La justice russe a désigné ce lundi 15 décembre le groupe punk Pussy Riot comme étant une « organisation extrémiste ». Ses activités sont dès lors interdites dans le pays, a indiqué un tribunal de Moscou. Le collectif féministe s’oppose depuis des années à Vladimir Poutine à travers des initiatives artistiques. Il s’est notamment fait connaître en 2012 avec une « prière punk » demandant à la vierge Marie de chasser le président russe, chantée dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Le collectif a réagit à la décision du tribunal. « Ces idiots y travaillent depuis des années, au moins depuis 2012 », a écrit Nadya Tolokonnikova dans un message publié dimanche sur le compte X du groupe, accompagné d’un extrait d’une interview donnée en 2012 depuis une colonie pénitentiaire où elle avait été envoyée après avoir participé à la « prière punk ». « Cela fait des années que nous sommes radioactives, mais être désignées comme une organisation extrémiste donne à l’État davantage de moyens juridiques pour punir les gens pour n’importe quelle connexion avec nous ». Les membres du collectif, dont beaucoup ont été condamnés à de la prison pour leur activisme et vivent aujourd’hui en exil, s’opposent également à l’offensive russe contre l’Ukraine.

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Mardi 16 décembre, le Front d’Action Revolutionnaire organise une conférence avec Gwenola Ricordeau sur l’abolitionnisme pénal et ses portées révolutionnaires. La conférence aura lieu au Mona (avenue de Jette 225, Jette) et débutera à 20h. Avant la conférence, un bar sera ouvert et différents collectifs auront des tables pour pouvoir s’y rencontrer dès 19H, dont le Secours Rouge.

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Ancien prisonnier politique et personnalité de l’anarchisme insurrectionnel international, Gabriel Pombo da Silva a été arrêté en Espagne à la suite d’un mandat d’arrêt européen émis par le procureur général de Turin. Cette arrestation fait suite à une condamnation à deux ans de prison pour apologie et incitation au terrorisme. Pombo da Silva était accusé de promouvoir « l’idéologie terroriste » via des publications en ligne, en lien avec le groupe FAI/FRI (Fédération Anarchique Informelle / Front Révolutionnaire International).

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Le conseil des ministres a approuvé l’achat de nouveaux drones de reconnaissance et de surveillance destinés à soutenir les troupes belges déployées en Roumanie et en Lituanie, un équipement jugé « indispensable » par le ministre de la Défense Theo Francken pour fournir des informations en temps réel, améliorer la protection des soldats et renforcer l’avantage opérationnel. L’acquisition, réalisée via l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA), inclut la livraison, la maintenance et la formation, pour un coût total estimé à 140,8 millions d’euros entre 2025 et 2028, dont 53,7 millions engagés dès cette année.

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Une enquête « Corespo Corruption DGJ » (pour « Corporate Responsability of Police ») a été réalisée par le service Intégrité, lui-même intégré au sein du commissariat général de la police fédérale. L’enquête s’est faite en deux parties. Il y a d’abord des rencontres avec une soixantaine de cadres de la PJF qui ont évoqué 78 cas de corruptions, tentatives de corruption, ingérences ou tentatives d’ingérence (transmission d’informations aux milieux criminels contre rémunération, vols lors de perquisitions, manipulation de marchés publics, PV effectués sur ordre des bourgmestres sans contestation effective, complicité avec trafic de drogue, etc.). Le seconde partie de l’enquête a constitué en une enquête en ligne auprès de 3670 membres de la PJF. Près de 1244 ont répondus. 83% ont signalé des cas de corruption et d’ingérence.Près de la moitié des enquêteurs s’inquiètent des influences, des pressions et des mensonges visant à orienter une enquête dans une certaine direction. Il est ainsi question  d’un enquêteur concernant la demande d’un homme politique, lié à une équipe de football locale, de mettre fin à une enquête.  Les conclusions de l’enquête ont été remises à la direction du département dans le courant de l’été, ainsi qu’au commissaire général de la police fédérale, Eric Snoeck. Interrogé à la Chambre récemment, le ministre de l’intérieur Bernard Quintin a indiqué avoir des doutes quant à la méthodologie, à la qualité et à la représentativité du rapport… C’est également la teneur de la réaction de la Police fédérale.

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Les députés doivent voter le 15 décembre une loi d’exception pour paver la voie aux Jeux olympiques d’hiver 2030. Cette loi prévoit une cascade de dérogations pour détricoter les règles d’urbanisme et le droit de l’environnement pour faciliter l’organisation des JO d’hiver 2030, tout en augmentant la surveillance et en offrant des rabais fiscaux aux organisateurs. Dans le détail, la loi va permettre d’accélérer les enquêtes publiques, dont elle va raccourcir les délais pour permettre de construire rapidement les infrastructures olympiques. En cas de contestation de ces projets devant la justice administrative, le double degré de juridiction sera supprimé. Il n’y aura donc aucune possibilité de faire appel à un jugement. Tout concourt pour que ces projets ne puissent pas être contestés.

La loi promet également un volet sécuritaire qui développera la surveillance algorithmique pendant les Jeux olympiques. Tous ceux qui participeront aux JO seront soumis à cette vidéosurveillance intrusive. Sur simple décision administrative du ministère de l’Intérieur, le texte prévoit également des interdictions individuelles de paraître près des Jeux. Cette entrave aux libertés individuelles avait déjà été appliquée lors des Jeux de Paris 2024, visant selon des critères flous des personnes qui n’avaient pourtant jamais eu affaire à la justice. Selon le texte de loi, le Comité international olympique et le Cojop, son comité d’organisation, vont bénéficier d’une dérogation pour leur conférer automatiquement la qualité d’organisateur d’événements de haut niveau. Cela va leur permettre d’être exemptés des taxes et impôts…

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L’industrie du jeu vidéo est secouée par le bras de fer entre la direction de la société Rockstar Games et les travailleurs créateurs de GTA. En octobre dernier, Rockstar Games a licencié brutalement une trentaine d’employés sous prétexte de sanction pour des fuites. Take-Two Interactive, la maison mère, s’aligne sur cette version. Mais ces licenciements massifs ciblent étrangement des travailleurs affiliés au syndicat IWGB. Le syndicat a immédiatement dénoncé une tentative de répression syndicale pour étouffer la contestation interne. Les « fuites » (des messages Discord, relayés par « People Make Games ») ne comportent aucun secret industriel, juste des critiques sur les pratiques managériales douteuses de Rockstar. Cela s’inscrit dans un climat social déjà explosif, exacerbé par la pression extrême entourant le développement de Grand Theft Auto 6, le jeu le plus attendu de la décennie. Le député travailliste Chris Murray, furieux de ses échanges stériles avec Rockstar, a porté le dossier devant le Parlement. Le Premier ministre Keir Starmer a pris la parole pour qualifier la situation de grave. Le gouvernement promet l’ouverture d’une enquête ministérielle sur ce dossier.

Le bras de fer actuel met en évidence la situation des travailleurs des studios:  perdre son emploi signifie perdre son visa. Certains employés étrangers se retrouvent forcés de quitter le pays précipitamment. Plus de 200 autres travailleurs de Rockstar North ont signé une lettre commune pour exiger la réintégration de l’équipe. L’affaire dépasse le cas Rockstar. L’issue de l’enquête gouvernementale pourrait créer un précédent juridique massif pour le droit du travail dans le secteur du jeu vidéo.

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Lucio García Blanco, militant du Parti Communiste d’Espagne (reconstitué), a passé près de 30 ans en prison suite à six arrestations distinctes. Il a mené 23 grèves de la faim durant son incarcération. Il a eu 75 ans en octobre et purgera sa peine jusqu’au 26 avril 2026. Il présente des séquelles de torture subies en garde à vue et souffre depuis des années de démence sénile. Son état mental se détériore et il souffre de plus en plus fréquemment d’épisodes de désorientation et de confusion mentale. Sa demande de libération conditionnelle a été rejetée à plusieurs reprises. Lucio et ses défenseurs ont refusé des libérations conditionnelles partielles, comme incapables de lui permettre de se soigner. Le 28 octobre dernier, l’avocat de Lucio a déposé une requête auprès de l’Audience nationale afin d’obtenir sa libération complète et immédiate. Or, le 12 novembre, le Tribunal central de surveillance pénitentiaire de l’Audience nationale a répondu à l’avocat que le refus d’une libération conditionnelle partielle induit le rejet de la demande de libération complète. Le 5 décembre, l’avocat de Lucio a interjeté appel.

Le collectif basque antirépressif Tinko recense dix prisonnier·es politiques basques refusant la ligne politique du collectif majoritaire EPPK (qui rassemble 105 prisonnier.e.s). L’EPPK, qui évolue dans le cadre de la Gauche patriote officielle, a récemment accepté d’étudier des démarches individuelles (aménagements de peine, rapprochements) dans le cadre légal espagnol, tout en refusant certaines conditions humiliantes (repentir, collaboration). Ceux et celles soutenu·es par Tinko critiquent cette position et inscrivent leur combat dans la recherche d’une solution politique collective, incluant une amnistie globale pour les prisonnier·es politiques basques et les réprimé·es de ce combat en général, dans la perspective de la continuité de la lutte de libération nationale et sociale du peuple basque, pour l’indépendance et le socialisme.

Le site de Tinko

Ce vendredi 12 décembre, la préfecture de l’Hérault a publié un arrêté interdisant une nouvelle fois la tenue d’un rassemblement de soutien à la Palestine sur la Place de la Comédie, prévu ce samedi 13 décembre et appelé par une dizaine d’organisations et associations. La préfecture justifie sa décision en reprochant au collectif BDS-Urgence Palestine ses opérations de boycott, ses actions symboliques réalisées lors du passage du Tour de France ou devant la Maison des relations internationales, et sa participation à des manifestations le 10 et le 18 septembre, où “les forces de l’ordre ont été prises pour cible de slogans hostiles” et où “des affrontements entre militants extrémistes n’ont pu être évités” (bien qu’on ne sache pas vraiment quel rapport BDS a avec ces deux dernières allégations). Des motifs qui conduisent à un décalage de la manifestation : le rendez-vous est donné à 14 heures en bas de la rue de la Loge, et non sur la Comédie comme précédemment indiqué.

Toujours ce vendredi 12 décembre, José-Luis Moraguès, co-animateur historique de la campagne BDS-Urgence Palestine à Montpellier, était jugé en appel pour diffamation. En première instance, le tribunal l’avait relaxé au sujet d’une pancarte sur laquelle figurait le visage de Carole Delga, Hussein Bourgui et Kleber Mesquida, élus socialistes du Département et de la Région, orné de la mention ““Israël et ses complices”. Le délibéré est attendu le 9 février. José-Luis Moraguès passera également en procès pour diffamation le 19 février, après une plainte de Perla Danan, présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et de Michèle Bensoussan, présidente du Centre Culturel Juif Simone Veil, pour une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de BDS, qualifiant les positions politiques des deux institutions de “sionistes”. Enfin, le 21 janvier, José-Luis ainsi qu’un autre militant de BDS seront jugés en appel pour dégradation de bien d’autrui après avoir versé de la gouache rouge sur un drapeau américain à la maison des relations internationales de Montpellier en juin 2024. En première instance, le jeune militant de BDS avait été relaxé, et José-Luis Moraguès avait été condamné à 150 euros d’amende avec sursis, ainsi que 30 euros à payer pour le drapeau américain.

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