Le 2 mars dernier, lorsqu’un dirigeant de la section locale du Mouvement (berbère) pro démocratie du 20 février, Bachir Benchaïb a été arrêté par la police civile. Des manifestations ont ainsi éclaté pour réclamer sa libération. Pendant les jours qui ont suivi, les manifestants, jeunes et moins jeunes sont sortis dans la rue, bloquant la route de la ville portuaire d’Al Hoceima (450 kilomètres au nord est de Rabat) et ont observé des sit-in devant le poste de police et les bâtiments gouvernementaux. La protestation (très majoritairement berbérophone) a gagné les localités limitrophes. Un fort déploiement de la police et des différents services de sécurité ont été envoyés en renfort sur place. Il y a eu des affrontements faisant des blessés.

Le tribunal de première instance d’Al-Hoceima a condamné, mardi soir, deux personnes à 10 mois de prison ferme, dans le cadre des incidents survenus dernièrement à Beni Bouayach (province d’Al Hoceima). Les deux mis en cause étaient poursuivis notamment pour « désobéissance, outrage et humiliation d’éléments des forces de l’ordre lors de l’exercice de leur fonction et dégradation et destruction de biens publics ». Dans cette même affaire, le tribunal a décidé d’innocenter 15 personnes qui étaient poursuivis en état de liberté provisoire pour manque de preuves, alors que l’examen du dossier d’un autre groupe, dans lequel sont poursuivies 15 personnes en détention préventive, a été reporté à jeudi prochain pour permettre à la défense de préparer ses plaidoiries.

Maroc: Manifestation et répression dans le Rif

Le 18 mars est en Allemagne la journée de soutien aux prisonniers politiques. Elle a aussi été cette année la journée de mobilisation contre l’article 129a et 129b, les articles de loi qui permettent la poursuite contre les organisations politiques et les militants politiques. Des manifestations et des meetings ont eu lieu dans de nombreuses villes. C’est sur base de ces articles de lois que sont notamment poursuivis les révolutionnaires turcs membres ou sympathisants du DHKP-C, les antifas allemands, les militants kurdes, etc.

Allemagne: Journée d’action contre les §129 et pour les prisonniers politiques

Un rassemblement de soutien aux sans-papiers en grève de la faim à la VUB et à l’ULB est en train de tourner au vinaigre. Quelques oeufs ont été lancés, les policiers ont encerclé une trentaine de manifestants. Plusieurs d’entre eux sont arrêtés et menottés. Au moins un d’entre eux a pu échapper aux robocops à l’issue d’une course-poursuite.

EDIT 17H27 : Il y a eu une vingtaine d’arrestations. Au départ de la mani,f une personne a déjà interpellée pour avoir écrit à la craie sur un mur. A part quelques personnes venues en observateur, il n’y a plus personne sur place (observation directe).

EDIT: 17H42: Il est annoncé qu’au cabinet de Block, on affirme que les manifestants se sont fait arrêtés suite à leur résistance, ne voulant pas partir de l’endroit. D’après les informations données par le cabinet, ces arrestations sont probablement administratives. La personne en charge suggère de téléphoner demain à 10h, un porte-parole du cabinet sera à même de répondre à d’autres questions (sur le fil d’indymedia).

EDIT 18H17: On nous annonce 35 arrestations administratives et 7 arrestations judiciaires (par sms).

EDIT: 19H: Certains appellent au rassemblement à 20h aux casernes d’Etterbeek

EDIT: 22H47: Une cinquantaine de personnes aux casernes. Tous sont libérés, apparemment sans suite judiciaire.

Le peuple kurde continuer depuis dimanche à célébrer la fête du Newroz, jour de la renaissance et de la résistance, à travers le pays en dépit de l’interdiction des autorités de tout rassemblement kurde pour le célébrer en dehors du 21 mars. Dimanche, de violentes affrontements ont opposé les manifestants et les forces de sécurité à Istanbul et à Diyarbakir lorsque celles-ci ont tenté d’interdire aux centaines de milliers de personnes de se rassembler. Hier, de nouveaux heurts ont éclaté dans les provinces de Mersin, de Batman, de Sirnak, de Van et de Hakkari. A Batman, un député indépendant a été hospitalisé après que le bus dans lequel il se trouvait ait été touché par une grenade lacrymogène lancée par un policier. Dans la province de Mersin, les manifestants ont fait face, avec des grenades artisanales, aux forces de l’ordre qui voulaient les empêcher de se réunir. Les autorités y ont envoyé des renforts ainsi qu’un hélicoptère pour soutenir les forces de sécurité. Dans le district de Yüksekova (Hakkari), les autorités ont accusé les manifestants d’utiliser des armes à longue portée et d’avoir blessé deux policiers au cours des affrontements qui les opposaient. Elles ont d’ailleurs déclenché une vaste opération pour retrouver les manifestants.

Affrontements pour le Newroz

Par ailleurs, quatre membres des forces spéciales de la police turque ont été tués au cours d’un affrontement avec les guérilleros du PKK dans une zone montagneuse du sud-est du pays. Des hélicoptères ont largué des soldats après avoir repéré un groupe de militants, et ces derniers ont lancé l’assaut. Les guérilleros ont immédiatement répliqué, tuant quatre soldats. D’après certaines sources, trois autres soldats auraient également été blessés. Des renforts militaires ont été envoyés dans la région.

Affrontements pour le Newroz

Plus de deux millions de personnes vivent dans des bidonvilles à Manille, soit un cinquième de la population de la capitale. La plupart viennent de la campagne. En arrivant, ils s’installent sur des terrains vides et construisent leurs cahutes. Une loi promulguée en 1992 interdit les démolitions et les évictions sauf si les habitations se trouvent dans des zones dangereuses, si le site est réclamé pour la construction d’infrastructures ou s’il y a une décision de justice.

Dans le cas de Pinaglabanan, un bidonville de huit hectares en plein coeur de Manille, l’éviction a été ordonnée au terme d’un long processus judiciaire initié par les autorités locales. Après des mois de lutte, les habitants du bidonville ont été expulsés pour laisser la place à des bâtiments administratifs. Les habitants, dont beaucoup vivaient là depuis des décennies, ont lutté pied à pied depuis janvier. Pendant que femmes et enfants se réfugiaient dans des abris, les hommes balançaient des cocktails Molotov, des pierres et des bouteilles aux 500 policiers anti-émeutes équipés de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Une vingtaine de personnes ont été blessées au total, des deux côtés.

Philippines: Bidonvilles en résistance

Depuis plus d’un mois, des manifestations se succèdent dans le sud du Chili , pour des réformes comme l’abaissement du prix des combustibles, contre le projet hydro-électrique de HidroAysen, des améliorations de salaire, etc. Après différentes tentatives de négociations avec l’Etat, le dialogue a été rompu entre les dirigeants sociaux et ceux du gouvernement. Immédiatement, des barricades et des blocages ont été érigés sur plusieurs routes. Un canon à eau a été poussé par les manifestants du haut d’un pont et incendié par la suite. La foule a aussi incendié un bus des carabiniers.

Chili: Barricades et émeutes dans le sud
Chili: Barricades et émeutes dans le sud

Comme chaque année le « Collectif de Résistance Aux Centres Fermés pour Etrangers » appelait à manifester pour la fermeture du centre fermé de Vottem, ouvert depuis 13 ans. La manifestation d’hier, partie du parc de la Citadelle, était solidement encadré par la police fédérale (deux autopompes, nombreux policiers en civil et en robocop, et hélicoptère). Dès le départ, les 500 manifestants ont appris qu’un ordre de police interdisait les sacs à dos (que les manifestants ont transformés en sac au ventre), et que n’importe quel acte qui pourrait troubler l’ordre public serait suivit d’une arrestation immédiate. Les clowns ont du donner leur identité car ils sont un peu plus difficile à identifier. Manifestation tranquille, quelques coups sur la porte d’accès, très vite empêchés par la police et les organisateurs .

Une nouvelle loi, la HR 347, doit prochainement être signée par le président Obama. Celle-ci est une version ‘revue et corrigée’ d’une vieille loi qui restreignait les entrées dans les espaces publics fermés et qui contenait des mesures contre les manifestations lors d’événements publics. La HR 347 va plus loin en proposant de restreindre les manifestations et la liberté d’expression lors d’événements politiques et aux alentours des édifices du gouvernement, qu’elle qualifie de ‘zones de protection’. En vertu de cette loi – en raison entre autre du caractère vague du langage utilisé – une personne se plaignant à haute voix d’un politique dans cette zone pourrait être arrêtée et emprisonnée. Celle-ci permettrait également de prononcer des peines allant jusqu’à dix ans de prison à l’encontre de personnes chargées de ce qui pourrait être considéré comme un ‘objet dangereux’.

Le ministère public a requis jusqu’à cinq années de prison à l’encontre de deux étudiants qui sont accusés d’avoir perturbé ‘violemment’ le discours du ministre Egemen Bagis à l’université Ege de Izmir en décembre 2011. Des oeufs avaient été lancé, et des slogans tels que ‘AKP, hors de notre campus’ avaient été scandés. Les deux étudiants de vingt ans avaient été immédiatement interpellés par les forces de l’ordre et placé en détention préventive avant d’être relâché. Leur procès s’est ouvert aujourd’hui. Le ministère public a requis cinq ans de prison à l’encontre de E.C. pour ‘blessure intentionnelle’ (un oeuf aurait atteint le ministre à la joue) et deux ans de prison à l’encontre de A.D. pour avoir scandé des slogans contre le parti au pouvoir.

Des incidents ont opposé samedi soir à New York des policiers à 600 membres et sympathisants du mouvement Occupy Wall Street (OWS) qui ont tenté de réoccuper le Zuccotti Park, à l’occasion des six mois d’existence du mouvement. La police a procédé à 73 interpellations. Trois femmes blessées lors des incidents ont été soignées dans une ambulance.

Etats-Unis: Répression de (re) »Occupy Wall Street »