Jeudi 28 mars, six jeunes madrilènes commençaient leur procès pour participation à un rassemblement en solidarité avec le peuple catalan le 1er octobre 2017. Le groupe a participé au rassemblement et s’est fait contrôler semble t-il au hasard par la police. Le 2 novembre la police est venu les arrêter à leur domicile en les accusant d’avoir commis des violences contre deux militants d’extrême droite participant à un contre-rassemblement. Le tribunal a exigé une caution de 17000 euros pour les accusés et un événement de soutien a eu lieu samedi 30 mars pour les aider à payer cette somme.

Le rassemblement de soutien au peuple catalan

Le rassemblement de soutien au peuple catalan

L’avocat de Valtònyc a confirmé que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) examinera le cas du chanteur exilé à Bruxelles. Il est actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt européen dans l’attente de la décision de la justice belge sur son extradition vers l’État Espagnol (voir notre article).

Le rappeur majorquin a déposé une plainte contre l’Espagne au mois d’octobre auprès de la CEDH dénonçant la violation de sa liberté d’expression après avoir été condamné à trois ans et demi de prison pour apologie du terrorisme, insulte à la Couronne et menaces.

Arenas Beltran AKA Valtonyc

Arenas Beltran AKA Valtonyc

Des cher­cheurs de l’uni­ver­sité de Huelva en Espagne vont débu­ter une nouvelle expé­rience sur des déte­nus. Durant quelques jours, une douzaine de prison­niers répu­tés violents auront des élec­trodes posées sur le crâne. À la fin de leur expé­rience, ils donne­ront un peu de leur salive. Celle-ci servira à évaluer leur taux de corti­sol, et savoir si l’hor­mone du stress peut aider à comprendre l’agres­si­vité du détenu.

Ce procédé s’ap­pelle la « stimu­la­tion trans­crâ­nienne en courant continu » (TDCS), une tech­nique médi­cale basée sur le prin­cipe de stimu­la­tion élec­trique du cerveau. Vu le faible niveau d’élec­tri­cité utilisé (un à deux milli­am­pères d’am­pli­tude pendant une tren­taine de minutes), ces stimu­la­tions sont sans douleur. Cette étude est loin d’être la première du genre. En 2018 par exemple, l’uni­ver­sité de Penn­syl­va­nie avait mené une étude simi­laire sur des prison­niers.

L’université de Huelva

L'université de Huelva

Lundi matin 11 mars, Curro Moreno, porte-parole du Syndicat andalous des travailleurs (SAT) de Jaén, a été arrêté pour ne pas avoir comparu devant le tribunal de Jaén pour sa participation aux actions du syndicat SAT dans le supermarché  Mercadona en 2012. Curro Moreno avait participé à une action d’expropriation de nourriture pour les donner à des familles en difficulté.

Dans l’après-midi, Oscar Reina, secrétaire général et porte-parole du syndicat, a été arrêté devant le tribunal alors qu’il manifestait pour la libération de Curro Moreno. Il a été arrêté pour avoir refusé de comparaître devant le tribunal, position défendue par le syndicat pour protester contre la criminalisation dont ils sont victimes. La comparution concerne sa participation aux piquets organisés lors de la grève dans l’entreprise Procavi. Ce n’est pas la première arrestation d’Oscar Reina. Il avait été arrêté en novembre 2018 (voir notre article) également pour non-comparution devant le tribunal. Les deux syndicalistes ont été libérés plus tard dans la journée.

Curro Moreno

Oscar Reina

Oscar Reina
Curro Moreno

500.000 personnes selon les organisateurs (200.000 selon la police) ont manifesté aujourd’hui samedi à Barcelone contre le procès de douze dirigeants indépendantistes pour la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Ce procès doit durer environ trois mois, et le verdict ne devrait pas être rendu avant juillet. Les manifestants ont défilé derrière une bannière proclamant “l’autodétermination n’est pas un crime”, ils brandissaient le drapeau séparatiste catalan, ainsi que des pancartes : “Liberté pour les prisonniers politiques”.

Les douze dirigeants indépendantistes sont accusés selon les cas de rébellion, détournement de fonds et désobéissance. Le chef d’accusation contesté de rébellion supposant un soulèvement violent. Le parquet qu’il y a eu violence lors de la sécession mais les indépendantistes affirment eux que la seule violence a été celle des policiers le jour du référendum, dont les images ont fait le tour du monde. En l’absence de Carles Puigdemont, l’ex-président catalan réfugié en Belgique, le principal prévenu est son ancien vice-président Oriol Junqueras, contre lequel le parquet a réclamé 25 ans de prison. Des peines allant de 7 à 17 ans ont été requises contre les onze autres accusés.

La manifestation de ce samedi

La manifestation de ce samedi

Une grande manifestation a eu lieu ce mardi à Barcelone pour dénoncer le procès qui s’est ouvert à Madrid de dirigeants indépendantistes. Brandissant des dizaines de drapeaux indépendantistes, la foule a applaudi les orateurs qui se sont succédé à la tribune sur la vaste place de Catalogne au coeur de la métropole catalane. Douze dirigeants indépendantistes ont comparu mardi à l’ouverture du procès. En l’absence de l’ex-président Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique, le principal accusé, l’ancien vice-président Oriol Junqueras, risque 25 ans de prison.

Des peines allant de 7 à 17 ans ont été requises contre les onze autres prévenus, dont l’ancienne présidente du parlement catalan, plusieurs ministres régionaux et les anciens dirigeants des puissantes associations ANC et Omnium Cultural qui ont organisé la manifestation de Barcelone.

La menifestation de Barcelone

La menifestation de Barcelone

Samedi 2 février, un tribunal de Gasteiz a interdit une cérémonie à la mémoire d’Oier Gómez, ancien militant d’ETA décédé ce week-end à l’hôpital de Bayonne. La cérémonie devait se tenir devant le tribunal auxiliaire de Gasteiz. Les proches d’Oier Gómez ont appelé à une conférence de presse le lendemain sur la Plaza Nueva de Gasteiz, devant l’hôtel de ville, pour dénoncer cette interdiction.

Oier Gómez avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle suite à un échange de coups de feu avec des gendarmes en 2011 (voir notre article). Atteint d’un cancer osseux vertébral de type sarcome d’Ewing à un stade avancé, il avait obtenu une suspension de peine grâce à une mobilisation populaire.

Oier Gomez

Oier Gomez

L’organisation Red Roja avait organisé à la mi-2014 et à la fin de 2015 une collecte pour fournir une aide économique solidaire au peuple palestinien. Ángeles Maestro Martín, dirigeante de Red Roja, était titulaire principale du compte de la collecte, deux autres militantes étaient titulaires secondaires. Les fonds recueillis lors de la première collecte ont été remis à Leila Khaled, qui à ce moment-là a visité différentes parties de l’État espagnol. Les fonds de la seconde collecte ont été versés à des représentants de l’Autorité nationale palestinienne. Les pouvoirs judiciaires espagnols ont ouvert une instruction pour “financement du terrorisme”. Les trois co-titulaires du compte devront comparaître le 5 février.

Ángeles Maestro Martín

Ángeles Maestro Martín

L’ancien responsable d’ETA, Mikel Albisu Iriarte, “Mikel Antza”, a purgé sa peine de vingt ans en France samedi dernier. Il a quitté la prison française de Réau pour un centre de détention de Paris jusqu’à ce que sa décision d’expulsion soit exécutée de France en Espagne. Il a alors été transféré de Paris à l’aéroport de Barajas, où il est arrivé vers huit heures de l’après-midi et remis à la police espagnole qui, après s’être assuré qu’il n’y avait aucune poursuite contre lui l’a laissé en liberté. Une fois libre, il s’est rendu à Saint-Sébastien avec des parents et des proches qui s’étaient rendus à Madrid pour l’accueillir.

Mikel Antza, âgé de 57 ans et originaire du quartier El Antiguo de Saint-Sébastien, était emprisonné depuis octobre 2004, date à laquelle il avait été arrêté par la police française dans une ferme à Salies-de-Béarn, lors de l’une des opérations les plus importantes contre ETA. Auteur connu et primé au pays basque, il était passé à la clandestinité en 1985, et a eu les plus hautes responsabilités dans ETA à partir de 1992. En mai 1999, il fut l’un des interlocuteurs de l’ETA dans le dialogue ouvert en Suisse avec les émissaires du gouvernement espagnol. Cette tentative, dans laquelle ETA a demandé des avancées sur le droit à l’autodétermination, avait échouée.

Mikel Albisu Iriarte

Mikel Albisu Iriarte

Six manifestants antifascistes ont été arrêtés jeudi suite à une manifestation contre le rassemblement du parti d’extrême-droite Vox à Saragosse. Les incidents ont commencé à 19 h 45 après un rassemblement au Parque Grande de Saragosse. Les manifestants antifascistes ont voulu marcher sur le lieu du meeting mais la police s’est interposée. Dans le quartier voisin de la cité universitaire et dans les rues environnantes, les antifas ont caillassé la police, brulés des conteneurs à déchets, érigés des barricades et endommagé plusieurs véhicules. Un policier a été légèrement blessé. Quatre des six manifestants (les deux autres sont âgés de 17 ans, donc mineurs) ont comparu vendredi devant un juge d’instruction qui les a inculpés. ils ont été mis en liberté provisoire en attendant leur procès.

Les affrontements de Saragosse

Les affrontements de Saragosse