En réponse à la signature des accords de normalisation entre Israël, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, les Palestiniens ont appelé à une journée de protestation mardi 15 septembre. Brandissant des drapeaux palestiniens, des manifestants portant pour la plupart des masques anticoronavirus se sont rassemblés dans les villes de Naplouse et Hébron, dans le nord et le sud de la Cisjordanie, et dans la ville de Gaza. Une manifestation a eu lieu à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Plusieurs jeunes Palestiniens se sont affrontés à l’armée d’occupation près d’un checkpoint à Hébron.

Affrontements mardi à Hébron

Le Dr Issam Hijjawi Bassalat et des prisonniers républicains irlandais ont entamé une grève de la faim le 16 septembre pour protester contre l’isolement du Dr Hijjawi Bassalat par les autorités pénitentiaires. Le Dr Hijjawi Bassalat, qui est un éminent représentant de la communauté palestinienne en Écosse, a été arrêté avec neuf républicains irlandais dans une opération qui a mobilisé le MI5 britannique, la Gardaí irlandaise, la police écossaise, la police métropolitaine de Londres et plus de 500 agents du service de police d’Irlande du Nord (PSNI). Cette «Opération Arbacia» visait officiellement la New IRA.

Le Dr Issam Hijjawi Bassalat, âgé de 62 ans, a entamé sa grève de la faim le 16 septembre, alors qu’il était de nouveau contraint à l’isolement dans le module de Foyle House dans la prison de Maghaberry dans le nord de l’Irlande. Les prisonniers républicains irlandais ont immédiatement entamé une grève de la faim de solidarité pour soutenir Issam. Plus tôt dans la journée, la libération sous caution d’Issam a été refusée. Il va maintenant saisir la Haute Cour pour attendre son procès en liberté. Le Dr Issam Hijjawi Bassalat a plusieurs problèmes de santé et a subi une IRM cette semaine. Foyle House est une prison dangereuse, touchée par le Covid-19.

Le Dr Hijjawi Bassalat

Le gouvernement israélien a décidé de ne plus rendre à leurs familles les corps des Palestiniens tués par l’armée d’occupation israélienne. En 2019, au moins 132 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes. On ignore combien de corps ont été détenus par les autorités israéliennes puis rendus aux familles. Jusqu’à présent, Israël ne refusait la restitution que des dépouilles de combattants du Hamas tués dans des affrontements qui avaient causé des pertes israéliennes. Désormais, tous les corps de Palestiniens tués lors de heurts avec des forces d’occupation israéliennes seront conservés, même si ces affrontements n’ont pas causé de pertes israéliennes.

Check-point israélien à Beit Einun

Check-point israélien à Beit Einun

Une Palestinienne de 23 ans a été tuée par balles vendredi 8 août en Cisjordanie lors d’un accrochage entre l’armée israélienne et des Palestiniens. La victime a été tuée alors qu’elle essayait de fermer la fenêtre de sa maison de Jénine pour se protéger du gaz lacrymogène. Des affrontements avaient lieu dans la ville alors que des centaines d’habitants s’opposaient à un raid lancé par l’armée d’occupation pour procéder à des arrestations ciblées. Les responsables palestiniens ont accusé l’armée israélienne d’avoir tué la jeune femme. Un porte-parole de l’armée d’occupation prétend que les soldats n’avaient pas tiré à balles réelles lors de l’accrochageUne Palestinienne tuée le 7 août à Jénine.

Les villageois de Kafr Qaddum, dans le nord de la Cisjordanie occupée, organisent chaque semaine une marche condamnant les colonies et exigeant l’ouverture de la route principale que les autorités d’occupation ferment depuis 16 ans. Vendredi, l’armée d’occupation est intervenue pour disperser cette manifestation. Elle a utilisé des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, faisant sept blessés, alors que des dizaines de Palestinien ont été victimes d’étouffement. Les manifestants ont riposté par des jets de pierres.

Affrontements à Kafr Qaddum (archive)

Jeudi 30 juillet, des dizaines de soldats de l’armée d’occupation israélienne ont envahi la maison de Mahmoud Nawajaa, coordinateur du Comité national palestinien du mouvement Boycott Désinvestissement Sanction (BDS). Il est depuis détenu dans le tristement célèbre centre d’interrogatoire de Jalameh et s’est vu refuser l’accès à un avocat. Les enlèvements nocturnes effectués par des soldats lourdement armés sont une tactique courante des forces d’occupation. Plus d’infos ici.

Mahmoud Nawajaa

Mahmoud Nawajaa

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé fin 2019 sa volonté d’ouvrir une enquête sur les crimes israéliens. Elle doit se prononcer prochainement sur la question de savoir si elle a la compétence requise pour juger des infractions commises dans les territoires palestiniens occupés, car Israël a fait un recours sur ce point, dont l’examen a été accepté (bien qu’Israël ne reconnaisse pas la légitimité de la CPI et n’en soit pas membre). Les trois juges de la Chambre de l’Instruction de la CPI doivent donc conclure très prochainement sur cette question de compétence.

Le quotidien Haaretz a révélé qu’Israël dressait secrètement une liste de ses propres agents, militaires et politiques, susceptibles d’être mis en cause par la CPI. La liste comprend actuellement entre 200 et 300 noms. En font partie des dirigeants de premier rang, comme Benjamin Netanyahou, et les anciens ministres de la Défense Moshe Ya’alon, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett, ainsi que les chefs d’Etat-Major passés et présents Benny Gantz, Gadi Eisenkot et Aviv Kochavi, ou encore les patrons des services secrets Shin Bet et Mossad. Mais il y a également beaucoup de responsables de niveaux inférieurs impliqués dans les innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés en particulier à Gaza, que ce soit lors du massacre de l’été 2014 ou bien des centaines de manifestants désarmés lors des Marches du Retour de 2018.

Manifestant abattu lors d'une Marche pour le retour (archives)

Ahmed Hajjaj Al-Rimawi, cadre du FPLP, a été libéré le 15 juillet après 18 ans dans les prisons de l’occupation israélienne. Il avait été arrêté suite à sa tentative d’enlever un soldat israélien pour engager une procédure d’échanges de prisonniers avec les militants du FPLP responsables de l’exécution d’un ministre d’extrême droite israélien en 2001 en réponse à l’assassinat par l’armée israélienne d’Abu Ali Mustapha, secrétaire général du FPLP. A son retour dans son village, il a été accueilli par sa famille et de nombreux sympathisants.

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Mercredi 1er juillet, plusieurs centaines de personnes se rassemblaient à Toulouse contre le plan d’annexion de la Cisjordanie à l’appel d’une vingtaine d’organisations dont le Collectif Palestine Vaincra et le Secours Rouge Toulouse. Franck Touboul, président du CRIF Midi-Pyrénées, a vivement réagi dans les médias locaux face à ce succès et à son échec de faire interdire cet événement par les autorités. A plusieurs reprises, il a violemment diffamé et menacé les membres du Collectif Palestine Vaincra. Il a été publiquement soutenu par Jean-Luc Moudenc, maire de la ville de Toulouse. Ils leur reprochent notamment une campagne dynamique contre le jumelage Toulouse Tel Aviv, leur soutien à Georges Abdallah et des liens présumés avec le Front Populaire de Libération de la Palestine. Voir le communiqué du Collectif Palestine Vaincra.