Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Selon les chiffres officiels 21 personnes – dont 16 manifestants – ont été tuées depuis le début jeudi des rassemblements contre la hausse des prix, le chômage et la corruption, qui ont commencé à Machhad (voir notre article) pour se propager rapidement à l’ensemble du pays. Téhéran est globalement moins touchée par les protestations que les villes petites et moyennes mais 450 personnes y ont été arrêtées depuis samedi.

Six manifestants sont morts dans des affrontements nocturnes avec les forces de l’ordre alors qu’ils tentaient de prendre d’assaut un poste de police à Qahderijan, dans la province d’Ispahan. Un Gardien de la révolution a par ailleurs été tué et un autre blessé par des tirs de fusil de chasse à Kahriz Sang (centre). Selon les chiffres officiels, une centaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées lundi soir dans la province d’Ispahan. Les rassemblements antigouvernementaux, qui se poursuivent en dépit du blocage des messageries électroniques Telegram et Instagram, utilisées pour appeler à manifester, sont les plus importants depuis le mouvement de 2009. Un rassemblement de solidarité avec les peuples d’iran en lutte aura lieu devant l’ambassade d’Iran à Bruxelles (15 avenue fFanklin Roosevelt) ce vendredi 5 janvier de 12H30 à 14H30

Dans les rues de Teheran le 30 décembre

Dans les rues de Teheran le 30 décembre

Pour s’attaquer à la menace maoïste dans l’état d’Odisha, la police a décidé d’effectuer un redéploiement de ses forces de sécurité engagées dans les zones touchées par la guérilla maoïste. Le directeur général de la police, Rajendra Prasad Sharma a déclaré ce dimanche que dans le cadre des objectifs policiers de 2018, il y aurait un redéploiement stratégique des effectifs dans certaines régions afin de gérer la dynamique changeante du parti maoïste, tout particulièrement dans les districts de Koraput et de Malkangiri. Sans divulger les détails de leur plan pour contrecarrer les activités de la guérilla, Sharma a déclaré que ramener les membres de la base du parti, qui ont diverses tâches dans la guérilla, dans le courant dominant serait également l’une de leurs priorités. Il a ajouté qu’il y aurait une approche à deux volets pour faire face à la menace. L’un sera le déploiement stratégique pour une action offensive et de dissuasion, et l’autre sera le développement de la zone de rupture.

Policiers de l’Odisha

Policiers de l'Odisha

En septembre 2014, Juan Flores, Nataly Casanova et Enrique Guzman étaient poursuivis dans le cadre d’une enquête pour des attaques explosives contre des postes de police et des lieux liés au métro. La procédure se faisant sous la juridiction antiterroriste, la détention préventive a duré trois ans et le procès près de neuf mois. Le 21 décembre, le verdict suivant a été rendu : Enrique et Nataly acquittés de toutes les accusations et Juan Flores déclaré coupable pour les explosions des stations de métro Los Dominicos et Sub Centro.

Pour la première fois, le tribunal a utilisé la loi anti-terroriste pour condamner, après une série de refus pour d’autres affaires. Le jugement définitif sera finalement rendu le 15 mars 2018, lorsque seront détaillées la condamnation et les années de prison infligées à Juan Flores. Dans l’après-midi du jeudi 21 décembre, Enrique Guzman et Nataly Casanova ont respectivement quitté le quartier de haute-sécurité et la prison de San Miguel. Quelques jours plus tard, on a appris qu’une nouvelle enquête était ouverte contre Enrique suite à une plainte d’un des avocats des parties civiles pour « menaces »

De gauche à droite : Guillermo Durán Méndez, Natalie Casanova Muñoz et Juan Flores Riquelme

De gauche à droite : Guillermo Durán Méndez, Natalie Casanova Muñoz et Juan Flores Riquelme

Deux soldats de l’armée gouvernementale ont été blessés dans une escarmouche qui a éclaté entre les forces de sécurité et la guérilla maoïste samedi matin 30 décembre. C’est une unité de la 10e division de l’infanterie qui s’est heurtée à environ 50 combattants de la NPA à Barangay Tubaon, Tarragona, Davao Oriental. Les militaires voulaient intervenir contre les maoïstes qui organisaient des meeting dans les village pour célébrer son 49e anniversaire de fondation de la NPA. Le gouvernement et la NPA avaient séparément déclaré des cessez-le-feu unilatéraux pendant la période des fêtes mais cette fusillade s’est déroulée plusieurs heures avant le cessez-le-feu prévu pour le week-end du Nouvel An.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA

Mercredi 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansız, Fidan Doğan (Rojbîn) et Leyla Saylemez étaient froidement exécutées d’une balle dans la tête, dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, situés au 147 rue La Fayette, à Paris. L’enquête menée en France a révélé que le meurtrier présumé, Ömer Güney, arrêté quelques jours après le crime, avait agi pour le compte des services secrets turcs. Le réquisitoire du Procureur de la République va dans ce sens.

Cependant, La mort d’Ömer Güney, le 17 décembre 2016, à un mois de son procès qui devait commencer à Paris, le 23 janvier 2017, a empêché la tenue d’un procès public qui aurait permis de juger non seulement l’exécutant, mais aussi, et surtout, le commanditaire, l’Etat turc. Sachant l’état de santé de Güney, le fait d’avoir fixé une date très éloignée pour le procès, comme le refus du gouvernement français de lever le secret-défense sur des renseignements qui auraient pu permettre la progression de l’enquête judiciaire, indique la volonté des autorités françaises d’éviter de voir l’Etat turc mis en accusation. Une manifestation aura lieu samedi 6 à Paris contre cette impunité organisée des commanditaires des assassinats.

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Le feu a été bouté la nuit du Nouvel an à l’entrée du commissariat de la police locale de Bruxelles Capitale/Ixelles dans la localité de Haren, situé rue de Verdun à Haren, mais des policiers ont pu rapidement éteindre les flammes, ce qui a permis de limiter les dégâts. Deux personnes ont été interpellées dans la foulée sur place.

Le commissariat de Haren

Le commissariat de Haren

Deux manifestants ont été tués dimanche soir dans les protestations antigouvernementales dans la ville d’Izeh dans le sud-ouest de l’Iran. Les habitants d’Izeh ont manifesté comme ailleurs dans le pays contre les hausses de prix, le chômage et la corruption (voir notre article). Dimanche soir, deux autres personnes ont péri dans la ville de Doroud (ouest) dans un incident lié aux manifestations. Selon la version officielle, des protestataires se sont emparés d’un camion de pompiers et l’ont lâché du haut d’une pente. Il a percuté leur véhicule et les deux passagers ont été tués. Deux autres personnes avaient été tuées samedi soir dans cette même ville.

Samedi à la mi-journée, des dizaines d’étudiants se sont rassemblés devant l’entrée principale de l’université de Téhéran pour protester contre le pouvoir, mais les forces de l’ordre les ont dispersés avec du gaz lacrymogène.

Manifestation ce dimanche en Iran

EDIT: Manifestation à Bruxelles vendredi
Un rassemblement de solidarité avec les peuples d’iran en lutte aura lieu devant l’ambassade d’Iran à Bruxelles (15 avenue fFanklin Roosevelt) ce vendredi 5 janvier de 12H30 à 14H30

Manifestation ce dimanche en Iran

Deux guérilleros présumés, qui sont accusés d’avoir pris part à une attaque contre un campement policier dans le district de Kondagaon (Chhattisgarh) au début du mois de décembre, ont été arrêté ce mercredi. Les cadres, identifiés comme étant Moti Ram Korrma (27 ans) et Baliram Kashypa (25 ans) ont été capturés par une équipe des forces de sécurité à proximité du village de Nedwal. « Sur base d’un renseignement que nous avons reçu, nous avons envoyé une brigade conjointe du 41ème bataillon de la Indo Tibetan Border Police et de la police du district pour mener une opération de ratissage autour de Nedwal ». Selon les autorités, le duo aurait admis son implication dans la fusillade s’étant déroulée le 6 décembre dans un camp de la police. Un policier haut placé avait été blessé dans cette attaque.

Guérilleros maoïstes

Guérilleros maoïstes

Ce samedi 30 décembre, un Palestinien de 20 ans est décédé de ses blessures après avoir été blessé lors de heurts avec les forces de sécurité israélienne dans la bande de Gaza hier. Selon le porte-parole du service des secours dans l’enclave palestinienne, Achraf al-Qoudra, le jeune homme avait été grièvement blessé par des tirs israéliens à balles réelles vendredi à la frontière avec Israël. C’est la treizième victime du côté palestinien depuis le 6 décembre. Les affrontements de vendredi entre Palestiniens et forces israéliennes ont fait une cinquantaine de blessés à Gaza et une quinzaine en Cisjordanie occupée.

Manifestants palestinien vendredi à Bethléem

Manifestants palestinien vendredi à Bethléem

Des milliers de personnes ont défilé jeudi dans les rues de Mashhad, la deuxième ville d’Iran, au nord-est du pays, pour protester contre la hausse des prix, le chômage et la corruption. Grâce aux médias sociaux, des centaines de clips vidéo et de photos ont été mis en ligne sur des manifestants en colère scandant des slogans hostiles au gouvernement comme « Mort au dictateur » ou « N’ayez pas peur, nous sommes ensemble ». Il y a eu récemment de nombreuses protestations en Iran, mais cette récente explosion à Mashhad rappelait davantage les manifestations anti-régime d’il y a huit ans.

Les forces de sécurité ont utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour affronter et disperser les foules, ce qui a conduit à des affrontements et à des blessures. Selon certaines sources de l’opposition, des centaines de personnes ont été détenues par les forces de sécurité pendant les manifestations, mais un responsable du bureau du procureur de Mashhad a estimé le nombre à 52. En plus de Mashhad, il y a eu de plus petites manifestations dans quelques autres villes, y compris Birjand, Kashmar, Noushahr, Neyshabour et Yazd.

Affrontements à Mashhad

Affrontements à Mashhad