Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Cinq ans après la mort de Claude Jean-Pierre, dit Klodo, décédé le 3 décembre 2020 à la suite d’un contrôle de gendarmerie en Guadeloupe, sa famille continue de se battre face aux dénis de justice et aux intimidations policières. Malgré des images vidéo et de multiples expertises médicales établissant la responsabilité des gendarmes, la procédure judiciaire est une nouvelle fois retardée début décembre, avec le dessaisissement de la juge d’instruction et l’absence de nouveau magistrat avant mai 2026. Le 10 décembre 2025, la mobilisation de la famille et de leurs soutiens devant le tribunal de Basse-Terre a été réprimée et intimidée par la police. Cette affaire illustre l’impunité des forces de l’ordre en France et le traitement colonial réservé aux territoires dits d’Outre-Mer, renforçant l’appel à une mobilisation collective pour la justice et contre les violences policières de la part de la famille.

Le 30 décembre 2025, le tribunal correctionnel de Nivelles a acquitté un homme poursuivi pour rébellion et violences après la diffusion d’images accablantes filmées au commissariat de Braine-l’Alleud. La vidéo montre le prévenu tiré hors de sa cellule par les pieds puis frappé par des policiers, en contradiction avec le procès-verbal officiel. Estimant que les déclarations policières n’étaient pas crédibles et que les faits avaient été mal rapportés, la présidente du tribunal a acquitté le Brainois et qualifié d’« inadmissibles » les violences commises par les agents.

Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a promulgué une loi interdisant la « propagande LGBT et pédophile » dans les médias, les télécommunications et sur internet. Adopté par les deux chambres du Parlement, le texte intègre ces dispositions aux restrictions sur les contenus jugés illégaux, sans préciser sa date d’entrée en vigueur. Les infractions pourront être sanctionnées par une amende d’environ 280 dollars et jusqu’à dix jours de détention administrative. Cette loi fait suite à une pétition déposée il y a environ un an et demi appelant à l’interdiction de la « propagande LGBT » dans le pays.

Aux Philippines le 23 décembre 2025, Warlita Jimenez, une dirigeante paysanne de 55 ans à Kabankalan City, a été tuée à son domicile par des hommes armés liés aux forces de l’État, dans un contexte de militarisation et de harcèlement contre les activistes et les familles de paysans dans cette région. Ce meurtre s’inscrit dans un schéma d’exécutions extrajudiciaires et de violences d’État visant des militants, souvent accusés de liens avec la guérilla communiste. La victime était ciblée pour sa résistance au programme gouvernemental de contre-insurrection, tandis que les défenseurs des droits humains appellent à une enquête indépendante et à la fin de la militarisation dans l’île.

En Russie, le parquet du kraï de Transbaïkalie aurait saisi la justice afin de faire reconnaître le « Collectif de gauche de Transbaïkalie » comme organisation terroriste et d’en interdire toute activité. Selon l’accusation, ce groupe correspondrait essentiellement à un canal Telegram diffusant par le passé des informations sur des mobilisations antimilitaristes et des actions militantes locales, aujourd’hui inactif. Deux anarchistes déjà condamnés pour des publications et des graffitis seraient présentés comme des « dirigeants » présumés du collectif, Alexander Snezhkov et Liubov Lizunova, tandis qu’un jugement attendu en janvier pourrait entraîner de lourdes peines pour toute activité jugée liée à cette structure.

Dans l’État indien du Chhattisgarh, une opération conjointe entre la Force centrale de réserve de la police (CRPF) et les forces locales aurait permis de neutraliser un engin explosif improvisé de cinq kilos et de découvrir une cache d’armes et de matériel attribuée à des groupes maoïstes. L’intervention se serait déroulée dans une zone forestière du district de Bijapur, régulièrement décrite par les autorités comme un bastion de l’insurrection. Selon la police, l’explosif aurait été placé pour viser des patrouilles et aurait été désamorcé sans incident par une équipe spécialisée, avant qu’une fouille approfondie ne mène à la saisie de matériel destiné à des actions de guérilla.

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En Tunisie, des partis d’opposition, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et des familles de détenus ont organisé trois jours de mobilisation en solidarité avec les prisonniers politiques, à l’appel de l’avocat Ayachi Hammami (voir photo), en grève de la faim depuis son arrestation début novembre. Cette initiative vise à empêcher l’oubli des détenus d’opinion après la vague récente d’arrestations et à coordonner les actions de soutien. Les organisateurs dénoncent également les restrictions croissantes imposées aux avocats et aux organisations de défense des droits humains, privées d’accès aux prisons, alors que plusieurs détenus poursuivent des grèves de la faim pour faire entendre leurs revendications.

À Ljubljana, des antifascistes se sont rassemblé·es pour exprimer leur solidarité avec les militant·es d’Antifa Ost actuellement poursuivi·es en justice (voir notre article), affirmant leur soutien dans la lutte contre le néonazisme, le fascisme et toutes les formes de haine d’extrême droite. Cela intervient alors que l’antifascisme est de plus en plus largement criminalisée en Europe, tout comme aux Etats-Unis.

Au Royaume-Uni, plusieurs unités de police testent un système d’intelligence artificielle développé par Faculty AI qui analyse les données du vaste réseau de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) afin d’identifier des trajets considérés comme « suspects ». Contrairement à l’usage traditionnel ciblé de ces caméras, le programme apprend à reconstituer des parcours complets et à détecter des schémas de déplacement associés à des réseaux criminels, à partir de millions de données. Présenté par les autorités comme un projet expérimental encadré sur le plan éthique, ce dispositif suscite de fortes inquiétudes parmi de nombreuses personnes et organisations qui dénoncent un risque de surveillance de masse, d’atteinte généralisée à la vie privée et d’évolution progressive vers le suivi des déplacements de l’ensemble de la population.

Le ministre belge de la Défense Theo Francken a approuvé l’achat du FN Smart Protector 303T, une arme dite « moins létale » développée par FN Herstal et équipée d’une caméra intelligente capable de reconnaître les têtes humaines et de bloquer le tir afin de réduire les risques de blessures graves. Déjà utilisatrice du FN 303, la Défense présente cette nouvelle version comme un outil renforçant la sécurité des militaires et limitant les dommages collatéraux en situation de stress. Le système inclut aussi des fonctions d’entraînement et d’analyse après action, avec une livraison prévue en mars 2026 suivie d’une phase d’évaluation opérationnelle.