Mercredi 18 février, Gino et Zaid comparaîtront devant la Cour d’Appel de Paris pour statuer sur les demandes d’extradition : la Hongrie réclame Zaid, tandis que l’Allemagne demande Gino, malgré le refus de la justice française d’appliquer le mandat d’arrêt hongrois l’an dernier. Le Comité Solidarité Budapest appelle à se rassembler à 13h devant le palais de justice, chambre 5, pôle 7, pour manifester notre solidarité avec les antifascistes et s’opposer à l’extradition de ces militants.
À Anglet, un bracelet portant le drapeau espagnol et la devise de la Guardia Civil, « El honor es mi divisa » (« L’honneur, c’est ma devise »), a été retrouvé accroché à la porte d’un logement où résident des proches de Josu Urrutikoetxea ( Josu Ternera), ancien prisonnier politique basque. Bien qu’il n’habite plus ce logement depuis septembre 2024, ce message est évidemment une menace directe, signe que sa localisation était connue, et a déposé une main courante au commissariat de Saint-Jean-de-Luz tout en dénonçant publiquement l’intimidation. Cette menace survient dans un contexte judiciaire complexe : Josu Urrutikoetxea fait l’objet de plusieurs procédures, dont un mandat d’arrêt européen émis par la justice espagnole et un procès prévu à Paris le 25 février (voir notre article), ainsi qu’une audience en avril devant la cour d’appel de Paris pour « association de malfaiteurs ». Le militant est accusé d’avoir participé à différentes opérations de l’ETA à deux périodes distinctes (2002-2005 et 2011-2013). Après plusieurs procès et recours, il a été acquitté lors du second procès concernant la période 2011-2013, le tribunal estimant l’absence de preuves suffisantes et tenant compte de sa participation au processus de négociation.
Quatre personnes ont été convoquées pour une audition libre au commissariat Paixhans pour « participation à une manifestation interdite », dont plusieurs membres de Révolution Permanente. Ces convocations s’inscrivent dans un contexte de restrictions croissantes des mobilisations sociales. Un rassemblement de solidarité est appelé le 17 février à 9h30 devant le commissariat, pour défendre le droit fondamental de manifester et la liberté d’expression.
Le 16 février 2026, le Collectif de prisonniers politiques communistes et antifascistes a publié les nouvelles adresses de ses membres, intégrant le prisonnier politique basque Dani Pastor Alonso. Ancien membre de l’EPPK (Collectif des Prisonniers Politiques Basques), Dani milite depuis plus de dix ans pour l’amnistie totale et défend la combinaison de la lutte pour les droits nationaux avec la lutte socialiste. Le collectif souligne son engagement pour l’unité combative antifasciste, la visibilité des prisonniers politiques et la résistance contre l’État espagnol.
Le 15 février, l’avocate des prisonniers politiques antifascistes des GRAPO María José Baños et Marcos Martín Ponce s’est vu refuser l’accès au Centro Penitenciario Murcia II, où elle souhaitait rencontrer sa cliente, récemment hospitalisée. Malgré la présentation d’une demande urgente liée à l’état de santé de la détenue, la direction de l’établissement aurait invoqué l’absence d’horaires de visite et sollicité l’intervention de la Guardia Civil, qui a procédé à l’identification de l’avocate et l’aurait menacée de poursuites. Les soutiens des détenus dénoncent une violation grave des droits de la défense et du règlement pénitentiaire.
Le cineklub anti-impérialiste organise un nouveau ciné-débat le 21 février 2026 à 18h30 au Le Chat Noir (avenue de Muret, Toulouse) autour du film « La flaca Alejandra », réalisé par Carmen Castillo et Guy Girard. Le documentaire revient sur le parcours de Marcia Alejandra Merino, ex-militante du Movimiento de Izquierda Revolucionaria (MIR) qui, après avoir été torturée sous la dictature d’Augusto Pinochet, livra des informations sur ses camarades. De retour d’exil, Carmen Castillo confronte celle qui l’avait dénoncée, interrogeant mémoire, responsabilité et survivance politique. Entrée à prix libre, boissons et repas sur place.
Un rassemblement est appelé le mercredi 18 février à 12h30 devant le Tribunal judiciaire de Paris (métro Porte de Clichy) en soutien à Teba, étudiante à Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, convoquée au tribunal. Elle est visée après avoir exclu d’un groupe Instagram des étudiants relayant des publications de l’armée israélienne, dans un contexte de génocide à Gaza. Ses soutiens dénoncent un harcèlement mené par des organisations sionistes et d’extrême droite et affirment la légitimité de la solidarité avec la Palestine.
Le 20 janvier 2026, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi modifiant la législation anti-squat issue de la loi « Kasbarian-Bergé » de 2023. Porté notamment par la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone et soutenu par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, le texte remplace dans l’article 38 de la loi DALO la conjonction « et » par « ou », permettant de déclencher la procédure d’expulsion administrative dès lors qu’un occupant s’est introduit illégalement ou se maintient sans droit ni titre. La procédure accélérée, validée par le préfet sous 48 heures puis exécutée sous 24 heures, serait en outre étendue aux locaux commerciaux, agricoles et professionnels, tout en excluant les litiges locatifs classiques avec bail en cours. Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale.
Aux États-Unis, les sonnettes connectées de Ring, filiale d’Amazon, sont de plus en plus intégrées aux dispositifs policiers. Avec « Community Requests », les forces de l’ordre peuvent solliciter directement des utilisateurs l’accès à leurs images dans le cadre d’enquêtes, sans mandat judiciaire. Cette fonctionnalité s’ajoute à « Search Party », officiellement dédiée aux chiens perdus, et à « Familiar Faces », un outil de reconnaissance faciale. Un partenariat envisagé avec Flock, dont les technologies sont utilisées par l’ICE, a renforcé les critiques avant d’être suspendu.
Le samedi 14 février, plus de 130 personnes se sont réunies à l’Université Toulouse Jean Jaurès pour une discussion autour de l’abolition de la prison et du système pénal en lien avec la construction de perspectives révolutionnaires avec la sociologue et militante Gwenola Ricordeau à l’occasion de la sortie de son livre « Tant qu’il y aura des prisons ». La soirée a débuté par un hommage à Frédéric Grochain, détenu Kanak déporté en France après le soulèvement populaire de mai 2024 en Kanaky, décédé le 6 février dernier à la prison de Varennes-le-Franc. Les participant·es ont exprimé leur solidarité avec sa famille, ses proches et ses camarades, notamment en participant à une caisse de soutien pour financer ses obsèques (voir ici).
La soirée a permis de poursuivre la discussion initiée lors de l’ACAB Party organisée en décembre dernier à la Chapelle par le Secours Rouge Toulouse, interrompue par l’interdiction du maire Jean-Luc Moudenc (voir notre article). Gwenola Ricordeau a abordé les slogans abolitionnistes et la critique des catégories traditionnelles de « crimes » et « criminels », dans une réflexion sur la manière de transformer l’intuition que la prison n’est pas la solution en une critique structurée et révolutionnaire du système pénal. Par ailleurs, elle est revenue sur la nécessité de construire un féminisme anticarcéral et de lier la remise en cause de la prison à la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme.