Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

En Inde, la Cour suprême a refusé la liberté sous caution à Umar Khalid et Sharjeel Imam, détenus depuis plus de cinq ans dans le cadre d’une enquête sur la « conspiration » liée aux violences survenues à Delhi en 2020, tandis qu’elle a accordé la libération sous caution à Gulfisha Fatima, Meeran Haider, Shifa Ur Rehman, Shadab Ahmed et Mohammad Saleem Khan. La Cour a souligné que Khalid et Imam occupent une position « qualitativement différente » par rapport aux autres prévenus et que leur demande de libération pourra être réexaminée après un an ou à la fin de l’examen des témoins protégés. Cette décision illustre la détention prolongée de certaines figures du mouvement étudiant et des manifestations anti-CAA. La CAA est une loi adoptée en Inde qui modifie les critères de naturalisation pour certaines minorités religieuses venant de pays voisins, ce qui a suscité un vaste mouvement de contestation étudiante et citoyenne. Umar Khalid et Sharjeel Imam sont détenus dans le cadre de l’application de la Unlawful Activities (Prevention) Act, ou UAPA, une loi antiterroriste qui permet des arrestations et des détentions préventives prolongées pour les personnes soupçonnées d’activités considérées comme illégales ou menaçant la sécurité de l’État. Cette législation est fréquemment utilisée dans les enquêtes sur les violences ou les accusations de « conspiration » liées aux manifestations.

En Bolivie, la vaste mobilisation contre l’offensive austéritaire du président Rodrigo Paz s’accompagne d’une répression accrue des forces de l’ordre, visant à contenir une contestation sociale massive. Depuis l’appel à la grève générale illimitée lancé le 22 décembre, les manifestations, blocages routiers et rassemblements ont été confrontés à un important dispositif policier, notamment à La Paz, où les mobilisations de mineurs ont été violemment dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et d’interpellations. Cette réponse sécuritaire cherche à imposer le décret supprimant les subventions aux hydrocarbures et à briser un mouvement populaire largement implanté dans des secteurs stratégiques.

Les autorités italiennes poursuivent une répression judiciaire contre le militant anarchiste Gabriel Pombo da Silva, condamné à deux ans de prison pour « incitation au délit » dans le cadre de l’opération Scripta Manent, malgré la reconnaissance par l’État espagnol qu’il a déjà purgé 2 ans et 8 mois de détention en trop. Refusant de reconnaître cette peine excédentaire ou d’accorder toute mesure alternative, le tribunal de Turin a activé un Ordre européenne de détention en s’appuyant notamment sur l’absence de « repentir ». Le 7 décembre, Gabriel a été arrêté en Espagne après s’être présenté au commissariat de Vigo à la suite de la notification de cette OEDE, avant d’être remis en liberté provisoire par l’Audience nationale de Madrid (voir notre article), qui a jugé la demande illégitime car fondée sur un « délit d’opinion ». Il reste néanmoins soumis à un strict contrôle judiciaire, tandis que s’ouvre une longue bataille juridique contre cette répression transnationale.

Dossier(s): Espagne Tags: ,

Arrêté début mars 2025 et placé en garde à vue pendant 48 heures pour « apologie du terrorisme » à la suite d’un discours prononcé en manifestation, Alex de la LJR (Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire) passe en procès le 13 janvier prochain au tribunal judiciaire de Paris. Placé sous contrôle judiciaire, il a également été suspendu de son travail, illustrant l’extension des sanctions au-delà du cadre pénal. Afin de le soutenir, plusieurs organisations appellent à se rassembler ce même jour dès 12H30 au Tribunal de Paris, Porte de Clichy.

Dossier(s): France Tags: , ,

Dans l’Etat espagnol, les plateformes anti-répression de Barcelone et de Ponent alertent sur la situation de prisonniers politiques antifascistes à travers le lancement d’un répertoire visant à empêcher leur invisibilisation. Cette initiative met en lumière une répression persistante exercée contre des militants engagés dans la lutte contre le fascisme. Face à cette réalité, les collectifs appellent à une solidarité accrue, notamment par l’envoi de lettres, afin de rappeler que la lutte continue derrière les barreaux et d’exiger une amnistie totale.

En Iran, la nouvelle vague de manifestations déclenchée par l’inflation et la crise économique s’accompagne d’une répression croissante du régime, malgré la reconnaissance par le guide suprême Ali Khamenei du caractère « juste » de certaines revendications. Les autorités ont annoncé l’arrestation d’organisateurs de rassemblements, tandis que la télévision d’État confirme le début d’une vaste opération sécuritaire. Selon plus ONG, au moins 15 manifestants ont été tués et plus de 580 arrêtés depuis le 28 décembre, dans un mouvement de protestation qui s’est étendu à au moins 60 villes.

Le 1er janvier, les autorités israéliennes ont de nouveau arrêté Raghad Nassar Salah Al-Fani, ancienne prisonnière palestinienne de 27 ans, lors d’une perquisition menée au domicile familial situé dans le quartier sud de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. Libérée en novembre 2023 dans le cadre de la première phase de l’accord d’échange de prisonniers, elle avait auparavant passé une année en détention administrative.

Les prisonniers politiques révolutionnaires Fergil Fırat et Celal Punar ont obtenu gain de cause à l’issue de leur grève de la faim entamée pour dénoncer les conditions inhumaines des prisons de type « puits ». Selon leur avocat, Umut Vedat Açar, cette action, commencée le 5 décembre 2025 après le rejet prolongé de leurs demandes de transfert, n’a été prise en compte par l’administration pénitentiaire et le ministère qu’une fois la grève annoncée publiquement. À la suite de l’examen de leurs revendications, les deux détenus ont suspendu leur action (voir notre article), et le 2 janvier 2026, leurs demandes ont été satisfaites : Celal Punar a été transféré à la prison de type F n°1 de Tekirdağ et Fergil Fırat à la prison de type F d’Edirne.

Dossier(s): Turquie-Kurdistan

Le 3 janvier 2026, la police indienne a annoncé avoir abattu au moins quatorze rebelles maoïstes, dont le haut dirigeant du CPI (maoist) Sachin Mangdu, lors de deux affrontements armés distincts dans l’État du Chhattisgarh, dans les districts de Sukma et de Bijapur. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de l’État indien visant à éradiquer la rébellion dite « naxalite », encore active dans plusieurs régions du centre du pays. Selon les autorités, des armes et des munitions ont été saisies sur les lieux.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: , ,