Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 7 janvier 2026, un détenu de 23 ans est mort dans sa cellule à la prison de Majicavo à Mayotte, la deuxième disparition en moins de deux mois. Conçue pour 278 places, la prison accueille régulièrement plus de 600 détenus dans des conditions insalubres, avec un accès quasi nul aux soins et des cellules entassant 4 à 6 personnes sur moins de 15 m². Ces décès soulignent l’usage de l’incarcération comme outil de contrôle et d’expulsion, alors que l’État français planifie un second établissement pénitentiaire, justifié officiellement par l’humanitaire mais destiné à renforcer la répression sur l’île.

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La Commission pour la protection de la jeunesse dans les médias (KJM), rattachée aux autorités de régulation des médias de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, a ordonné le blocage du site du réseau de soutien aux prisonniers palestiniens Samidoun, accusé de diffuser « de manière significative » de la propagande antisémite, d’appeler à la violence et de remettre en cause le droit à l’existence d’Israël. En application de cette décision, l’autorité des médias du Land a enjoint l’ensemble des fournisseurs d’accès et opérateurs assurant la transmission de données de rendre le site inaccessible sur leur réseau. La mesure, qui doit être mise en œuvre au plus tard le 5 février, s’inscrit dans un cadre plus large de criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine, Samidoun faisant déjà l’objet d’une interdiction d’activité prononcée par le ministère fédéral de l’Intérieur allemand (voir notre article).

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À la veille de l’ouverture de leur procès devant la Cour régionale supérieure de Düsseldorf (voir notre article), plusieurs antifascistes poursuivis ont publié une déclaration politique dans laquelle ils dénoncent une criminalisation ciblée de l’antifascisme. Ils qualifient l’accusation de tentative de meurtre « d’escalade politiquement motivée et totalement absurde » et affirment que les autorités cherchent avant tout à « dissuader toute activité antifasciste ». Rejetant les représentations médiatiques les décrivant comme un groupe violent et structuré, ils dénoncent des récits construits en synergie avec l’extrême droite. Inscrivant leur procès dans un contexte de montée de l’extrême droite et de banalisation des violences néonazies, ils rappellent que « la violence d’extrême droite est une réalité » et interrogent frontalement le monopole étatique de la force : « dans quelle mesure privilégions-nous le monopole de l’État sur l’usage de la violence à la nécessité de combattre le fascisme ? ». Revendiquant l’héritage historique de l’antifascisme, ils soulignent enfin que, « une fois le fascisme au pouvoir, il est impossible de le dissuader par la discussion », et présentent leur procès comme un moment éminemment politique, dépassant largement les faits qui leur sont reprochés.

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Le collectif britannique Bash Back, engagé dans la défense des droits des personnes trans, a rendu publiques des données confidentielles concernant les donateurs de la Free Speech Union, une organisation fondée pour défendre la liberté d’expression face aux sanctions professionnelles ou judiciaires. Ces révélations mettent en évidence des soutiens financiers à des campagnes juridiques associées à des figures transphobes notoires. Les informations divulguées font apparaître des contributions importantes provenant d’individus fortunés et de personnalités publiques, ravivant les débats sur la transparence, le respect de la vie privée et le rôle de l’argent dans la diffusion et la légitimation de discours transphobes.

Le jeudi 15 janvier dès 19H au Pianofabriek à Saint-Gilles, un Bingo Antirep est organisé par l’AFA et le Secours Rouge pour récolter des fonds en soutien aux militants révolutionnaires et antifascistes ciblés par la répression en Europe. L’événement vise à financer et organiser la solidarité avec les camarades poursuivis, emprisonnés ou menacés d’extradition, comme Maja, Hanna, Lina, Gino et Zaid. Animé en français et néerlandais, le bingo proposera des lots offerts par des artistes et donateurs, avec une carte à jouer dès 5€.

Toutes les infos.

Les autorités iraniennes ont violemment réprimé les protestations déclenchées fin décembre 2025 par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran contre la crise économique accentuée par les sancitons occidentales. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 62 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, dont 48 manifestants et 14 membres des forces de sécurité, tandis que des centaines d’autres auraient été blessées. Ces chiffres, qui incluent désormais une hausse du bilan initial, restent difficiles à confirmer en raison des restrictions imposées par le régime sur les communications et les médias.

Le prisonnier politique Kenan Yanen, militant accusé d’être membre du MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste) et détenu depuis 31 ans, a été libéré le 9 janvier 2026 de la prison de haute sécurité F de Tekirdağ n°2, après que sa libération avait été retardée à plusieurs reprises par le Conseil d’observation administrative. Bien qu’il ait purgé la durée légale de 30 ans, sa libération avait été ajournée trois fois au motif de « mauvaise conduite », des décisions dénoncées comme arbitraires, avant qu’il ne soit finalement remis en liberté. À sa sortie, il a été accueilli par des membres de sa famille et ses camarades (au centre de la photo avec un bouquet de fleurs).

L’organisation Desaparecidos a appelé les forces de sécurité philippines à révéler le sort de Chantal Anicoche, chercheuse volontaire américaine de 25 ans disparue le 1er janvier 2026 lors d’opérations militaires à Occidental Mindoro, et de Scarlet Lyne Gayo, membre du Front National Démocratique, dont on est sans nouvelles depuis le 9 décembre 2025. Le groupe affirme que les deux femmes pourraient être détenues par l’armée, dénonce de possibles disparitions forcées en violation du droit international humanitaire et rappelle qu’au moins 15 cas similaires ont été recensés depuis l’arrivée au pouvoir du président Marcos Jr.

Le 13 janvier 2026 s’ouvre à Düsseldorf un vaste procès s’inscrivant dans l’affaire dite de Budapest, visant Paula, Nele, Emi, Moritz, Clara et Luca, accusés d’avoir participé en février 2023 à des affrontements avec des néonazis dans la capitale hongroise, en marge du rassemblement d’extrême droite du « Jour de l’honneur ». La justice allemande retient des chefs d’accusation lourds : violences aggravées, appartenance à une organisation criminelle et tentative de meurtre. Les six militants, en détention provisoire depuis qu’ils se sont rendus début 2025 après deux ans de clandestinité, comparaissent dans un procès ultra-sécurisé prévu sur 72 audiences jusqu’en janvier 2027, accompagné d’une mobilisation solidaire et de critiques sur une criminalisation de l’antifascisme.

Le 8 janvier 2026, le tribunal de Perpignan a prononcé l’abandon des poursuites engagées par le directeur de la police municipale de la mairie RN contre le journal indépendant l’Empaillé (voir notre article), poursuivi pour l’avoir qualifié de « caïd » dans une enquête publiée en octobre 2023 sur la politique sécuritaire et les méthodes de la police municipale locale. Les juges ont retenu un vice de procédure lié au non-respect du droit au silence lors de la mise en examen du directeur de publication, mettant fin à ce que le média dénonçait comme une procédure bâillon, sans examen du fond ni indemnisation des frais engagés.

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