Des documents obtenus via la loi israélienne sur la liberté de l’information révèlent que plus de 50 000 soldats servant dans l’armée israélienne possèdent une autre nationalité, soit près de 8 % des effectifs (actifs et réservistes). Parmi eux figurent 6 127 Français, plaçant la France au deuxième rang après les États-Unis (plus de 12 000), devant la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Des ressortissants belges sont également concernés, plus de 400 selon les derniers décomptes, et pourraient faire l’objet de procédures judiciaires en Belgique. Selon des experts en droit international, la double nationalité n’offre aucune immunité en cas d’accusations de crimes de guerre. Plusieurs actions judiciaires seraient en cours en France, en Belgique ou encore en Afrique du Sud.

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Le 15 février, les forces israéliennes ont arrêté Bilal Kayed après avoir perquisitionné son domicile dans la ville d’Asira, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Ancien prisonnier du FPLP ayant passé près de 18 ans dans les prisons israéliennes, il s’était notamment illustré par une grève de la faim de plus de deux mois avant sa libération en 2016 (voir notre article). Il avait de nouveau été détenu sous le régime de la détention administrative pendant un an, avant d’être libéré en juillet dernier.

Une enquête d’Al Jazeera révèle que l’armée israélienne aurait utilisé à Gaza des munitions thermiques et thermobariques, fournies notamment par les États-Unis, capables d’atteindre plus de 3 500 °C et de ne laisser aucune trace humaine. Selon la Défense civile de Gaza, 2 842 Palestiniens sont ainsi considérés comme « évaporés » depuis octobre 2023, leurs corps n’ayant laissé que des projections de sang ou de minuscules fragments. Des experts expliquent que la combinaison de chaleur extrême, de pression et d’oxydation vaporise instantanément les tissus humains. L’enquête identifie plusieurs bombes états-uniennes utilisées lors de frappes sur des zones civiles, y compris des écoles et des camps de déplacés.

Un rassemblement est appelé le mercredi 18 février à 12h30 devant le Tribunal judiciaire de Paris (métro Porte de Clichy) en soutien à Teba, étudiante à Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, convoquée au tribunal. Elle est visée après avoir exclu d’un groupe Instagram des étudiants relayant des publications de l’armée israélienne, dans un contexte de génocide à Gaza. Ses soutiens dénoncent un harcèlement mené par des organisations sionistes et d’extrême droite et affirment la légitimité de la solidarité avec la Palestine.

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La Haute Cour de Londres a estimé illégale l’interdiction de l’organisation militante Palestine Action prononcée en 2025 en vertu du Terrorism Act 2000 (voir notre article). Contestée par sa cofondatrice Huda Ammori, cette mesure a été estimée contraire aux droits fondamentaux, malgré les arguments du gouvernement travailliste et de la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, qui a annoncé vouloir déposer un recours. Si cette décision constitue une victoire judiciaire pour les soutiens du mouvement, l’interdiction reste provisoirement en vigueur jusqu’au 20 février au moins dans l’attente d’un éventuel appel, tandis que des procédures judiciaires se poursuivent contre plus d’une vingtaine de militants emprisonnés pour leur participation à des actions ou manifestations visant notamment le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems au Royaume-Uni.

Le prisonnier pro-palestinien Casey Goonan a récemment été transféré au centre pénitentiaire fédéral FCI Allenwood Medium, en Pennsylvanie, où des soutiens appellent à lui écrire afin de rompre son isolement et de montrer qu’il n’est pas seul. En septembre 2025, il a été condamné à près de 20 ans de réclusion pour l’incendie d’une voiture de police et d’autres actions qui s’inscrivaient dans le cadre de la mobilisation étudiante contre le génocide en Palestine (voir notre article). Sa date de libération est annoncée pour le 18 mars 2041.

Lui écrire : Casey Goonan 24611-511 · FCI Allenwood Medium · P.O. Box 2000 · White Deer, PA 17887

L’Union Juive Française pour la Paix fait l’objet depuis août 2025 d’une enquête du Parquet national antiterroriste pour des soupçons de « financement du terrorisme » et d’« association de malfaiteurs terroriste », à la suite d’une plainte déposée parl’association CHAR (Contre la Haine, l’Antisémitisme, le Racisme). La procédure porte notamment sur une collecte d’environ 600 000 € destinée à soutenir des projets agricoles et humanitaires à Gaza. L’association affirme que les fonds visaient des infrastructures civiles et dénonce un amalgame entre solidarité internationale et soutien au terrorisme, tandis que l’affaire s’inscrit dans un climat de répressions croissantes autour des mobilisations pro-palestiniennes en France.

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Après une très dure grève de la faim et de la soif, le prisonnier pro-palestinien a été hospitalisé puis placé à nouveau en détention (voir notre article). Dans une déclaration datée du 12 février, il dénonce ses conditions de détention et souligne leur nature politique : « La prison/l’hôpital étaient pressés de me ramener car je représente un « risque pour la sécurité ». À tel point qu’ils ont refusé de me laisser contacter ma famille ou même transmettre un message à mon avocat. Même maintenant, je souffre encore tous les jours et cette manifestation pourrait encore s’avérer fatale. Je vous dis cela, non pas pour susciter la sympathie ou la pitié, mais pour souligner jusqu’où l’État est prêt à aller. Nous passons notre vie à travailler et à payer des impôts pour faire fonctionner ce système défaillant et nos vies ne signifient rien pour eux. Nous ne sommes que des rouages ​​de leur machine d’oppression. La machine qui a bâti les fondements de l’impérialisme et du colonialisme dans le monde entier. » Par ailleurs, il a également rappelé que « le système n’est pas pacifique et il ne changera pas par des moyens « pacifiques » approuvés par l’État. »

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Le 11 février, plus de 200 étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont rassemblés pour soutenir deux camarades menacés d’exclusion après des actions de soutien à la Palestine. Malgré l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la direction, la solidarité s’est étendue à d’autres établissements artistiques, notamment la Haute école des arts du Rhin et plusieurs écoles à travers le pays, où performances et actions symboliques ont été organisées pour dénoncer les sanctions et défendre la liberté d’expression et d’organisation des étudiants.

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Le 11 février 2026, le tribunal administratif de première instance d’Héraklion, en Crète, a ordonné la libération de Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun, et son « auto-expulsion » vers la Belgique dans les prochains jours. Détenu depuis le 7 février dans des conditions particulièrement insalubres, il faisait face à une campagne de pression visant à le maintenir en détention. Son interdiction de territoire grec reste en vigueur, apparemment à la demande de l’État d’Israël, et il prévoit de contester cette mesure sur le plan juridique et politique. Dans une déclaration publiée le soir-même, le militant palestinien a affirmé : « Je suis libre, après cinq jours de détention dans ce qu’ils appellent des « centres fermés ». Mais ce ne sont en réalité que des laboratoires de torture et d’humiliation où des dizaines de mineurs, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs précaires subissent les mêmes conditions inhumaines. Je vous remercie de votre solidarité et de votre soutien, mais n’oublions pas celles et ceux qui sont laissés derrière les barreaux, privés de droits et de justice. Ces abus et tortures systémiques en Grèce rappellent les méthodes employées par l’État sioniste contre le peuple palestinien, et celles utilisées par les puissances coloniales à travers le monde. »

Son placement en détention avait suscité une vague de solidarité dans plusieurs pays européens. En France, plus de 70 organisations, dont le Secours Rouge Toulouse, Urgence Palestine, Guerre à la guerre et Samidoun, ont co-signé une déclaration de soutien (voir ici). À Athènes et Héraklion, plusieurs initiatives solidaires ont été organisées pour exiger sa libération et dénoncer la complicité de l’État grec avec Israël. À Bruxelles, un rassemblement a eu lieu le 11 février devant l’ambassade de Grèce, rassemblant des dizaines de personnes. Une délégation du Secours Rouge de Belgique y était présente avec une banderole « Liberté et asile pour Mohammed Khatib » et a également pris la parole.