Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le « Special Operation Group » de la police de Rourkela a investi un camp de la guérilla maoïste dans la forêt de Rampuri (district de Gurundia). Il y a eu une fusillade de 30 minutes entre les policiers et 20 ou 30 guérilleros, puis les maoïstes ont pu échapper à la manoeuve policière. Ils ont néanmoins dû abandonner un important matériel: panneaux solaires, munitions, littérature, fournitures diverses.

Le matériel récupéré par la police

Le matériel récupéré par la police

Patrice Matence, secrétaire de la CGT 46, a été auditionné hier au commissariat de Cahors pour des faits de «dégradations volontaires en réunion», le 19 mai dernier lors des mobilisations contre la loi Travail. L’enquête en cours fait suite aux plaintes déposées par la chambre de commerce et le PS, victime, lui aussi, de tags sur la vitrine de sa permanence. Hier, Patrice Matence était soutenu par son syndicat, mais aussi par la Confédération paysanne. Soit une cinquantaine de membres le temps de cette convocation. La troisième en quelques jours pour les mêmes faits. Avant la convocation de Patrice Matence, Jean-Louis, membre du collectif Nuit debout, et Francis, militant de la CGT, avaient été convoqués au commissariat.

Devant le commissariat de Cahors, hier.

Devant le commissariat de Cahors, hier.

Le président de la FGTB anversoise, Bruno Verlaeckt, a été interpellé ce vendredi matin lors du démantèlement par la police d’un piquet de grève posté le long de la Scheldelaan. Plusieurs barrages avaient été mis en place sur des axes routiers importants menant au port. La police a arrêté Bruno Verlaeckt et un autre syndicaliste pour « entraves au trafic » et « trouble de l’ordre public ».

L’intervention de la police à Anvers

EDIT:
Bruno Verlaeckt a été libéré en début d’après-midi.

C’est aujourd’hui que sera jugé Jean-Marc Rouillan, ancien membre d’Action Directe accusé « d’apologie du terrorisme » pour avoir déclaré dans une interview que quoique l’on pense des attaquants islamistes qui ont récemment perpétré des attentats en France, on ne pouvait pas les qualifier de « lâches » (voir notre précédent article).

Jean-Marc Rouillan

EDIT (rapport d’audience)
Sur le fond, ses avocats ont plaidé la liberté d’expression, rappelant que ses propos ne pouvaient en aucun cas être qualifiés d’apologie du terrorisme. Au terme de six heures de débat, la procureure a requis un an de prison ferme. La décision sera rendue le 7 septembre.

Jean-Marc Rouillan

Alors qu’il devait être libéré après 14 ans et demi d’emprisonnement ce 13 juin, Bilal Kayed -qui a à présent 34 ans- a été maintenu en détention administrative, une ordonnance ayant été délivrée pour une durée de six mois. Bilal Kayed avait été le représentant du FPLP à la prison de Megiddo. Ces 24 et 25 juin sont des journées internationales de solidarité avec Bilal.

Liberté pour Bilal Kayed

Liberté pour Bilal Kayed

Un rassemblement de solidarité avec les quatre inculpés de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre la colonisation et l’apartheid en Palestine) aura lieu ce jeudi 30 juin à 13h devant le tribunal de Toulouse.

Rassemblement pour les 4 inculpés de BDS

Rassemblement pour les 4 inculpés de BDS

L’affaire du gazage au pepper spray de l’Université de Californie Davis a eu lieu le 18 novembre 2011. Au cours d’un mouvement d’occupation à l’UC Davis. La protestation faisait suite à la hausse des frais de scolarité à l’université, et s’inscrivait plus généralement dans le mouvement « occupy ».

Le 9 novembre déjà, la police avait brutalement dispersé les teach-ins et sit-ins sur le campus, matraquant plusieurs étudiants et arrêtant 39 d’entre eux pour avoir refusé d’obtempérer à l’ordre de dispersion. Le 15 novembre, une nouvelle manifestation a lieu, de nouvelles tentes sont plantées, et le 16, la police fait une nouvelle fois usage de matraques et de gaz. Le 17 novembre, des tentes sont encore une fois installée sur le campus et dans la matinée du 18, la doyenne ordonne leur évacuation pour 15h. A 15h30, les membres de la police universitaire, en tenue anti-émeutes, ordonnent aux manifestants de partir. Ceux-ci refusent. A 16h, deux agents ont commencé la pulvérisation d’un spray au poivre à usage militaire, quasiment à bout touchant (alors qu’une distance de sécurité est prescrite), sur les visages des étudiants assis sur le sol. Onze manifestants ont du recevoir des soins, deux ont été hospitalisés. La photo et la vidéo du lieutenant de police John Pike gazant les manifestants deviennent aussitôt virales.

La célèbre photo du lieutenant John Pike à l'oeuvre
La célèbre photo du lieutenant John Pike à l’oeuvre

Après l’incident, de grandes manifestations contre l’utilisation de spray au poivre sur le campus ont eu lieu. La doyenne de l’UC Davis a présenté ses excuses aux étudiants, affirmant que la police avait agi contre ses ordres (aucune arrestation et aucun usage de la force). Un débat public sur la militarisation de la police et de l’utilisation du spray au poivre sur des manifestants pacifiques a lieu dans les médias. Le chef de la police du campus a déclaré que l’usage des gaz se justifiait parce que les manifestants empêchaient les agents de se déplacer librement – ce que les vidéos démentaient. Le chef de la police universitaire et deux agents gazeurs, dont John Pike, furent mis en congé administratif. Un groupe de travail composé d’étudiants, de professeurs, d’employés de l’UC et dirigé par un professeur de l’UC qui avait été juge de la Cour suprême de Californie, a conclu à l’abus d’usage de la force.
Le lieutenant Pike a été licencié, mais en octobre 2013, un juge lui a maintenu ses droits à la retraite et attribué une indemnité de 38.000 $ pour « compenser sa douleur psychologique ». Suite à un appel des Anonymous, Pike avait reçu 17.000 mails, 10.000 sms et des centaines de lettres hostiles. Trois douzaines d’étudiants ont quant à eux obtenu collectivement 1 million $ de l’UC suite à un procès fédéral. Chaque élève gazé ayant reçu 30.000 $ individuellement.
La doyenne allait finalement démissionner après que l’on eu notamment appris qu’elle avait fait payer par l’université 175.000 $ à des sociétés de relations publiques pour enlever de Google les références à l’affaire du pepper spray cop.

L’image de Pike gazant des manifestants pacifiques et assis a fait le tour du monde. Elle est devenue un symbole de l’abus de violence par la police, puis un meme internet avant d’être déclinée de mille manières.

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Dossier(s): Culture Antirep Tags:

Voilà deux mois qu’a disparu en Ukraine le prisonnier politique Andreï Sokolov. Il a été enlevé par des inconnus en Ukraine immédiatement après sa libération dans la salle d’audience. Andrei Sokolov est un militant révolutionnaire. Jeune communiste venu du milieu populaire, il a été détenu une première fois en Russie en 1997 pour la destruction d’un monument qui venait d’être inauguré en l’honneur de la famille impériale. Il a fait une deuxième peine de cinq ans et demi de prison sous l’accusation de complicité avec une organisation clandestine. Il a depuis été harcelé par les autorités russes, arrêté et libéré plusieurs fois.

À l’automne 2014, Andrei Sokolov était dans le Donbass pour aider la résistance antifasciste à remettre en service une cartoucherie (Sokolov est armurier). Le 16 décembre 2014, il est tombé sur un check-point ukrainien et a été détenu dans une prison secrète où les services spéciaux maltraitent et torturent les prisonniers. Les services spéciaux ukrainiens n’ont déclaré son arrestation que plus tard, loin du front, à Mariupol. Il a été accusé de «promouvoir une organisation terroriste» (la République populaire du Donetsk). Depuis cette époque jusqu’à avril 2016, Sokolov était détenu en Ukraine. Sur les conseils de son avocat, il a accepté de reconnaître sa culpabilité en échange d’une peine réduite. Le 15 avril dernier, le tribunal de Berdyansk l’a condamné à une peine de 2 ans et 7 mois. En raison de sa longue détention préventive, et selon le calcul des peines en vigueur en Ukraine, il devait être libéré. Cependant, à la sortie du palais de justice, il a été capturé par quatre hommes non identifiés qui l’ont emmené dans une voiture banalisée.

Cela fait deux mois que l’on est sans nouvelles d’Andreï Sokolov. De nombreuses demandes provenant de sa mère et du Consulat général de Russie en Ukraine, sont restées sans réponse. Deux possibilités: Andreï a pu être enlevé par un des escadrons de la mort fascistes, qui ont déjà plusieurs enlèvements et assassinats à leur actif en Ukraine, ou replacé dans une des prisons secrètes des services spéciaux ukrainiens, dans une de ces prisons dont l’existence est reconnue et dénoncée dans un rapport de l’ONU (Andreï avait été placé sur une liste des prisonniers à échanger, ceux-ci sont généralement détenus au secret).

Où est Andreï Sokolov ?

Andreï Sokolov

Où est Andreï Sokolov ?
Andreï Sokolov

Une manifestation a tourné à l’émeute ce jeudi dans le centre-ville de Chihuahua. Les manifestants exigeaient la démission du gouverneur qu’ils accusent de corruption. Des centaines de personnes ont encerclé le bâtiment du gouvernement de l’Etat dans le centre-ville. Ils ont jeté des pierres, brisant les fenêtres et endommageant l’une des portes du bâtiment. Les forces de sécurité ont fait usage de spray au poivre. Plusieurs manifestants ont été blessés et d’autres ont été emprisonnés.

Émeute à Chihuahua

Émeute à Chihuahua

Myriam Amani a entamé une grève de la faim de 48 heures, de ce jeudi 23 juin au samedi 25. Cette grève pourrait devenir illimitée si sa situation ne s’améliore pas. Myriam Amani a été arrêtée le 19 juin avec 12 de ses camarades de lutte, suite à la manifestation des étudiants boursiers pour exiger le paiement de leur dû (voir notre article). Depuis ce jour, ces prisonniers politiques sont enfermés dans les deux prisons de Marrakech, celle de Boulmherz et d’Oudaya, où ils subissent au quotidien des humiliations, des exactions, des violences physiques et morales de la part du personnel des prisons.

Les prisonniers luttent pour le droit à poursuivre leurs études, à avoir accès aux livres de la bibliothèque, à une alimentation de base correcte, aux soins et à l’hygiène et enfin à un droit de visite des familles. C’est pour ces revendications que les étudiants détenus à Meknès poursuivent leur grève de la faim entamée au début de ce mois (voir notre article).

Rassemblement solidaire à Paris (archive)

Rassemblement solidaire à Paris (archive)