Mercredi 3 mars, le 17e tribunal d’instruction de Barcelone, décidait d’emprisonner provisoirement huit personnes arrêtées lors de la manifestation du samedi 27 février réclamant la libération de Pablo Hasel. Ces militant·es sont notamment accusé·es d’avoir incendié un véhicule de police. Les autorités prétendent que les militant·es appartenaient à un groupe anarchiste particulièrement organisé utilisant des tactiques élaborées (voir notre article). Les soutiens de ces huit informe du fait que les policiers ont en réalité cherché à relier les miltiant·es à des organisations criminelles inexistantes et ont formulé des accusations disproportionnées basées sur des preuves dérisoires.

Bien entendu, les communiqués des Mossos (police catalane) ont été reproduite dans toute la presse bourgeoise, qui répètent et donne un vernis de légitimité à la version policière. À son tour, le tribunal a fait ce qui était déjà écrit : il a formulé des accusations très graves et décidé d’emprisonner provisoirement et sans caution les militant·es. Le but de cette manœuvre, semble être de mettre un terme à la vague de protestations qui se développe de façon exponentielle dans toute la Catalogne depuis des semaines. Plus d’infos ici.

Huit militant·es soutenant Pablo Hasel emprisonné·es

Huit militant·es soutenant Pablo Hasel emprisonné·es

Dimanche 14 mars, un rassemblement se tiendra à Paris pour Dimitris Koufontinas, Pablo Hasel, Georges Abdallah et tous les prisonniers politiques révolutionnaires. Ce rassemblement, organisé par le Cri Rouge, aura lieu à 15H au 143 boulevard de Menilmontant (métro Ménilmontant, ligne 2). Plus d’infos ici.

Rassemblement pour Dimitris Koufontinas, Pablo Hasel, Georges Abdallah et tous les prisonniers

Rassemblement pour Dimitris Koufontinas, Pablo Hasel, Georges Abdallah et tous les prisonniers

Le 17e tribunal d’instruction de Barcelone, a décidé d’emprisonner provisoirement et sans possibilité de liberté sous caution huit personnes arrêtées lors de la manifestation de samedi réclamant la libération de Pablo Hasel (voir notre article). Ces militant·es sont accusé·es d’avoir endommagé des banques, du mobilier urbain et d’avoir incendié un véhicule de La Guàrdia Urbana (la police municipale de la ville de Barcelone) alors qu’un agent se trouvait à l’intérieur. Les huit personnes seront poursuivies pour “tentative d’homicide, agression contre des agents de l’autorité publique, de désordre public, de dommages, rassemblement illégal et appartenance à un groupe criminel”. Les autorités prétendent que les militant·es appartenaient à un groupe anarchiste particulièrement organisé utilisant des tactiques élaborées afin de mener leur actions tout en échappant à la répression policère. Les Mossos auraient donc mis en place un dispositif spécifique pour les arrêter. Après les arrestations, des agents de la Commission générale d’information des Mossos ont perquisitionné lundi deux bâtiments industriels occupés situés à Canet de Mar et Mataró, dans la région du Maresme à Barcelone, en présence des personnes arrêtées, pour recueillir des preuves.

Huit militant·es soutenant Pablo Hasel emprisonné·es

Huit militant·es soutenant Pablo Hasel emprisonné·es

Samidoun est une organisation internationale, arabe et palestinienne indépendante qui se mobilise pour la libération de près de 5.000 prisonnier·e·s politiques palestinien·ne·s dans les prisons israéliennes. Elle plaide pour le boycott d’Israël et défend le droit des Palestinien·ne·s à résister à l’occupation, à l’apartheid et à l’oppression, ainsi que le droit de tous les réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers et sur leurs terres. C’est une organisation sans personnel rémunéré à plein temps et qui ne collecte de fonds que pour soutenir ses propres campagnes politiques publiques. Elle a des sections aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, en Suède, au Brésil, en Grèce et en Palestine occupée, et un réseau d’organisations membres dont le Collectif Palestine Vaincra en France.

Samidoun vient d’être désignée comme “organisation terroriste” par le ministre israélien de la Défense et criminel de guerre Benny Gantz. Il s’agit d’une attaque contre le mouvement des prisonnier·e·s palestinien·ne·s ainsi que contre le droit des Palestinien·ne·s en exil et de la diaspora à s’organiser. C’est également une tentative de détourner l’attention du problème auquel sont confrontés des centaines de responsables sionistes – dont Gantz lui-même – qui craignent les prochaines étapes des enquêtes de la Cour pénale internationale (CPI) après sa dernière annonce le 5 février 2021 affirmant qu’elle a l’autorité d’enquêter sur les crimes de guerre dans les territoires palestiniens occupés. En savoir plus

 

Le juge Rafael Martínez Vargas, de la Cour pénale nationale transitoire pour le crime organisé, a décidé d’imposer 18 mois de détention préventive supplémentaires à 51 membres du MOVADEF poursuivis pour “crime de terrorisme, sous forme d’adhésion ou d’affiliation”. En décembre dernier, une grande opération policière avait débouché sur l’arrestation de 77 membres du MOVADEF, dont Edilberto Macarlupu García, Alfredo Víctor Crespo Bragayrac, Fernando Olortegui Crispín, Nérida Espinoza Montano et Isabel Meza Quintana. (voir notre article). La police persécute ce mouvement politique en l’affirmant subordonné au PCP-SL.

Membres du MOVADEF arêtés

Des centaines d’étudiants palestiniens sont régulièrement détenus par l’occupation israélienne. Rien qu’à l’université de Bir Zeit, environ 74 étudiants furent détenus au cours de l’année universitaire 2019-2020. Ils font partie des quelque 5 000 prisonniers politiques palestiniens détenus par Israël. Le travail d’organisation des étudiants, qui va de la simple tenue de salons du livre jusqu’à l’organisation d’événements et la participation aux élections étudiantes, est criminalisé par l’occupant. Une fois arrêtés, les étudiants palestiniens sont régulièrement soumis à des positions de stress et étirés sur des chaises, suspendus aux murs et forcés à se tenir sur la pointe des pieds, privés de sommeil, menottés, soumis à des pressions physiques sur leur blessures et battus.

Les étudiants palestiniens peuvent être envoyés en détention administrative : forme de détention sans accusation ni procès, indéfiniment renouvelable par périodes de six mois. Les Palestiniens passent couramment des années en prison sans inculpation, sans procès et sans véritable contestation de la privation de leurs droits. Ils peuvent être traduits devant les tribunaux militaires israéliens, qui condamnent plus de 99% des Palestiniens qui y sont jugés. Une campagne est lancée en solidarité avec eux: voir ici

Les prisonniers de Saint-Louis ont se sont révoltés samedi. Ils ont déclenché des incendies, provoqué des inondations, éclaté les fenêtres du quatrième étage et jeté du mobilier à l’extérieur pour protester contre les conditions de détention liées au Coronavirus. Les prisonniers déclarent craindre les infections, protestent contre les restrictions qui ont limité les visites ainsi que contre procédures judiciaires bloquées. L’émeute a été réprimée par des dizaines de policiers qui ont pris plusieurs heures pour reprendre le contrôle de la situation. Ces derniers ont parlé au bureau du procureur et en conséquence certains prisonniers risquent des accusations supplémentaires. Enfin, 65 prisonniers ont été transféré dans une autre prison appelée le “Workhouse”, connue pour ses mauvaises conditions de détention.

Les mutineries sont courantes dans les prisons depuis l’apparition du Coronavirus et l’aggravation des conditions de vie des prisonniers qui en découle (voir nos articles).

Révoltes de prisonniers contre les conditions de détention liées au Coronavirus

Révoltes de prisonniers contre les conditions de détention liées au Coronavirus

Depuis le mardi 2 février, Yvan Colonna est en grève de la faim et de la soif à la prison d’Arles. Définitivement condamné en 2011 pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le détenu a entamé cette action après avoir été placé au mitard à la suite de son refus de changer de cellule (qu’il occupait depuis plusieurs années). Un second détenu corse incarcéré également à Arles, Sébastien Mattei, a lui aussi entamé une grève de la faim et de la soif pour les mêmes raisons qu’Yvan Colonna.

Édit : Yvan Colonna a stoppé sa grève de la faim le jeudi 5 février.

Outre Vaggelis Stathopoulos et Polycarpos Georgiadis, détenus à Larissa, Giannis Dimitrakis et Nikos Maziotis, détenus à Domokos, qui ont commencé le 16 janvier une grève de la faim en solidarité avec Dimitris Koufontinas, militant de l’organisation révolutionnaire “17 Novembre” en grève de la faim depuis le 7 janvier (voir notre article). Le Secours Rouge International a lancé un appel à soutenir cette lutte.

Depuis le 7 janvier, le prisonnier révolutionnaire Dimitris Koufontinas, de l’organisation “17 Novembre”, est en grève de faim.
Les prisonniers révolutionnaires Giannis Dimitrakis, Nikos Maziotis, Vaggelis Stathopoulos et Polycarpos Georgiadis se sont mis en grève de la faim en solidarité avec Dimitris Koufontinas, qui a aussi reçu le soutien des prisonnier·e·s politiques en grève de la faim dans les prisons du régime fasciste turc. Ceux-ci font de leur lutte une partie de la lutte contre le régime et, en faisant le lien avec la grève des prisonnier·e·s en Grèce, les associent à cette lutte.
Si cette période semble caractérisée par la pandémie, la pandémie elle-même peut-être caractérisée comme un révélateur et un accélérateur des tendances propres au système : injustice et précarité, autoritarisme et répression, prennent des dimensions nouvelles.
Dans ce cadre, chaque lutte, chaque résistance prend une importance particulière. Elle devient une partie de la lutte et de la résistance de tous et de toutes, elle doit être soutenue par tous et toutes.
C’est aussi en ce sens que le Secours Rouge International appelle à des initiatives de soutien à la grève de la faim des prisonnier·e·s révolutionnaires en Grèce, mais aussi en Turquie et au Kurdistan.
La solidarité est notre arme; soutenons la résistance des prisonniers et prisonnières révolutionnaires.
Secrétariat du Secours Rouge International, Zurich-Bruxelles, 21 janvier 2020

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