La militante marocaine Zineb Kharroubi, figure du collectif GenZ 212 installé en France, a été condamnée à six mois de prison avec sursis et à une amende d’environ 460 euros pour « incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique ». La justice lui reproche des publications sur Instagram appelant à un rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris, en lien avec le mouvement de contestation lancé en 2025. Sa défense conteste cette décision, estimant que les faits se sont déroulés en France et qu’un appel à manifester ne constitue pas une infraction.
En Russie, un tribunal d’Orenbourg a condamné le propriétaire, l’administratrice et le directeur artistique du bar Pose à des peines allant de deux ans et trois mois à sept ans de prison pour leur participation présumée au « mouvement international LGBT », classé comme organisation extrémiste depuis une décision de la Cour suprême en 2023. Les juges leur reprochent d’avoir organisé des événements de soutien aux personnes LGBTQIA+, tandis que les trois accusés ont contesté les faits.
Cette affaire, présentée par la justice comme la première procédure pénale fondée sur cette qualification, s’inscrit dans le renforcement de la répression contre les personnes et les lieux liés à la communauté LGBTQIA+ en Russie. Ces dernières années, les autorités ont multiplié les descentes dans des bars et clubs, ainsi que les poursuites visant l’affichage de symboles arc-en-ciel.
Une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale le 7 juillet 2026 prévoit d’instaurer une « présomption de légalité des tirs » pour les forces de l’ordre. Ce dispositif tend à considérer comme a priori légitime, nécessaire et proportionné l’usage d’une arme à feu par un agent de police, en inversant la charge de la preuve : il reviendrait aux autorités judiciaires, et en pratique aux familles des victimes, de démontrer qu’un tir mortel n’était pas justifié.
Cette réforme s’inscrit dans un cadre législatif déjà élargi depuis 2017 avec la loi dite « Cazeneuve » et l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure, qui autorisent les forces de l’ordre à faire usage de leur arme dans certaines situations jugées dangereuses, notamment lors de refus d’obtempérer ou de situations présentant un risque pour les agents ou autrui. Elle soulève de vives critiques quant à ses effets sur le droit à la vie et sur la conduite des enquêtes après des décès lors d’interventions policières, en rendant plus complexe l’établissement des responsabilités.
Une manifestation contre les répressions a réuni un peu plus de 500 personnes le 20 juin 2026 en France, malgré la canicule. L’initiative, portée notamment par la fédération Sud PTT ou encore le NPA Révolutionnaires, visait à dénoncer les sanctions, procédures disciplinaires et poursuites judiciaires touchant différents secteurs professionnels, ainsi que l’intensification de la répression en géléral.
Différentes prises de parole ont eu lieu lors de différents points du parcours d’un cortège composé de salariés, syndicalistes, étudiants et militants venus de plusieurs villes. Les participants ont appelé à renforcer les solidarités entre secteurs et à poursuivre les mobilisations contre les formes de répression au travail et dans la société.
Plus de 200 étudiants de la Central Luzon State University (CLSU), dans la province de Nueva Ecija, ont organisé une marche le 22 juin 2026 pour dénoncer les pratiques de « red-tagging », une méthode consistant à accuser publiquement des militants ou organisations étudiantes d’être liés à la guérilla communiste, ainsi que les pressions exercées par les autorités contre des leaders étudiants et des collectifs progressistes du campus. L’action a été soutenue par plusieurs organisations étudiantes, dont Anakbayan-CLSU et le conseil étudiant de l’université.
La justice équatorienne a rejeté une demande d’habeas corpus introduite en faveur d’Omar Campoverde, militant du Movimiento Guevarista emprisonné. L’habeas corpus est une procédure juridique visant à contester la légalité d’une détention et à exiger la protection immédiate d’une personne privée de liberté, notamment en cas de risques de torture ou de traitements inhumains.
Le détenu affirme avoir subi des actes de torture et des violences sexuelles, accusations contestées par les autorités pénitentiaires, dont les rapports ont été utilisés par le tribunal en l’absence d’expertises indépendantes. Ses soutiens dénoncent un refus d’enquête impartiale et réclament sa protection ainsi que la mise en place de mesures urgentes contre les mauvais traitements en détention.
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Şebnem Ece Elmas, membre de la Fédération des associations de jeunesse socialiste (SGDF), a été arrêtée le 28 juin à la gare d’Ankara par la police, qui a invoqué un mandat d’arrêt à son encontre. Cela s’inscrit dans une vague de répression visant de nombreux militants avant le sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet où au moins 178 personnes ont été placées en détention provisoire
Dans une déclaration rendue publique, Maja, antifa non-binaire récemment condamné·e à 8 ans de prison par un tribunal de Budapest, décrit des conditions de détention éprouvantes, marquées par la chaleur, le mépris et des restrictions visant son expression de genre. Parallèlement, de nombreuses actions étaient organisées en Allemagne, mais aussi dans plusieurs pays européens, à l’occasion de ses deux années d’extradition en Hongrie et pour exiger son retour en Allemagne. En France, des actions ont eu lieu à Paris, Marseille, Tours, Gaillac ou encore à Toulouse quelques jours auparavant.
Bonjour à toustes,
C’est une belle chose et un grand soutien de voir que nous restons soudés. Cela me donne la force d’endurer ici l’absurdité et le mépris. Que puis-je vous raconter ? Aujourd’hui, on m’a crié dessus pour me dire qu’il m’était interdit de porter une robe. J’ai donc préféré cacher mes ongles vernis. Après cela, je suis allé(e) me coucher, car la chaleur nous empêche aussi bien de penser que de dormir. J’ai beaucoup de rage en moi ; ces deux années ici ont été épuisantes. Les jours continuent de s’étirer et il n’y a toujours pas de fin en vue. À part le fait que je finirai par quitter cet endroit, rien n’est certain. Et qu’en sera-t-il ensuite ? Cet endroit restera, et je dois me demander : qu’ai-je fait pour qu’il détruise et blesse un peu moins ?
Faut-il d’abord aller en justice pour que les gens aient le droit de choisir leurs propres vêtements ? Pour qu’il y ait au moins des ventilateurs dans les petites cellules quand il fait plus de 30 degrés ? Le monde gémit, et nous compliquons déjà les solutions les plus simples. Maintenant, vous savez ce pour quoi je me bats en ce moment : ce sont des combats pour des objets matériels. Mais c’est aussi pour que ceux qui nous gouvernent comprennent qu’ils ont affaire à des êtres humains, des êtres qui brillent et qui transpirent, et qui ont tout autant le droit d’avoir des droits. Je pense à vous, à vos combats. Le fait de les unir nous renforce et nous donne du courage. N’abandonnez pas vos rêves !
À bientôt.
Maja
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Malgré les interdictions décrétées par les autorités locales, les Marches des fiertés se sont tenues les 27 et 28 juin à Izmir et à Istanbul. À Istanbul, la 24ᵉ Marche des fiertés a débuté dans le quartier de Kadıköy malgré l’interdiction de tout rassemblement, la fermeture de plusieurs axes et des restrictions dans les transports. Au moins 65 personnes, ainsi que plusieurs journalistes, ont été interpellées lors de l’intervention de la police et ont été libérées tard dans la nuit.
La veille, à Izmir, la 14ᵉ Marche des fiertés s’était également déroulée en défiant une interdiction préfectorale. Les manifestants, mobilisés contre les politiques discriminatoires envers les personnes LGBTQIA+ et en hommage aux victimes de violences et de discriminations, ont été dispersés par la police, qui a procédé à au moins 36 interpellations.
Les autorités indonésiennes ont inculpé quatre personnes pour destruction de biens et agression contre des policiers après une manifestation antigouvernementale organisée le 26 juin à Surabaya, où 24 personnes ont été arrêtées. Le rassemblement, qui dénonçait la hausse des prix des carburants et le programme gouvernemental de repas gratuits, a été le théâtre d’affrontements avec la police. Certains manifestants ont lancé des cocktails Molotov, des pétards et des pierres sur les forces de l’ordre.
Ces manifestations s’inscrivent dans une vague de contestation nationale déclenchée par l’augmentation d’environ 30 % du prix des carburants non subventionnés. Les critiques visent également le programme de repas gratuits. Ce vaste programme gouvernemental de repas gratuits destiné aux écoliers, dont le coût pèse sur les finances publiques, est également critiqué pour son coût élevé, des soupçons de corruption et plusieurs épisodes d’intoxications alimentaires ayant touché des dizaines de milliers d’élèves.