’appel de Guimarães dispose désormais de 60 jours pour décider de le libérer ou de le remettre en Espagne. En attendant, il est enfermé à titre préventif dans une prison du nord du pays.

Gabriel Pombo da Silva

Mercredi 22 janvier, la Guardia Civil a arrêté Antton López Ruiz, Oihana San Vicente, Oihana Garmendia et Haimar Altuna. L’opération a été ordonnée par l’Audiencia Nacional en lien avec les cérémonies d’accueil organisés pour les prisonniers basques libérés. Antton López Ruiz et Oihana Garmendia sont membres de l’initiative Kalera Kalera qui milite en faveur des droits des prisonniers basques. Oihana San Vicente et Haimar Altuna sont quant-à-eux responsables du parti politique Sortu. Antton López Ruiz et Oihana Garmendia avaient déjà été arrêtées il y a deux ans et accusé·es “d’apologie du terrorisme” pour avoir participé à un événement rendant hommage à Belen González décédée en 2017 (voir notre article). Deux autres personnes avaient aussi été détenues lors de cette opération. Une fois emmenés à la caserne d’Intxaurrondo, tous les prisonniers ont été libérés.

Antton López et Oihana Garmendia, deux des quatres personnes arrêtées.

Jeudi 30 janvier, 13 militant·es antifascistes passeront en procès pour avoir manifesté contre la venue de Vox (un parti d’extrême droite) dans leur quartier de Vallecas (Madrid) à l’occasion de la campagne électorale de novembre 2019. Les militant·es s’étaient rassemblé·s avec des casseroles, des sifflets et d’autres bannières et plusieurs d’entre eux avaient été identifiés par la police à cette occasion. Suite à une plainte de Vox, les manifestant·es identifiés seront poursuivis pour “délit de contrainte” avec comme circonstance aggravante “la discrimination idéologique”. Les sanctions demandées sont encore inconnues. Les militant·es revendiquent la légitimité de leur action et estiment que ce procès sera l’occasion de questionner le régime post-fasciste mis en place en Espagne depuis 1978. Un rassemblement de soutien est prévu le jour du procès Place de Castille et un repas de solidarité est organisé ce samedi.

13 militants antifascistes en procès pour avoir manifesté contre Vox

13 militants antifascistes en procès pour avoir manifesté contre Vox

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Vendredi 3 janvier, Javier Chimeno Inza a été libéré du centre pénitentiaire de Burgos. Il y était emprisonné depuis septembre 2000 après avoir été condamné à 30 ans de prison pour avoir tenté d’assassiner le roi Juan Carlos en 1995 et pour possession d’explosifs. Il avait auparavant purgé cinq ans supplémentaires en France où il avait été arrêté le 10 août 1995 à Hendaye, avec d’autres personnes, pour sa relation avec le commando qui avait tenté d’exécuter le roi d’Espagne. Le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné le 26 mai 1997 à six ans de prison.

Francisco Javier Chimeno Inza

Francisco Javier Chimeno Inza

Lundi 30 décembre, Patxi Ruiz, un ancien membre de ETA emprisonné à la prison de Murcia II, s’est automutilé en se coupant les bras avec un objet pointu pour protester contre  l’attitude d’un gardien fasciste à l’égard des prisonniers politiques basques et des prisonniers arabes qu’il harcèle, menaces ou frappe. Patxi Ruiz tient à préciser que cette action est une protestation politique, qu’elle n’a été motivée ni par la dépression, ni par le désespoir, mais qu’elle est bien une forme de lutte. Suite à ces blessures, il a été transporté à l’infirmerie où il a reçu 12 agrafes. Pour rappel, il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune (voir notre article).

Patxi Ruiz

Le 23 septembre, sept militant·es des CDR étaient arrêtés dans le cadre de “l’opération Judas”, accusés de terrorisme et placé de détention préventive. Vendredi 20 et vendredi 27 décembre, cinq de ces prisonnières et prisonniers ont été libéré sous caution. Quatre d’entre eux, Ferran Jolis, Xavier Buïgas, Xavier Duch et Eduard Garzón ont ainsi du payer une caution de 5 000 euros tandis que le dernier Alexis Codina a du payer le double et devra pointer chaque semaine auprès du tribunal ou du commissariat des Mossos (la police catalane) le plus proche de son domicile. Celui-ci est, en effet, considéré comme l’un des membres fondateurs du groupe avec Germinal Tomàs et Jordi Ros, qui restent eux en prison. Les sept personnes sont accusées de faire partie de l’Équipe de résistance tactique (ERT), une faction radicale des CDR qui aurait envisagé des sabotages à l’explosif. Alexis Codina est ainsi accusé d’avoir mis en place, chez lui, un laboratoire de fabrication d’explosifs. Ferran Jolis, est quant-à-lui, considéré comme l’expert informatique du groupe puisqu’il se serait occupé de crypter ses communications notamment par l’usurpation de réseaux wifi privés et publics.

Alexis Codina

Alexis Codina

Le 16 octobre, Daniel Gallardo a été arrêté lors d’une manifestation de soutien aux prisonniers indépendantistes catalans à la Puerta del Sol (Madrid). Il est accusé d’avoir attaqué un policier avec un bâton en bois (ce qu’il conteste). Les motifs d’accusation sont “troubles publics”, “attaque”, “résistance à l’autorité” et “coups et blessures”. Il s’agit d’accusations habituelles utilisées par les policiers dans le cadre de manifestations. Concrètement, Daniel était intervenu pour venir en aide à une de ses camarades de son groupe de 4 militant·es qui était en train de se faire frapper par un policier. Les quatre personnes ont été arrêtées mais Daniel est le seul qui fait l’objet d’une détention préventive ordonnée par le tribunal d’instruction numéro 22 de Madrid. Il y a quelques jours, le tribunal a rejeté l’appel déposé par son avocat pour demander sa libération.

Plus d’infos ici.

Manifestation de soutien aux prisonniers indépendantistes catalans à la Puerta del Sol (Madrid)

Manifestation de soutien aux prisonniers indépendantistes catalans à la Puerta del Sol (Madrid)

Mardi 26 novembre, Rodrigo Lanza, un anarchiste chilien a été condamné à cinq ans de prison en Espagne. Il était accusé d’homicide suite à la mort d’un fasciste dans un affrontement en 2017. Ce dernier était soldat de la Légion espagnole. Il avait menacé Rodrigo Lanza avec un couteau dans un bar de Saragosse à l’aube du 8 décembre 2017. Rodrigo Lanza lui avait alors asséné un coup de poing qui avait provoqué sa chute mortelle en brisant son cou.

Le parti fasciste Vox avait mené une campagne, relayée dans la presse sous le nom de “procès des bretelles”, accusant Rodrigo Lanza d’avoir frappé sans provocation le légionnaire fasciste parce que celui-ci “portait un symbole espagnol”.

Arrêté peu après l’affrontement, Rodrigo Lanza est allé en détention provisoire jusqu’à son procès au cours duquel il encourait une peine de 25 ans de prison pour meurtre avec haine aggravante (haine supposément “dirigée contre les Espagnols”). Il sera finalement reconnu coupable d’homicide involontaire. La peine maximale prévue par la loi était de quatre ans de prison, à moins que le juge ne décide d’augmenter la peine d’un degré, auquel cas il pouvait aller jusqu’à six ans. Celui-ci choisira finalement de condamner Rodrigo à 5 ans de prison et à payer 200 000 euros à la la famille du légionnaire fasciste.

Toutes les parties feront très probablement appel du jugement, d’abord devant la Cour supérieure de justice d’Aragon puis devant la Cour suprême. La défense le fera en demandant que la sanction soit réduite d’un degré et que le maximum qui puisse être infligé soit d’un an ; l’accusation demandera que les faits prouvés soient révisés et une condamnation pour meurtre et crime de haine.

Plus d’infos ici.

Rodrigo Lanza

Rodrigo Lanza

 

 

Le procès des 12 militants de Causa Galiza et de Ceivar arrêtés lors des opération Jaro I en 2015 (voir nos article ici et ici) et Jaro II en 2017 a débuté à Madrid. Le ministère public les accuse “d’appartenance à une organisation criminelle et exaltation du terrorisme”. Les peines encourues pour ce type de délit est de 4 à 12 ans d’emprisonnement. La décision suscite l’étonnement dans les milieux indépendantistes, puisqu’en juillet 2019, l’Audience Nationale avait retiré les accusations « d’appartenance à une bande armée » contre les 9 inculpés de Causa Galiza arrêtés en 2015.

Les inculpés de Causa Galiza

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