En Tchéquie, trois suspects, tchèques et égypto-américain, ont été arrêtés après l’attaque incendiaire d’un entrepôt à Pardubice, revendiquée par le groupe « The Earthquake Faction » (« Faction du tremblement de terre »), qui affirme viser les activités de LPP Holding et de Elbit Systems en raison de leur implication dans la production d’armes pour Israël utilisées dans le génocides en cours en Palestine. Dans un communiqué, ce « réseau clandestin international » déclare : « Ils savent qu’il n’existe aucun refuge sûr pour les collaborateurs du génocide de nos camarades palestiniens. Nous vivons au cœur de ce fléau, sur tous les continents, dans tous les pays et toutes les villes où ces entreprises opèrent. Toute entreprise travaillant avec Elbit Systems est une cible, et nous vous ciblerons où et quand nous le déciderons. À LPP Holding : nous avons saisi vos documents confidentiels et détruit le reste. Vous avez jusqu’au 20 avril à 7 h UTC pour rompre publiquement tout lien avec Elbit Systems et dénoncer l’occupation de la Palestine, faute de quoi nous rendrons ces documents publics. » L’enquête, menée en coopération avec la Slovaquie, reste en cours et pourrait conduire à d’autres arrestations.
En Allemagne, cinq militants anti-militaristes arrêtés après une action contre une installation du principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems à Ulm sont maintenus en détention provisoire sous des conditions très restrictives, marquées par un isolement prolongé, des limitations sévères des contacts avec leurs proches et une surveillance étroite des communications. Face à cette situation, leurs familles et soutiens appellent à développer la mobilisation de soutien (voir ici). Poursuivis notamment pour appartenance à une organisation criminelle, ils pourraient passer près d’un an en détention avant la fin du procès.
En Allemagne, le procès de Daniela Klette (voir nos articles) doit reprendre le 8 avril 2026 après une pause, avec des étapes clés attendues dans les semaines suivantes, notamment les plaidoiries de l’accusation, de la défense puis de l’accusée elle-même avant un verdict envisagé début mai. Dans ce contexte, des mobilisations de soutien se poursuivent, avec des appels à remplir le tribunal lors des audiences décisives et l’organisation de rassemblements à proximité, tandis que ses demandes de récusation des juges ont été rejetées et que des actions de solidarité, notamment une manifestation récente à Vechta, continuent d’accompagner cette affaire.
Au Chili, cinq prisonniers mapuches condamnés dans le cadre du cas Quilleco, une affaire liée à des attaques contre des installations forestières, mènent une grève de la faim depuis plus d’un mois pour dénoncer leurs conditions de détention et demander une révision partielle de leur procès. Leur état de santé, marqué par une perte importante de poids et des complications physiques, inquiète des observateurs internationaux présents à Temuco, qui alertent sur de possibles atteintes aux droits fondamentaux et appellent à une prise en charge médicale adéquate ainsi qu’à une réponse des autorités à leurs revendications.
En Belgique, la ministre de la Justice Annelies Verlinden prévoit de lancer un projet pilote intégrant une société de gardiennage privée au sein de la nouvelle maison d’arrêt d’Anvers, avec une trentaine d’agents chargés de certaines fonctions pour un coût estimé à 11 millions d’euros sur quatre ans. Présenté comme une expérimentation, ce dispositif marque une évolution vers l’externalisation partielle de tâches pénitentiaires et pourrait, à terme, être étendu à d’autres établissements du pays.
Le 26 mars, le tribunal judiciaire de Paris a condamné Olivia Zemor, présidente de CAPJPO-Europalestine, à deux ans de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme » suite à la publication d’un article sur le 7 octobre 2023, assortis notamment d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes, d’amendes financières et d’une inéligibilité de cinq ans. Dénonçant une décision sévère et politique, elle a annoncé faire appel, dans un contexte où son organisation et ses membres font l’objet de procédures similaires (voir notre article), ce qui est l’une des nombreuses expressions de la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine en France.
À Zurich, environ 80 personnes se sont réunies le 25 mars 2026 devant le tribunal de district pour soutenir la militante révolutionnaire Andi, secrétaire du Secours Rouge International (SRI), qui a boycotté l’audience autour du mot d’ordre « Unser Prozess ist der revolutionäre Prozess » (« Notre procès est le processus révolutionnaire »). Les manifestants, membres de différents mouvements et organisations de Suisse et d’Italie, ont brandi des banderoles et diffusé des messages de solidarité, transformant le calme du mercredi matin en un moment politique revendicatif. Ils ont dénoncé une attaque judiciaire ciblant l’ensemble du mouvement révolutionnaire.
Andi devait comparaître pour sa participation présumée à deux manifestations non autorisées en 2022 et 2023 à Zurich et Bâle, pour lesquelles la procureure avait requis 15 mois de prison pour trouble à l’ordre public et soutien aux violences contre les forces de l’ordre, l’accusation soulignant qu’elle aurait « approuvé » les violences survenues sans y avoir directement participé. Après le rassemblement, le cortège a parcouru les rues du quartier Kreis 4 avant de conclure par un échange politique au centre culturel Kasama, réaffirmant la résistance collective face à la répression et la portée internationale de leur solidarité, tandis qu’un nouveau procès sera prochainement programmé.
Au Panama, l’activiste brésilien Thiago Ávila a été libéré après plusieurs heures d’interrogatoire à l’aéroport de Panama City, alors qu’il rentrait au Brésil après une mission de solidarité à Cuba avec le convoi « Nuestra América ». La journaliste Katie Halper et le syndicaliste Christian Smalls ont connu le même sort. Parallèlement, aux États-Unis, au moins 16 militants des droits humains ont été interpellés à leur retour à Miami par les autorités frontalières après avoir livré une aide humanitaire à Cuba. Ces événements interviennent dans un contexte de répressions autour des initiatives de solidarité avec Cuba, malgré certaines autorisations officielles revendiquées par les organisateurs.
En Turquie, le militant du Sosyalist Gençlik Dernekleri Federasyonu (Fédération des Associations de la Jeunesse Socialiste) Emir Sağlam doit comparaître le 27 mars 2026 devant un tribunal à Istanbul, après son arrestation lors d’une manifestation universitaire pour dénoncer les offensives militaires de HTS à Alep en Syrie. Il est poursuivi pour participation à un rassemblement illégal et entrave à la police. Par ailleurs, son avocate dénonce des violences et mauvais traitements subis en détention, évoquant des blessures physiques et des refus de soins, tandis que SGDF appelle à une mobilisation de soutien lors de l’audience.
En Turquie, les opérations policières menées dans au moins 16 villes à la suite des célébrations du nouvel an kurde Newroz ont conduit à 195 arrestations et à l’incarcération de 28 personnes, poursuivies notamment pour « propagande organisationnelle » et participation à des rassemblements jugés illégaux. À Istanbul, 10 personnes (dont un mineur) ont été emprisonnées, tandis que 18 autres l’ont été à Diyarbakır, dans un contexte où slogans, chants et symboles liés aux festivités kurdes ont été au cœur des interrogatoires. Les opérations, étendues à des villes comme Izmir ou Bitlis, ont impliqué des perquisitions domiciliaires massives, certaines accompagnées d’allégations de violences policières, alors que de nombreuses personnes restent encore en garde à vue ou en cours d’audition.